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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 23:54

 

Voilà un mot dont il faut s’approcher avec crainte et tremblement. Certes, c’est un grand mystère, mais d’abord, pour les imprudents qui arrivent avec leurs gros sabots, leurs mots, leurs idées et leurs concepts, c’est une belle cause de chute. De chute dans l’hérésie, et il y a des précédents célèbres, comme Arius et Nestorius, qui non seulement ont trébuché, mais ont de surcroît entraînés beaucoup de gens à leur suite.

Il faut bien dire que pour l’intellectuel ou le philosophe, la tâche n’est pas aisée. Parce que quand même il faut savoir de quoi on parle ! Comme disait un penseur moins poli que moi : « Dieu est Dieu, nom de Dieu ! ». Eh bien non. C’est tout le problème : Dieu est homme. Tout philosophe sensé haussera les épaules : ça ne se peut pas.

Ça, ce sont les sensés. Les insensés ne se découragent pas si facilement. Mais si, ça va rentrer ! Dieu, infini, omniscient, tout puissant, va rentrer dans la carcasse humaine ! Si, allez, encore un effort, on va trouver la bonne formule et les mots pour le dire. Le dire, passe encore, le comprendre…

Dieu tout puissant dans la chair d’un pauvre homme abandonné, pendu au bois de la croix en déni de toute justice ? C’est possible ça ? Alors, on atermoie, on négocie, on raconte des histoires : « on dirait qu’il était en figure d’homme ».

Mais il y a Jésus qui nous embête : « qui me voit, voit le Père », déjà, c’est rude à assimiler. Mais quand sur la croix, il gémit « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné », j’allais dire on jette l’éponge, mais ce serait de trop mauvais goût.

Oui, je fais des blagues nulles, pour essayer d’échapper au plus difficile.

Parce que, nous qui demandons sans cesse ce que fait le « bon Dieu » pendant qu’il se passe tant de malheurs et d’injustices, est-ce que nous nous sommes demandé où il était quand Jésus expirait sur la croix.

 

Crainte et tremblement ! Et cette fois pour une excellente raison, non parce que nous avons peur de l’hérésie, mais parce que la vérité que nous approchons suscite en nous un sentiment d’effroi émerveillé. Et si c’était vrai ? Et si Dieu n’était pas ce qui nous croyons ? Là, nos mots se taisent ; ils ne sont pas de taille. L’intelligence nous manque, mais la foi pressent l’inconcevable. Ce Dieu là échappe aux concepts et aux dogmes.

Il n’y a plus que la contemplation. Il n’y a que l’adoration.

 

Vous ne serez pas étonnés qu’une fois encore, je nous propose de reprendre l’hymne aux Philippiens. (2,6-11) parce que saint Paul n’est pas seulement un grand théologien, c’est d’abord un grand spirituel

 

Le Christ Jésus,

lui qui est de condition divine

n’a pas revendiqué son droit d’être traité comme l’égal de Dieu

mais il s’est dépouillé

prenant la condition d’esclave.

Devenant semblable aux hommes

et reconnu à son aspect comme un homme

il s’est abaissé

devenant obéissant jusqu’à la mort

à la mort sur une croix.

C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé

et lui a conféré le nom qui est au-dessus de tout nom

afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse

dans les cieux, sur la terre et sous la terre

et que toute langue proclame que le Seigneur c’est Jésus Christ

à la gloire de Dieu le Père.

 

100 mots pour la foi

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 20:08

 

Aller croiser le chemin du Seigneur. L’interpeller. En sommes nous encore capables ? En avons-nous envie ? Sentons-nous en nous ce besoin de Dieu qui nous pousse à l’appeler ? Sentons-nous en nous ce bonheur de Dieu qui nous pousse à lui rendre grâce ? Vivons-nous vraiment en Dieu ?

La lèpre spirituelle est une maladie terrible car nous n’en souffrons finalement pas ou peu. Et pourtant elle nous exclut de ce que nous affirmons être le plus important, le Christ lui-même que nous confessons comme chemin, vérité et vie.

Oh certes, nous savons que nous l’avons appelé un jour, certainement avec ferveur et foi, nous nous souvenons qu’au nom du Christ, animés par sa Parole, nous nous sommes mis en route, nous affirmons que nous sommes chrétiens. Mais ne sommes-nous pas comme ces dix lépreux qui, sauvés par le Christ, se contentent d’aller voir les prêtres et oublient Dieu lui-même ?

Notre appartenance à l’Eglise, notre fréquentation de l’Eglise, notre habitude de l’Eglise nous éloigneraient-elles imperceptiblement de Dieu ? Les sacrements de l’Eglise agiraient-ils comme de merveilleux anxiolytiques qui endormiraient tout à la fois les maux dont nous souffrons mais également la merveilleuse cause de notre manque, le désir de Dieu ?

