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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 13:18

 

Quelque soit le statut de ce texte de Matthieu, mythe ou récit, ce qui le rend fascinant ce sont ses acteurs de nature si diverse. Par ordre d’entrée en scène : Jésus, les mages, le peuple de Jérusalem, Hérode, tous les chefs des prêtres et tous les scribes, l’Ecriture, l’étoile, le songe. A cette longue liste, il faut également ajouter trois couples qui structurent le texte : la certitude et l’inquiétude ainsi que la manifestation publique et le secret et enfin le don et la peur de perdre ses possessions.

 

Profusion d’acteurs et pourtant une certaine simplicité, une trop grande simplicité même, manichéenne, opposant les bons mages au méchant Hérode. Récit ou mythe, comment un lecteur sérieux (et comme lecteur également acteur de ce récit) peut-il recevoir intelligemment cet événement inaugural qui ouvre en quelques lignes à l’ensemble du drame de l’Evangile, celui du choix.

 

Car l’épiphanie que nous fêtons est contenue dans la première phrase du récit. Ce que nous fêtons, mais avant tout ce que nous recevons dans ce récit c’est Jésus apparaissant à la surface de la terre, et donc comme l’a longtemps considérée la tradition un déploiement en quelque sorte de la fête de Noël. Manifestation à la surface de la terre, inscription dans la géographie et le temps de l’homme, nous pourrions même aller jusqu’à dire intrusion provoquante de Dieu dans notre univers. En fait, à mon sens, nous fêtons à Noël au sens strict l’épiphanie du Seigneur et nous fêtons avec le récit des mages et d’Hérode l’épiphanie du Seigneur comme interpellation de l’homme qui devient être (homme ou femme) devant Jésus.

 

C’est bien le surgissement de l’événement Jésus qui provoque la joie de la certitude des mages et l’inquiétude d’Hérode et du peuple de Jérusalem. L’inquiétude d’un événement qui dépasse ceux qui en reçoivent l’annonce. Une inquiétude qui n’est pas négative en soi suivant qu’elle se nourrit de la crainte joyeuse de Dieu ou de la crainte peureuse de Dieu. Une inquiétude qui, pour les hommes qui vivent dans une histoire sainte, vient naturellement questionner les Ecritures qui résonnent avec l’événement annoncé.

 

Face à l’interpellation de l’homme qu’est cette manifestation, c’est donc pour le lecteur comme pour les contemporains de Jésus la question du choix qui se pose. Un choix radical que sous-tend le manichéisme apparent du récit même si nos choix ne sont jamais radicalement des paradigmes purs. Nous ne sommes ni Hérode, ni les mages et notre vie ne sera en permanence ni l’enchainement inquiétude, secret, repli sur soi et mort ni celui certitude, témoignage public, don et vie. Mais les réalités de nos vies, y compris nos errements et nos parts d’ombre, peuvent être éclairées de notre choix radical, celui de répondre à l’interpellation de Jésus qui se manifeste à nous en lui donnant notre foi en le reconnaissant comme l’événement qui oriente nos vies.

 


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Published by Berulle - dans Spiritualité
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