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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 00:14


Pour ce qui est de l’enfer, j’invoque le non-lieu, et aussi le non-être, et tant qu’à faire, pardonnez-moi le néologisme, le « non-temps ». En effet, si l’enfer est la privation de Dieu, comment imaginer qu’il puisse y avoir un lieu, un temps, hors de Dieu ? Alors, direz-vous, n’y a-t-il pas d’enfer ?

Bizarrement, si ! Et c’est une nouvelle incroyable à propos de Dieu. Cela signifie que Dieu ne s’impose pas, au point qu’il se laisse rejeter. Dieu accepte que nous lui disions non. Et si nous disons non à Dieu, si nous refusons la vie qu’il nous offre, l’amour auquel il nous invite, alors, sans doute cessons-nous d’être. Si nous choisissons le néant, Dieu nous l’accorde.

Reste à savoir si nous pouvons réellement choisir le néant. En théorie oui, mais en pratique ? Devant la face de Dieu, est-il possible que nous choisissions la mort et le non-être plutôt que la vie, et même, la Vie, avec un grand « V », la vie absolue que nous avons l’habitude de nommer éternelle ?

Je reconnais, que j’ai un peu de mal à croire qu’à l’instant ultime, celui de notre mort, de notre « comparution devant Dieu, nous puissions avoir le cran, l’orgueil, la folie de refuser la beauté, la bonté, la joie, offertes en abondance.

Et si cela était, Dieu n’insisterait-il pas ? Ne reviendrait-il pas à la charge ? Un certain nombre de fois… Mettons soixante-dix-sept fois sept fois, au minimum.

Je peux aussi imaginer que certains puissent ne pas se juger dignes de l’amour et de la vie qui leur seront offerts. Quand on a été blessé, humilié pendant toute sa vie, quand le malheur a été un lot quotidien, on peut avoir du mal à se croire appelé au bonheur. Pour tous ceux-là, je suis bien certain que Dieu sera patient et qu’il saura consoler, apprivoiser.

Mais les vrais méchants me direz-vous, les assassins, les sadiques, ceux qui ont pris leur plaisir dans la souffrance, la torture, la mort, l’humiliation ? Et bien je prie pour que même le pire des criminels ait conservé une part d’humanité, même toute petite, capable d’entendre l’appel ultime de Dieu. Car si cette petite part existe, alors, je crois qu’elle suffit à retourner un être, à reconquérir un cœur et une âme et à amener le pire des hommes à la repentance.

Pour conclure, est-il possible que certains humains choisissent l’enfer ? En théorie, oui, en pratique, j’espère que non.

Quant à moi, quant à nous, préparons-nous, exerçons-nous sans relâche. Choisissons Dieu et la vie dès maintenant et réjouissons-nous dès aujourd’hui du bonheur qui nous est promis, car la promesse du bonheur est déjà du bonheur. Ici et maintenant, mettons notre confiance dans le Seigneur, afin que notre jour « J », soit jour de joie et que nous soyons des enfants reconnaissants qui se jettent dans les bras du Père en disant « Me voici ».

 

Ce que dit le Magistère de l'Eglise catholique :

CEC 1037. Dieu ne prédestine personne à aller en enfer (cf. DS 397 ; 1567) ; il faut pour cela une aversion volontaire de Dieu (un péché mortel), et y persister jusqu’à la fin. Dans la liturgie eucharistique et dans les prières quotidiennes de ses fidèles, l’Église implore la miséricorde de Dieu, qui veut " que personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir " (2 P 3, 9)

 

100 mots pour la foi

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 23:53

 

Aujourd’hui l’Eglise fête le mystère de la Très Sainte Trinité. Contemplons la !

 

Pour moi une des plus belles représentations de la Trinité est sans aucun doute celle d’Enguerrand Quarton dans le Couronnement de la Vierge (1453 pour les chartreux de Villeneuve-lès Avignon). Le Père et le Fils ont le même visage et les ailes du Saint-Esprit semblent toucher leurs bouches comme si il était leur dialogue, leur relation.

 

lecouronnementN.jpg


Elle illustre tout à fait ce que dit Jésus de lui-même, de son Père et de l’Esprit dans l’Evangile de Jean et tout particulièrement le passage que nous entendons aujourd’hui : « En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. » (Jn 16, 13-15)

 

Alors nous pourrions rester béats devant ce tableau, rester émerveillés par cette construction parfaite que la tradition théologique a petit à petit dessinée avec une minutie remarquable et des termes et concepts bien complexes.