Finalement, bien souvent, nous nous comportons comme des ayant droit et nous oublions de nous émerveiller comme l’étranger qui découvre le salut de Dieu. Elle est là la lèpre spirituelle qui nous guette tous : nous habituer à Dieu ! 

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 10:55

 

 

Vous connaissez tous les machines à voyager dans le temps, ces vaisseaux imaginaires qui permettent de « réparer » des événements, dans le passé ou le futur, afin de modifier le présent, et bien, l’Immaculée conception fonctionne un peu comme ça, par une sorte de paradoxe temporel. Ne vous récriez pas, que je sache, Dieu est maître du temps, et d’ailleurs, vue de l’éternité, notre temporalité n’est certainement pas ce que l’on croit.

Alors, que se passe-t-il dans l’affaire de l’Immaculée conception ? Eh bien, la victoire de Jésus sur la mort, le mal et le péché, bénéficie à Marie par anticipation. En conséquence, la jeune fille de Nazareth peut recevoir l’annonce de l’ange avec un cœur pur, non contaminé par le péché. Ce que l’on nomme (fort improprement, et je vais m’en expliquer) Immaculée conception, est la garantie de la liberté réelle de Marie. Son « Fiat » est la réponse confiante, joyeuse et surtout, libre qu’elle donne à l’invitation de Dieu.

Alors pourquoi ce drôle de nom d’Immaculée conception – conçue sans péché ? Nous la devons à saint Augustin, qui observant que le péché était la chose la mieux partagée au monde conclut à sa contagion et supposa que sa propagation était enclenchée dès la conception. On en tira d’ailleurs de désastreuses conclusions sur le caractère peccamineux de l’acte sexuel…

Si nos esprits modernes, répugnent à juste titre devant cette hypothèse. Il reste que le caractère contagieux du péché, lui, n’est pas douteux. Et hélas, nous y sommes exposés dès le premier souffle de notre existence. Le petit enfant, naît hurlant, impératif, tout-puissant, jaloux. Vous direz : « ce n’est pas sa faute, c’est la condition de sa survie ». C’est bien l’idée que les théologiens ont du péché « originel » : ce n’est pas notre « faute », mais nous y sommes exposés et soumis.

Fatalité donc ! Pas du tout, l’affaire de l’Immaculée conception est là pour nous le prouver : ce qui se passe pour Marie « par avance » est ce qui nous est acquis par le Christ. Dès maintenant et plus encore, dans l’espérance, nous ne sommes plus esclaves du péché, soumis à son pouvoir. Nous ne sommes plus des êtres pour la mort mais promis à la vie.

Finalement, ce qui est en jeu dans l’Immaculée conception, ce ne sont pas les mérites propres de la vierge de Nazareth mais le caractère débordant de la Grâce, qui déborde l’espace et le temps. En Jésus, Dieu sauve, et ce Salut déferle sur tout être, sur toute vie, source vive, inépuisable. À nous de nous laisser happer afin que nous puissions nous aussi demeurer dans le « Fiat » qu’inaugure la jeune Marie.

 

CEC 490 et 491

490 Pour être la Mère du Sauveur, Marie " fut pourvue par Dieu de dons à la mesure d’une si grande tâche " (LG 56). L’ange Gabriel, au moment de l’Annonciation la salue comme " pleine de grâce " (Lc 1, 28). En effet, pour pouvoir donner l’assentiment libre de sa foi à l’annonce de sa vocation, il fallait qu’elle soit toute portée par la grâce de Dieu.

491 Au long des siècles l’Église a pris conscience que Marie, " comblée de grâce " par Dieu (Lc 1, 28), avait été rachetée dès sa conception. C’est ce que confesse le dogme de l’Immaculée Conception, proclamé en 1854 par le pape Pie IX : La bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel (DS 2803)


100 mots pour la foi

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 09:59

 

 

Non, l’humanité n’est pas l’autre nom de l’espèce humaine. Le terme ne désigne ni une caractéristique biologique ni une réalité sociologique. Et même si on l’utilise parfois pour désigner l’ensemble des humains, il désigne surtout une sorte de tautologie, c’est-à-dire la capacité des êtres humains à être vraiment humains. Et il faut bien avouer que c’est bien notre spécificité à nous les humains, de penser ce que nous sommes, et même ce que nous devrions être. Que je sache, mon chat, bien qu’il se donne un air de profonde méditation, ne pense pas sa félinité.

Si j’étais philosophe, il me faudrait de longues pages pour essayer de cerner l’humanité, mais, Dieu merci, et je pèse mes mots, la chose m’est plus aisée, puisque j’ai sous les yeux, si j’ose dire, le modèle parfait de l’humanité. En effet, qui mieux que Jésus peut incarner l’humanité ?

