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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 16:36

 

Où est-il notre Dieu, ce Dieu d’amour qui laisse une catastrophe naturelle dévaster l’un des pays les plus pauvres du monde ? Comme croyant, la question nous est forcément posée et nous sentons l’incroyable tristesse de l’incompréhension nous envahir. Car oui, devant un tel malheur, nous n’avons aucune explication à donner. Non seulement nous n’avons aucune explication à donner, mais nous avons la réponse de Jésus sur la tour de Siloé qui nous interdit de penser qu’il y ait une raison particulière, autre que physique, que ce drame se soit abattu sur ces personnes plutôt que sur d’autres. « Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière » (Lc, 13).

 

Alors face à ce mystère du drame, nous avons tendance à nous taire, à prier dans le silence, à ne pas faire entendre notre voix mêlée aux cris de nos frères et sœurs légitimement écoeurés par cette injustice. A nous faire oublier pour faire oublier l’incapacité de Dieu à maîtriser la terre qu’il a créée. En faisant cela nous condamnons implicitement Dieu et nous condamnons sûrement nos cœurs que Jésus appelle à la conversion.

 

Certes nous n’avons pas de réponse à donner, mais n’avons-nous pas pour autant des biens pour aider financièrement à l’aide humanitaire et la reconstruction dont ce pays à besoin, un cœur et des bras pour accueillir et des oreilles et une bouche pour écouter et réconforter. Car si le drame d’Haïti se vit cruellement sur place, il se vit également à quelques mètres de nous, en France, dans les familles haïtiennes qui ont perdus les leurs ou ne savent pas ce qu’ils sont devenus, dans les familles françaises qui avaient un enfant, des parents, des amis dans ce pays.

 

Face à ce drame, ne restons pas dans un silence passif. Osons témoigner de la miséricorde de Dieu en acceptant sans comprendre que l’inacceptable se soit produit. Accueillons, écoutons, prenons pitié au sens le plus noble du terme, soyons présents à nos frères qui vivent ce malheur insensé au cœur de leurs familles. N’éteignons pas en nous l’espérance dont ils ont tant besoin.

 

 

Cet article a été écrit pour le site de la CCBF.



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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 11:52

 

Avec le baptême du Christ, nous quittons les grandes épiphanies de Dieu pour entrer dans le temps ordinaire. Grâce au baptême de Jean, nous avons vu et entendu que ce Jésus sur le quel nous fixons notre regard est bien le Fils de Dieu. La promesse qui nous a été faite est accomplie.

 

Ce temps ordinaire nous le vivons en contemplant le Christ appeler, prêcher, bénir les hommes et les femmes qu’il rencontre. Ce temps ordinaire nous avons à le vivre avec lui comme un véritable corps à corps avec le monde pour que l’amour triomphe de la mort. Ce temps ordinaire est un temps où, à sa suite, nous devons répandre la vie qu’il nous donne en abondance.

 

Car l’amour statique ne porte pas de fruits. Et le mouvement qui transforme l’amour en source de vie, en source vive, c’est nous, nos gestes, nos paroles, notre volonté. Ceux qui ont eu la chance de voir le très beau ballet Blanche Neige d’Angelin Preljocaj au Théâtre national de Chaillot ont pu admirer l’admirable pas de deux final où le prince danse avec Blanche Neige morte. Dans ce corps à corps où l’amour du prince enlace la mort, le mouvement de la vie déborde et produit ce qui est impensable pour le prince même, la résurrection de l’être aimée.

 

Si Blanche Neige est un conte de fée, nous croyons, nous chrétiens, que ce qui se vit entre Dieu et le monde est la réalité. L’amour de Dieu, l’action de Jésus parmi les hommes qui va jusqu’à vivre en lui-même ce corps à corps avec la mort, n’est pas un conte pour enfant mais le cœur de notre foi : l’amour triomphant de la mort. Alors, si pour nous cela a un sens, nous ne pouvons garder ce don de Dieu en nous-mêmes au risque qu’il n’y meurt, nous devons nous aussi enlacer le monde et communiquer la vie afin qu’elle reste un torrent d’eaux vives où tous pourront s’abreuver.

