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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 23:53

 

Aujourd’hui l’Eglise fête le mystère de la Très Sainte Trinité. Contemplons la !

 

Pour moi une des plus belles représentations de la Trinité est sans aucun doute celle d’Enguerrand Quarton dans le Couronnement de la Vierge (1453 pour les chartreux de Villeneuve-lès Avignon). Le Père et le Fils ont le même visage et les ailes du Saint-Esprit semblent toucher leurs bouches comme si il était leur dialogue, leur relation.

 

lecouronnementN.jpg


Elle illustre tout à fait ce que dit Jésus de lui-même, de son Père et de l’Esprit dans l’Evangile de Jean et tout particulièrement le passage que nous entendons aujourd’hui : « En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. » (Jn 16, 13-15)

 

Alors nous pourrions rester béats devant ce tableau, rester émerveillés par cette construction parfaite que la tradition théologique a petit à petit dessinée avec une minutie remarquable et des termes et concepts bien complexes.

 

Pourtant, très vite, dès le XVe siècle, les peintres vont abandonner cette représentation identique du Père et du Fils pour représenter l’un plus vieux et barbu et l’autre sous son aspect humain. Et je crois que les textes de ce jour nous invitent à la même chose. Car ce qui importe dans la Trinité telle qu’elle nous est révélée ce n’est pas la perfection de sa représentation mais la formidable expression de la communication aimante de Dieu. Une communication entre les personnes divines comme nous le rappelle Jésus, mais également une communication avec les hommes et les femmes qu’il aime et qu’il appelle.

 

Une communication qui passe par l’Incarnation du Fils et son dialogue avec les hommes et les femmes de son temps. Une communication qui nous est donnée par l’Esprit qui vient éclairer les paroles que les témoins de cette rencontre du Fils et des hommes nous ont laissées mais également la rencontre entre Dieu et les hommes aujourd’hui toujours à l’œuvre.

 

La pédagogie divine, depuis le début de l’histoire qui unit Dieu et les hommes, nous montre que Dieu n’est pas souvent là où on l’attend, qu’il ne ressemble pas aux images (aux idoles) qu’on se fait de lui. Dieu ne se laisse pas enfermer dans des schémas car Dieu est toujours celui qui a l’initiative, celui qui transforme notre vision du monde, de l’autre, de Dieu lui-même.

 

La magnifique première lecture qui laisse la parole à la Sagesse en témoigne. Elle est virevoltante et espiègle la Sagesse ! « J'y trouvais mes délices jour après jour, jouant devant lui à tout instant, jouant sur toute la terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes. » (Pr 8, 30-31). Cette Sagesse que Dieu a faite pour lui, cette Sagesse engendrée, déjà présente au moment de la création, a suscité bien des commentaires. On a cherché à la mettre elle aussi dans une case. Pour les uns c’était le Christ, pour les autres l’Esprit… pour moi c’est justement ce qui nous empêche de nous prendre, nous, au sérieux en essayant de figer Dieu dans des mots et des schémas.

 

Elle joue devant Dieu, elle joue sur la terre et, chose admirable, elle trouve ses délices avec les hommes et les femmes que nous sommes. N’est-ce pas finalement la chose la plus remarquable ! La Sagesse issue ou engendrée de Dieu, c’est-à-dire Dieu lui-même, car comment ce qui viendrait de Dieu pourrait être contraire au désir de Dieu, trouve ses délices à notre fréquentation. « Qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui, le fils d'un homme, que tu en prennes souci ? » (Ps 8, 5)

 

C’est cette amitié de Dieu, éprouvée, renouvelée, définitivement actée en Jésus-Christ qui est le cœur de la Bonne Nouvelle. C’est cette amitié insensée, que nous recevons en héritage dans la foi, particulièrement dans le baptême au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, qui nous permet de dire avec Paul « l'espérance ne trompe pas, puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné. » (Rm 5, 5)


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Published by Berulle - dans Spiritualité
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