 

Pourtant, très vite, dès le XVe siècle, les peintres vont abandonner cette représentation identique du Père et du Fils pour représenter l’un plus vieux et barbu et l’autre sous son aspect humain. Et je crois que les textes de ce jour nous invitent à la même chose. Car ce qui importe dans la Trinité telle qu’elle nous est révélée ce n’est pas la perfection de sa représentation mais la formidable expression de la communication aimante de Dieu. Une communication entre les personnes divines comme nous le rappelle Jésus, mais également une communication avec les hommes et les femmes qu’il aime et qu’il appelle.

 

Une communication qui passe par l’Incarnation du Fils et son dialogue avec les hommes et les femmes de son temps. Une communication qui nous est donnée par l’Esprit qui vient éclairer les paroles que les témoins de cette rencontre du Fils et des hommes nous ont laissées mais également la rencontre entre Dieu et les hommes aujourd’hui toujours à l’œuvre.

 

La pédagogie divine, depuis le début de l’histoire qui unit Dieu et les hommes, nous montre que Dieu n’est pas souvent là où on l’attend, qu’il ne ressemble pas aux images (aux idoles) qu’on se fait de lui. Dieu ne se laisse pas enfermer dans des schémas car Dieu est toujours celui qui a l’initiative, celui qui transforme notre vision du monde, de l’autre, de Dieu lui-même.

 

La magnifique première lecture qui laisse la parole à la Sagesse en témoigne. Elle est virevoltante et espiègle la Sagesse ! « J'y trouvais mes délices jour après jour, jouant devant lui à tout instant, jouant sur toute la terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes. » (Pr 8, 30-31). Cette Sagesse que Dieu a faite pour lui, cette Sagesse engendrée, déjà présente au moment de la création, a suscité bien des commentaires. On a cherché à la mettre elle aussi dans une case. Pour les uns c’était le Christ, pour les autres l’Esprit… pour moi c’est justement ce qui nous empêche de nous prendre, nous, au sérieux en essayant de figer Dieu dans des mots et des schémas.

 

Elle joue devant Dieu, elle joue sur la terre et, chose admirable, elle trouve ses délices avec les hommes et les femmes que nous sommes. N’est-ce pas finalement la chose la plus remarquable ! La Sagesse issue ou engendrée de Dieu, c’est-à-dire Dieu lui-même, car comment ce qui viendrait de Dieu pourrait être contraire au désir de Dieu, trouve ses délices à notre fréquentation. « Qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui, le fils d'un homme, que tu en prennes souci ? » (Ps 8, 5)

 

C’est cette amitié de Dieu, éprouvée, renouvelée, définitivement actée en Jésus-Christ qui est le cœur de la Bonne Nouvelle. C’est cette amitié insensée, que nous recevons en héritage dans la foi, particulièrement dans le baptême au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, qui nous permet de dire avec Paul « l'espérance ne trompe pas, puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné. » (Rm 5, 5)


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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 19:17

 

Le 1er février 2010 au bout d’un clic de souris d’un élève de Saint Erembert,… Dakar ! Le TD simultané entre une classe de Saint Erembert et une autre du lycée Saint Monfort de Dakar pouvait commencer. Quelques semaines plus tard, pour tester la pédagogie d’enseignement de l’anglais par un partenaire étatsunien potentiel, au bout d’un autre clic de souris… la côte est des Etats-Unis…

A l’heure d’Internet, de Skype et autres Messenger, ces initiatives peuvent paraître banales. Il semble d’ailleurs que ce soit le cas pour les élèves. Le fait que l’interlocuteur se trouve à des milliers de kilomètres n’étonne plus ; qu’il s’inscrit dans une autre réalité culturelle, une autre religion, une autre représentation du monde n’est pas pris en compte. Seul indice d’une différence : l’âge a été l’objet d’un étonnement. L’interlocuteur de l’élève de St Érembert lui-même âgé de 16 ans, en a 23…

Et pourtant, envisagées sous l’angle de la tension entre le local et le global, ces initiatives introduisent dans la salle de classe un défi éducatif majeur pour la société d’aujourd’hui et de demain, pour le monde économique chaque jour plus interdépendant : le défi de l’éducation à la rencontre interculturelle dans des sociétés devenues multiculturelles.

Au slogan du « village planétaire », aux revendications d’être « citoyens du monde » a succédé l’humble expérience des remises en question produites par la compression du temps et de l’espace qui caractérise le vivre ensemble aujourd’hui. Car derrière l’universalité du moule technologique et de la consommation de masse, émergent de nouvelles lignes de tensions entre les êtres humains, indices de crispations culturelles, religieuses, confessionnelles, nationalistes, autrement dit identitaires. Ces crispations sont le signe des bouleversements en cours devant lesquels nous ne savons pas encore véritablement nous situer, ni nous projeter dans un espace et un avenir communs. Dans ces conditions où les termes de l’équation du vivre ensemble sont en cours de réélaboration, comment éduquer des êtres libres et responsables ?