 

Et comme premier signe que la promesse est accomplie et que les torrents d’eaux vives commencent à irriguer le monde, Jésus appelle des pêcheurs à le suivre, pêcheurs de la grâce, pêcheurs des hommes et des femmes pour lesquels Dieu a accomplit sa promesse.

 

 

blanche-neige.jpegPour ceux qui n’auraient pas pu voir le ballet Blanche Neige au Théâtre National de Chaillot ou sa version filmée fin décembre sur Arte, le film sera projeté au MK2 Beaubourg à partir du 13 janvier et sortira en DVD à partir du 21 janvier chez MK2 Editions.

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 00:29

Il est paradoxal que le terme désignant la vocation à l’universel (c’est l’étymologie du mot) serve ordinairement à désigner une partie du tout. Les catholiques sont une partie des chrétiens, ceux qui sont « en communion » avec l’évêque de Rome, le pape. Les catholiques sont de religion chrétienne, comme les orthodoxes et les protestants, et de confession catholique. Il est à noter que toutes les grandes familles chrétiennes récitent de la même voix le même Credo, celui que les évêques ont mis au point au cours des Conciles de Nicée et de Constantinople au IVe siècle après Jésus-Christ. Les chrétiens sont donc unis sur l’essentiel et séparés sur les détails. Mais ces détails ont fait couler beaucoup de salive, d’encre et aussi pas mal de sang. Honte à nous !

Il est d’ailleurs à craindre, ainsi que le dit le proverbe, que ce soit le diable, bien plus que Dieu qui soit dans les détails.

Évidemment, chaque confession revendique pour son propre compte la justesse et la pureté de la doctrine, soit en remontant aux origines, comme les protestants, soit en en appelant à la Tradition, comme les catholiques.

Au fond, qu’est-ce qui distingue les catholiques des autres chrétiens ? Peut-être une formidable idée de la communion dans le temps et dans l’espace. Dans l’espace, chaque catholique est lié à son évêque et les évêques du monde entier sont liés entre eux sous la houlette du premier des évêques, celui de Rome. Dans le temps, grâce à la succession apostolique qui fait que chaque évêque a reçu l’ordination et l’imposition des mains d’un autre évêque, qui lui-même l’a reçu d’un précédent et ainsi de suite jusqu’aux apôtres de Jésus. C’est une bien jolie image que cette chaîne de mains étendues sur des successions de fronts à travers les siècles. Évidemment, la contrepartie de cette belle chose est une tendance au centralisme et à l’autoritarisme.

On peut dire rapidement qu’il n’y a guère de différences de fond entre les catholiques et les orthodoxes, mais plutôt des différences culturelles, et qu’avec les protestants, ce serait plutôt l’inverse.

Au final, le plus grave, c’est que nous supportions ces séparations. Le plus scandaleux, c’est que nous (tous les chrétiens), puissions oser trouver des raisons légitimes à ces séparations. Qui sommes-nous pour penser qu’aux yeux de Dieu, nos petits différends puissent avoir la moindre importance.

Je ne demande pas que nous soyons tous identiques, bien au contraire. Il ne faut pas à tout prix chercher le plus petit dénominateur commun qui permettrait d’afficher une union de façade. Il faut oser être frères et différents, aimer ces différences, les chérir, car « il y a beaucoup de maisons dans la maison du Père ». Bien prétentieux celui qui prétend en contrôler l’accès. Au lieu de nous draper dans nos convictions et nos certitudes, nous devrions crever de honte devant nos ridicules querelles. Quel malheur de voir des soi-disant « dialogues œcuméniques » ressembler à une discussion du conseil de sécurité de l’ONU.

Seigneur, pardonne-nous, nous sommes lamentables ! Tous !

