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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 18:10

Dans ma réponse à Laurent Villemin, je m’interrogeais sur la pertinence du nom de Conférence des baptisés de France. J’étais sensible à ses arguments sur l’opposition induite avec la Conférence des Evêques de France et sur le fait qu’il s’agirait de fait du regroupement de toutes les sensibilités donc de l’Eglise de France.

 

Oui, mais… Lisant ici et là les différents commentaires qui ont pu être écrits à ce sujet, notamment sur Internet, j’en viens à me dire que finalement c’est une bonne chose pour plusieurs raisons :

1/C’est une initiative et comme toute initiative, elle ne peut que mettre en mouvement (peut-être avec quelques heurts et un peu de fracas) le peuple de Dieu qui est en France. Le mouvement c’est la vie et en cette période de dépression latente que vit l’Eglise, un peu d’action ne fera pas de mal.

2/Dans ces dernières années, on a eu l’impression (je crois malheureusement juste) que dans l’Eglise ce sont souvent ceux qui crient le plus fort (avec la voix, les pressions diverses et notamment celle de l’argent) qui obtiennent gain de cause même s’ils ne représentent qu’une minorité de catholiques.

3/Et pour continuer sur ce point, il serait peut-être temps de vraiment connaître l’avis de ceux qui font tourner l’Eglise. Les cris des uns, les sondages peu crédibles, les discours lénifiants qui visent à couvrir la crise, masquent la réalité et ce que souhaitent vraiment les chrétiens, les chrétiens qui sont engagés dans les paroisses, dans les mouvements, dans les hôpitaux, dans les prisons, dans la lutte contre l’exclusion, les chrétiens qui vivent l’Evangile et qui vivent de l’Evangile. Ces chrétiens ne sont ni des progressistes acharnés, ni des traditionalistes sûrs de leur bon droit. Ces chrétiens, ils sont du « centre » si vous me permettez cette analogie avec la vie politique. Ils ne se sentent pas concernés par les débats idéologiques mais ils souhaitent pouvoir vivre leur foi dans un monde qu’il considère avec justesse et amour.

 

Alors on me rétorquera que :

1/Depuis Vatican II, la place des laïcs est bien définie et il n’y a qu’à vivre ce que Vatican II propose. Certes, mais l’Eglise est constituée d’hommes et pour les hommes l’incarnation des idées passe par des structures. En France, il n’y en a pas…

2/Si ! Les synodes, les marches de l’Evangile et autres assemblées du même type. Oui, mais elles sont verrouillées, les schémas sont proposés à l’avance, les questions dites délicates (généralement ce sont souvent les bonnes questions) habilement écartées pour tels ou tels motifs. Et les laïcs conviés n’ont pas la volonté, la force, la détermination des pères conciliaires qui eux ont envoyé valser les schémas qui leur étaient imposés et ont tout remis à plat pour se poser les vraies questions qu’ils rencontraient au jour le jour dans leur engagement ecclésial.

3/Les évêques et les prêtres savent ce dont ont besoin les laïcs et l’Eglise. Ils les rencontrent, les confessent, les nourrissent… pas besoin de surajouter des structures à la Conférence des Evêques de France, à ses secrétariats, aux conseils diocésains et paroissiaux où — si on vous l’assure — il y a des laïcs dont la voix est entendue (non ils ne sont pas cooptés, non le fait qu’ils soient souvent salariés ne les empêche pas de parler…). Soyons sérieux, le clergé (et quand on interroge les prêtres on se rend compte qu’ils en soufrent) administre et prêche. Il n’a plus le temps d’écouter. Il s’éreinte à faire vivre la structure et a de moins en moins le temps de sortir du périmètre qu’il gouverne. Ses propos sur le monde, sa manière de les énoncer, montre qu’il n’entend ni les besoins réels, ni les problèmes qui aujourd’hui freinent la propagation de l’Evangile. Ils n’ont pas le temps d’écouter (d’écouter vraiment) les fidèles, comment auraient-ils, en plus, le temps d’écouter le monde ?