A différentes époques de la tradition éducative de l’Oratoire, des oratoriens, comme d’autres, ont relevé les défis de leur époque pour tenir ensemble intelligence du monde et intelligence de la foi. Non pas l’une contre l’autre en cédant à la tentation d’une démarche identitaire confinée dans la sécurité illusoire d’un ghetto. Non pas l’un dans l’autre en cédant à l’illusion de croire l’homme indépendant des médiations du langage, de la culture, des rites à travers lesquels il s’exprime et entre en relation. Mais l’un avec l’autre : C’est le père Lamy qui enseigne Descartes au moment où certaines lectures du concile de Trente  (1545-1563) voudraient se contenter d’une réaffirmation du dogme. C’est le père Gratry au XIX°s qui met en place des ateliers d’apologétique pour explorer une approche rationnelle de la connaissance de Dieu. C’est le père Laberthonière qui défend une liberté de l’homme menacée par le positivisme scientifique et l’illusion d’un enseignement neutre. C’est, plus près de nous, le père Dabosville qui invite « l’autorité dans l’Église à retrouver le sens de la liberté. Il nous faut renoncer à ce qui n’est même plus une orthodoxie, mais à ce qui est devenue une orthologie soupçonneuse : dire ce qu’il faut dire, ne pas se risquer à penser, c’est une règle trop commune. »

À l’heure de la compression de l’espace, prendre en charge les questions posées par le clic d’une souris qui établit une connexion avec Dakar, est une nécessité pour une école qui s’inscrit dans la tradition oratorienne d’éducation à une liberté responsable. Comment les élèves sont-ils invités à prendre la mesure des spécificités culturelles de leurs interlocuteurs, à commencer par la diversité des parcours des personnes qu’ils côtoient dans l’établissement ? Comment sont-ils invités à relever le défi de la rencontre entre les croyants dans des sociétés devenues multireligieuses, mais aussi de la rencontre des croyants avec des personnes athées ou indifférentes dans des sociétés devenues pluralistes ? Autant de paramètres qui multiplient les possibilités de mettre en équation la tension entre le local et le global, tant les équations elles-mêmes varient selon que l’on se trouve à St Germain, à Los Angeles, à Singapour ou à Dakar. Comment sont-ils préparés à travailler avec des collaborateurs étrangers dans des sociétés multiculturelles ou dans des entreprises multinationales ? Ce défi éducatif n’est-il pas relevé dans la salle de classe à chaque fois qu’un enseignant accompagne un jeune qui élabore son identité dans et par le dialogue et le questionnement, davantage que lorsqu’il privilégie une pédagogie « compréhensive » qui coulerait une identité ou un savoir dans le marbre, avant de se risquer au questionnement, au dialogue et à la rencontre ?

Car finalement, le défi éducatif n’est-il pas précisément là : chercher comment mettre en œuvre une pédagogie cohérente avec la société et l’époque qui émergent sous nos yeux pour que les jeunes confiés à l’école Saint Érembert grandissent en liberté responsable ? Une tâche réflexive jamais achevée. Il en va d’ailleurs de la catholicité de l’éducation mise en œuvre dans cette école, à condition de ne pas réduire l’adjectif « catholique » au sens confessionnel d’un label ecclésial parfois véhiculé depuis le XVI° siècle, mais de retrouver le sens étymologique qui était le sien au temps des pères de l’Église. Ils rendaient raison de la pleine vérité du Christ en tant qu’elle s’accomplit en toute personne au plan universel, mais à travers la diversité indépassable des traditions locales.

L’Évangile nous indique qu’il en va et de la grandeur de Dieu et de la grandeur de l’homme, l’un et l’autre étant, selon la manière dont l’équation du vivre ensemble est élaborée, tout à la fois menacés par les réponses crispées apportées aux bouleversements en cours et dépositaires d’une promesse de paix.

 

François Picart, prêtre de l’Oratoire

Coordinateur de la pastorale de Saint-Erembert


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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 00:33


Écrire sur le mot Église le jour de la Pentecôte, voilà un hasard du calendrier qui fait bien les choses.

