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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 15:09

Le péché a longtemps été la matière première de base du système religieux. Le christianisme, et plus spécifiquement le catholicisme, était passé maître dans l’art d’extraire et de retraiter les péchés, au point que c’était devenu sa principale raison d’être. Résumons les principales étapes de cette industrie autrefois florissante.

Tout d’abord, il fallait repérer les gisements de péchés. Pour ce faire, les puissantes prédications donnant à voir les maux infernaux auxquels seraient soumis ceux et celles qui ne se seraient pas débarrassés à temps de tous leurs péchés étaient extrêmement efficaces. Chacun et chacune s’empressait de retourner ses poches, de vider ses sacs, de tout secouer, ce qui pouvait donner lieu à une confession générale. Ensuite, il était conseillé de faire un entretien régulier et scrupuleux de la conscience, selon une fréquence hebdomadaire ou bi-mensuelle, pour les plus négligents, annuelle. La petite industrie religieuse, appuyés sur ces gisements, pouvait déployer de nombreuses méthodes de recyclage et retraitements, confession, indulgences, pèlerinages, neuvaines. Même la mort des pécheurs n’arrêtait pas l’exploitation puisqu’on disait abondance de messes pour libérer les âmes du Purgatoire. Il va de soi que toute cette activité nécessitait un personnel nombreux.

Et puis, brusquement, l’activité s’est mise à péricliter. Manquait-on de matière première ? Avait-on perdu les secrets de son extraction ?

En fait, la matière première initiale se trouve exploitée par de nouvelles filières. Le sentiment de culpabilité n’a pas disparu, mais il est « laïcisé ». On le traite chez les psy ou on le recycle dans des analyses socio-culturelles.

Question : le sentiment de culpabilité est-il équivalent au sens du péché ? On doit bien convenir que ce n’est pas le cas. En effet, le péché n’est pas une production de notre inconscient, tourmenté par on ne sait quels traumatismes, mais une action ou une omission posées en conscience et qui ne sont pas conformes à ce que Dieu espère de nous.

Le sens du péché suppose d’abord de croire à la haute idée que Dieu a de nous. Dieu nous croit capable du bien. Ensuite, si nous accordons foi à Dieu, nous faisons le constat que nous sommes bien en deçà de ce que nous pourrions être. Nous paressons, nous nous laissons aller, nous ménageons nos petits intérêts, nos privilèges, nos tranquillités. Ce n’est pas tant que nous fassions des choses horribles (même si ça peut arriver), c’est bien plutôt que sommes très loin de faire tout le bien que nous pourrions faire.

La confiance de Dieu pour nous, sa sollicitude, son attention pour ce que nous sommes, en un mot, son amour, précèdent notre péché. Nous sommes pécheurs parce que n’osons pas ou ne voulons pas croire ce que Dieu espère de nous.

Pour tenter de réanimer un système religieux exsangue, et refaire tourner la boutique certains veulent « redonner le sens du péché » et pour cela, sont près à ressortir la menace des lacs de feu et des satans grimaçants. Il me semblerait plus judicieux de redonner le sens du Dieu, d’amour et de pardon révélé ultimement en Jéus-Christ.

 

CEC §386 : Le péché est présent dans l’histoire de l’homme : il serait vain de tenter de l’ignorer ou de donner à cette obscure réalité d’autres noms. Pour essayer de comprendre ce qu’est le péché, il faut d’abord reconnaître le lien profond de l’homme avec Dieu, car en dehors de ce rapport, le mal du péché n’est pas démasqué dans sa véritable identité de refus et d’opposition face à Dieu, tout en continuant à peser sur la vie de l’homme et sur l’histoire. 

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