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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 23:16

 

« Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : Tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur. Maintenant il trouve ici la consolation, et toi, c'est ton tour de souffrir. De plus, un grand abîme a été mis entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous. »

Voilà une théorie qui, lue au pied de la lettre, fait doublement frémir ! Tout d’abord parce que à entendre Abraham, seuls les malheureux sur terre auraient droit au bonheur mais surtout parce qu’au ciel il n’y aurait aucune compassion possible !

Heureusement, la réaction du riche, qui souhaite prévenir ses frères, nous montre que cette lecture, au moins pour le premier point, n’est certainement pas la bonne. La question n’est pas d’être riche ou pauvre, heureux ou malheureux, mais la manière dont nous vivons nos richesses et notre bonheur. Nous avons Moïse et les prophètes et même si un homme revenait d’entre les morts cela ne changerait rien. La loi de Dieu, sa Parole, et Dieu lui-même ne nous privent pas de la liberté d’entendre ce que nous souhaitons entendre et de vivre de la manière dont nous souhaitons vivre.

Nous ne sommes ni la figure exagérée du riche égoïste et sur de lui, ni celle du pauvre couvert de plaies, nous sommes des hommes et des femmes qui avons des richesses et des pauvretés, du surplus et des carences. Mais nous sommes surtout des hommes et des femmes à qui Dieu donne en abondance si nous savons l’entendre et le choisir.

Abraham n’accuse pas le riche de ne pas avoir aidé Lazare durant sa vie, il l’accuse de ne pas avoir entendu Dieu lui offrir la vraie richesse, le vrai bonheur. Dieu ne nous regarde pas en mettant de chaque côté de la balance nos bonnes et nos mauvaises actions, nos égoïsmes et nos largesses, notre repli sur nous et notre amour de l’autre… Dieu nous tend la main pour que nous le rejoignions à ses côtés dès aujourd’hui, dès notre vie terrestre.

C’est sur cette terre que Dieu jette les ponts qui permettent de traverser le grand abîme. Ces ponts ce sont les vrais bonheurs, les vraies richesses. Ces ponts c’est Jésus-Christ lui-même, vivant dans nos frères, qui ne demande qu’à naître en nous.

 

« Heureux, vous les pauvres : le royaume de Dieu est à vous !  Heureux, vous qui avez faim maintenant : vous serez rassasiés ! Heureux, vous qui pleurez maintenant : vous rirez !  Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous repoussent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l'homme.

Ce jour-là, soyez heureux et sautez de joie, car votre récompense est grande dans le ciel : c'est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.

Mais malheureux, vous les riches : vous avez votre consolation !  Malheureux, vous qui êtes repus maintenant : vous aurez faim ! Malheureux, vous qui riez maintenant : vous serez dans le deuil et vous pleurerez !  Malheureux êtes-vous quand tous les hommes disent du bien de vous : c'est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes.

Je vous le dis, à vous qui m'écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient.

A celui qui te frappe sur une joue, présente l'autre. A celui qui te prend ton manteau, laisse prendre aussi ta tunique.  Donne à quiconque te demande, et ne réclame pas à celui qui te vole.  

Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux.

Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.

Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs en font autant.

Si vous prêtez quand vous êtes sûrs qu'on vous rendra, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu'on leur rende l'équivalent.

Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Dieu très-haut, car il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants.

Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.

Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.

Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. » (Lc 6, 20-38)

 

Ne regardons donc pas nos richesses ou nos pauvretés, regardons le Christ, laissons-le nous habiter, laissons-le nous faire vivre et demeurer auprès du Père. Soyons heureux !


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Published by Berulle - dans Spiritualité
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Pierre Avrillier 29/09/2010 10:35



Certes Dieu ne condamne pas le riche pour n'avoir pas secouru Lazare, mais le meilleur moyen d'acceder à cette vie que Dieu nous propose n'est-il pas de s'occuper de son frere?


N' a-t-on pas plus de chances de progresser vers un notre vocation de fils si on essaie au moins d'etre frere des plus pauvres?


Les souffrances du riche dans l'au dela pourraient etre non une punition divine, mais un "rattrapage" de toutes les "occasions perdues" de progresser en humanité pendant sa vie, et l'abime
crée entre lui et Lazare le fossé qu'il doit franchir dans la douleur pour devenir semblable à lui, douleur de réaliser tout le bien qu'il n'a pas fait?



Berulle 29/09/2010 11:59



Je suis d'accord sur le fait que s'occuper de son frère est le passage obligé de notre foi en Jésus-Christ. L'mour du Christ nous ne pouvons le vivre concrètement que dans l'amour de nos frères.
Cette parabole n'est pas à mon avis un descriptif de ce qui nous attend après mais bien un renvoi au seul temps que nous pouvons appréhender : le notre. Un temps où nous faisons déjà advenir le
Royaume. C'est pourquoi je cite intégralement ce passage de Luc en lien direct avec la parabole.


Sur l'au delà je ne sais rien. Ni si la notion de temps telle que nous la connaissons aujourd'hui y sera présente, ni si Dieu y mettra en place des "rattrapages". Nous verrons bien à ce moment
là, mais j'ai du mal à croire que le Père de Jésus-Christ ait mis en place un temps où la compassion serait absente.



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