Que voit-on ? Les apôtres claquemurés au Cénacle, petit troupeau qui vient encore de perdre son berger, partagé entre la peur, légitime, et l’espérance, folle. Et voilà que l’Esprit que Jésus leur avait promis les jette dans les rues de Jérusalem. Sans crainte, ils proclament la résurrection du Christ ; « Ce Jésus, condamné, crucifié, il est vivant, Dieu l’a ressuscité, c’est le Seigneur ». Peu importent les variantes de cette première annonce. C’est cela qui fait l’Église. À cause de ce qu’ils entendent, ils sont, disent les Actes des apôtres, trois mille à se joindre aux apôtres et à être baptisés.

Nous en savons assez pour parler de l’Église.

L’Église, c’est un peuple appelé qui se rassemble à cause de ce Jésus en qui la mort est morte.

Ils étaient douze, embryon symbolique du nouveau peuple de Dieu, déjà, ils sont trois mille. L’Église est un peuple qui grandit, qui s’ouvre.

L’Église vit sous l’emprise de l’Esprit, qui balaye les peurs, ouvre portes et fenêtres.

L’Église vit d’une parole qu’elle annonce.

Et cette Église du jour de la Pentecôte, est déjà incroyablement bigarrée, puisque tous les peuples (connus à cette époque) sont représentés à Jérusalem. Et c’est toujours vrai, l’Église n’est pas uniforme, mais elle est pour tous, ouverte à tous, universelle (en grec, on dit catholique).

J’aime beaucoup relire ce texte de la Pentecôte, et je suis frappé par un point. Ceux qui sont prêts à rejoindre les apôtres demandent « Que devons-nous faire ? » et la réponse est simplement : « Recevez le baptême ». Il n’est question d’aucune prescription, d’aucune obligation.

Je rêve d’une nouvelle Pentecôte où tous ceux et celles qui sont « du Christ », découvriraient ce qui les unit au lieu de pointer ce qui les sépare. Je fais le rêve d’un peuple bigarré, rassemblement de ceux qui sont « du Christ », unit par le baptême. Sans doute chacun célébrerait-il dans sa langue et ses traditions, et ses usages. Mais tous proclameraient les merveilles de Dieu et l’Esprit à l’œuvre. Je rêve de l’Église du Christ, unie, catholique, apostolique, pentecôtiste, pneumatique (qui vit du souffle de l’Esprit) évangélique, professant la juste doctrine (orthodoxe) suivante : « Ce Jésus, condamné, crucifié, il est vivant, Dieu l’a ressuscité, c’est le Seigneur ». Alors, l’Église sera vraiment l’Église

Oui, je rêve grand, je rêve fou, mais je crois que Dieu rêve plus grand et plus fou encore, alors, j’espère !

 

CEC 168 C’est d’abord l’Église qui croit, et qui ainsi porte, nourrit et soutient ma foi. C’est d’abord l’Église qui, partout, confesse le Seigneur (" C’est toi que par tout l’univers la Sainte Église proclame son Seigneur ", chantons-nous dans le " Te Deum "), et avec elle et en elle, nous sommes entraînés et amenés à confesser, nous aussi : " Je crois ", " Nous croyons ". C’est par l’Église que nous recevons la foi et la vie nouvelle dans le Christ par le baptême. Dans le " Rituale Romanum ", le ministre du baptême demande au catéchumène : " Que demandes-tu à l’Église de Dieu ? " Et la réponse : " La foi ". " Que te donne la foi ? " " La vie éternelle ".

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 13:01


Le récit de la Pentecôte se termine par ce très beau témoignage du monde : « Tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu. » (Ac 2,11).

 

Aujourd’hui, nous sommes tous fatigués de lire ou d’entendre les critiques que le monde fait à l’Eglise, des critiques parfois bien justifiées. Les adolescents nous disent combien il est difficile pour eux d’être chrétiens face à leurs camarades, des chrétiens engagés baissent les bras, l’Eglise institutionnelle semble se raidir sur des positions dans lesquelles il est bien difficile de discerner les merveilles de Dieu.

 

Oui, il est bien difficile d’être chrétien aujourd’hui. Mais pas pour les raisons que nous invoquons. En fait il a toujours été difficile d’être chrétien ! C’est difficile parce que cela nous engage nous, dans notre propre vie. Et je dirais même que c’est impossible si nous prenons les choses à l’envers comme bien souvent nous le faisons. Car être chrétien ce n’est pas se plier à un certain nombre de règles, à un certain nombre de lois, à une pratique religieuse et à la défense désespérée d’une institution malmenée. Etre chrétien c’est accepter de suivre Jésus et de devenir, avec lui et en lui, fils et fille de Dieu.

 

C’est cela que nous apporte l’Esprit de Pentecôte.