Evidemment, je grossis le trait et je généralise mais suis-je si loin de la vérité ?

 

En conclusion,

Oui, je reste toujours dubitatif sur la manière dont cette entreprise peut prendre forme.

Oui, je pense que le Comité de la jupe doit être un moteur mais doit être rejoint par d’autres mouvements d’Eglise et les évêques eux-mêmes pour que cela porte des fruits.

Mais oui, je crois que c’est une idée qui peut faire bouger les choses et laisser un peu de place à l’Esprit-Saint pour qu’il souffle en France.

Mais oui, je crois que l’Eglise en a plus que jamais besoin et que si personne ne force le destin aujourd’hui, demain il sera trop tard.

Et finalement, oui, il s’agit bien de l’Eglise qui est en France ! Alors pourquoi ne pas l’appeler Conférence des Baptisés de France ?

 

Je connais un certain nombre de personnes qui s’engagent aujourd’hui dans cette aventure, laïcs et ministres ordonnés, hommes et femmes. Ils connaissent l’Eglise, ils sont formés, ils sont engagés depuis de nombreuses années, mais surtout ils y sont attachés et n’ont d’yeux que pour le Christ.

Ils sont vieux (has been) me dit-on et alors ? Qui fait tourner la boutique aujourd’hui ? Je ne parle pas des quelques paroisses de centre-ville qui concentrent 80 % des jeunes chrétiens pratiquants, je parle de l’Eglise qui est en France, toute l’Eglise qui est en France.

Ne nous laissons pas intoxiquer par quelques voix, l’Eglise n’est réellement pas au mieux de sa forme et cette initiative ne peut que lui redonner du souffle, le souffle de l’Esprit.

 

A ceux qui sont sceptiques je leur propose de rester dans la sage posture de Gamaliel, « docteur de la loi, estimé de tout le peuple » : « Et maintenant, je vous le dis ne vous occupez plus de ces hommes, et laissez-les aller. Si cette entreprise ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira ; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d’avoir combattu contre Dieu. » (Ac 5, 38-39).

 

 

Lettre ouverte à Christine Pedotti, Anne Soupa et à toutes celles et à tous ceux qui avec elles promeuvent la Conférence des baptisés de France.

 

 

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 07:58

 

Il est peu de mots dont le sens se soit ainsi dissous. Il y a cinquante ans, tout le monde ou presque savait qu’il avait une âme, qu’il pouvait la perdre et surtout, qu’il fallait la sauver.

Antienne connue d’un admirable égoïsme ; « Je n’ai qu’une âme qu’il faut sauver ».

Et voilà qu’en quelques années, l’âme s’est évanouie. Le sens du mot s’est si bien estompé qu’il est bien difficile aujourd’hui de retrouver un point d’appui, un point d’où repartir.

Il faut dire qu’on a beaucoup disserté sur le corps et l’âme, on n’a cessé de les séparer pour mieux prétendre qu’ils étaient unis, on a voulu savoir si l’esprit était l’âme, ou si l’âme était plus que l’esprit. On a tenté d’étranges dissections, découpé l’être humain en morceau et les cheveux en quatre. À cela, la psychanalyse a ajouté qu’en plus d’une conscience, nous avions un inconscient, et aussi un « moi », un « surmoi » et un « ça ». Pour finir, les neurosciences ont expliqué que tout n’était question que d’hormones et d’impulsion électriques.

Il n’est pas surprenant que dans un tel chantier, nous ayons perdu notre âme ! Peut-on la retrouver ? La question mérite enquête.

Comme je suis fermement décidé à n’accabler personne, ni moi, ni mes lecteurs, de fastidieuses recherches spéléologiques dans les strates successives de la philosophie, de la théologie, de la spiritualité ou de la psychologie, je saisis une image merveilleusement concrète ; l’âme du violon. C’est une pièce de bois qui est introduite à l’intérieur du violon, qui ne tient que par la pression et l’ajustement précis. C’est elle qui fait résonner le violon et qui en assure la stabilité. Pièce maîtresse et invisible, elle fait chanter l’instrument. De même, mon âme me permet de faire résonner en moi et autour de moi le son de Dieu. J’aime bien cette métaphore, j’aime cette image de Dieu en luthier dont je serais l’instrument.

