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Lundi 19 mars 1 19 /03 /Mars 11:50

 

Dieu-Père, l’image est jolie et de surcroît au-dessus de tout soupçon, puisque Jésus lui-même donne ce sésame à ses disciples qui lui demandent comment prier : «  quand vous prier, dites “Notre Père…” »

Pourtant, force est de constater que dire Dieu « Père », est lui donner une figure puissamment anthropomorphique, c’est à dire, lui attribuer des caractéristiques humaines.

On peut tenter de contourner le problème en prétendant que toute paternité vient de Dieu et est image de la paternité divine. Pour autant, la question est très loin d’être réglée : il est possible que les siècles qui nous ont précédés aient eu l’illusion que la paternité était une donnée intangible et universelle. Les sciences humaines, l’anthropologie, la sociologie, psychologie, l’histoire, tout simplement, nous montrent à loisir que la figure de paternité varie si puissamment suivant les époques, les sociétés et les cultures qu’il est rigoureusement impossible d’en tirer quelques constantes.

Dieu est-il le père noble à la romaine qui avait droit de vie et de mort sur toute sa domesticité, femmes, enfants et esclaves ? ou bien est-il ce jeune papa croisé récemment dans un jardin parisien, qui avait posé un lange sur son épaule et tapotait le dos de son nourrisson dans l’attente du rot libérateur ?

On voit cependant que la vision du père noble a profondément contaminé la vison chrétienne, surtout du côté latin et romain, au point qu’il a fallu la compenser avec une figure miséricordieuse et féminine, celle de la mère qui supplie afin d’arrêter le courroux et le bras du tout puissant pater familias. Elle est celle dont on implore la protection : « Souvenez-vous ô très miséricordieuse Vierge Marie, qu’on n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à vous, imploré votre protection ou réclamé votre secours, aient été abandonné. » Cette prière montre par contraste la sainte terreur qu’inspire le Père, et même le Fils car, « tel Père, tel Fils ».

À quoi s’ajoute, que cette mâle et virile figure de Dieu n’a pas peu contribué à donner à la masculinité la meilleure part. Car  au fond, ne faudrait-il pas avoir l’esprit tourneboulé (par d’agressives hormones féminines) pour ne pas voir comme une évidence que « Dieu est un homme ».

Quelques courageuses féministes, qui pour l’essentiel vivent outre-Atlantique ont tenté de questionner cette « paternité divine » et ont suggéré que Dieu était peut-être « père et mère », voire « parent ». Elles ont récolté sarcasmes, huées. On les a traité de ridicules même pas précieuses puisqu’on a tout fait pour s’en débarrasser.

Bon alors, que fait-on ? Doit-on réécrire le Notre Père ? Non, bien sûr, il appartient à notre Tradition au sens le plus fort du terme, à notre héritage. Mais cet héritage est vivant, il ne peut pas être mis au coffre ou exposé derrière des vitres pare-balle.

Devant cette image de paternité divine, nous ne sommes tenus à aucun fondamentalisme. C’est une image choisie par Jésus lui-même. Il est donc utile de savoir ce que cette image signifiait dans sa culture et dans son expérience humaines. Les savants chercheurs nous apprennent que le mot que Jésus choisit, Abba, ne désigne pas une figure paternelle autoritaire, mais bien un lien  de complicité et de tendresse : petit père, tendre père, papa… Dès certaines pages de l’ancien Testament, nous découvrons que Dieu est « bouleversé au fond de ses entrailles », ce qui en fait plus un Père-Mère qu’un Père-noble.

En tout cas, n’oublions pas que les images peuvent nous laisser entrevoir le Mystère de Dieu mais ne l’enferment ni ne le contiennent jamais.