« L'Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur ; c'est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l'appelant : ‘Abba !’ » (Rm 8)

« Je vous dis tout cela pendant que je demeure encore avec vous ; mais le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » (Jn 14,26)

 

L’Esprit de Pentecôte nous fait suivre Jésus en nous permettant de nous mettre à son écoute en découvrant à travers les Evangiles sa parole et son enseignement, en y découvrant d’abord pour nous-mêmes la merveilleuse promesse accomplie qui nous est faite : la vie de Dieu. Car nous sommes tous appelés personnellement par Jésus à entrer dans cette vie et nous ne pourrons jamais en témoigner si nous n’y entrons pas d’abord, si nous n’acceptons pas d’abord d’être configuré à Jésus-Christ, d’être adopté pleinement par le Père.

 

Tout le reste n’a pas de sens, tout le reste n’a pas de possibilité si nous ne choisissons pas d’abord d’être des baptisés dans le Christ, des fils et des filles de Dieu.

 

Ecoutons Jean ! Au lieu de partir en guerre contre des armées de moulins, répondons à l’appel de Dieu : aimer son Fils. Tout le reste suivra naturellement. « Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l'Esprit de vérité. Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. » (Jn 14)

 

Ce n’est pas parce qu’ils étaient des surhommes, parce qu’ils étaient diplômés en théologie catholique, que les apôtres ont reçu les flemmes de l’Esprit et ont su parler au monde (parfois avec difficulté !). C’est parce qu’ils avaient appris à aimer Jésus, qu’ils l’avaient suivi, qu’ils avaient péniblement été à l’écoute de son enseignement depuis son baptême jusqu’aux dernières apparitions et à l’Ascension. Et nous, nous voudrions avoir la même efficacité sans efforts, en rabachant des formules toutes faites, des passages de catéchismes et des bonnes intentions.

 

Ce qui nous manque vraiment c’est l’envie. Dieu nous offre la vie et, nous, nous daignons être chrétiens, parfois même nous nous autoglorifions de rester chrétien dans un monde hostile. Mais Dieu n’a que faire de nos petits états d’âme de chair ! Il veut des fils et des filles pour un monde que lui aime passionnément. Baptisés dans le Christ, toute notre force est là mais tout notre combat est là aussi. Nous avons reçu l’Esprit, c’est un don immense mais ce n’est pas une sinécure. « Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais ce n'est pas envers la chair : nous n'avons pas à vivre sous l'emprise de la chair. » (Rm 8)

 

On se demande souvent à quoi sert le sacrement de confirmation alors qu’on a reçu pleinement l’Esprit Saint au baptême. Et bien je crois que Dieu qui nous connaît mieux que nous-mêmes, a justement voulu nous suggérer qu’être baptisé n’était pas une fin mais le début d’un long parcours à la découverte de Jésus, un long parcours de vie à l’écoute de l’Esprit, et qu’avant d’être adulte dans la foi et espérer être des témoins crédibles de Jésus-Christ il fallait du temps. A la confirmation nous recevons une nouvelle fois l’Esprit, cet Esprit de Pentecôte, pour aller annoncer au monde les merveilles de Dieu. Nous le recevons une nouvelle fois après un temps d’enseignement (le catéchisme) et de vie ecclésiale nourrie des sacrements de l’eucharistie et de la réconciliation. Nous le recevons une nouvelle fois pour être des baptisés adultes, pour vivre pleinement de notre baptême en Jésus-Christ, pour être des fils et des filles de Dieu, rendus par lui participants de la charge sacerdotale, prophétique et royale du Christ dans la mission que tout le peuple de Dieu accomplit dans l’Eglise et dans le monde.

 

Le monde a toujours besoin de Dieu. Dans cette année sacerdotale, nous avons tous, clercs et laïcs, à mettre en œuvre ce que nous prions en célébrant le sacrement de l’eucharistie : « Et maintenant, nous te supplions, Seigneur : par le sacrifice qui nous réconcilie avec toi, étends au monde entier le salut et la paix. » (prière eucharistique 3)

 

En ce jour de la Pentecôte, prions pour que l’Esprit Saint nous redynamise, qu’il fasse de nous des fils et des filles de Dieu et de son Eglise un peuple de baptisés.  Prions pour qu’il nous permette de toujours faire résonner aux oreilles du monde les merveilles de Dieu.


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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 08:12

 

Bon essayons d’être simple. Les dogmes sont l’expression de la foi. Ce sont les mots pour le dire.

Saint Pierre ou saint Paul n’étaient pas moins croyants que nous. Et pourtant, nous étions des siècles avant les grands conciles dogmatiques qui ont défini les principaux dogmes catholiques.

