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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 01:17

Au fond, l’idée de concile est la plus naturelle du monde, elle ressort du simple bon sens : on a un problème, on se réunit, on réfléchit, on discute et on décide. On en trouve des traces dans toutes les civilisations humaines, du pow-wow à l’assemblée générale, en passant par les conseils d’anciens et les états généraux.

On notera avec intérêt que ces sortes de réunions dans l’Église se nomment concile ou synode, et qu’il s’agit en fait du même mot, l’un, synode (synodos) étant grec, l’autre concile (concilium) étant latin.

L’Église a une pratique constante et antique des conciles. On nomme parfois « concile de Jérusalem », la réunion des touts premiers « chrétiens » qui traitèrent la question de savoir si les païens qui se convertissaient devaient observer la loi juive ou s’ils entraient de plain-pied par le baptême dans la nouvelle alliance scellée par le Christ dans sa mort et sa résurrection. Sous l’influence de Pierre, le premier des apôtres, entre Jacques, le « frère du Seigneur », qui tenait à la loi juive et Paul qui plaidait pour que le baptême suffît, l’arbitrage fut rendu en faveur de Paul.

Par la suite, il y eut de nouvelles assemblées, plus ou moins locales ou régionales qui prirent le nom de concile, mais le premier « vrai » concile, fut celui de Nicée.

Il fut réuni à l’initiative de l’empereur romain Constantin, qui n’était pas encore chrétien, mais qui avait autorisé le culte et la religion chrétienne et considérait de son devoir de résoudre le grave différend qui opposait les croyants sur la véritable nature du Christ. Le concile rassembla plus de trois cents évêques et déclara que Jésus-Christ était vraiment homme et vraiment Dieu contre le prêtre Arius d’Alexandrie qui le prétendait adopté par le Père et inférieur à lui.

Depuis lors, tous les chrétiens proclament qu’ils croient en Jésus-Christ, « vrai Dieu, né du vrai Dieu, engendré, non pas créé, de même nature que le Père ». Ce concile est dit œcuménique et général, puisqu’il rassemble tous les évêques chrétiens qui ont pu se déplacer.

7 conciles de cette sorte, précèdent la séparation, en 1054, des chrétiens occidentaux (catholiques romains) et orientaux (orthodoxes).

La pratique des conciles fut poursuivie dans les deux Églises. Chez les catholiques romains, après 1054, on en compte 14, le dernier en date, celui de Vatican II, étant le 21ème (7+14). On les dit encore œcuméniques, non parce que des représentants des autres confessions chrétiennes sont présents (ils furent cependant invités comme observateurs au 2ème concile du Vatican), mais parce que les évêques catholiques de toute la terre connue (œkoumène) sont invités.

Pour continuer dans les chiffres, le concile de Latran IV, en 1215, qui fut l’un des plus célèbres du Moyen-Âge, dura quelques jours, et réunit plus de quatre cents évêques. Celui de Trente, qui dura de 1545 à 1563, et dont l’objectif était de lutter contre la réforme protestante fut l’un des plus difficile à réunir et ne rassembla jamais plus de 70 évêques. Pourtant, il marqua si profondément la pratique religieuse pendant quatre cents ans, qu’elle en fut quasiment « figée ».

En 1870, le concile de Vatican I essaie de sauver in extremis les états pontificaux et vote, un peu à la va-vite, l’infaillibilité pontificale, comme s’il fallait rendre en pouvoir spirituel ce que le pape perdait en pouvoir temporel. Au moment du vote, il n’y avait plus que 500 évêques sur les 800 initialement.

Il faut dire que le caractère « politique » des conciles n’était pas une exception, loin de là. Et les autorités politiques, empereurs et rois, quand ils ne convoquaient pas directement les conciles, comme à Constance, y étaient très influents. D’où la question récurrente de l’autorité respective du pape et des conciles.

Cette question n’a plus grand sens, quand en 1959, le pape Jean XXIII convoque un concile de sa propre autorité, que 2500 évêques du monde entier se rencontrent en quatre sessions de 1962 à 1965, et que les textes, votés à des majorités écrasantes (DEI VERBUM, 2344 pour, 6 contre) sont immédiatement promulgués par son successeur le pape Paul VI.

Il est à noter d’ailleurs que le dernier concile n’énonça aucune condamnation ni aucun anathème, ce qui lui vaut d’être appelé concile pastoral. Certains, y voient une faiblesse, quant à moi, j’y vois, pour l’Église, un signe de maturité, et je voudrais « que ça dure ».

 

 

Le 25 janvier 1959, à Saint-Paul-hors-les-murs, en présence de 17 cardinaux, le pape Jean XXIII annonce son intention de convoquer un concile qui sera « une lumière pour l’édification et le joie de tout le peuple chrétien » et « une invitation aimable et renouvelée aux fidèles des Églises séparées à participer avec nous à ce banquet de grâce et de fraternité auquel tant d’âmes aspirent de tous les points de la terre ».

100 mots pour la foi

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