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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 13:31

 

Cette fois, ce sont des tambours et des trompettes qu’il faut ! Vous pouvez même imaginer un garde champêtre à l’accent fleuri, proclamant « Avisss à la population ! »

Car ce mot grec désigne originellement la proclamation publique. Évidemment, nos ancêtres, même grecs et philosophes, avaient bien l’idée, de bon sens, que si une chose doit être proclamée, il faut qu’elle soit concise. Il faut aller à l’essentiel et vite. Aussi, nos prédécesseurs, apôtres et disciples, ayant à annoncer leur foi toute neuve, et à la proclamer dans les rues de Jérusalem, dans les synagogues, ou devant le tribunal où on les traîne, mirent-ils au point des formules brèves et percutantes. Avec des variantes, cela donne à peu près : « Jésus, cet homme mort crucifié, Dieu l’a ressuscité, il est vivant, nous en sommes témoin, convertissez-vous. ».

Rêvons, juste un instant, parce que nous avons l’esprit taquin, que ce serait cela, qui serait prêché dans nos églises le dimanche, proclamé par le pape à son balcon.

Ce serait lassant pensez-vous ? Il est vrai que c’est très précisément ce qui est célébré à chaque messe, et que nous n’entendons plus.

Pourtant, les premiers qui entendirent cela à Jérusalem au matin de la Pentecôte en furent bouleversés, et plus de 3000 se convertirent.

Quels mots faut-il dire aujourd’hui pour convertir ? Oh, ce n’est pas une question de slogan. Nous pouvons être maladroits, il faut seulement que sonne juste et vrai le « nous en sommes témoin ». De quoi sommes-nous témoin ? De quoi sommes-nous la caisse de résonance ? Saint Paul nous donne un conseil : s’il n’y a pas l’amour, nous sommes comme des tambours crevés, des trompettes bouchées.

Oui, c’est à la mesure de ce que nous croyons que nous serons crus, comme nous-mêmes avons cru dans la foi d’un autre, dans le cœur d’un autre, père, mère, ami, prêtre, religieuse…

Une seule solution, parler du cœur, parler au cœur ! Le kérygme est le cœur de la foi, il doit avoir la justesse du cœur à cœur et viser droit au cœur. Ce qui ne disqualifie pas le travail intellectuel mais l’ordonne à la relation vivante entre les personnes.

Rude enjeu. En la matière, la question n’est pas de trouver le mot juste mais de nous laisser ajuster par ce que nous disons et par ce que nous recevons. Et finalement, notre parole sera kérygmatique parce qu’elle nous exposera, parce que nous ne nous réfugierons pas derrière les mots, les dogmes et les définitions, mais que nous accepterons de mettre notre cœur à nu.

Le catéchisme de l’Église catholique est sans doute trop latin pour user du terme « kérygme ».

Je nous propose de l’entendre dans l’une de ses formules liturgiques, celle de l’anamnèse, qui est un dialogue entre le prêtre et l’assemblée immédiatement après la Consécration. Le caractère du témoignage se trouve dans l’acte même de la proclamation liturgique.

Le prêtre : Proclamons le mystère de la foi !

L’assemblée : Gloire à Toi qui étais mort. Gloire à Toi qui es vivant, notre sauveur et notre Dieu. Viens Seigneur Jésus !

 

100 mots pour la foi

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