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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 23:02

Alors qu’elle devrait être l’une des plus belles fêtes chrétiennes, la Pentecôte apparaît un peu dans notre calendrier liturgique comme la fin des réjouissances, une veille de rentrée. On a vécu les jours du Carême et de la Passion avec plus ou moins de constance, on a éclaté en bruyants Alléluias pendant les cinquante jours qui suivent Pâques, et là, le jour qui devrait allumer un feu sur la terre est celui où l’on éteint les lampions de la fête : c’est parti pour 6 mornes mois d’un temps qu’on a longtemps nommé « ordinaire » et qui maintenant s’appellerait, paraît-il « temps de l’Église ». Changement de nom ou pas, rien n’y fait, ce temps qui métaphoriquement est celui de notre vie chrétienne, a le goût de l’ennui.

C’est dire combien notre « vie dans l’Esprit » est misérable…

Pourtant, il a peu de récits aussi jubilatoires que celui de la Pentecôte dans les Actes des Apôtres. Offrons-nous le plaisir de la relecture du texte. « Ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu ». Qui sont-ils ? Dans la « chambre haute », quelques versets plus tôt, on nous a dit qu’il y avait les Onze, Marie, mère de Jésus et quelques femmes, celles qui sont restées au pied de la croix et sont allées au tombeau au matin de Pâques, les Marie, celle qui est de Magdala, et la mère de Jacques, Jeanne, Salomé et « d’autres ». Peut-être faut-il aussi ajouter Matthias, le douzième qui vient d’être désigné par un groupe des « frères » c’est-à-dire 120 personnes.

Ils sont donc au moins une vingtaine - les Douze et les femmes – quelques-uns des « frère » ? Difficile à dire. C’est le matin, ils sont réunis, sans doute pour prier. Ont-ils peur ? Rien ne le dit dans le texte des Actes, mais sans doute ne tiennent-il pas à se faire remarquer par les autorités, on les comprend. Ils prient, se soutiennent, se souviennent. Et là, quelque chose leur tombe dessus, comme le tonnerre, comme la foudre, du vent, des flammes, les voilà, échevelés, ébouriffés, illuminés. Ils se précipitent à l’extérieur, et amusons-nous du jeu de mot, voilà qu’il semblent ne plus avoir tous leurs esprits. Et c’est vrai, puisque désormais c’est l’Esprit qui parle en eux. Le texte nous offre une notation d’un incroyable et merveilleuse trivialité : « Non, nous ne sommes pas ivres, il n’est que neuf heures du matin », car on les croit plein de vin doux. Une « cuite » à l’Esprit Saint… comme la si la promesse du prophète Isaïe se réalisait, qui promettait du vin et du lait à ceux qui ont soif.

Et eux qui se terraient et se taisaient, les voilà qui débordent de mots, leur parole inonde Jérusalem, comme les torrents d’eau dont Ézéchiel avait eu la vision. Et leur parole tient en un nom, celui de Jésus, ce Jésus crucifié, mort, ressuscité et vivant.

Alors, demandent, les foules, que devons-nous faire ? Et la réponse vient, toute simple : « Faites-vous baptiser… ».

Le voilà le baptême dans l’Esprit annoncé par Jean au bord du Jourdain : « Moi, je vous baptise dans l’eau, Lui vous baptisera dans l’Esprit. » C’est dans cet Esprit que naît l’Église et c’est ce baptême que nous avons recevons. Mais où est la sainte ivresse ! Honte à nous qui vivons comme de sinistres buveurs d’eau, qui nous claquemurons derrière nos murs, qui verrouillons les portes de nos certitudes et enfermons la Parole dans d’étroite définitions.

Allez, laissons souffler l’Esprit tempétueux qui balaie les peurs, nous sommes le peuple de la Pentecôte… rallumons les feux de la joie.

 

Du livre des Actes de Apôtres, au chapitre 2, versets 14 à 18.

Pierre alors, debout avec les Onze, éleva la voix et leur adressa ces mots : «Hommes de Judée et vous tous qui résidez à Jérusalem, apprenez ceci, prêtez l'oreille à mes paroles. Non, ces gens ne sont pas ivres, comme vous le supposez ; ce n'est d'ailleurs que la troisième heure du jour. Mais c'est bien ce qu'a dit le prophète :

Il se fera dans les derniers jours, dit Dieu, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair. Alors vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards des songes. Et moi, sur mes serviteurs et sur mes servantes je répandrai de mon Esprit.

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