 

CEC § 239 : En désignant Dieu du nom de " Père ", le langage de la foi indique principalement deux aspects : que Dieu est origine première de tout et autorité transcendante et qu’il est en même temps bonté et sollicitude aimante pour tous ses enfants. Cette tendresse parentale de Dieu peut aussi être exprimée par l’image de la maternité (cf. Is 66, 13 ; Ps 131, 2) qui indique davantage l’immanence de Dieu, l’intimité entre Dieu et Sa créature. Le langage de la foi puise ainsi dans l’expérience humaine des parents qui sont d’une certaine façon les premiers représentants de Dieu pour l’homme. Mais cette expérience dit aussi que les parents humains sont faillibles et qu’ils peuvent défigurer le visage de la paternité et de la maternité. Il convient alors de rappeler que Dieu transcende la distinction humaine des sexes. Il n’est ni homme, ni femme, il est Dieu. Il transcende aussi la paternité et la maternité humaines (cf. Ps 27, 10), tout en en étant l’origine et la mesure (cf. Ep 3, 14 ; Is 49, 15) : Personne n’est père comme l’est Dieu. 

 

Par Berulle - Publié dans : 100 mots pour la foi - Pietro de Paoli
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Dimanche 18 mars 7 18 /03 /Mars 09:34

 

 

« Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »

« Par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus, il voulait montrer, au long des âges futurs, la richesse infinie de sa grâce. »

 

Si se convertir c’est épouser le regard et la volonté de Dieu, les textes que nous entendons en ce dimanche sonnent comme un programme qu’il serait urgent de mettre en œuvre. Pour nous-mêmes mais également pour l’Eglise.

 

La question est simple : sommes-nous témoins de la richesse infinie de la grâce de Dieu ?

 

La prédication de l’Evangile à laquelle nous sommes tous appelés, par nos paroles et par nos actes, permet-elle aujourd’hui « que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle. » L’image que nous donnons de nous-mêmes mais également de notre religion est-elle celle du Christ Jésus par qui Dieu a souhaité manifester qu’il ne venait pas juger mais sauver ? Mais, avant tout, sommes nous convaincus que celui qui agit c’est Dieu et que Dieu est libre ?

 

Evidemment, on m’objectera, à raison, que d’autres passages du Nouveau Testament font référence explicitement au jugement de Dieu. Mais ce jugement, même s’il se fonde sur nos actes, n’en demeure pas moins un jugement appuyé, en définitive, sur la seule liberté de Dieu.

On me dira aussi que, quand même, Jésus a confié à ses disciples (Mt 18,18) et de  manière éminente à Pierre (Mt 19,16) le pouvoir de lier et de délier. Mais peut-on raisonnablement penser que ce pouvoir contraigne Dieu s’il n’est pas utilisé dans la droite ligne de sa volonté de Salut ?

 

Alors reste la question de nos actes. Nos actes sont extrêmement importants car ils traduisent notre volonté et, dans notre relation à Dieu, manifestent notre attachement au don qu’il nous fait et témoignent de notre souhait de cheminer avec lui. Mais, si nous parlons de conversion, nos actes passés qui forment notre histoire, ne peuvent nous empêcher de poser des actes nouveaux plus conformes au don de Dieu. Nos actes passés ne peuvent nous contraindre à rester loin de Dieu, exclus de la communion au Christ Jésus. Car Dieu a la liberté de venir dans notre histoire bouleverser le cours de notre vie. Et nous avons la liberté d’accueillir Dieu dans notre histoire et de changer le cap de notre vie. Et si le don de Dieu est constant, nous savons bien que notre choix de l’accueillir, lui, est chaotique. Le chrétien comme l’Eglise est perpétuellement appelé à la conversion. 

Cette irruption de Dieu n’efface pas nos histoires,  elle n’efface pas davantage celle de l’Eglise.

L’enjeu du témoignage de la grâce infini de Dieu se situe, je crois, à ce point précis :

Dans le Christ ressuscité, l’homme converti ressuscite avec les plaies de son passé, avec son histoire et sa profondeur faite d’erreurs et de grandeurs. Convertir son regard pour qu’il soit acte de salut et non de jugement, c’est accepter l’autre tel qu’il est tout en croyant qu’à tout moment il peut se laisser saisir par Dieu. C’est attester qu’en aucun cas son passé n’épuise l’amour de Dieu.