Je crois que mon âme est ce qui en moi vibre au souffle de Dieu, ce qui s’accorde à lui.

Dans l’instrument, l’âme sans le violon n’est qu’un bout de bois, le violon sans son âme n’est qu’une caisse muette. Mais par-dessus tout, il y a la musique. C’est la musique qui est importante. C’est ce son unique que chacun de nous est invité à faire résonner dans le grand orchestre de Dieu. C’est cette musique, le chant de notre vie qui sera sauvé et qui ne cessera de résonner pour l’éternité.

 

En résumé, j’ai une âme qui est comme la marque de Dieu sur moi, son sceau. Mon âme me rend capable de Dieu, de l’espérer, de le désirer. Je peux négliger le désir de mon âme, la priver de lien avec Dieu. Il est probable qu’alors, elle dépérit. Au point d’en mourir ? Peut-être.


 

Ce que dit le Magistère catholique :

Catéchisme de l’Église Catholique, en bref-382 : L’homme est " un de corps et d’âme " (GS 14, § 1). La doctrine de la foi affirme que l’âme spirituelle et immortelle est créée immédiatement par Dieu.

 

 

100 mots pour la foi 

 

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 20:30


Chaque lundi, Pietro de Paoli participera à la vie du blog en publiant un article sur un mot important du catholicisme. En 100 mots, de "âme" à "vie", il apportera ainsi sa vision de notre foi. A travers ces billets, il souhaite nous communiquer l'essentiel de l'espérance chrétienne... loin des traités rébarbatifs.

100 petits mots pour dire Dieu et l'Eglise, 100 petits mots pour nous rappeler ce à quoi nous croyons et nous faire réfléchir sur le sens de notre foi, 100 petits mots à méditer, prier, et faire résonner dans notre vie.

Je remercie cet auteur à succès qui a su faire vivre les questions qui animent l'Eglise de notre temps à travers un roman (Vatican 2035) et trois récits (38 ans, célibataire et curé de campagne, La confession de CastelgondolfoDans la peau d'un évêque, Lettres à un jeune prêtre) d'accorder à ce blog la primeur de ce qui pourrait devenir un petit catéchisme en 100 mots.

De "âme" à "vie", ces mots sont ceux auxquels nous croyons ou qui nous posent question, ceux qui nous viennent immédiatement à l'esprit quand nous nous disons catholiques ou ceux que nous oublions, ceux avec lesquels l'Eglise nous invite à découvrir Dieu et ceux avec lesquels nous témoignons de notre foi.

Chaque lundi, un mot nous invitera à nous questionner sur notre foi. Chaque lundi, Pietro de Paoli nous invitera à travers ce mot à découvrir toujours plus le mystère de Dieu. Une manière de débuter la semaine civile sous le signe de Dieu, de prolonger le jour du Seigneur !

 

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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 00:33

Je suis heureux de mettre un lien vers le site du Comité de la jupe où le père Laurent Villemin répond aux questions de Christine Pedotti, co-fondatrice de ce comité. Il y explique ses propos publiés dans La Croix, propos qui n'ont pas été ennoncés en lien avec le Comité de la jupe et la Conférence des baptisés de France mais en réponse à la question générale du journaliste : « Quelle place peuvent « revendiquer » les laïcs dans l’Eglise ? »



" Les termes de la question ne viennent pas de moi. Résultat : quand je commence l’article en disant que « cela me gêne que la question soit posée en termes de revendication », je n’ai pas en tête les textes du Comité de la jupe ou son action mais la formulation de la question du journaliste. Il en va de même lorsque j’affirme que « Cette formulation induit immédiatement une problématique de droits et de pouvoirs à réclamer ». Cependant le journal a introduit entre la question posée et ma réponse un paragraphe relatant la marche du Comité de la Jupe. Du coup mes propos ont été lus immédiatement en rapport avec celle-ci et non en rapport avec la question qui était beaucoup plus vaste. D’ailleurs à plusieurs reprises dans l’article je souligne l’intérêt de la démarche du Comité de la Jupe.