Évidemment, ça place la barre un peu haut. Non parce qu’il est « Dieu né de Dieu », mais parce qu’il accomplit l’humanité. Un père de l’Église, dont j’ai oublié le nom, (Irénée, peut-être) dit que Dieu avait les yeux fixés sur le Christ quand il créa l’homme. J’ai toujours aimé cette façon de voir, cet audacieux renversement du temps qui fait du Fils incarné le modèle de l’humanité.

Dès lors, notre vocation est simple (je n’ai pas dit facile). Il faut nous humaniser, jusqu’au bout, jusqu’à devenir comme le Christ, nous laisser « christifier ».

C’est ainsi que j’entends la prière de l’offertoire, au moment où le prêtre verse quelques gouttes d’eau dans le calice rempli de vin : « Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’alliance, puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité. »

Le « bout » de l’humanité, c’est l’union à la divinité. Inutile donc de tenter de nous élever vers la divinité à la force du poignet où de la volonté, comme si nous voulions échapper à notre condition. Inutile de tenter de faire les anges au risque de finir bêtes. Au contraire, entrons davantage en humanité car c’est là que nous accomplissons notre vocation, là que Dieu nous attend.

 

Une fois encore, la méditation de l’Écriture me semble appropriée, et qui peut prétendre avoir jamais épuisé la puissante inspiration de l’hymne de la lettre aux Philippiens (2,6-11)

 

Le Christ Jésus,

lui qui est de condition divine

n’a pas revendiqué son droit d’être traité comme l’égal de Dieu

mais il s’est dépouillé

prenant la condition d’esclave.

Devenant semblable aux hommes

et reconnu à son aspect comme un homme

il s’est abaissé

devenant obéissant jusqu’à la mort

à la mort sur une croix.

C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé

et lui a conféré le nom qui est au-dessus de tout nom

afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse

dans les cieux, sur la terre et sous la terre

et que toute langue proclame que le Seigneur c’est Jésus Christ

à la gloire de Dieu le Père.

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 23:16

 

« Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : Tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur. Maintenant il trouve ici la consolation, et toi, c'est ton tour de souffrir. De plus, un grand abîme a été mis entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous. »

Voilà une théorie qui, lue au pied de la lettre, fait doublement frémir ! Tout d’abord parce que à entendre Abraham, seuls les malheureux sur terre auraient droit au bonheur mais surtout parce qu’au ciel il n’y aurait aucune compassion possible !

Heureusement, la réaction du riche, qui souhaite prévenir ses frères, nous montre que cette lecture, au moins pour le premier point, n’est certainement pas la bonne. La question n’est pas d’être riche ou pauvre, heureux ou malheureux, mais la manière dont nous vivons nos richesses et notre bonheur. Nous avons Moïse et les prophètes et même si un homme revenait d’entre les morts cela ne changerait rien. La loi de Dieu, sa Parole, et Dieu lui-même ne nous privent pas de la liberté d’entendre ce que nous souhaitons entendre et de vivre de la manière dont nous souhaitons vivre.

Nous ne sommes ni la figure exagérée du riche égoïste et sur de lui, ni celle du pauvre couvert de plaies, nous sommes des hommes et des femmes qui avons des richesses et des pauvretés, du surplus et des carences. Mais nous sommes surtout des hommes et des femmes à qui Dieu donne en abondance si nous savons l’entendre et le choisir.

Abraham n’accuse pas le riche de ne pas avoir aidé Lazare durant sa vie, il l’accuse de ne pas avoir entendu Dieu lui offrir la vraie richesse, le vrai bonheur. Dieu ne nous regarde pas en mettant de chaque côté de la balance nos bonnes et nos mauvaises actions, nos égoïsmes et nos largesses, notre repli sur nous et notre amour de l’autre… Dieu nous tend la main pour que nous le rejoignions à ses côtés dès aujourd’hui, dès notre vie terrestre.

C’est sur cette terre que Dieu jette les ponts qui permettent de traverser le grand abîme. Ces ponts ce sont les vrais bonheurs, les vraies richesses. Ces ponts c’est Jésus-Christ lui-même, vivant dans nos frères, qui ne demande qu’à naître en nous.

 

« Heureux, vous les pauvres : le royaume de Dieu est à vous !  Heureux, vous qui avez faim maintenant : vous serez rassasiés ! Heureux, vous qui pleurez maintenant : vous rirez !  Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous repoussent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l'homme.

Ce jour-là, soyez heureux et sautez de joie, car votre récompense est grande dans le ciel : c'est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.