 

Cette conversion radicale de notre regard sur le monde est essentielle pour entrer dans le chemin de Dieu, dans la vérité de Dieu, dans la vie de Dieu. Et cette conversion, l’Eglise entière y est appelée, car tant qu’elle ne saura pas accueillir vraiment le pécheur pour l’intégrer à la vie de Dieu sans lui demander de renier son histoire, elle se verra répondre que son témoignage n’a pas de valeur, elle dont l’histoire est marquée d’errements bien plus graves que ceux de la plupart de nos contemporains.

Par Berulle - Publié dans : Spiritualité - Communauté : Praedicatho.com
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Mercredi 14 mars 3 14 /03 /Mars 23:02

Alors qu’elle devrait être l’une des plus belles fêtes chrétiennes, la Pentecôte apparaît un peu dans notre calendrier liturgique comme la fin des réjouissances, une veille de rentrée. On a vécu les jours du Carême et de la Passion avec plus ou moins de constance, on a éclaté en bruyants Alléluias pendant les cinquante jours qui suivent Pâques, et là, le jour qui devrait allumer un feu sur la terre est celui où l’on éteint les lampions de la fête : c’est parti pour 6 mornes mois d’un temps qu’on a longtemps nommé « ordinaire » et qui maintenant s’appellerait, paraît-il « temps de l’Église ». Changement de nom ou pas, rien n’y fait, ce temps qui métaphoriquement est celui de notre vie chrétienne, a le goût de l’ennui.

C’est dire combien notre « vie dans l’Esprit » est misérable…

Pourtant, il a peu de récits aussi jubilatoires que celui de la Pentecôte dans les Actes des Apôtres. Offrons-nous le plaisir de la relecture du texte. « Ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu ». Qui sont-ils ? Dans la « chambre haute », quelques versets plus tôt, on nous a dit qu’il y avait les Onze, Marie, mère de Jésus et quelques femmes, celles qui sont restées au pied de la croix et sont allées au tombeau au matin de Pâques, les Marie, celle qui est de Magdala, et la mère de Jacques, Jeanne, Salomé et « d’autres ». Peut-être faut-il aussi ajouter Matthias, le douzième qui vient d’être désigné par un groupe des « frères » c’est-à-dire 120 personnes.

Ils sont donc au moins une vingtaine - les Douze et les femmes – quelques-uns des « frère » ? Difficile à dire. C’est le matin, ils sont réunis, sans doute pour prier. Ont-ils peur ? Rien ne le dit dans le texte des Actes, mais sans doute ne tiennent-il pas à se faire remarquer par les autorités, on les comprend. Ils prient, se soutiennent, se souviennent. Et là, quelque chose leur tombe dessus, comme le tonnerre, comme la foudre, du vent, des flammes, les voilà, échevelés, ébouriffés, illuminés. Ils se précipitent à l’extérieur, et amusons-nous du jeu de mot, voilà qu’il semblent ne plus avoir tous leurs esprits. Et c’est vrai, puisque désormais c’est l’Esprit qui parle en eux. Le texte nous offre une notation d’un incroyable et merveilleuse trivialité : « Non, nous ne sommes pas ivres, il n’est que neuf heures du matin », car on les croit plein de vin doux. Une « cuite » à l’Esprit Saint… comme la si la promesse du prophète Isaïe se réalisait, qui promettait du vin et du lait à ceux qui ont soif.

Et eux qui se terraient et se taisaient, les voilà qui débordent de mots, leur parole inonde Jérusalem, comme les torrents d’eau dont Ézéchiel avait eu la vision. Et leur parole tient en un nom, celui de Jésus, ce Jésus crucifié, mort, ressuscité et vivant.

Alors, demandent, les foules, que devons-nous faire ? Et la réponse vient, toute simple : « Faites-vous baptiser… ».