Quand je dis : « De même, la participation des baptisés dans l’Église suppose une formation théologique, une pratique habituelle des sacrements et de la Parole de Dieu, ainsi qu’un engagement ecclésial », ce que je veux dire, c’est que ce sont les fondamentaux de la vie de tout baptisé, trois bonnes façons de participer à la vie de l’Église, et de vivre pleinement sa vocation de baptisé.

Bien sûr, je n’accusais pas les membres du Comité de la Jupe et ceux qui ont participé à la marche de manquer de formation ou d’engagement dans la vie de l’Église. J’en connais suffisamment pour savoir que ce n’est pas la réalité. Et bien sûr, je ne voulais pas dire non plus que les baptisés doivent être des experts et des théologiens pour que leur parole soit légitime. Si ces paroles ont pu blesser certains, je les prie de m’en excuser. D’ailleurs, je ne comprends pas mon rôle de théologien comme celui d’un censeur. "

 

L'ensemble de l'interview à lire sur comitedelajupe.fr


Réponse aux propos de Laurent Villemin sur la création de la Conférence des baptisés de France dans le La Croix du 13 octobre.
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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 20:38

Cher Père, Cher Frère, Cher Laurent,


Permets-moi de m'étonner en lisant tes propos dans le La Croix du 13/10/2009. Comme toi et pour les mêmes raisons, je me pose des questions sur la pertinence du nom de "Conférences des baptisés de France". J'ai peur qu'il ne soit perçu comme une attaque de la Conférence des Evêques de France et comme une volonté de rassembler "fictivement" toutes les tendances du catholicisme contemporain.


Comme toi, et peut-être pour la simple raison que nous sommes des hommes et j'ose le croire peu "machos", je ne suis pas passionné par le débat sur la stricte parité. Je crois à l'égalité et la stricte parité n'aurait pas de sens si chacun était convaincu que tous les baptisés et toutes les baptisées sont égaux dans l'Eglise. Malheureusement, tu seras d'accord avec moi pour constater que le fait même que le ministère ordonné presbytéral (et épiscopal) soit réservé à un seul des deux sexes semble impliquer pour certains et pour certaines (aux deux opposés) qu'il y aurait un sexe investi de l'autorité  - le sexe fort, celui du Christ - et un sexe destiné à l'obéissance, à la maternité et au service - le sexe faible, celui de Marie, paradigme chrétien, que les mouvements conservateurs agitent comme un étendard immaculé non en signe de trêve mais de restauration, Marie modèle de la femme, que les Evangiles et les Actes des apôtres ne présentent pas vraiment comme l'image de la femme au foyer (peut-être Jésus l'eut-il préféré dans certaines péricopes ?). Aussi me paraît-il normal que dans l'Eglise, comme dans la société, le combat des femmes pour la reconnaissance de leur stricte égalité avec les hommes passe malheureusement (et on peut leur faire crédit qu'elles sont dans ce combat les plus malheureuses) par la revendication de la stricte parité.


Mais ce n'est pas cela qui me choque. C’est ta phrase « De même, la participation des baptisés dans l’Église suppose une formation théologique, une pratique habituelle des sacrements et de la Parole de Dieu, ainsi qu’un engagement ecclésial. » Le fait qu’elle soit structurellement incompréhensible (la participation des baptisés dans l’Eglise suppose un engagement ecclésial ?!) me laisse espérer que tu n’as pas relu des propos qui ne reflètent ni la rigueur habituelle de ton écriture, ni je crois le fond de ta pensée. Quel degré ou grade de formation théologique est-il nécessaire d’avoir pour pouvoir s’engager dans l’Eglise ? Pour ma part je croyais que c’était le baptême et la confirmation qui nous obligeaient à nous engager dans une vie ecclésiale nourrie par « la pratique habituelle des sacrements et de la Parole de Dieu » et non des études de théologie qui nous le permettaient.