Mais malheureux, vous les riches : vous avez votre consolation !  Malheureux, vous qui êtes repus maintenant : vous aurez faim ! Malheureux, vous qui riez maintenant : vous serez dans le deuil et vous pleurerez !  Malheureux êtes-vous quand tous les hommes disent du bien de vous : c'est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes.

Je vous le dis, à vous qui m'écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient.

A celui qui te frappe sur une joue, présente l'autre. A celui qui te prend ton manteau, laisse prendre aussi ta tunique.  Donne à quiconque te demande, et ne réclame pas à celui qui te vole.  

Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux.

Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.

Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs en font autant.

Si vous prêtez quand vous êtes sûrs qu'on vous rendra, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu'on leur rende l'équivalent.

Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Dieu très-haut, car il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants.

Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.

Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.

Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. » (Lc 6, 20-38)

 

Ne regardons donc pas nos richesses ou nos pauvretés, regardons le Christ, laissons-le nous habiter, laissons-le nous faire vivre et demeurer auprès du Père. Soyons heureux !


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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 21:43

 

Attention, nous voilà devant l’un des plus grands mystères théologiques, un véritable continent inconnu. Un objet d’observation si neuf que rien n’en a encore été dit : l’homme, avec un petit « h », et un chromosome « XY », autrement dit, un être humain de sexe mâle, en latin, vir, à ne pas confondre avec homo, qui désigne le genre humain et non le genre masculin. Évidemment, la confusion est aisée, d’autant qu’en français, « homme » comprend la « femme », enfin, comprend… façon de dire.

Si nous procédons de façon scientifique, pour commencer à défricher le terrain, on peut supposer que si femme désigne les êtres féminins de l’espèce humaine, et homo tous les êtres humains, le vir s’obtient par déduction : Est vir ce qui n’est pas femme.

Hypothèse intéressante, tentons-la !

Si la vocation de la femme est d’être « vierge ou mère », celle du vir, (homme) sera donc de n’être pas vierge, ni mère. On lui accordera donc d’être père, ce qui est raisonnable s’il n’est pas vierge.

Si l’on suit ceux qui prétendent que les femmes sont les protectrices de la vie, il faudra supposer que les vir (hommes) ont des tendances de tueurs… Si l’on suppose que les femmes ont une disposition particulière à la tendresse et à l’écoute, on en déduira que les vir, (hommes) sont couramment des brutes sans cœur.

Il me semble que la démonstration montre ses limites… Ah, non, j’allais oublier… la vocation des hommes, c’est bien sur d’être prêtres, puisque c’est la chose par excellence qui est impossible aux femmes.

CQFD, voilà la véritable vocation des hommes, des « vrais » ! Je suppose que ça fait de tous ceux qui ne le deviennent pas (prêtres) des demi-ratés qui n’accomplissent pas vraiment leur virilité.

 

Je n’aurai qu’un mot : foutaises !

Et je vais oser m’aventurer sur le terrain inconnu et miné. Ce qui caractérise l’être humain mâle, c’est le manque, il n’est pas tout l’humain à lui tout seul. C’est ce même manque qui caractérise l’être humain femelle. Parfois ce manque se noue et se dénoue dans le jeu du désir, parfois, simplement, il se conjugue dans l’amitié et la fraternité. Et ce manque n’est plus une souffrance ou une perte mais une immense richesse qui se découvre, celle de l’autre, des autres, des différences, des variétés, des similitudes.

Et cette épreuve (lieu ou l’on éprouve) de l’incomplétude est sans doute le lieu qui nous ouvre au tout Autre.

Oui, Seigneur, tu as bien raison, qu’il est bon d’être homme et femme pour te découvrir toi. C’est même très bon.

 

 

Pour ce mot, laissons la parole à qui de droit :

Dieu créa l’homme à son image,

à l’image de Dieu il le créa,

homme et femme il les créa.

Dieu les bénit et leur dit :

« Soyez féconds, multipliez,

emplissez la terre et soumettez-la ;

dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel

et tous les animaux qui rampent sur la terre. »

Dieu dit :

« Je vous donne toutes les herbes portant semence,

qui sont sur toute la surface de la terre,

et tous les arbres qui ont des fruits portant semence :

ce sera votre nourriture.

À toutes les bêtes sauvages, à tous les oiseaux du ciel,

à tout ce qui rampe sur la terre et qui est animé de vie,

je donne pour nourriture toute la verdure des plantes » et il en fut ainsi.

Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était très bon.

Il y eut un soir et il y eut un matin : sixième jour.

