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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 14:17

François Picart, prêtre de l’Oratoire, me fait parvenir cet éditorial qu'il a signé dans le Courrier de l'Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture - ACAT (janvier 2010). Une manière de poursuivre la réflexion sur l'œcuménisme entamée à l'occasion de la Semaine de prière pour l'Unité des chrétiens.

 

Ce numéro spécial du Courrier sur l’œcuménisme est une bonne nouvelle !

Cent ans après la Conférence mondiale des missions, réunie à Edimbourg en 1910, un rassemblement souvent considéré comme le point de départ du mouvement œcuménique contemporain, où en est ce dernier ? Après l’élan pris à la suite du rapprochement opéré par l’Église catholique lors du concile Vatican II, les dialogues donnent parfois l’impression d’être retombés, tel un soufflé. Or, en regardant dans le rétroviseur des accords signés, des célébrations partagées, des gestes posés, des actions engagées, que de réalisations concrètes nourrissent notre espérance !

Certes, la communion ecclésiale, donc eucharistique, ne peut encore s’exprimer entre toutes les Églises. Tant de divisions et de rancœurs accumulées au cours des siècles ne pouvaient fondre comme neige au soleil. La distance et l’incompréhension ont demandé aux Églises d’ajuster leurs méthodes de travail et de distinguer entre les formes de pensée par lesquelles chacune rend compte dans l’Esprit Saint de sa propre fidélité à l’unique dépôt apostolique. Cet ajustement demande une vigilance que les militants de l’ACAT éprouvent eux-mêmes lors des rassemblements. Pensons aux différentes manières de nous positionner devant la mort de l’un des nôtres. Ce travail d’ajustement entre les différentes Églises a déjà commencé à porter ses fruits, mais il n’est pas achevé : théologie de l’Église, théologie des ministères, pratique de l’hospitalité eucharistique, autant de chantiers, interdépendants, encore inachevés auxquels œuvrent, malgré la prudence des institutions et quelques crispations fort regrettables, des lieux comme le Conseil œcuménique des Églises, Le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, le Groupe des Dombes, les différentes commissions théologiques bilatérales de dialogue œcuménique, etc. Malgré les épreuves, le chemin déjà parcouru nous conduit à mettre notre confiance dans l’Esprit qui réconcilie les cœurs et les institutions ecclésiales.

En effet, la communion baptismale est déjà là. Dieu nous donne de vivre en communion au jour du baptême qui nous introduit dans le Corps du Christ. Certes, catholiques et orthodoxes ne lui reconnaissent pas la même plénitude que celle qui s’exprime dans la communion eucharistique. En effet, ce don de Dieu est blessé par les divisions entre les Églises. Cependant, la communion baptismale n’en est pas moins réelle. En effet, si la communion ecclésiale est don de Dieu, comme tel, elle ne peut être anéantie par la violence des hommes. Blessée, elle demeure nourrie à la Table de la Parole et vivante du souffle de l’Esprit qui précède et accompagne les Églises, mais aussi des associations de baptisés comme l’ACAT.

À l’ACAT, la communion baptismale est vécue sur un terrain éthique, celui des droits de l’homme. Sur ce registre, il ne nous appartient pas de résoudre les différents théologiques confiés aux commissions théologiques ad-hoc. À l’ACAT, la responsabilité œcuménique, commune à tous les baptisés, s’exprime autrement, à travers leur action commune pour rendre témoignage au Royaume qui vient. Sur le terrain des droits de l’homme, cette responsabilité s’exprime comme un chemin diaconal, c'est-à-dire au service des autres au nom de Dieu, à l’image du serviteur souffrant. Bien que blessée, la communion baptismale est vécue comme les mains de Dieu dans les événements. En effet, elle rend effectivement témoignage à la puissance de Dieu lorsque des baptisés dépassent divisions et incompréhensions pour agir ensemble en artisans de justice, de paix et de réconciliation ; lorsque des baptisés dépassent une souffrance qui exprime leur impatience de l’unité, pour répondre ensemble à l’urgence qui les requiert chaque fois qu’est défigurée l’icône de Dieu qu’ils reconnaissent en tout homme, y compris les bourreaux. Mystère de la miséricorde de Dieu qui nous saisit, nous réconcilie et nous convertit ensemble au Christ-Serviteur plus fort que nos divisions (1 Co 11, 19).

 

 

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