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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 13:08

 

Voilà un mot dont il faut se méfier car il est à double sens. Aussi, si vous l’affichez sur le GPS de votre vie, afin d’être certain de ne pas vous perdre en chemin, prenez garde de donner la bonne adresse. En effet, il suffit d’ouvrir une Bible, qui en la matière devrait faire foi, pour se rendre compte qu’il y a bien un paradis originel, terrestre, et un paradis ultime, céleste. Le premier est un jardin, qui d’ailleurs sous ses dehors paisibles, ne s’est pas révélé sans danger - il s’y traînait des bestioles malfaisantes - , tandis que le second est une ville, la Jérusem céleste.

C’est en deux images indiquer à chaque être humain comme à l’humanité le sens de son itinérance : de la nature à la culture.

On devra en conclure sans hésiter que la nature est certes notre origine mais certainement pas notre destin.

Cette observation est tout sauf anecdotique. La « nature » de l’homme n’est pas d’être le plus naturel possible. Son idéal n’est pas de redevenir un « bon sauvage » mais de devenir un citoyen, un habitant de la cité céleste. Si notre pérégrination sur la terre est une sorte d’apprentissage de la vie céleste, ce n’est pas en nous gardant de la vie ordinaire des hommes et des femmes de notre temps, en pratiquant une sorte de réserve teintée de  misanthropie à l’égard de nos contemporains que nous nous préparons à la vie paradisiaque.

En effet, je ne sais si c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle, mais il semblerait que le paradis ne soit pas une sorte de tête-à-tête (enfin) entre moi et mon Dieu, mais une grande célébration fraternelle, un banquet jubilatoire. Il se pourrait même que la chose ait davantage les accents du banquet de fin des aventures d’Astérix que les belles harmonie d’un concert des Chœurs de la Sixtine. Tant mieux, pour ma part, je ne chante pas très juste, et j’aurais craint de me retrouver baillonné comme Assurancetourix.

La conclusion à tirer de cette observation, c’est que le paradis (le bon) ne se trouve pas derrière nous, dans notre passé, mais devant. La Bible n’omet d’ailleurs, pas de préciser que par précaution, Dieu a posté des « Cherubim » armés de lances de feu afin d’interdire l’accès du jardin initial. En conséquence nos rêves de paradis perdu et d’âge d’or sont des espérance mal orientées, « nul ne retourne dans le ventre de sa mère ». Le paradis est une promesse qui nous appelle depuis l’avenir et c’est dans le vivre ensemble que nous l’expérimentons. C’est pourquoi le chistianisme ne peut pas être seulement une ascèse, un entraînement stoïque où nous apprendrions à nous passer de tout et de tous, où nous renoncerions à tout, à tous, et à nous-même pour n’être qu’à Dieu, n’en déplaise à certaines dérives sprituelles.

Rien de ce qui nous rapproche de Dieu ne peut nous séparer de nos frères et sœurs humains. Il n’est certes pas inutile de nous libérer des esclavages que génère le désir de possession. Mais si nous nous détachon des choses, c’est pour mieux nous attacher à ceux et celles qui nous entourent et avec qui nous avons promesse de vie commune.

 

CEC, §1027 : Ce mystère de communion bienheureuse avec Dieu et avec tous ceux qui sont dans le Christ dépasse toute compréhension et toute représentation. L’Écriture nous en parle en images : vie, lumière, paix, festin de noces, vin du royaume, maison du Père, Jérusalem céleste, paradis : " Ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment " (1 Co 2, 9). 

 

Et pour les fans de saint Thomas d’Aquin, une citation d’Aristote, véritable confession de fois pré-chrétienne 

 L’homme est un animal politique.

« Aussi l'homme est-il un animal politique, plus social que les abeilles et autres animaux qui vivent ensemble. Et la nature, qui ne fait rien en vain, n'a départi qu'à lui seul le don de la parole, qu'il ne faut pas confondre avec les sons de la voix. Ceux-ci ne sont que l'expression de sensations agréables ou désagréables dont les autres animaux sont, comme nous, susceptibles. La nature leur a donné un organe borné à ce seul effet ; mais nous avons de plus, sinon la connaissance développée, au moins tout le sentiment obscur du bien et du mal, de l'utile et du nuisible, du juste et de l'injuste, objets pour la manifestation desquels nous a été principalement accordé l'organe de la parole. C'est ce commerce de la parole qui est le lien de toute société domestique et civile.

 

100 mots pour la foi

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