 

Genèse 1, 27-31

 

100 mots pour la foi


 


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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 20:11

 

Elle est bien difficile cette parabole de Jésus. On pourrait évidemment, d’autant qu’on vient d’entendre la lecture du livre d’Amos, n’écouter que sa finale « Nul serviteur ne peut servir deux maîtres… Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent » et ne pas à chercher à comprendre cette histoire d’intendant fripon. Mais ce ne serait pas très respectueux de la parole de Jésus et finalement pas très judicieux car cette finale qui existe de manière autonome dans l’évangile de Matthieu (Mt 6, 24) est sûrement plus une apposition à ce texte que la finale originelle de la parabole.

 

Reprenons donc. Les deux premiers protagonistes sont un homme riche et son intendant. L’intendant est dénoncé à son maître parce qu’il dilapide ses biens. La formule passive n’indique pas qui dénonce l’intendant. Et l’histoire ne précise pas la manière dont l’intendant avait dilapidé les biens de son maître. Au début de la parabole donc, il y a un serviteur à qui un homme riche avait confié ses biens et qui a fauté en conséquence de quoi l’homme riche lui annonce qu’il est renvoyé et qu’il doit solder ses comptes.

Au deuxième temps de la parabole, il y a l’intendant, seul, qui cherche une solution pour se sauver de cette situation. Il n’a pas protesté auprès du maître, reconnaissant implicitement sa faute, il ne s’est pas jeté à ses pieds pour demander pardon. Et la solution, il la trouve. Elle passera par les hommes avec qui il est en relation, ceux qui doivent de l’argent à son maître et qui lui en doivent donc à lui, puisque comme tout intendant, il se paye sur les intérêts du prêt.

Le troisième temps de la parabole met donc en jeu l’intendant et les débiteurs de son maître. Comme il doit présenter ses comptes à son maître, il est difficile de croire qu’il va le voler. On peut donc penser que les sommes qu’il remet (les cinquante barils d’huile et les vingt mesures de bois) sont la partie qu’il devait toucher lui. Ce qui est frappant c’est que ce n’est pas lui qui écrit les billets de remise mais les débiteurs « Prend ton billet, assieds toi et écrit vite ».

La finale de la parabole nous dit que le maître loue l’intendant pour la manière avisée dont il a agi. Ajoutant « Car les fils de ce monde-ci sont plus avisés envers leurs propres congénères que les fils de la lumière ».

Voilà pour la parabole racontée par Jésus. Regardons maintenant la conclusion qu’il en tire. Elle est simple : il nous engage à nous faire des amis avec l’argent afin de créer des liens qui pourront nous servir dans les « tentes éternelles ». Car si nous savons faire cela avec l’argent, nous saurons aussi le faire avec le « vrai bien ».

Vous me direz, jusque-là, on ne voit toujours pas très bien l’intérêt de cette parabole et surtout on a très sensiblement l’impression que Jésus nous invite à être un peu malhonnête et à acheter nos frères et nos sœurs pour, qu’à leurs tours, ils nous secourent. Bref tout ceci est loin de l’amour gratuit de Dieu que nous présente habituellement l’Evangile !

Alors plutôt que d’essayer de lire cette parabole par l’apposition de cette phrase de l’Evangile que Luc et Matthieu citent, regardons plutôt les textes qui encadrent vraiment cette parabole. Juste avant, Luc a placé les trois paraboles de la miséricorde et juste après celle du mauvais riche et du pauvre Lazare. Ce dernier est en relation exacte avec la conclusion de la parabole : le mauvais riche n’a rien donné au pauvre Lazare qui ne l’accueille pas dans les tentes éternelles. Et quand le riche demande qu’on prévienne ses frères, il lui est répondu qu’ils ont Moïse et les prophètes et que « même si quelqu’un ressuscite d’entre les morts ils ne seront pas convaincus. » Le cadre de lecture de la parabole est donc donné : il s’agit du don de la miséricorde divine et de la manière de l’obtenir : vivre de la Loi et écouter la Parole de Dieu, ce que viennent appuyer les versets 16 et 17 placés juste après la parabole : « Jusqu’à Jean ce furent la Loi et les Prophètes ; depuis lors le Royaume de Dieu est annoncé, et tous s’efforcent d’y entrer par violence. Il est plus facile que le ciel et la terre passent que ne tombe un seul menu trait de la Loi. »

 

Alors reprenons la parabole et ses acteurs. Aux deux bouts de l’histoire, il y a le maître riche qui possède les biens et les pauvres débiteurs. Nous avons le droit vu le contexte général de voir dans le maître riche, Dieu lui-même, et dans les débiteurs, nous-mêmes. Entre les deux, le mauvais intendant à qui les biens sont confiés et qui est fautif. Ce personnage, c’est finalement nous aussi. Et le fait que nous ne connaissions pas vraiment sa faute, nous permet tous de nous identifier à lui, comme pécheur, c’est-à-dire homme ou femme à qui Dieu offre le salut et qui le gèrent mal.