 

Ce que dit le Magistère de l'Eglise catholique :

Compendium du Catéchisme de l’Église catholique - 162 - Comme société constituée et organisée dans le monde, l’unique Église du Christ subsiste (subsistit in) dans l’Église catholique, gouvernée par le successeur de Pierre et par les Évêques en communion avec lui. C’est seulement par elle que l’on peut atteindre la plénitude des moyens de salut, car le Seigneur a confié tous les biens de la Nouvelle Alliance au seul collège apostolique, dont la tête est Pierre.

 

 

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 00:05

Mais que diable allait-il faire dans le Jourdain ? Rien, en effet, n’obligeait Jésus à être baptisé par Jean. A tel point que Jean lui-même, dans l’évangile de Matthieu semble réticent à donner son baptême à celui qu’il a reconnu dès le ventre de sa mère.

 

Dans l’évangile de Luc, la scène du baptême de Jésus est réduite au strict minimum. Elle est encadrée par deux proclamations : celle de Jean qui annonce le baptême de Jésus dans l’Esprit et le feu, c’est-à-dire Pâques et la Pentecôte et celle de Dieu qui authentifie Jésus comme son fils.

 

Alors, certes, on peut dire que Jésus est allé se faire baptiser par Jean dans le Jourdain pour être solidaire de tous les hommes, pour parcourir son chemin d’homme comme tous les hommes, pour entraîner à sa suite la conversion de tous les hommes. Dans ce cas, on comprend bien la phrase de Jean. Mais celle de Dieu aurait plutôt sa place à l’adoration des bergers ou à la naissance de Jésus.

 

On est au bord du Jourdain. Les hommes entrent dans l’eau, se font baptiser par Jean, baptême de réconciliation et de conversion, se retournent et remontent sur la rive. Ils remontent sur la rive, sortant du Jourdain, ils remontent donc sur la rive de la terre promise. Les yeux et les oreilles ouverts par le baptême de Jean, ils remontent sur la terre que Dieu avait promise au peuple d’Israël. Ils foulent la promesse de Dieu réalisée. Les yeux et les oreilles ouverts par le baptême de Jean, ils peuvent voir et entendre Dieu. Ils entendent la voix de Dieu qui leur confirme que le Jésus qu’ils voient est bien son Fils. Lavés par le baptême de Jean, ils sont capables de voir et d’entendre l’épiphanie de Dieu, de contempler la promesse faite par Dieu et annoncée par les prophètes. Jésus, le Messie, est là parmi eux.

 

Evidemment me direz-vous, Jésus n’avait pas besoin, lui, de se faire baptiser. C’est vrai. Mais finalement si Jean nous fait cette annonce du baptême dans l’Esprit, n’est-ce pas aussi pour nous dire de regarder l’histoire dans sa globalité ? Et quelle est cette histoire ?


 

A- La naissance de Jésus : 1er avènement.

B- Le baptême de Jésus : préfiguration de sa Pâques

B’- La Pâques de Jésus.

A’- La résurrection de Jésus : 2nd avènement.


Dans ces formes concentriques, ce qui est le plus important est souvent ce qui est au milieu. Au milieu de ce schéma, il y a tout l’enseignement de Jésus. Dans cette épiphanie de Dieu qu’est le baptême de Jésus, je crois que l’on pointe pour nous du doigt ce que nous avons tendance à oublier, obnubilés que nous sommes par le commencement et le terme de l’histoire : l’enseignement de Jésus qui nous fait découvrir dans sa vie humaine le vrai visage de Dieu. Oui au baptême de Jésus, Dieu accomplit sa promesse, il se donne à voir dans son fils, mais son visage est à découvrir dans l’ensemble de l’enseignement de Jésus et non seulement dans ses manifestations glorieuses.