Le voilà le baptême dans l’Esprit annoncé par Jean au bord du Jourdain : « Moi, je vous baptise dans l’eau, Lui vous baptisera dans l’Esprit. » C’est dans cet Esprit que naît l’Église et c’est ce baptême que nous avons recevons. Mais où est la sainte ivresse ! Honte à nous qui vivons comme de sinistres buveurs d’eau, qui nous claquemurons derrière nos murs, qui verrouillons les portes de nos certitudes et enfermons la Parole dans d’étroite définitions.

Allez, laissons souffler l’Esprit tempétueux qui balaie les peurs, nous sommes le peuple de la Pentecôte… rallumons les feux de la joie.

 

Du livre des Actes de Apôtres, au chapitre 2, versets 14 à 18.

Pierre alors, debout avec les Onze, éleva la voix et leur adressa ces mots : «Hommes de Judée et vous tous qui résidez à Jérusalem, apprenez ceci, prêtez l'oreille à mes paroles. Non, ces gens ne sont pas ivres, comme vous le supposez ; ce n'est d'ailleurs que la troisième heure du jour. Mais c'est bien ce qu'a dit le prophète :

Il se fera dans les derniers jours, dit Dieu, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair. Alors vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards des songes. Et moi, sur mes serviteurs et sur mes servantes je répandrai de mon Esprit.

Par Berulle - Publié dans : 100 mots pour la foi - Pietro de Paoli
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Dimanche 11 mars 7 11 /03 /Mars 08:36

Lectures : Ex 20, 1-17 ; Ps 18, 8, 9, 10, 11 ; 1Co 1, 22-25 ; Jn 2, 13-25

« Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre. »

 

Certes, nous n’élevons pas de statues d’oiseaux, de taureaux ou de cachalots devant lesquels nous nous prosternons. Mais ne faisons nous pas pire en élevant nos phantasmes, nos attentes et souvent nos peurs comme une statue invisible en laquelle nous croyons reconnaître l’image de Dieu et Dieu lui-même.

 

« Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison d'esclavage. »

 

En ce troisième dimanche de Carême, à l’écoute des textes qui nous sont proposés, je me pose la question de savoir si, parfois, je n’inverse pas les rôles. Si je ne crée pas Dieu à mon image au lieu d’accueillir Celui qui vient à moi. Et malheureusement je connais la réponse.

 

« Alors que les Juifs réclament les signes du Messie, et que le monde grec recherche une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les peuples païens. »

 

Oui, ce dimanche, comme chaque jour, je proclamerai avec Paul, un Messie crucifié mais accueillerais-je vraiment Jésus, le ressuscité ? Jésus dont les paroles et la vie s’adresse aujourd’hui encore à moi, comme à nous tous, pour me faire découvrir qui est ce Dieu auquel je dis avoir donné ma foi.

 

« Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »

 

Car, dans l’évangile de Jean, le cri de Jésus ne porte pas que sur l’argent, il porte également sur notre aptitude à faire de la contrefaçon. Et souvent de la contrefaçon grossière. A bâtir petit à petit une maison de Dieu, un Temple, une Eglise, avec ce que nous créons plutôt qu’avec ce que Dieu nous offre. A nous  laisser inconsciemment déporter jusqu’à ne plus entendre            Dieu tellement nous sommes devenus sourds, enfermés dans des habitudes et de la Tradition qui ne nous permettent même plus de voir que ce que nous affirmons n’a plus grand rapport avec ce que Jésus nous a enseigné, ou pire parfois lui est contraire.

 

En ce temps de Carême, je crois que nous pouvons nous poser ces deux questions : Est-ce que je laisse à Dieu la possibilité d’être lui-même ? Est-ce que j’accepte d’entendre ce qu’il me dit, ce qu’il nous dit ?

 

Ne créons pas Dieu à l’image de nos peurs et de nos faiblesses mais reconnaissons le dans la  vie qu’il nous donne en abondance. Là nous serons sauvés et la Résurrection que nous nous préparons à fêter durant ce Carême éclairera notre propre vie comme l’ensemble de la création restaurée dans Jésus, le Christ. 