Le deuxième temps de la parabole, ce temps où nous nous reconnaissons pécheur et où nous cherchons le salut, nous invite très clairement à nous tourner vers nos frères et nos sœurs. Ce n’est pas dans une relation directe avec Dieu que nous trouverons ce que nous cherchons.

Le troisième temps de la parabole nous invite lui à utiliser les moyens que nous avons pour construire le Royaume. Et en effet l’argent qui pourrait paraître malhonnête en fait partie. Mais l’intendant, en donnant de sa part pour obtenir son salut n’utilise pas d’une manière amorale son argent. Seule son intention peut paraître malhonnête, celle d’acheter son salut. Finalement est-ce si amoral que cela ? Est-ce plus amoral que de suivre la Loi à la lettre pour être juste ? Non, c’est d’une logique identique. En fait, l’intendant achète son salut en faisant deux « bonnes œuvres » qui réjouissent ses débiteurs. Et en ce sens il agit selon la Loi et les prophètes. Même si c’est par peur et non par amour, il se remet ainsi dans la logique de Dieu. Mais peut-on le condamner, lui qui n’a pas vu le triomphe de l’amour de l’autre que Jésus est venu enseigner et vivre en allant jusqu’à donner son bien le plus précieux, sa vie, triomphe manifesté dans sa Résurrection ? Et c’est en ce sens qu’il faut lire la conclusion qu’en tire le Christ. Si nous n’arrivons pas à donner nos biens matériels pour que la justice, dont nous sommes les premiers bénéficiaires, règne, comment pourrons-nous donner notre vie propre par amour pour que le Royaume se construise ? Mais si nous arrivons à donner de nos biens matériels pour que la justice règne, alors peut-être pourrons-nous un jour entrer vraiment dans la communion divine et agir par amour là où nous n’agissons bien souvent encore que par devoir. En tout état de cause, le pauvre qui signe le billet de remise le fait certainement avec une gratitude qui certes à un effet matériel immédiat mais qui pourra également avoir un effet spirituel, celui de le faire entrer dans la logique divine du partage gratuit, du don.

 

Et c’est je crois ainsi qu’on peut comprendre la phrase énigmatique qui conclut la parabole : « Car les fils de ce monde-ci sont plus avisés envers leurs propres congénères que les fils de la lumière ». Nous sommes tous, tout à la fois, les « fils de ce monde-ci » et les « fils de la lumière ». Mais nous avons tous tendance à être plus avisé dans la gestion de nos rapports entre nous, dans le cadre du monde, que dans le cadre du Royaume. Peut-être parce que nous n’arrivons pas à voir que nos manques les plus intenses ne peuvent être comblés que par l’amour de Dieu dont nos frères et nos sœurs sont les intendants ?

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 08:12

 

Voilà un mot qui dans son usage religieux a un petit parfum suranné. Comme ils nous semblent lointains, les grands débats des siècles précédents sur les œuvres et la Grâce, sur la Grâce suffisante. Comme elles sont étrangères, ces piétés du 19° siècle qui comptabilisent les grâces du Seigneur avec le sérieux d’une comptabilité boutiquière. Voilà qui n’entre plus guère dans nos façons de parler, de penser, de prier. Et pourtant… Écoutons d’abord le mot pour ce qu’il signifie en langage courant : légèreté, élégance, délicatesse. Il y a dans le mot quelque chose de radieux, comme un matin d’été parfait, comme une amoureuse qui se sait aimée, comme des parents penchés sur le sommeil de leur enfant.

Nous sentons bien la parenté de cette grâce avec la beauté et la perfection.

Il manque encore au tableau de la grâce son caractère gratuit. L’instant se donne à nous, sans raison, sans prix, sans effort.

Telle est la Grâce de Dieu, loin des pesantes définitions et des petits calculs. C’est d’abord un beau geste de Dieu. La Grâce est donnée pour rien, pour la beauté du geste, parce que Dieu est Dieu, et que l’élégance, la beauté, la gratuité lui appartiennent. La Grâce est un don sans retenue, sans mécompte, sans escompte. La Grâce ne se divise pas. De la part de Dieu, elle n’existe qu’au singulier, entière, et parfaite. Et tout ce que nous pouvons faire, c’est rendre grâce, c’est-à-dire, comme pour la Gloire, rendre à Dieu ce qui est à lui, ce qui est lui.

Oui, la Grâce, c’est la beauté de Dieu, sa perfection, répandue, irradiée, communiquée en abondance, en surabondance. À nous de nous laisser saisir, illuminer.

Mais enfin diront d’aucuns, vous semblez oublier que d’abord la Grâce nous sauve. Je ne l’oublie pas, je ne dis même que cela. Elle nous sauve de notre pesanteur, de notre obscurité, de nos mesquineries agioteuses.