Laurent, j'ai participé à la marche qui, dimanche dernier, à l'initiative du Comité de la Jupe, a rassemblé quatre cents catholiques pour un temps de partage. Parmi eux, tous étaient engagés dans l’Eglise, tous se nourrissaient des sacrements et de la Parole de Dieu, beaucoup étaient formés aussi bien que la majorité des prêtres. Je n'y étais pas en tant que militant mais en tant qu'ami. Et ce que j'y ai vu et entendu n'a rien à voir avec les craintes que tu as. Je n'ai pas entendu que ces chrétiens (hommes et femmes) revendiquaient le pouvoir, j'ai entendu qu'ils et elles souhaitaient prendre leur responsabilités. Je n'ai pas entendu qu'ils fustigeaient les évêques, j'ai entendu qu'ils souhaitaient participer au nom de leur baptême à la vie de l'Eglise avec eux et dans la communion. Je n'ai surtout pas entendu un petit groupe d'agitateurs mais un groupe épris de compassion pour ceux et celles qui ont quitté l'Eglise parce qu'ils ne s'y retrouvent plus.


Tu sais comme moi que seules des tendances aveugles, qui revendiquent un pouvoir dans (ou plutôt sur) l'Eglise qu'elles ont vécu comme confisqué depuis Vatican II, qui souhaitent non la grandeur de l'Eglise mais la restauration d'une société archaïque, peuvent prétendre que la génération montante remplit les Eglises et célébrer les fruits d'une nouvelle "civilisation de l'amour" fondée sur des principes moraux inappliqués par eux-mêmes et des crispations théologiques et liturgiques qui ne sont que les images (les idoles) d'un modèle de société patriarcal et monarchique rêvé.


Je suis d'accord avec toi : dans l'Eglise tout repose sur l'Esprit Saint et il n'est pas question de rêver une église catholique fondée sur les principes démocratiques strictes de ce Monde. Mais je refuse de croire pour autant que le dialogue et une certaine démocratisation de nos institutions ecclésiales ne sont pas oeuvres de l'Esprit. Il y a une différence entre avoir des comportements démocratiques et être une démocratie. Il est quand même réel que l'Eglise primitive était sur plusieurs points plus démocratique dans ses choix que l'Eglise contemporaine. Etre démocratique pour l'Eglise c'est se rappeler que l'Esprit Saint n'est pas qu'un concept trinitaire. L'Esprit saint est envoyé à tous le baptisés. Nous le célébrons et le proclamons... peut-être faudrait-il le vivre. Comme toi je suis tenté souvent de penser que sans formation, il est difficile de pouvoir faire des choix justes. Mais je me force à croire toujours que Dieu a choisi l'Incarnation et l'envoi de l'Esprit Saint à tous les baptisés pour qu'ils s'engagent à faire vivre l'Eglise. On peut choisir de préférer laisser Dieu parler par les jeux de hasard mais si on choisit de le laisser s'exprimer par les hommes et les femmes qui ont reçu l'Esprit Saint, il n'y a aucune raison que seule une petite partie des catholiques puisse parler au nom de tous. On peut avoir peur, être frileux (c'est sûrement mon cas), mais si on croit que Dieu aime et anime son Eglise, il faut avoir l'audace de l'écouter quelles que soient les voix qui nous interpellent, fussent-elles féminines !


Je ne sais pas si "Conférence des baptisés de France" est le nom le plus approprié, discutes-en avec elles et eux, mais je crois que les intentions qui les animent sont celles qui devraient animer toute l'Eglise : le souci que tous puissent rencontrer Dieu, se sentir chez soi dans l'Eglise, et accueillir le Salut. Ce n'est pas par souci de pouvoir qu'ils restent dans l'Eglise quand des âmes bien pensantes les invitent à la quitter si Elle ne leur plait pas, c'est parce que, fidèles à leur baptême, ils savent qu’en démissionnant ils contribueront, malgré eux, à abandonner des frères et des sœurs.