 

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 01:34

 

Au départ, il y a une performance d’acteur exceptionnelle, celle de Denis Podalydès. Il y a ce texte admirable aussi, drôle et tragique, cette écriture très contemporaine qui convoque l’esprit d’un Londres passé. Mais il y a surtout cette longue introduction qui nous prévient que nous ne sortirons pas indemne de ce spectacle. « Je m’adresse à toi en particulier, Utterson, mais à travers toi, c’est vous tous que je vise, afin que vous repartiez différents de quand vous êtes arrivés. Ce qui va se passer, ici, une petite agitation de vos molécules, un insensible chamboulement intérieur, dont vous saurez plus tard les effets. »

 

On n’y prête pas attention sur le coup. On regarde, on admire, on rit, on frémit. Intérieurement, on connaît l’histoire, on a donc rien à craindre. Et puis, lentement des phrases viennent se loger en nous, nous habiter et une autre voix se met lentement mais sûrement à semer le trouble dans notre compréhension de ce texte.

 

La question de ce petit jeu entre le docteur Jekyll et Mister Hyde, on croit l’avoir réglé, n’être là qu’en spectateur. Le bon docteur Jekyll, cet homme tellement humain, s’ennuie. Homme de science, il se lance dans une savante expérience sur lui-même afin d’isoler l’un des composant de sa dualité et crée le méchant Mister Hyde. Une petite lecture spirituelle plus tard, Mister Hyde est devenu le côté obscur qui sommeille en nous, une personnalisation de Satan qui petit à petit prend entièrement possession de ce pauvre petit Faust de Jekyll. Moralité : il ne faut pas jouer avec le diable.

 

Mais le docteur Jekyll nous a prévenu. Le docteur Jekyll et l’affreux Mister Hyde n’ont pas réellement d’importance. Le sujet c’est l’expérience. L’expérience scientifique. « Scalpel, et hop on coupe dans l’hétérogène jusqu’à isoler un composant entier, intègre, un composant pur, dénué d’altérité. » Séparer, c’est créer.  Dieu crée en séparant. Et ce qui est en jeu dans cette expérience, c’est la pureté de l’être, la pureté au sens de la simplicité. Il s’agit de créer un être simple, débarrassé de cette embarrassante dualité qui nous fait tant souffrir. Certes, Hyde est créé pour être la simplicité de nos petits désirs mais finalement si Jekyll avait isolé ce qui en nous recherche le meilleur, l’être créé n’aurait-il pas été tout aussi terrifiant et cannibale ? N’aurait-il pas été tout aussi violent ? Violent pour le bien mais néanmoins absolument violent, c’est-à-dire refusant le dialogue, refusant la part de vérité qui réside chez l’autre, violent au nom de l’absolu.

 

Cette expérience nous la faisons finalement à chaque fois que nous transformons nos bonnes résolutions en absolus dénoués de toutes contradictions possibles, de tous dialogues salvateurs. A chaque fois, en fait, qu’au nom d’un idéal nous nous prenons pour le Dieu créateur, ce Dieu qui crée en séparant et qui voit que cela est bon. A chaque fois que nos désirs nous poussent à des purismes, des intégrismes et même des ascétismes qui nous éloignent finalement de ce que nous sommes vraiment, des êtres complexes.

 

Et le final nous donne à voir un Mister Hyde, idéalement simple, au quatrième dessous, pitoyable dans son malheur, empreint de tendresse pour ce Jekyll qui n’a pas su trouver le juste équilibre avec lui-même. Il est très loin d’un Satan ce Mister Hyde là !  Il est plutôt terriblement humain, un être fragile affronté au drame de sa vie, au drame d’une simplicité rattrapée par le réel. Et en fin de compte, on se prend à penser : « il faut sauver le soldat Hyde » !

 

Jekyll.jpg

 

 

 

Le cas Jekyll, Théâtre national de Chaillot

jusq'au 23 janvier.

Texte de Christine Montalbetti (Ed. P.O.L)

 

photographie : Elisabeth Carecchio

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 10:45

J'avais été heureux d'accueillir un article de Desiderius Erasme sur mon blog.

Chaque jour, depuis quelque mois, Desiderius Erasme nous faisait bénéficier sur FaceBook d’une lectio divina. Ses commentaires sont maintenant accessibles en dehors du réseau social sur son blog Simplicité. Je vous invite chaleureusement à le consulter et à vous nourrir de cette méditation quotidienne. J’aime l’esprit qui préside à ses réflexions, un esprit empli d’amitié pour les hommes et de respect pour le monde. On y retrouve cette coloration toute à la fois douce et vraie qui caractérise les dialogues du Christ avec les hommes dans les Evangiles. La douceur de l’amitié, la vérité de la Parole qui sauve.