Alors, d’autres diront : « Vous avez sérieusement éveillé notre intérêt ; cette Grâce, est-ce qu’on peut la voir ? ». Mais bien sûr, elle a un nom et un visage, celui du plus gracieux des enfants des hommes, un nom simple, Jésus. N’est-il pas le beau geste de Dieu par excellence ?

Maintenant, j’hésite sur la formulation : dois-je dire : « Jésus le Christ en qui la Grâce de Dieu s’incarne » ou « Jésus le Christ qui incarne la Grâce de Dieu » ?

Je vous laisse choisir.

 

Et en guise de méditation, je vous invite à relire la scène de la synagogue de Nazareth, au chapitre 4 de l’évangile selon saint Luc, du verset 16 au verset 22.

 

Il vint à Nazareth où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit :

L’Esprit du Seigneur est sur moi,
parce qu’il m’a consacré par l’onction,
pour porter la bonne nouvelle aux pauvres.
Il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance
et aux aveugles le retour à la vue,
renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur.

Il replia le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit à vos oreilles ce passage de l’Écriture. » Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche.

 

 

100 mots pour la foi

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 10:48

 

lectures : Ex 32, 7-11.13-14 ; Ps 50, 3-4,12-13,17.19 ; 1Tm 1, 12-17 ; Lc 15, 1-32

 

 

Contrairement au frère du jeune homme perdu qui s'indigne de la générosité de son père, Moïse défend le peuple pécheur pour que Dieu lui pardonne et le garde dans son amour.

Comme la brebis égarée, Dieu vient saisir Paul pour le ramener dans son troupeau.

 

Je ne suis pas certain que Dieu aurait dispersé le peuple du veau d'or, mais je suis sûr qu'il n'aurait pas apprécié que Moïse lui dise : tu as raison, ce ne sont que des pécheurs, restons entre nous et n'accueillons que des justes.

Le jugement et le pardon sont des choses trop graves pour que nous osions nous les accaparer. Il est bien préférable de les laisser à Dieu. Un Dieu qui manifestement aime suffisament les hommes pour leur pardonner leur trahison (le veau d'or), un Dieu qui aime tellement chaque homme qu'il est prêt à abandonner son troupeau pour rechercher la brebis égarée.

Laissez le jugement et le pardon à Dieu, cela ne veut pas dire se désintéresser de ses frères et de ses soeurs. A l'image de Moïse, nous devons intercéder auprès du Père pour qu'il sache que nous sommes toujours heureux de la promesse qu'il a faite à nos ancetres, que nous sommes toujours prêts à la relayer auprès de de tous ceux et toutes celles qui n'en auraient pas connaissance ou qui ne la penseraient pas pour eux.

 

Car ce n'est pas la justice de l'homme qui le fait entrer dans l'amour de Dieu. L'amour de Dieu ne s'obtient pas comme un grade universitaire ou une médaille olympique au mérite, à l'effort ou à la connaissance. L'amour de Dieu est premier et il est libre. Il est assez certain que les chrétiens contemporains de Paul n'auraient pas voté pour que Dieu jette son dévolu sur un de leurs pires ennemis. Mais Dieu a choisi Paul pour en faire l'un de ses principaux collaborateurs.

Le chrétien comme l'Eglise toute entière ne doit pas confondre son rôle avec celui de Dieu, ni s'arroger les prérogatives qui ne sont pas les siennes. Nous devons par contre répondre à la mission du Christ d'annoncer la Bonne Nouvelle aux hommes et aux femmes de toutes les nations afin qu'ils puissent reconnaître l'appel de Dieu et répondre à son amour. Nous devons le faire sans choisir les hommes et les femmes auxquels nous nous adressons, sans juger de ceux qui en sont dignes. Car, comme Paul nous le rappelle, "le christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs".

 

Notre rôle, c'est de permettre à chacun de découvrir l'amour de Dieu, de se sentir aimé de Dieu. Parce que c'est dans cet amour que les conversions les plus extraordinaires sont possibles. Parce que c'est dans cet amour que l'homme peut relire sa vie, peut changer sa vie. Parce que c'est dans cet amour qu'il peut se tourner vers Dieu et dire avec le psalmiste : "Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché. [...] Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit."

 

Pour cela, plutôt que de leur répéter à l'envie, parfois avec une certaine hypocrisie, tout ce qui est mauvais en eux et qui soit-disant les éloigne de Dieu, essayons de les bénir pour tout ce qui, en eux, est bon! Ecoutons les pour mieux les connaître et apprendre avec eux à découvrir l'amour que Dieu nous porte. Intercedons pour eux auprès de Dieu, intercedons pour Dieu auprès d'eux. Alors nous serons des disciples de Jésus, l'unique médiateur.

