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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 19:07

 

On rapporte qu’un pasteur mondain, au xx° siècle, soulignait que Jésus était d’excellente famille, et que ses parents eux-mêmes l’étaient. D’excellente famille juive ! Détail que notre pasteur mondain omettait sans doute dans une période où l’antisémitisme était bien porté.

Alors, oui, Jésus était juif, à 200 % au moins. Mère juive, père adoptif juif, Père juif aussi, archi-juif, car c’est bien du Très Haut, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, Dieu de Moïse, Dieu de David, qu’il est Fils. Il est donc juif, Fils d’un Dieu très juif.

Voilà pour les origines. Pour l’éducation, le doute n’est pas davantage permis. Il fut circoncis âgé de huit jours et ses parents le présentèrent au Temple quarante jours après sa naissance. À douze ans, sa « fugue » au Temple et sa discussion avec les docteurs de la Loi font figure d’entrée dans la majorité religieuse. Et au commencement de sa vie publique, il exerce le privilège des hommes juifs, qui est de lire la Torah à la synagogue et de la commenter.

Il suffit d’ailleurs d’entendre parler Jésus pour comprendre à quel point il est juif et pétri de la méditation de l’Écriture, normal, oserai-je dire, c’est sa langue paternelle.

Si on saute les étapes, c’est d’ailleurs avec un écriteau le désignant comme roi des Juifs qu’il meut sur la croix.

Au troisième jour, ses disciples, tous juifs, le reconnaissent comme vivant, relevé de la mort, « conformément aux écritures », écritures juives, bien entendu, entendez, la Bible.

Mais ça ne s’arrête pas là, puisque c’est un juif parmi les plus purs, un pharisien nommé Paul qui va « élargir le débat » en s’adressant d’abord aux juifs vivant hors de Palestine, puis aux non-juifs. Dès lors, tous les chrétiens ne sont plus juifs, et tous les juifs ne deviennent pas chrétiens, c’est-à-dire qu’ils ne reconnaissent pas en Jésus le messie que Dieu leur a promis.

Pourquoi sommes-nous devenus frères ennemis ? Terrible mystère que ces longs siècles fratricides. Mystère dont nous, chrétiens, portons sans nul doute la très large responsabilité. Nous avons hélas fait le malheur de nos frères juifs infiniment plus qu’ils n’ont fait le nôtre. Nous avons osé dire ce peuple « déicide » alors que c’est lui qui nous donne le Christ. Nous l’avons accusé de crime alors que par lui, par sa foi et sa fidélité, Dieu vient au monde. Quant à retenir à son égard une culpabilité ! Quel homme, quelle femme peut oser prétendre qu’à Jérusalem en l’an 30, devant le palais de Pilate, le procurateur romain, il n’aurait pas crié : « Crucifie-le » ?

Dieu (et je pèse mes mots) merci, depuis le concile de Vatican II, nous avons renoncé à cette terrible vision accusatoire du peuple juif. Nous avons affirmé (ce que saint Paul avait fait dès l’origine) que les promesses de Dieu sont irrévocables et que l’Alliance que Dieu a conclue avec son peuple est éternelle. Les juifs, sont comme nous, fils et filles de la promesse de Dieu. Comme nous, ils sont dans l’attente. Ils attendent gardant la Loi et gardés par elle. Nous attendons et espérons avec le Christ présent à nos côtés, avec son Esprit dans nos cœurs, heureux somme-nous.

 

 

Déclaration du concile de Vatican II Nostra Aetate, paragraphe 4 

Du fait d’un si grand patrimoine spirituel, commun aux chrétiens et aux Juifs, le saint Concile veut encourager et recommander la connaissance et l’estime mutuelles, qui naîtront surtout d’études bibliques et théologiques, ainsi que d’un dialogue fraternel. Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ ce qui a été commis durant sa Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. S’il est vrai que l’Église est le nouveau Peuple de Dieu, les Juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Écriture. Que tous donc aient soin, dans la catéchèse et la prédication de la Parole de Dieu, de n’enseigner quoi que ce soit qui ne soit conforme à la vérité de l’Évangile et à l’esprit du Christ.

 

100 mots pour la foi

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commentaires

Séraphine 05/11/2010 11:57



Merci Isabelle pour cette image du coucou
qui formule bien ce que je ressentais sans pouvoir l’exprimer.


Je suis entrain de faire la découverte (à
travers un groupe de lecture de la Bible) de ce Jésus pleinement juif et j’apprends à redécouvrir les personnages qui y sont cités en tenant compte du contexte religieux, politique de l’époque,.
C’est passionnant, ça décape, ça m’a entraînée à déconstruire une forme de « religiosité », de sentimentalisme religieux.