Amitiés,



"interview" de Laurent Villemin dans La Croix
Pourquoi je crois que la Conférence des Baptisés de France est une bonne idée ?
Lettre ouverte à Christine Pedotti, Anne Soupa et à toutes celles et à tous ceux qui avec elles promeuvent la Conférence des baptisés de France.
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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 18:17


Le mercredi 14 octobre, sous la coupole de l'Institut de France, le graveur Erik Desmazières, élu dans la section de gravure le 9 avril 2008 au fauteuil précédemment occupé par Jean-Marie Granier, a été reçu par son confrère Hugues R. GALL a l'Académie des Beaux-Arts.



Dans le discours qu'il a prononcé pour la réception du nouvel académicien, l'ancien directeur de l'Opéra de Paris a salué tant la qualité technique d'exécution du graveur que sa créativité et son imaginaire, après avoir retracé l'importance de la gravure dans l'histoire des arts et avoir montré comment plusieurs grands artistes avaient réussis à faire d'une technique un véritable art créatif.

 "Vous êtes une quintessence, hélas bien rare aujourd'hui, de ce que devraient être les héros de notre temps. Maîtrisant à la perfection les techniques anciennes, ils nous feraient aimer ce que la modernité nous offre. Nous avons déjà plus de deux cents gravures de vous, mais ce n'est pas assez. Notre monde a besoin de votre regard et de votre main. Restez, je vous en prie, très longtemps parmi nous."



A son tour, Erik Desmazières a pris la parole pour faire l'éloge de son prédecesseur, Jean-Marie Granier, souhaitant que cet artiste reconnu par ses pairs, puisse être découvert par le grand public grâce à une exposition dans une institution importante.

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 16:34
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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 15:50


Trois cents personnes, hommes et femmes, ont répondus présents pour cette marche des cathos citoyens. Parisiens et provinciaux y réfléchissent en marchant avant de rallier Saint-Sulpice pour une déclaration que je vous livrerai dans un prochain flash!
Comité de la jupe : marche citoyenne !
« Je marche donc je suis ». La marche du Comité de la jupe – dimanche 11 octobre 2009.
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Published by berulle - dans Religion
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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 19:09

Petit retour sur la Marche organisée par le Comité de la jupe et qui partira demain (dimanche 11 octobre) des Arènes de Lutèce après un pique-nique à 12h30 pour aller jusqu'à Saint-Sulpice (16h30).

Dans son numéro daté du 11/12 octobre, le journal Le Monde accorde un petit bout de une et les deux tiers d'une page à cette manifestation. Tous les signes d'une opinion publique sont donc bien réunis (prise de conscience et de parole assumées, relais médiatiques, actions repérables...) et le pari des fondatrices semble sur ce point au moins gagné.

Sous le couvert de l'anonymat, un évêque français leur donne presque raison et un passage du livre de Mgr Albert Rouet est cité pour illustrer la justesse de leur combat ... ils risquent un petit billet doux d'un sous chef de bureau du Vatican (monseigneur ou même évêque) qui leur demandera des explications sur ces prises de position inopportunes et quelques lettres nauséabondes de fidèles catholiques sûrs de leurs droits.

Je n'avais pas relevé qu'il s'agissait d'une "marche citoyenne". J'en suis très heureux. Cela prouve que ce comité s'adapte à l'ecclésiologie dominante que j'exprimais dans mon dernier article : l'Eglise société parfaite. Un concept créé pour permettre de dire que l'Eglise était une société aussi parfaite que les Etats et qu'elle avait les mêmes compétences, notamment juridique.