Bonne lecture.

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 00:10

 

Le caté ! Beaucoup d’entre nous y sont allés, le jeudi ou le mercredi. Ceux qui ont plus de cinquante ans ont récité des réponses à monsieur le Curé, les générations suivantes ont fait des dessins et des découpages avec une « dame caté ». La plupart conservent de bons souvenirs des « copains » et quasiment pas de souvenirs de ce qu’ils étaient supposés apprendre, qu’ils soient issus de l’une ou l’autre des pédagogies, « par cœur » ou « active ».

C’est sans doute parce que personne ne « savait plus rien » que le Catéchisme de l’Église catholique a paru en 1992. Cette opération a été un succès d’édition presque aussi grand qu’Harry Potter, même s’il est probable, sinon certain, qu’Harry Potter a été beaucoup plus lu que le Catéchisme !

Cela dit, me voilà bien mal inspiré de me moquer du Catéchisme, moi qui me pique, précisément au long de ces « mots », d’écrire, en définitive, quelque chose qui y ressemble. Oui, cette centaine de mots, programmée, est une sorte de catéchisme, libéré, autant qu’il est possible, de la gangue du savant sabir ecclésial et doctrinal, que le genre inflige ordinairement.

En ce sens, j’essaie d’être fidèle à l’étymologie du mot grec, katêchein, qui signifie faire entendre, faire résonner. Qu’y a-t-il donc à faire entendre ? C’est une chose inouïe, qui heurte le bon sens, mais qui lorsqu’elle nous atteint, nous transforme : Il y a un Dieu, il est parti-prenant de l’histoire humaine et fait promesse de bonheur à l’humanité. Et ce ne sont pas des mots en l’air, car pour tenir cette promesse, Dieu lui-même, en son fils, Jésus le Christ, s’engage « à corps perdu ».

Le Catéchisme de l’Église catholique, lui, expose la doctrine, le corpus doctrinal. J’avoue que j’ai quelques doutes sur l’utilité de la chose. Pas complètement inutile, mais tellement insuffisante !

Prenons une image. Pour conduire une automobile, il est recommandé de connaître le code de la route. Le Catéchisme pourrait s’y apparenter. Il faut aussi faire l’expérience de la conduite, et donc prendre des cours de conduite. C’est sans doute ce que la catéchèse des enfants s’est honnêtement efforcée de faire. Mais par-dessus tout, conduire une automobile sert à conduire, soi-même et les autres, quelque part. Sauf à désirer être exclusivement pilote de F1, et ne conduire que sur circuit (c’est peut-être l’ambition de quelques théologiens), le plus important dans la conduite, c’est le voyage et le but du voyage.

En bref, le code la route et les cours de conduite, c’est bien, mais c’est mieux de vouloir aller quelque part.

Où allons-nous ? Chez Dieu. Et de plus, nous y allons ensemble, non pas chacun pour soi mais en communion fraternelle les uns avec les autres.

Alors, je vous avoue qu’entre le corpus doctrinal et le Corps du Christ, que sont tous ceux et toutes celles qui dans le sillage de Jésus-Christ vont « chez Dieu », je n’hésite pas, je choisis le Corps du Christ.

 

Ce que dit le Magistère de l'Eglise catholique :

CEC-1- Très tôt on a appelé catéchèse l’ensemble des efforts entrepris dans l’Église pour faire des disciples, pour aider les hommes à croire que Jésus est le Fils de Dieu afin que, par la foi, ils aient la vie en son nom, pour les éduquer et les instruire dans cette vie et construire ainsi le Corps du Christ.