Les dogmes sont des mots, des définitions intellectuelles. Ils tentent d’approcher une réalité qui les dépasse et les déborde.

Il y a la foi et son expression. Le pape Jean XXIII le dit de façon très claire dans son discours d’ouverture du concile de Vatican II en octobre 1962 : « Autre chose est le dépôt même ou les vérités de la foi, autre chose est la façon selon laquelle les vérités sont exprimées, à condition toutefois d’en sauvegarder le sens et la signification. »

Alors, oui, l’intelligence humaine s’est déployée pendant des siècles pour tenter d’approcher le mystère de Dieu et de trouver les mots et les formulations les plus exacts, les plus justes. C’est un travail qu’il faut révérer. Mais il ne faut pas se tromper et confondre la foi et les dogmes.

En plus, sous prétexte de « déployer » les vérités de la foi, on a bien compliqué les choses.

Au bout du compte, il y a un millefeuille assez lourd. Il faut avoir le goût de la spéléologie intellectuelle pour plonger le cœur léger dans les épaisses couches de philosophie et de théologie superposées par les siècles. Et bien entendu, au cours du temps, les mots ont perdu leur sens premier. Il faut désormais être aussi diplômé de philologie pour s’y retrouver. À moins de sept ans de théologie, personne ne sait plus bien ce que les mots veulent dire.

Heureusement, comme déjà dit plus haut, la foi ne tient ni aux mots ni dedans.

Mais hélas, les dogmes, flattent nos orgueils idolâtres. Nous pouvons nous mirer dedans, admirer notre propre intelligence qui a su les concevoir, les énoncer, les préciser, et même les développer.

Quand on pense que Dieu a cru qu’il suffisait d’envoyer son fils raconter des histoires de moutons, de champs de blé, ou d’héritages dilapidé. Heureusement qu’il a été mis bon ordre à tout cela !

Bon, vous me sentez agacé ? Vous avez raison. Je ne veux pas faire de l’anti-intellectualisme à bon compte. Je sais qu’il faut comprendre ce que l’on croit. Mais cela suppose que les explications ne soient pas plus compliquées que la chose à croire. Et puis, je vois à quel point les dogmes peuvent devenir à la fois une armure et une arme.

Si je crois au Christ nu et désarmé, je ne peux pas être bardé de certitude et être prêt à en découdre avec quiconque viendrait bouger une virgule ou un mot de mes sacro-saintes définitions.

Oui, il faut se servir de son intelligence. Elle est un don de Dieu. Mais comme dit Jésus : « ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ».

Et s’il faut choisir, je choisis le corps du Christ plutôt que le corpus dogmatique. Je choisis la chair du fils de Dieu plutôt que les indigestes traités de dogmatique.

 

Ce que dit le Magistère de l'Eglise catholique :

CEC 89.   Il existe un lien organique entre notre vie spirituelle et les dogmes. Les dogmes sont des lumières sur le chemin de notre foi, ils l’éclairent et le rendent sûr. Inversement, si notre vie est droite, notre intelligence et notre cœur seront ouverts pour accueillir la lumière des dogmes de la foi (cf. Jn 8, 31-32).

 

 

100 mots pour la foi


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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 13:06

 

« Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi. Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. » (Jn 17, 20-21). L’amour qui unit le Fils et le Père est trop fort pour rester en vase clos. Dans l’évangile de Jean quand Jésus parle de la relation qui l’unit au Père, il associe toujours les disciples, les hommes ou le monde. L’amour de Dieu est une force dynamique qui invite tous les hommes et toutes les femmes à participer à cette communion que Dieu propose.

 

Cette communion avec Dieu est tout à la fois le but ultime qui nous est proposé et dès aujourd’hui le témoignage de la promesse qui nous est faite. « Qu'ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un : moi en eux, et toi en moi. Que leur unité soit parfaite ; ainsi, le monde saura que tu m'as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. » (Jn 17, 21-23)

 

Cette communion repose sur l’unique commandement : « Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples. Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j'ai gardé fidèlement les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie. Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » (Jn 15, 8-13)

 

« Voici que je contemple les cieux ouverts : le Fils de l'homme est debout à la droite de Dieu. » (Ac 7, 56). C’est cette communion parfaite qu’a vécue Etienne à qui il a été donné de voir Jésus à la droite de son Père, tel que nous le verrons quand nous seront tous rassemblés dans la Jérusalem céleste, quand nous serons dans la communion parfaite et définitive avec notre Dieu, selon la parole de Jésus « Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, et qu'ils contemplent ma gloire, celle que tu m'as donnée parce que tu m'as aimé avant même la création du monde. » (Jn 17,  24).