Au XXIe siècle, les Etats sont soumis à une forte pression : celle de devenir toujours plus démocratiques. Il serait tant que sur ce registre là également l'Eglise souhaite être un Etat parfait à part entière... mais je crains que cette pression contemporaine soit considérée là encore par nos hiérarques comme une manifestation de la déviance du monde occidental enfermé dans "le matérialisme combiné avec un courant de pensée relativiste et nihiliste".


l'article du monde
« Je marche donc je suis ». La marche du Comité de la jupe – dimanche 11 octobre 2009.
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Published by berulle - dans Religion
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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 18:37

Dans la quête effrénée de nouveaux publics, l’événement a été utilisé par tous les lieux culturels. Les expositions temporaires dans un premier temps, puis très vite, le spectacle vivant sont ainsi venus au secours des musées et des sites patrimoniaux souhaitant accroître leur public et même des villes espérant développer leur tourisme. On ne compte plus les festivals estivaux, les concerts, soirées, ou autres manifestations. Que l’on soit à Paris ou en province, l’événementiel est devenu le lieu commun qui redessine l’offre culturelle. Même le marché de l’art ancien et contemporain connaît l’excroissance des salons et manifestations qui provoquent une guerre juridique nouvelle en concurrence déloyale comme en témoigne l’acharnement de certains syndicats à réguler les vides greniers ou la plainte l’an passé d’Art Paris devant l’installation aux portes du Grand Palais d’un autre salon d’art contemporain. Après les off des festivals, on assiste à un emballement des off des grandes foires d'art contemporain.

A Paris, la nouvelle politique culturelle est entièrement centrée sur l’événementiel, au grand désespoir des conservateurs des musées municipaux, contraints de restreindre le nombre des expositions temporaires dont la rentabilité est jugée trop incertaine. Il ne s’agit plus de créer des événements, comme la Nuit Blanche ou Paris Plage, mais de créer des lieux culturels dont la vocation et le fonctionnement sont l’événement et l’imprévu. Le 104, poumon du nouveau Paris culturel, en est (ou devrait en être) le paradigme.

On peut alors se demander si, plus que la forme événementielle, ce n’est pas la forme télévisuelle qui est en train de gagner l’ensemble de la culture. Une multiplicité de programmes différents chaque jour, dans lesquels on peut « piocher » en fonction de son emploi du temps et de ses goûts ; ce qui ne manque pas de saveur, quand on entend les critiques de certains milieux culturels sur la télévision. On remarquera d’ailleurs avec intérêt que les archives numériques, radio et télévision, disponibles sur internet et le podcasting replacent chaque élément dans une collection permanente et tendent à transformer un média au contenu éphémère en une bibliothèque au contenu permanent.

Mais ce qui est particulièrement intéressant aujourd’hui, c’est que le spectacle vivant, par essence éphémère et événementiel, est largement touché par cette fuite en avant du « one shot », de l’unique. Les grandes institutions de la danse, de la musique ou du théâtre, imaginent de créer à l’intérieur de leurs programmations, des manifestations d’un soir ou d’un jour qui viendraient apporter un souffle nouveau. Pour combler ce « défaut d’événementialité », et de la même façon que le spectacle vivant a investi des musées ou des collections privées, on commence à voir des interventions d’artistes visuels dans les spectacles vivant. Évidemment, le spectacle vivant, notamment la danse, a intégré depuis longtemps le dialogue avec les arts plastiques, dans sa scénographie et dans ses références esthétiques. Mais là, il s’agit d’autre chose ; l’imprévu doit être au rendez-vous pour déplacer le petit reste du public culturel et essayer de faire venir ces fameux et si convoités « nouveaux publics ».

Ce n’est plus seulement la notion d’événement comme temporalité éphémère qui est en jeu mais la notion d’événement comme imprévu qui est recherché. A défaut de créer une émotion, on cherche à créer de la surprise, à susciter de l’inédit, de l’imprévu.

Cette évolution culturelle, qui prétend être en adéquation avec l’attente des publics contemporains, cherche à créer artificiellement, par le moyen de l’événement et de l’imprévu, le choc artistique qui de tout temps a permis à la création et au public de se rejoindre.

Mais on ne peut s’empêcher de penser que ce choc artistique ainsi que ces nouveaux publics seront toujours, à l’image de cette culture de l’imprévu, éphémères !

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Published by berulle - dans Culture
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L'auteur de Vatican 2035 et de Dans la peau d'un évêque participe au blog en livrant chaque lundi un de ses "100 mots pour la foi".

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