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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 09:02

 

J’ai connu Vincent Flamand au séminaire des Carmes. Philosophe de formation (il avait travaillé sur Jean-Luc Marion), ce n’est pas l’esprit de sérieux qui caractérisait ce liégeois pétri de rock et de littérature mais bien un humour fondé le plus souvent sur le tendre émerveillement de ce que la chose humaine pouvait avoir de plus simple et parfois de plus kitch. Se mêlent en moi des souvenirs de discussions passionnées sur Heidegger, Nabert, Rahner ou Balthasar, des fous rires sur des phrases absurdes et cette improbable et unique expérience d’un match de football au Parc des princes. Un regard exigeant et tendre, rieur et profond.

 

Dans ce premier roman, Vincent Flamand nous livre un portrait de son père et son propre portrait avec les mêmes qualités. L’analyse humaine s’y fait au scalpel avec une précision des mots et une clarté des idées déconcertante. Toute la complexité des constructions humaines semble venir se dévoiler dans la simplicité de tournures associant sans voyeurisme et psychologisme le tragique et l’humour, la vie qui lute et s’échappe et celle qui naît et se construit.

 

D’aussi loin que je me souvienne, il s’est toujours levé tôt est un roman subtil et tendre, où l’hommage particulier que l’auteur rend à son père ouvre aux questionnements les plus universels : la vie, l’amour, la mort, la filiation, la transmission, les idéaux, les blessures subtilement mais mal dissimulées, le poids de la culture, le désir de s’arracher à un quotidien imposé... 80 pages de bonheur, de tristesse, d’humour et de réflexion ;80 pages d’humanité, 80 pages de vie que je vous conseille de dévorer puis de relire.

 

 

Vincent_Flamand.png

 

 

Vincent Flamand

D’aussi loin que je me souvienne, il s’est toujours levé tôt.

Editions de l’aube. 2010. 10 euros

 

 

 

 

 


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Published by Berulle - dans Livres
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commentaires

jerome 14/07/2011 13:43


Excellent vraiment, en liégeois alternatif du début de 90's je connaissais déjà les textes de son groupe Punk. ce livre m'a ému au plus profond je m'y retrouve dans cette relation au père.


Fred Sabourin 15/04/2010 12:00



j'ai hâte de lire ça...


(pour des raisons que je partage avec toi cher Bérulle, et pour d'autres que tu connais aussi)



Berulle 15/04/2010 12:19



Bonjour Fred,


Tu verras, c'est étonnant. Tout d'un coup, tu as l'impression de l'entendre et de le voir. Ses mouvements de bras, ses rires et ses exclamations, son accent... Dans certains passages, j'ai été
ramené 10 ans en arrière dans nos cellules des carmes. Une expérience !


Et, et surtout, c'est un très beau livre !



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