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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 18:42

 

Quel échange entre Jean-Baptiste et Jésus ! Instinctivement, ne serions-nous pas du même avis que Jean-Baptiste ? Pourquoi Jésus aurait-il besoin d’un baptême de conversion ?

« Pour le moment, laisse-moi faire ; c'est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste. »

Nous pourrions supposer qu’au tout début de ce que nous appelons la vie publique du Christ Jésus n’a pas encore pleinement conscience de qui il est. C’est peut-être d’ailleurs effectivement le cas pour le baptême « historique » de Jésus par Jean-Baptiste. Mais alors comment comprendre cette parole de Jésus et surtout le fait qu’il prenne l’initiative : « laisse-moi faire ».

Je crois pour ma part qu’il faut lire ce texte à un autre niveau que le niveau historique et en lien avec le passage suivant, les tentations du Christ au désert. Dans ces deux textes, nous sommes frappés par l’abaissement de Jésus qui se conduit comme un simple mortel. Il se fait baptiser par Jean-Baptiste, il combat le Diable avec les uniques armes de la Révélation et de la foi.

En fait, ce qui est juste pour Jésus, c’est visiblement d’être parfaitement humain. Non pas humain au sens d’être pécheur, mais humain au sens de répondre à l’appel de Dieu avec les seules armes que Dieu a lui-même données aux hommes. A ce moment précis de son existence, comme durant toute sa vie publique, le Christ ne triche pas avec son incarnation, il est un homme « comme tout le monde » même s’il est l’homme qui répond parfaitement au désir de son Père.

Alors évidemment, c’est difficile à comprendre pour Jean-Baptiste qui a reconnu en lui le Messie. Comme il lui sera difficile de comprendre, quand il sera en prison, que la présence du Messie ne change rien à l’injustice qui règne dans le monde. Mais justement, la lecture d’Isaïe (42, 1-4.6-7) de ce dimanche nous permet de mieux comprendre la réponse que Jésus fera à ses disciples : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! » (Mt 11, 4-6)

Car là encore, ce qui frappe c’est l’humilité du serviteur de Dieu. « Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, on n'entendra pas sa voix sur la place publique. Il n'écrasera pas le roseau froissé, il n'éteindra pas la mèche qui faiblit, il fera paraître le jugement en toute fidélité. » Ce n’est pas par la puissance divine, telle qu’on pourrait se l’imaginer, que le serviteur de Dieu va manifester « l’Alliance avec le peuple et la lumière des nations » mais par la simplicité et la douceur de la vérité. « Lui qui était dans la condition de Dieu, il n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur.Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix. » écrira Paul aux Philippiens (2, 6-8).

Car comment ne pas voir déjà dans ce prologue de la vie publique de Jésus, ce qu’il nommera lui-même son baptême, c’est-à-dire sa mort sur la Croix, abaissement ultime de Dieu, mais preuve ultime de cet amour que le Père avait déposé tout entier en son Fils : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour. »

En agissant de cette manière, plus que de s’offrir pour notre salut d’une manière exceptionnelle, Jésus nous a laissé le témoignage qu’avec la force de l’Esprit que nous recevons au baptême, nous pouvons être, par lui, en lui et avec lui, les dignes serviteurs de Dieu. Qu’à l’image de ce que Pierre dit de Jésus dans les Actes, le chrétien peut être reconnu à son témoignage : « Dieu l'a consacré par l'Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui. »

Comme le Christ, c’est par l’humilité de notre service que nous témoignons de la grandeur de Dieu, que nous rendons au Seigneur, éblouissant de sainteté, la gloire de son nom.


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Published by Berulle - dans Spiritualité
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monique le lirzin 09/01/2011 08:26



N'est-ce pas aussi pour nous révéler toute la grandeur de notre baptême lors duquel le Père nous dit aussi :"Tu es mon fils - ma fille - bien-aimé(e) enqui je mets tout mon amour (l'Esprit
Saint). Filiation Royale, Sacerdoce du Christ, Prophète par l'Esprit.



pétronille 08/01/2011 19:04



Merci pour ce très beau commentaire, clair comme l'eau qui purifie.



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