 

 

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 20:30

Sg 9, 13-18

Ps 89, 3-4, 5-6, 12-13, 14.17abc

Phm 1, 9b-10.12-17

Lc 14, 25-33

 

 

Voilà un passage de l’évangile qui n’est pas facile à entendre !

 

« Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et soeurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.
Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple. […] De même, celui d'entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple.
 »

 

Mais voilà également un passage qui nous rappelle deux données essentielles que nous avons tendance à oublier : nous sommes des marcheurs et nous avons un but.

Les paroles de Jésus n’auraient aucun sens sinon ! Dans les deux exemples qu’il nous donne pour nous faire comprendre ses paroles (la construction d’une tour et la victoire d’une bataille), Jésus nous montre bien que l’enjeu est la finalité de la marche.

 

Mais si nous ne croyons pas que nous arriverons à bâtir cette tour, si nous ne sommes pas certains de gagner la bataille alors que les chiffres semblent ne nous donner aucune chance, il nous le dit : ce n’est pas la peine de nous mettre en route ! Et si nous étions seuls, il y aurait en effet peu de chance que nous osions nous mettre en marche. Car l’argent, le courage, la force dont nous avons besoin, nous ne les tirons pas de nous même, mais de la foi que nous avons en lui. « Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ? […] Et qui aurait connu ta volonté, si tu n'avais pas donné la Sagesse et envoyé d'en haut ton Esprit saint ? C'est ainsi que les chemins des habitants de la terre sont devenus droits ; c'est ainsi que les hommes ont appris ce qui te plaît et, par la Sagesse, ont été sauvés. »

 

Et c’est dans cette foi que ce passage de l’évangile peut prendre sens ! L’essentiel, nous le recevons du Seigneur. Et cet essentiel c’est la liberté. Cette liberté éclairée, ce Salut, qui nous permet d’envisager tout ce que nous possédons, jusqu’à nos relations humaines, d’une toute autre manière, à la lumière du Christ ressuscité. N’est-ce pas le sens de cette magnifique demande de Paul :

« Fils bien-aimé, moi, Paul, qui suis un vieil homme, moi qui suis aujourd'hui en prison à cause du Christ Jésus, j'ai quelque chose à te demander pour Onésime, mon enfant à qui, dans ma prison, j'ai donné la vie du Christ. Je te le renvoie, lui qui est une part de moi-même. Je l'aurais volontiers gardé auprès de moi, pour qu'il me rende des services en ton nom, à moi qui suis en prison à cause de l'Évangile. Mais je n'ai rien voulu faire sans ton accord, pour que tu accomplisses librement ce qui est bien, sans y être plus ou moins forcé. S'il a été éloigné de toi pendant quelque temps, c'est peut-être pour que tu le retrouves définitivement, non plus comme un esclave, mais, bien mieux qu'un esclave, comme un frère bien-aimé : il l'est vraiment pour moi, il le sera plus encore pour toi, aussi bien humainement que dans le Seigneur. Donc, si tu penses être en communion avec moi, accueille-le comme si c'était moi. »

 

Marcher à la suite de Jésus, c’est apprendre de lui à vivre, à posséder autrement. La question n’est pas de ne rien posséder mais de « renoncer » à posséder comme si nous étions les maîtres des choses et comme si ces possessions étaient la finalité de notre marche. Marcher à la suite de Jésus c’est demander avec le psalmiste :

« Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos coeurs pénètrent la sagesse.  Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ? Ravise-toi par égard pour tes serviteurs. Rassasie-nous de ton amour au matin, que nous passions nos jours dans la joie et les chants.  Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu ! Consolide pour nous l'ouvrage de nos mains. »

 

Convertir notre regard à la lumière de la résurrection du Christ, à la lumière de la Croix, voilà ce que nous demande Jésus. Il ne nous demande ni d’être des miséreux sans bien, ni de nous fâcher avec les gens que nous aimons et particulièrement notre famille, ni de mépriser notre propre vie. Il nous demande de vivre pleinement, de vivre en marche, de vivre en construisant une tour de son Royaume, de vivre en étant victorieux de nos peurs et nos innombrables imperfections. Il nous demande d’être de ses disciples, c’est-à-dire de nous appuyer sur la certitude qu’il est Celui qui nous donne la force de le suivre et l’assurance du Salut.

 

Jésus marche toujours devant nous. Et heureusement, de temps en temps il se retourne pour nous interpeller et vérifier que nous n’avons pas repris une pause statique ! L’inverse du jeu de notre enfance « 1, 2, 3… soleil » en somme.

1, 2, 3… Salut !

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