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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 23:59

 

Fin de l’happy end, début de la vraie vie.

Jésus nous quitte pour la deuxième fois. Le ressuscité qui était revenu affermir notre foi durant quarante jours va rejoindre son père pour un temps que nul ne connaît. Mais cette séparation est également, paradoxalement, le don de sa présence jusqu’à la fin du monde.

Encore faut-il accepter d’entrer avec lui dans la vraie vie. C’est-à-dire de cesser de scruter le ciel pour espérer le voir. Il reviendra de la même manière qu’il s’en est allé vers le ciel… mais entre son départ et son retour il ne nous est pas demandé de mettre le monde entre parenthèse.

Ce monde, il l’a marqué de sa présence. L’iconographie chrétienne, quand elle représente l’ascension, n’hésite pas à faire apparaître les marques de ses pieds sur le rocher, signe indélébile de sa présence. Ce monde, nous y sommes envoyé en mission, pas en retraite.

Cette séparation est un cadeau. Elle nous oblige à chercher Jésus là où il est vraiment. Non pas très loin par-dessus les cieux, mais tout proche, avec nous, comme il nous l’a promis. « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. »  

Avec nous, sans que nous ayons besoin de nous façonner un Jésus présent qui nous rassure, une idole déposée dans un tabernacle que nous nommerions Eglise comme si l’Eglise était autre chose que l’humanité vivant avec, par et en Jésus.

Car Jésus nous l’a dit, nous l’a répété. S’il est présent auprès de nous, c’est dans nos frères et dans nos sœurs. La mission à laquelle nous sommes appelés n’est pas de baptiser les hommes et les femmes pour que l’Eglise croisse. La mission à laquelle nous sommes appelés c’est de faire découvrir aux hommes et aux femmes qu’ils sont fils et filles de Dieu en Jésus. Qu’ils sont frères et sœurs en Jésus. Qu’ils sont l’Eglise, qu’ils sont les enfants de Dieu, sauvés dans le Christ, aimés par leur Père. Et cette mission ne peut passer que par notre propre témoignage. Un témoignage d’humilité, de patience et de miséricorde à l’image de celui de Jésus. Une vie entièrement tournée vers notre Père dont nous recevons l’amour, la vie.

La séparation de l’Ascension n’est pas l’absence, la séparation de l’Ascension c’est la possibilité d’accueillir le don qui nous est fait à la Pentecôte, celui de l’Esprit, afin d’entrer pleinement dans le mystère de Dieu, dans la vie de Dieu, dans la présence de Dieu.

Notre vie, notre vraie vie, prend tout son sens dans cet happy end qu’est la résurrection de Jésus, le triomphe de l’amour de Dieu pour son fils, pour tous ses enfants. La présence de Jésus se manifeste pleinement quand nous participons à manifester dans son Esprit ce lien de filiation que rien ne peut entamer, pas même la mort. Nul ne sait quand il reviendra comme il s’en est allé, mais nous sommes certains que tant que nous verrons dans l’homme et la femme que nous croisons, un fils et une fille de Dieu, il sera avec nous.

Et le jour où il reviendra, c’est bien sur cette certitude qu’il nous questionnera. Si nous avons vécu de cette certitude, nul doute que nous vivrons un happy end.

 

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Published by Berulle - dans Spiritualité
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VQE 07/07/2011 10:24



Bonjour,


 


J'ai posté un comentaire il y a un ou deux jours sur votre site, analogue à celui que j'avais posté sur le site de conférence des baptisés de France. je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de
le lire. Je tiens à vous informer que la discussion se prolonge là-bas. Souhaitez-vous que la discussion revienne sur votre site, que je poste sur les deux, ou puis-je me contenter de pousuivre
la discussion sur le site de la CCBF?



Berulle 07/07/2011 20:58



Cher VGE,


 


Merci d'avoir attiré mon attention sur la présente discussion.


La véritable question est qu'est-ce que le baptême ? Si baptiser est la finalité de notre
mission, elle ne peut en aucun cas être sa fin, sa conclusion. Toute la parole de Dieu est une mise en mouvement des hommes et des femmes. Si nous sommes pêcheurs d'hommes ce n'est sûrement pas
pour qu'ils restent dans nos filets mais bien pour qu'à leur tour ils prennent le large pour annoncer la Bonne Nouvelle, cette parole qui nous libère. Nous sommes des serviteurs libérés. Libérés
de la fatalité de la mort, libérés de la fatalité du péché. Le baptême c'est cette liberté que le Père nous donne, par amour, en son Fils dans l'Esprit. Ce que j'ai voulu dire c'est que Dieu se
fiche du nombre de baptisés au sens d'adeptes d'une Eglise particulière, il s'intéresse à la liberté de chacun des hommes et des femmes qu'il considère comme un fils ou comme une fille et qui par
le baptême se reconnaît fils ou fille de Dieu. A certaines époques l'Eglise a baptisé à tour de bras sans aucunement libérer ceux et celles qui recevaient le sacrement. Et aujourd'hui... je ne
suis pas certain que son discours soit toujours un discours qui libère. Heureusement, l'Esprit et plus puissant que les discours et je crois que Dieu "baptise" avec plus de clairvoyance et de
charité que son Eglise.


Quant à la présence de Jésus. Je n'ai jamais nié que Jésus soit présent dans les saintes
espèces. Mais je vous rappelle que dans sa grande sagesse l'Eglise ne prévoit des réserves eucharistiques que là où une communauté vivante existe et se rassemble. Pas question d'avoir son petit
tabernacle chez soi pour des adorations privées de son petit Jésus ! Pour reprendre ce que j'ai écrit, Jésus est présent au milieu de ses frères et des soeurs rassemblés dans l'Esprit, présent
dans la fraternité partagée (la charité) mais également dans l'humanité qu'il a assumée. "Ce que vous avez fait au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous l'avez fait." Oui, il est
présent dans chaque être humain, baptisé ou non. Dans chaque homme et dans chaque femme que Dieu regarde avec amour.


Je crois que nous devons toujours méditer cette pensée de Saint Jean Chrysostome pour qui
le mot sacré avait un sens et que je cite approximativement. « L’autel sur lequel on dit la messe est sacré mais plus sacré est l’homme que l’on rencontre au sortir de l’Eglise, puisque le
premier est la pierre sur laquelle on immole le Christ et que le second est le Christ lui-même. »



VQE 05/07/2011 18:53



Il est présent en nos frères...certes. Mais peut-être avant toute chose dans le Saint Sacrement, non? La présence réelle de Jesus Christ sous les espèces du pain et du vin fait toujours partie
des dogmes catholiques, me semble-t-il?



Nina d'istanbul 02/06/2011 11:23



Bonjour ,


en vous lisant je me suis dit que les deux miniatures ottomanes que jàai mises sur mon billet d'aujourdàhui pourrait vous intriguer...


 


bonne journée et jeudi de l'ascension


 



Berulle 02/06/2011 19:54



Merci. Je ne les connaissais pas. J'aime beaucoup celle où Jésus est tiré du minaret.



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