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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 23:56

 

 

Il y aurait bien des manières de commencer une réflexion sur le baptême. Partir des rituels, par exemple, ou des questions que peuvent se poser les futurs baptisés ou les parents demandant le baptême pour leur nouveau-né. Pour ma part, j’ai choisi de partir de la finale des évangiles de Marc et de Matthieu, de ces magnifiques envois en mission du Christ qui replacent le baptême dans un contexte bien plus large que le simple choix d’une personne ou de parents, dans ce mouvement d’amour et de don de Dieu envers les hommes et les femmes.

 

Matthieu 28, 16-20

Les onze disciples s'en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s'approcha d'eux et leur adressa ces paroles :

« Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. »

 

Marc 16, 14-20

Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu'ils étaient à table : il leur reprocha leur incrédulité et leur endurcissement parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité. Puis il leur dit :

« Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils chasseront les esprits mauvais ; ils parleront un langage nouveau ; ils prendront des serpents dans leurs mains, et, s'ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s'en trouveront bien. »

Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu.Quant à eux, ils s'en allèrent proclamer partout la Bonne Nouvelle. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l'accompagnaient.

 

On ne peut pas comprendre la force du baptême si on ne le remet pas dans cette perspective de la mission. La mission c’est-à-dire l’envoi par le Christ lui-même des onze auprès des hommes et des femmes du monde entier pour proclamer partout la Bonne Nouvelle. Des onze et de tous ceux qui deviendront disciples et seront baptisés. Etre disciple, être baptisé c’est accueillir le don de Dieu et en témoigner. C’est répondre à l’appel du Christ et se mettre en chemin avec lui, présent avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde, pour que la Bonne Nouvelle continue d’illuminer le monde. Dans le baptême, l’acteur principal c’est Dieu. C’est Dieu qui vient à nous, c’est Dieu qui nous appelle, c’est Dieu qui nous met en mouvement. Et, à travers ses disciples envoyés en mission, Dieu s’adresse aux hommes et aux femmes de toutes les nations, à toute la création ! Le baptême est avant toute chose cette proposition de Dieu faite à chaque homme et à chaque femme.

 

Mais quelle est cette proposition, cette Bonne Nouvelle ? C’est évidemment l’assurance que Dieu nous aime, mais c’est également celle que Dieu nous sauve. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé. Dans le baptême il est question de notre salut, c’est-à-dire de la Vie, de la vie en plénitude, de la vie « éternelle ».  Il ne s’agit pas simplement de la rémission des péchés, même si comme nous le verrons cela est également présent dans le baptême, mais de quelque chose de plus grand, d’une reconfiguration de notre vie qui nous permet, pour reprendre les mots de l’Evangile de Marc, de parler et d’agir au nom du Seigneur, de vivre dans une réelle intimité avec lui, de ne plus craindre la mort et de dispenser sa vie.

 

Quel programme ! Comme vous, quand je lis cette finale de Marc, au regard des signes cités, je me dis que je ne dois pas être un « bon croyant ». Et pourtant, quand j’écoute et regarde mes frères et mes sœurs, j’entends très souvent une parole nouvelle qui me marque, je suis touché et émerveillé par des gestes qui apportent apaisement et joie. Des paroles et des gestes posées au nom du Christ ou dans lesquelles je reconnais son Esprit… des paroles et des gestes qui disent le souci de l’autre et la force de la vie, qui rompent l’enfermement et remettent en mouvement.  

 

Bien sûr, ces témoignages ne viennent pas forcément de chrétiens et il m’est difficile d’entendre que celui qui refusera de croire sera condamné. Mais comme je crois que, dans toute cette affaire, il ne s’agit pas d’un petit arrangement entre humains mais du désir et de la volonté d’un Dieu qui se donne et appelle chacun d’entre nous à recevoir sa vie. Alors je me rassure en constatant que l’Evangile ne dit pas « celui qui ne sera pas baptisé sera condamné » mais « celui qui refusera de croire ». Hors Dieu, point de salut. Hors de l’Eglise, …

 

Mais dans cette introduction, fondée sur ces deux grands envois en mission, il manque un acteur de taille que nous savons tous lié au baptême : l’Esprit Saint. Il nous faut faire un petit détour par le troisième évangile synoptique, celui de Luc. Pas d’envoi en mission à la fin de cet évangile mais l’Ascension, comme dans l’évangile de Marc. Pas d’envoi en mission, car l’évangile de Luc n’est pas la fin de l’histoire. Celle-ci reprend en effet son cours dans le livre des Actes des Apôtres par cette même scène de l’Ascension où Jésus annonce aux onze l’imminence de leur baptême dans l’Esprit Saint.

 

Actes 1, 4-8

Alors, au cours d’un repas qu’il partageait avec eux, il leur enjoignit de ne pas s’éloigner de Jérusalem mais d’y attendre ce que le Père avait promis, « ce que, dit-il, vous avez entendu de ma bouche : Jean, lui, a baptisé avec de l’eau, mais vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés dans peu de jours. »

Etant donc réunis, ils l’interrogeaient ainsi : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas restaurer la royauté en Israël ? » Il leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et moments que le Père a fixés de sa seule autorité. Mais vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judéeet la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »

 

Une dernière donnée apparaît avec ce texte, la notion du temps. Elle est particulièrement importante pour nous car elle place Dieu dans l’histoire des hommes, dans notre histoire. Dieu n’est pas étranger à notre histoire, il n’est pas indifférent à notre monde. Et au cœur de cette histoire, il y a Jésus Christ qui accomplit la promesse faite par Dieu aux hommes et aux femmes. Jésus Christ, né, mort et ressuscité. Jésus Christ dont nous attendons maintenant le retour dans la gloire. Et cette attente ne doit pas être une attente passive. Et cette attente n’est pas une attente sans Dieu puisque depuis le jour de la Pentecôte nous recevons l’Esprit Saint pour nous accompagner dans ce que nous appelons la mission.

 

Etre baptisé, ce n’est donc pas signer un bulletin d’appartenance à une religion, c’est accepter de se mettre à la suite des apôtres pour faire nôtre la mission que Jésus leur a confiée : être des témoins de la promesse accomplie de Dieu. En étant baptisés, nous ne signons pas un bulletin d’adhésion à une Eglise qui nous apporterait un Salut personnel par ses sacrements, nous répondons à l’appel du Christ qui nous envoie en mission pour être ses témoins, nous nous mettons en marche, dans l’attente de son retour, avec l’ensemble du peuple des baptisés qui constitue l’Eglise dont la seule raison d’être est la mission que le Christ lui a confiée.

 

Ce don que Dieu nous fait est un trésor. Si nous y croyons, si nous le comprenons, nous savons qu’à la suite du Christ nous avons à le partager. Pour nous accompagner dans cette mission, nous recevons par le baptême, comme les douze à la Pentecôte, l’Esprit Saint. C’est lui qui nous donne la force de témoigner, en communion avec l’ensemble des baptisé-e-s et le Christ lui-même.

 

Actes 2, 37-39

D’entendre cela, ils eurent le cœur transpercé et ils dirent à Pierre et aux apôtres : « Frère, que devons nous faire ? » Pierre leur répondit « Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. Car c’est pour vous qu’est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. »

 

 

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