Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 19:39

 

Où est-elle, ô mort, ta victoire ? Où est-il, ô mort, ton aiguillon ? Comment ne pas entendre dans l’exclamation de saint Paul, non seulement la jubilation de la victoire, mais même, l’arrogance du vainqueur qui nargue son ennemi à terre. Faut-il qu’il soit bien sûr de lui ! Qu’est-ce qui lui donne cette assurance ? La cinquantaine de versets du chapitre qu’il consacre à la question de la résurrection dans sa lettre aux Corinthiens et qu’il résume dans la finale : grâces soient à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ !

Sommes-nous dans la même assurance ? En y regardant d’un peu près, il est apparaît qu’au moment où il écrit ces lignes, saint Paul est encore convaincu que la fin des temps est pour demain, après-demain au plus tard. Nous sommes presque 2000 années plus tard, les morts se sont comptés par milliard, vieux, jeunes, innocents et coupables, repus d’âge ou fauchés en plein élan. La mort n’épargne rien ni personne, ni pauvres, ni puissants. Nous le savons, même si une grande part de nos activités tente de nous en distraire. Nous le savons, et pourtant, nous éprouvons comme une atroce injustice, une effroyable violence la mort de nos proches et comme tout bonnement impensable notre propre trépas.

Voilà qui est un grand mystère. Pourquoi considérons-nous la mort, si naturelle, comme inacceptable ?

Oui, inacceptable, et pourtant, bien des philosophie veulent nous apprendre à apprivoiser la mort, à nous y habituer, à nous y résigner. Est-ce que ça marche ? Pas si sûr. On a vu des ascètes confirmés trembler à l’annonce de leur propre mort, de celle d’un ami.

Si nous revenons à l’assurance de Paul, nous n’y trouvons aucune acceptation aucune résignation, ce n’est pas son propos. Pour lui, la mort demeure ce qu’elle est pour nous, un scandale. S’il est si sûr de lui, c’est parce qu’il regarde « à travers » la mort. Il le peut puisqu’il sait que quelqu’un est passé et que désormais le passage est ouvert, à jamais et pour toujours. Comme le peuple hébreux qui traversa la mer à pied sec, nous aussi, à la suite du Christ, nous traversons la mort. Cette traversée nous l’avons déjà faite de façon symbolique au jour de notre baptême, nous la refaisons lors des fêtes de Pâques, et à chaque messe qui redéploie le mystère de Pâques.

Nous ne habituons pas à la mort, nous apprenons à regarder le Christ, à le suivre, à lui donner et redonner notre confiance pour qu’au jour de notre mort il soit notre passage et notre passeur. Ça ne nous protège ni contre le chagrin de la perte de ceux qu’on aime ni contre l’angoisse de notre propre passage. Nul n’a prétendu que le voyage serait de tout repos. Ce qui est garantit c’est la destination… Nous n’allons pas nulle part, ni à « rien », nous allons à Dieu et lui seul sait où c’est.

 

CEC 628 : Le Baptême, dont le signe originel et plénier est l’immersion, signifie efficacement la descente au tombeau du chrétien qui meurt au péché avec le Christ en vue d’une vie nouvelle : " Nous avons été ensevelis avec le Christ par le Baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle " (Rm 6, 4 ; cf. Col 2, 12 ; Ep 5, 26).

 

100 mots pour la foi


Partager cet article

Repost 0

commentaires

Pietro 28/02/2011 02:18



Cher Désidérius,


Quoiqu'ayant dans ce bref article usé de peu de mots,il ne me semble pas avoir occulté le caractère à la fois scandaleux et indicible de la mort. Je suis depuis fort longtemps marqué par les
quelques réflexions de Malraux dans Lazare, un texte qu'on trouve me semble-t-il dans "Des chênes qu'on abat". Il médite, sur son lit qu'il croit d'agonie (en fait, il se relèvera) sur le
caractère impensable de la mort. Ce texte m'a d'autant plus frappé que le même Malraux, penseur à tort mestimé propose pour rendre "habitable" la "condition humaine", et lui donner un sens, 3
moyens: l'art, l'engagement et la fraternité. Pour autant, le vieux Malraux frémit devant la perspective de son propre trépas et constate l'impuissance du philosophe. Voilà où nous sommes à
hauteur humaine, et la mort nous frappe toujours à cette hauteur là: "mon Dieu mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?" Pas sûr que nous échapperons à ce cri, pour nous même ou pour ceux que nous
aimons. La foi de Paul, la foi des chrétiens ne nie pas cela. Mais elle en réfute l'opacité. C'est ce que j'ai tenté de dire…


Merci cher ami pour votre attention


Pietro



Desiderius Erasme 25/02/2011 09:21



Cher Pietro,


j'ai vu hier soir le film du réalisateur chilien Pablo Larrain, "Santiago 73, post mortem", qui pose sa caméra face à la mort, face aux corps morts et à l'interdiction/l'impossibilité d'une
parole. Un puits sans fonds qui interroge la foi, puisque les vivants sont parfois, comme on le voit, réduit à faire comme s'ils ne voyaient pas, comme s'ils n'entendaits pas, comme si les corps
n'étaient que des choses parmi d'autres. Puissance contaminante de la mort. Au fond, le film place les spectateurs dans la situation des deux disciples qui quittent Jérusalem après la Passion,
avant que quelqu'un ne vienne à leur rencontre pour leur rendre la vie... Certes, tout est donné dans le baptème, mais sachons que nous ne faisons pas non plus l'économie de ce temps où la mort
nous laisse sans voix. Ce temps où nous sommes morts dans la mort, jusqu'à ce que nous rejoigne une Parole de vie. C'est, me semble-t-il, ce lieu là qu'habitait Mère Teresa, dans sa nuit
spirituelle.


Amitié, cher Pietro



jean jacques ganghofer 21/02/2011 22:42



M'enfin, tout le monde a le droit de prendre des vacances !!!!!!!!!!


N'oublions pas que le mot " travail " vient du latin  " tripalium " !!!!!!



Monique Z 21/02/2011 22:36



3 fois j'ai échappé à une mort brutale. De la mort je ne pense pas avoir peur. J'ai peur de la souffrance, d'une mauvaise viellesse. Ce qui se passera après mon dernier souffle appartient à Dieu,
s'il est Amour qu'ai-je donc à craindre ? La vie est souvent difficile, je n'ai rien à perdre.



Présentation

  • : Le blog de Berulle
  • Le blog de Berulle
  • : Art, culture, religion, société. Le blog d'un catho libre de ses propos.
  • Contact

Pietro de Paoli chaque lundi

L'auteur de Vatican 2035 et de Dans la peau d'un évêque participe au blog en livrant chaque lundi un de ses "100 mots pour la foi".

Recherche

Pierre de Berulle sur Facebook

Retrouver Pierre de Berulle sur Facebook ainsi que le groupe Fraternité Pierre de Berulle

Commentaires

N'oubliez pas de laisser vos commentaires pour faire vivre ce blog et de le recommander à vos amis !
Inscrivez-vous à la newsletter pour être informé des nouveaux articles.