CEC-2- La session extraordinaire du Synode des évêques de 1985 demanda « que soit rédigé un catéchisme ou compendium de toute la doctrine catholique tant sur la foi que sur la morale. »

100 mots pour la foi

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 16:11

Les mages de Matthieu, attirés par l’étoile, signe de Dieu, appel de Dieu, viennent se prosterner aux pieds de Jésus. La longue méditation de l’Eglise sur ces trois mages a fini par en faire trois rois, c'est-à-dire trois incarnations des peuples, trois hommes de trois couleurs, c’est-à-dire une représentation de tous les peuples, trois hommes d’âges différents, c'est-à-dire toute l’humanité. Tous les hommes (et toutes les femmes bien évidemment) sont appelés à se mettre à la suite de ce signe donné par Dieu pour venir adorer l’enfant Jésus.

 

Une des plus belles représentations de l’Epiphanie, je crois que nous la devons à Léonard de Vinci. C’est un tableau inachevé conservé aux Offices à Florence. Le fait même qu’il soit inachevé, même si cela n’est sûrement pas volontaire, est pour moi une annonce que l’Epiphanie n’est pas un moment passé mais l’appel toujours ardent de Dieu à tous les hommes de se mettre à la suite des mages.


Epiphanie_LeonardVinci.JPG

 

Dans ce tableau, le premier plan est une composition étourdissante de vie et de mouvement. Les mages, des hommes, des femmes, des anges, des bergers, des chevaux se pressent autour de l’enfant porté par sa mère. Le second plan est divisé en deux. A gauche, une très belle architecture composée essentiellement de deux escaliers est parsemée de figures humaines, assises, debout, à cheval. C’est un modèle de perspective géométrique. A droite, dans la nature, deux cavaliers s’affrontent.

 

Pour Léonard, ce qui compte c’est le mouvement de la vie représenté ici au premier plan. Ce tourbillon de vie centré sur l’enfant Jésus présenté au monde. Les constructions idéologiques, incarnées en peinture par l’art de la perspective géométrique, ne l’intéressent pas. Il maîtrise à la perfection cet art mais celui-ci s’estompera petit à petit au cour de sa carrière pour laisser place à ce qu’il considère comme l’image de la vie : le mouvement.

 

J’aime ce tableau car il remet les choses à leur juste place : la vie centrée sur le Christ au premier plan, une vie pleine de mouvement et de désordre ; nos constructions idéologiques, nos désirs d’ordre et de pureté (l’architecture de gauche) et nos divisions (l’affrontement des cavaliers) au second plan. Souvent, et souvent avec le désir de bien faire, nous inversons ces deux plans. Nous nous préoccupons plus de vouloir construire un monde parfait, une Eglise parfaite, que de nous émerveiller en contemplant la vie qui loue Dieu dans des tressaillements, désordonnés peut-être, mais spontanés. Nous nous préoccupons plus de nos querelles de clochers que du Christ lui-même présent au milieu des hommes.

 

En cette fête de l’Epiphanie qui tombe au moment des vœux, je nous souhaite d’être des étoiles qui brillent pour attirer les hommes et les femmes de notre temps aux pieds du Christ, des étoiles aux yeux rivés sur la vie tourbillonnant autour du Christ, des étoiles qui se souviennent de cette parole du Christ (Jn 6, 44) : « Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire. »

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 21:04

 

Il y aurait tant de choses à souhaiter pour le monde, pour l’Eglise et pour chacun d’entre nous… Ce que je souhaite avant tout c’est que le monde, l’Eglise et chacun d’entre nous soient réconciliés.

 

Si 2010 pouvait être l’année où nous n’attendions pas des bénédictions personnelles mais celle où nous nous mettions à bénir Dieu et les hommes pour toute la beauté du monde ? Si 2010 pouvait être l’année où nous nous sentions acteurs de la grâce de Dieu, torrents de grâce inondant le monde et participant à sa glorification ?

 

Je vois comme chacun d’entre nous les malheurs et le péché mais je sais que le plus important pour l’homme Dieu nous l’a déjà donné : la promesse du bonheur et l’Esprit qui est à l’œuvre aujourd’hui pour qu’elle se réalise.