Par Berulle - Publié dans : Spiritualité - Communauté : Praedicatho.com
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Lundi 5 mars 1 05 /03 /Mars 08:07

 

Le mot peut évoquer quelques belles images d’Épinal : mamies à cheveux bleus bramant des Ave, jeunes gens à cheveux et idées courtes, brandissant des bannières, ou chemineau médiéval appuyé sur son bâton, arborant une belle coquille saint-Jacques à son revers. C’est dire que même si le goût des pèlerinages revient, il a quand même un petit côté « vintage ».

Si on y regarde de plus près, tout cierges, oriflammes et coquillages balayés, reste l’idée de la marche. Et ça, n’en déplaise à ceux qui en ont assez de devoir « cheminer » à longueur de sermon, c’est une idée si profondément chrétienne qu’elle précède le Christ. En effet, le peuple d’Israël, d’Abraham à Moïse découvre Dieu qui le met en route et marche devant lui. Dès sa venue sur cette terre, Jésus met tout le monde sur la route, Marie part chez sa cousine Élisabeth, Joseph emmène son épouse à Béthléem, puis conduit sa famille en Égypte, les mages d’Orient suivent l’étoile. Fort logiquement, Jésus appelle ses disciples, en leur disant « Viens et suis-moi », et l’Évangile se conclut par un vigoureux « Allez » qui a bel et bien mis les disciples sur les routes et les mers jusqu’au-delà des limites du monde connu au long des siècles.

Toutes ces observations fort sérieuses font sonner juste la jolie blague suivante : « Jésus dit à ses disciples ; “Allez voir la-bas si j’y suis”, ils y allèrent, et en effet, il y était. »

En effet, la marche est le destin du chrétien, sa « feuille de route », son ordre de mission.

À quoi s’ajoute qu’en un temps qui est celui de la vitesse, des déplacements, des voyages, la la nostalgie d’un catholicisme villageois, centré sur l’église paroissiale, et dont on ne s’éloignait guère qu’à portée de cloche paraît assez peu opératoire.

Aussi, plutôt que de regarder avec soupçon cette modernité agitée et mouvante, acceptons de nous remettre en route. Au lien de nous croire « arrivés », forts de nos certitudes, de nos dogmes, de nos cathédrales, regardons avec bienveillance et reconnaissance ce monde en mouvement qui nous oblige à retrouver la légéreté du nomadisme… et nos origines, celles de nos ancêtres dans la foi qui furent « des araméens errant ».

Il y a fort à parier que nous découvrirons que la blague dit vrai : « En effet, il y est ». Jésus n’est pas enfermé dans nos certitudes, il ne nous attend pas à l’abri du tabernacle. Il est celui qui marche avec nous comme il a marché au côté des pélerins d’Emmaüs, celui que nous reconnaissons difficilement, de façon fugace, mais qui nous laisse le cœur brûlant.

Où demeure le maître qui n’a pas une pierre où reposer la tête ? Écoutons sa réponse : « Venez et vous verrez »

Alors, certes, nous pouvons aller à Lourdes, à Saint-Jacques, à Rome ou à Jérusalem, mais ces périples ne sont que les métaphores d’une vie chrétienne authentique, vie d’aventuriers et de chercheurs, vie de quête et de désir, en un mot, vie de pèlerin.

 

Finale de la Prière eucharistique pour les circonstances particulières :

Et lorsque prendra fin notre pèlerinage sur la terre, accueille-nous dans la demeure où nous vivrons près de toi pour toujours. En union avec la Vierge Marie, la bienheureuse Mère de Dieu, avec les Apôtres, les martyrs et tous les saints du ciel, nous pourrons alors te louer sans fin et magnifier ton nom par Jésus, le Christ, ton Fils bien-aimé. 

Par Pietro de Paoli - Publié dans : 100 mots pour la foi - Pietro de Paoli
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