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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 10:19

Avant toute chose, soyons bien clairs, je crois aux miracles. Comment ne pourrais-je ne pas y croire ? J’ai vécu assez d’années pour en voir, et beaucoup, se réaliser sous mes propres yeux. Certes, je n’ai vu personne quitter son fauteuil roulant et se mettre à courir, mais j’ai vu des paralysés du cœur se mettre à aimer et des âmes dévorées par la haine pardonner. Mais ça, me direz-vous, ce ne sont pas de « vrais » miracles. Pas des miracles démontrés, des miracles « contre » la science !

Faut-il que notre foi et notre intelligence soient dévoyées pour que nous souscrivions, sans même nous en rendre compte aux arguments du plus primaire du positivisme.

Et c’est bien en cela que la question du ou des miracles est complètement dévoyée. Oui, dévoyée, car les miracles qui, si j’en crois Jésus lui-même, sont des signes donnés pour notre foi – des signes c’est-à-dire quelque chose à comprendre et à interpréter – sont devenus des preuves. Des preuves ! Et pour être des preuves, il faut qu’ils soient « inexplicables ». Ils seraient des preuves qu’il y a un Dieu ! Un Dieu cantonné dans l’inexplicable !

La belle affaire, s’est-on avisé qu’il y a des miracles dans toutes les religions, et ceci depuis des temps immémoriaux ! Il y en avait en Épidaure au temple d’Esculape, il y en a dans les grands sanctuaires de toutes les religions. Des « vrais » miracles direz-vous ? Oui, au sens où les gens sont guéris, ils marchent ils recouvrent la vue ou l’ouïe, leurs plaies s’assèchent et leurs tumeurs disparaissent. Il y a pourtant une différence, comme ça ne se produit pas dans l’Occident positiviste, on n’en demande pas de « preuve » à la médecine. Les gens ne sont pas allés chez le médecin avant, et après, ils se contentent de louer leurs dieux de les avoir secourus, et ils rentrent chez eux, réjouis et sauvés. Pas d’analyses, pas de scanner, pas de preuve, juste la foi et la joie. Comme c’était le cas en Occident avant que le terrorisme de la pensée positiviste nous contamine si bien qu’on a ouvert à Lourdes un « bureau des miracles » – rien que l’expression en est risible, la grâce rentrant dans les cases des formulaires ! La gratuité de Dieu doit se plier à nos logiques fonctionnaires. Désormais donc, les miracles sont soupesés non au poids de la foi, mais à celui de l’échec de la science. Récemment, on a ergoté sur le miracle qui « prouve » la sainteté de Jean-Paul II. Outre le grand doute que j’ai sur l’urgence qu’il y a d’entreprendre une telle procédure, il me semble qu’en matière de miracles, il y avait mieux à trouver… de murs qui tombent, des ennemis qui se tendent la main… on avait l’embarras du choix !

Notre vision étroitement prosaïque est l’un des symptômes des plus grave de la maladie du catholicisme : il est matérialiste, gravement, tragiquement matérialiste. Grave contresens, contre sa source même et contre l’esprit. Je n’ose pas l’écrire avec un « E » capital, mais c’est quand même ce péché-là qui nous guette.

 

Il n’y a pas grand-chose sur les miracles dans le Catéchisme de l’Église catholique alors j’ai été en chercher un sur dailymotion :


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commentaires

jacqueline Viltard 05/02/2011 15:55






Merci de votre réponse qui m’a questionnée. J’étais passée largement à côté du texte.


Sur la phrase : a contrario. Jésus doit donner aux pharisiens une preuve.  À un autre endroit des évangiles, Jésus se plaint du manque de foi
puisque toujours lui sont demandés des signes.


J’ai essayé « d’entendre » mieux la phrase de Jésus. C’est vrai que s’oublie parfois : « tes péchés sont pardonnés. »



pietro 05/02/2011 13:19



Chère Jacqueline,


Comprenons-nous bien, il n'est pas question ici de savoir si l'on est moderne ou pas, crédule ou pas. Des miracles "inexplicables", au sens de le sciences, il y en a bel et bien et toujours et
partout. Ils ne "prouvent" qu'une seule chose c'est qu'il y a une part de ce qui existe qui échappe aux moyens dont nous disposons pour le concevoir. La question de ce qu'est cette part
appartient à la foi. En revanche, l'attachement ridicule des autorités catholiques à "prouver" les miracles en ce qu'ils ne sont pas compréhensibles par la science me semble être une vision très
matérialiste et bien peu spirituelle.


A contrario, entendez la parole du Jésus aux pharisiens: "Qu'est-il plus plus facile, de dire tes péchés sont pardonnés ou lève-toi et marche".



jacqueline Viltard 05/02/2011 11:50






Non, je suis une femme moderne et je ne pense pas être crédule. Mais oui, je crois que le miracle est un signe, donné et à interpréter, comme l’est toute manifestation de la grâce donnée et
reçue.


Mais qui déconcerte, car ce pouvoir donné par notre raison semble dans un premier temps disparaître et pourtant, la raison n’est pas abolie mais seulement suspendue.


Seulement, nous revendiquons de comprendre de façon rationnelle pour garder la maîtrise sur ce qui advient, refusant ainsi de nous laisser instruire par l’inattendu de la grâce.


Et ainsi, perdant d’apprendre à lire dans les évènements du monde le nouveau, l’inouï qui est là, dans le tout simple souvent , comme le montre cette silhouette désarmée se déplaçant devant les
chars.


 


Comme si cette dimension de l’invisible s’était absentée .


Avec l’oubli qu’en nous et autour de nous souffle l’Esprit.


Mais je garde en moi cette pensée que Dieu est plus grand que notre cœur, qui pourtant peut aussi devenir assez grand pour laisser un chemin au Seigneur.



Odile-Adrienne 04/02/2011 23:22



Magnifique ! Me voilà raccommodée avec les miracles !


Des murs qui tombent, des ennemis qui s'embrassent....c'est extraordinaire.


Bien sûr ce ne sont pas toujours des énormes miracles, mais  il n'y a qu'à ouvrir les yeux pour en voir tous les jours ! Tous les jours, beaucoup de petits miracles !


Et les petits miracles sont tout aussi importants...


Il y en a plein en ce moment en Tunisie et en Egypte, et même de temps en temps la télé les montre !  Malheureusement il y a aussi les drames de ces grands moments...


Et si tous ces évênements débouchaient sur un peu plus de liberté, un peu plus de paix, ce serait  bien un gros miracle !


Merci pour tous  les miracles auxquels je vais assister et peut-être ...participer !



Michel Daviault 04/02/2011 21:22



Je suis en phase avec ce texte.


Par hasard, cet après-midi, au centre-ville de Montréal, je suis entré dans la Cathédrale Marie-Reine-Du-Monde. Je sortais d'un meeting éprouvant et j'avais en tête de méditer dans le silence
bienfaisant de l'immense église.


Allant d'une surprise à l'autre : non seulement y avait-il une messe qui venait de commencer, mais il y avait au moins une centaine de personnes.


Une telle «affluence» dans notre Belle Province en désamour avec l'Église trop à droite de Benoît tient un peu du miracle...


Et malgré la neige te le froid, un petit groupe de gens très hétéroclite s'est attardé après, sur le parvis glacé, pour échanger un peu.


une belle communion!



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