 

Oui, notre monde n’est pas parfait, mais c’est celui qui nous est donné. Oui, notre Eglise n’est pas toujours celle que nous rêverions mais c’est celle qui nous est donnée. Oui, notre vie n’est pas toujours glorieuse, mais elle est avant tout la vie, cette vie qui vient de Dieu.  

 

Pourquoi chercher des petits vœux mesquins pour 2010 ! Accueillons la grâce de Dieu, accueillons le monde que Dieu nous donne pour que nous l’aimions et qu’avec lui nous soyons sauvés, accueillons la vie de Dieu qui nous est offerte jusqu’à plus soif, sans compter.

 

Pour 2010, je souhaite que le monde se laisse inonder par la grâce, je souhaite que l’Eglise s’ouvre pleinement à ce monde auquel elle est naturellement liée, je souhaite que chacun d’entre nous soit un vecteur de la bénédiction de Dieu.

 

Et je sais que ces vœux ne sont pas utopiques car je crois que là où le péché abonde, la grâce surabonde.

 

A chacun d’entre vous je souhaite une année 2010 irriguée par la grâce de Dieu.

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 14:58

Soixante-deux verrières et six occulis éclairent l’intérieur de la basilique Notre-Dame d’Espérance de Mézières, mille mètres carrés de vitraux réalisés par l’artiste René Dürrbach et le maître verrier André Seurre entre 1954 et 1979. Un ensemble de cette qualité est certainement unique en Europe et mérite un détour par Charleville-Mézières. René Dürrbach, qui travailla avec Pablo Picasso et fréquenta Fernand Léger, a créé pour cette basilique une unité de lumière dans laquelle se répondent, comme dans le chant d’un psaume, la froideur de la Vierge noire de Mézières et la chaleur de Notre-Dame d’Espérance.


Durrbach.jpg

 

Dans un parcours iconographique allant du « Paradis terrestre » à la « Jérusalem céleste », il nous propose dans le registre bas des représentations abstraites des grands thèmes du cycles de la Vierge et de son Fils, tandis que le registre haut illustre, dans la nef, les principaux noms donnés à la Vierge dans la tradition chrétienne et, dans le chœur, son couronnement.

 

Si l’utilisation de larges filets noirs pour souligner les formes rappelle les vitraux du XIIIe  siècle, l’abstraction des formes nous éloigne de la simple notion de bible des pauvres tant défendue pour expliquer l’omniprésence de l’image dans les églises catholiques. Et pourtant c’est bien vers une lecture des Ecritures que nous conduisent ces œuvres. Les Ecritures non comme paroles figées de Dieu ou suite de péricopes porteuses de morales ou de règles mais bien comme un dialogue entre Dieu et les hommes, un dialogue toujours vivant auquel nous sommes tous invités à participer parce qu’il conduit à notre propre liberté.

 

Il nous est impossible de comprendre ces œuvres abstraites si nous ne rentrons pas dedans, si nous ne les investissons pas de notre regard, de notre culture, de notre vie sensible et intellectuelle. Il nous est impossible de rencontrer le Christ dans les Ecritures si nous n’y plongeons pas tout entier pour que tout en nous s’éclaire du dialogue qu’il nous propose, du chemin de conversion qu’il nous invite à suivre en sa compagnie. Comme les disciples et les apôtres, acceptons de ne pas comprendre du premier coup ! N’y cherchons pas des réponses toutes faites, des recettes à suivre, mais un dialogue qui reste ouvert jusqu’au jour où nous rencontrerons celui qui nous y invite, face à face, dans sa gloire.

 

Le maître de René Dürrbach, Albert Gleizes, grand théoricien du cubisme, disait "Pas d'œuvre d'art vraie qui ne trouve sa justification et son sens dans les besoins physiques et métaphysiques de l'homme" et c’est bien à nos besoins physiques et métaphysiques que la parole de Dieu s’adresse pour nous permettre de devenir pleinement libres et pleinement humains, à l’image de Jésus-Christ.

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