Dans les textes de la liturgie catholique, en
associant des lectures  du 1er Testament et du Nouveau, n’est-on pas entraîné à faire des amalgames et de transformer les textes des grands
prophètes du 1er testament en prédictions, prémonitions, voyance, prophéties divinatoires (ex. textes d’Isaïe au temps pascal) ? Ne déforme-t-on pas, ne détourne-t-on pas leurs
exhortations adressées à des personnages et en des circonstances bien précis de l’époque où ils ont été écrits (je pense à des prophètes,  je n’ai pas
une grande connaissance de toute la Bible) ? J’ai le sentiment qu’on nous a induits, à notre insu, et/ou par ignorance, à une récupération « chrétienne » de ces textes. N’est-ce
pas une trahison par rapport à nos frères juifs ?


Quand, le dimanche, le prédicateur chrétien
commente le texte du Nouveau Testament sans prendre en compte le judaïsme de l’époque, la prédication perd une partie de son sens et a vite fait de tomber dans le moralisme et la
« religiosité » conforme à sa propre église ; à notre insu cela ne nous entraîne-t-il pas à vouloir « avoir raison » de nos certitudes, d’être de ceux qui ont la
meilleure espérance ?


Les courants de la « nouvelle
évangélisation » de l’église catholique ne prennent-ils pas le risque d’un retour à la « religiosité », à l’aide d’une annonce simpliste et émotive due peut-être au vertige de voir
les églises se vider ? Mais, pour quelle église ? Pour quel public ?


On ne pourra jamais enfermer Dieu dans nos
mots. Ce que j’aime chez Jésus, c’est qu’il a ouvert les portes du Cénacle.


Merci pour vos commentaires qui sentent la
bonne fraîcheur du e vent du large.



isabelle berthelier 03/11/2010 12:11



Oui, Pliate a condamné un innocent en toute connaissance de cause et, en plus, il l'a livré à une foule excitée et à des chefs d'une nation occupée par l'ennemi et terrifiée par la répression que
les Romains, y compris Pilate lui-même, pouvaient exercer dès qu'il y avait des troubles (l'histoire en rapporte plusieurs et l'évangile relate brièvement l'un d'eux en Luc, 13, 1-2).


La prhase de Caïphe est aussi un signe de cette crainte et montre une attitude prudente mais lâche, il y a des français qui n'ont pas été plus brillants en face des Nazis, même pas pour sauver la
nation mais pour sauver leur propre peau. On ne considère pas pour autant la nation française tour entière comme un peuple criminel !


Vatican II a rappelé quelques vérités fondamentales contre l'enti judaïsme et, à plus forte raison encore contre l'antisémitisme, On peut noter que, plusieurs siècles avant, Calvin avait rappelé
que le peuple Juif est le peuple bien aimé de Dieu et que l'entrée des payens (nous !) dans la nouvelle alliance ne supprime absolument pas les promesses de la première alliance ; dire le
contraire c'est nier la fidélité de Dieu : si on dit que Dieu ne tient pas ses promesses, la foi n'a plus de sens, le christianisme non plus. Comme dit Saint Paul, le greffon est mal venu de
critiquer l'olivier franc, porte greffe.


Si les chrétiens entrent dans l'alliance, sans aucun mérite de leur part, c'est par pure miséricorde de Dieu. Or, pendant des siècles, ils se sont comportés comme les petits du coucou, qui
jettent dehors et tuent les poussins de l'oiseau dont ils occupent le nid.



Pietro De Paoli 02/11/2010 15:01



En effet, Ponce Pilate était une sorte de visionnaire dans la pratique de l'horreur, commettant un véritable crime contre l'humanité, puisqu'il condamne un innocent à la mort en toute
connaissance de cause, et en le professant haut et fort. Il ne fait aucun doute que la Haute cour de justice de La Haye conclurait à sa culpabilité sans circonstances atténuantes. Il n'a hélas
pas manqué de descendance.



ganghofer jean jacques 02/11/2010 00:16



M'enfin, à propos l'écrteau prtant la mention " INRI" sur la Croix de Jésus , n'y a-t-il pas une revanche de la part de Ponce Pilate, contraint de condamner Jésus dans la précipitation, sous la
pression d'un sanhédrin fébrile.


" Il vaut mieux qu'un homme meure plutôt qu'une nation périsse "


Cette sentence, à l'origine de ce que nous appelons aujoiurd'hui " la raison d'état", par qui a-t-elle été prononçée ?


Cette personne avait tort , car l'Homme a été ressuscité et la nation a péri.Cette phrase est aussi probablement à l'origine de l'anti-sémitisme chrétien , et de l'obsession de l'Eglise à vouloir
convertir les juifs.


Le seul visionnaire, dans cette histoire, c'est Ponce Pilate, le païen, celui qui se déclara innocent de la mort de Jésus, en se lavant publiquement les mains après avoir prononçé sa sentence.


 



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