 

Cette communion du Peuple et de son Dieu, l’Eglise la préfigure et en témoigne. Mais ce qui nous unit à Dieu n’est pas notre participation à l’Eglise mais le fait que nous acceptions de vivre de l’amour de Dieu et de le transmettre, d’entrer dans cette dynamique qui vise à l’unité dans la parfaite communion avec Dieu.

 

Et le seul médiateur pour entrer dans cette dynamique, c’est Jésus-Christ. Lui qui ayant reçu tout de son Père, qui vivant la parfaite communion avec son Père, peut seul nous entraîner dans cette dynamique. Lui qui nous propose le bonheur du baptême afin d’entrer dans la vie : « Heureux ceux qui lavent leurs vêtements pour avoir droit aux fruits de l'arbre de vie, et pouvoir franchir les portes de la cité. » (Ap 22, 14)

 

C’est pourquoi l’Eglise animée par l’Esprit-Saint ne doit cesser d’appeler les hommes et les femmes à se tourner vers le Christ. C’est pourquoi, si nous participons à cette dynamique divine, nous sommes obligés, à notre tour, d’appeler les hommes et les femmes à se tourner vers le Christ. « L'Esprit et l'Épouse disent : « Viens ! » Celui qui entend, qu'il dise aussi : « Viens ! » Celui qui a soif, qu'il approche. Celui qui le désire, qu'il boive l'eau de la vie, gratuitement. » (Ap 22, 17)

 

Viens !


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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 17:38

 

Luc nous raconte que l’ascension du Seigneur a lieu au terme d’une période de quarante jours après la Passion. Comment ne pas voir alors dans cette précision ainsi que dans la référence au baptême de Jean un très joli chiasme qui exprime la fin d’un cycle.

A : Le baptême de Jésus où l’Esprit descend sur lui et où Dieu déclare « C'est toi mon Fils : moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. » (Lc 3, 22).

B : Les quarante jours au désert de Jésus

B’ : Les quarante jours du temps des apparitions où le Christ enseigne aux apôtres : « Il fallait que s’accomplisse ce qui était annoncé par l’Écriture ; les souffrances du Messie, sa résurrection d’entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. » (Lc 24, 46-48)

A’ : l’ascension du Seigneur et l’annonce de la Pentecôte.

 

L’Ascension marque la fin de la présence du Christ parmi les hommes. Ou plus exactement la fin d’une certaine forme de présence physique du Christ parmi les hommes. Car, là encore, la dernière question des disciples « Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? » n’est pas sans référence à la première parole publique de Jésus après les quarante jours au désert :

 

« Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l'habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres,et aux aveugles qu'ils verront la lumière,apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. » (Lc 4, 16-21)

 

En leur demandant de témoigner que c’est aujourd’hui que s’accomplit la promesse de Dieu, le pardon des péchés à toutes les nations, il les invite, comme tous les baptisés fortifiés par l’Esprit-Saint, à faire vivre son Corps mystique et à le rendre présent.

 

« C'est vous qui en êtes les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus d'une force venue d'en haut. »  (Lc 24, 46-50)

 

Ne restons donc pas les yeux tournés vers le ciel, mais préparons nous à recevoir l’Esprit-Saint de la Pentecôte pour être à notre tour les fidèles témoins de Jésus-Christ. « Continuons sans fléchir d'affirmer notre espérance, car il est fidèle, celui qui a promis. » (He 10, 23). C’est tourné vers les hommes et les femmes de toutes les nations et non vers le ciel que nous pouvons redire les paroles de l’anamnèse : Christ est venu, Christ est né. Christ a souffert, Christ est mort. Christ est ressuscité, Christ est vivant. Christ reviendra… Christ est là.

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 16:38

 

Conférence à la Mairie du VIIe arrondissement de Paris

(116, rue de Grenelle - 75007)

organisée par l'Observatoire du Patrmoine Religieux (OPR)

Le jeudi 20 mai à 18h00 - entrée : 10 euros.


Alain Erlande Brandenburg, ancien directeur du musée national du Moyen Âge et du musée national de la Renaissance à Ecouen, directeur adjoint des Musées de France, directeur des Archives de France, directeur d’études à l’EPHE, professeur à l’Ecole des Chartres et à l’Ecole du Louvre, membre du conseil d’administration de l’OPR, présente son dernier ouvrage, Qu’est-ce qu’une église ?, en répondant aux questions de Boris Grebille, directeur des études de l’IESA (Institut d’Etudes Supérieures des Arts) .

 

Alain Erlande-Brandenburg

Qu'est-ce qu'une église ?

Gallimard - 2010. 29 euros.

 

En Occident, les églises cathédrales et paroissiales ont façonné le paysage urbain et rural. Elles structurent le territoire de la ville et sont souvent le cœur du village. Le lien entre l’église et le cimetière, qui rapatrie très tôt la communauté des morts au côté de celle des vivants, crée une continuité des générations et une identité historique.

Mais qu’est ce une église ? Elle est d’abord le lieu du rassemblement des chrétiens, où se manifeste l’ecclesia. Elle rassemble clergé et laïcs pour célébrer le dialogue permanent des fidèles avec Dieu. Ces rassemblements rythment le temps commun autour des grandes fêtes (temps liturgique), le temps des familles (baptêmes, mariages, décès) et le temps personnel de chaque chrétien.

Signe dans la ville, lieu du rassemblement, l’église est une création humaine qui, par son architecture et son décor, présente ce dialogue avec son Dieu et de l’église avec la société. Naissant dans une société romaine où l’image est omniprésente, la pastorale chrétienne utilisera, dés ses débuts, la création artistique, d’abord à l’intérieur puis à l’extérieur des édifices.

Alain Erlande-Brandenburg retrace l’histoire de cette forme architecturale et de son décor, montrant comment elle est tributaire de deux évolutions qui s’interpénètrent, celle de l’église et celle des formes artistiques. Il livre une synthèse passionnante qui s’étend sur vingt siècles d’histoire, de l’Empereur de Rome Constantin à nos jours.

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 00:21

 

Les antiques catéchismes prétendaient connaître Dieu. Moi pas. Enfin, pas comme eux qui déclamaient : « Dieu est un pur esprit, infiniment parfait, créateur de tout ». De Dieu, je n’ai pas de définition, seulement une connaissance pratique, j’ose dire, expérimentale. En conséquence, je ne connais pas de pur esprit. Je ne vois d’ailleurs pas ce que je pourrais avoir à faire, moi, être de chair, de sang et de sens, avec un pur esprit… Et réciproquement. Je suis d’autant plus ignorant de la substance de Dieu que je crois plutôt à sa présence.

Oui, je reconnais que je m’accorde quand même une toute petite approche « philosophique », puisqu’à la question « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien », je préfère la réponse parce que Dieu plutôt que parce que le hasard. Dieu me semble plus vraisemblable que le hasard… Mais soyons clair, je n’ai aucune preuve à asséner ; disons que je considère que ce n’est pas une hypothèse insensée.

Pour le reste, il faut que je vous avoue que je crois à un drôle de Dieu. Pas du tout un roi du ciel ou de l’Olympe, ni même à un horloger ordonnateur de l’univers.

Ce Dieu ne fait rien qui ressemble à ce que nous ferions si nous étions Dieu. Il échappe à la mesure, à l’imagination, et même à la raison de nos petites cervelles humaines. En effet qui peut concevoir un Dieu qui au lieu de soumettre le monde et d’instaurer son ordre, parle, sollicite, demande, attend… Un Dieu dont la puissance est de ne pas en user ?

Ce Dieu étrange, nous ne devrions sans doute pas l’appeler ainsi, afin de ne pas le confondre avec les créatures pleines de superpuissance qui sont les fruits de nos esprits étroits. Les croyants juifs, nos ancêtres dans la foi avaient d’ailleurs la prudence de ne pas le nommer.

Vous me direz : visiblement, vous parlez de ce que vous ne connaissez pas. Peut-être devriez-vous vous taire, tout simplement ! C’est un parti que certains ont choisi. Il est tentant, et de surcroît élégant. En plus, le nom est délicieusement pédant ; apophatisme !

Vous dites : ma vision de Dieu est apophatique… Et on vous fiche la paix.

Facile, élégant, mais un peu faux, car le Dieu à qui j’ai donné ma foi se laisse connaître. En Jésus, il a pris chair, et sang, il est venu fouler la poussière de cette Terre, avoir faim et soif… et mal. Il a connu aussi l’amour d’une famille, le bonheur des amitiés et le chagrin des abandons. Tout il a tout connu de l’humain, même la peur et l’humiliation. Et depuis lors, nous, chrétiens, nous osons nommer Dieu. Nous le nommons Père, nous le nommons Fils, nous le nommons Esprit d’amour du Père et du Fils. Il faut bien avouer que tout cela n’est pas hautement vraisemblable et même assez déraisonnable. Saint Paul bien avant moi confessait que c’était une folie. Une bienheureuse folie !

 

Il me semble que l’autorité de l’Évangile de Jean suffit.

Jésus disait à ses disciples : « Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! »

 

100 mots pour la foi


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