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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 14:18
Devant la « crise de la culture » en France, il est de bon ton de désigner un coupable : l’Etat et le Ministère de la Culture. Est-ce si juste ?
Tout d’abord de quelle crise parle-t-on ? L’échec de la politique de démocratisation de la culture ? Le nombre d’artistes, de groupes, de compagnies, le nombre de livres publiés et ceux en recherche d’éditeurs, de spectacles produits ou qui cherchent désespérément à l’être, le nombre de structures culturelles qui se créent chaque année ainsi que la résurgence des maisons socioculturelles, enfin le nombre d’étudiants entrant dans des filières culturelles et d’adultes souhaitant se reconvertir dans ces milieux ne permettent pas de penser que la politique de démocratisation ait totalement échoué. Souvent qualifiées de populistes, les années Lang ont réellement permis à toutes les cultures d’être représentées dans l’offre publique et privée et à des jeunes artistes de tous les milieux et de toutes les sensibilités de pouvoir essayer de vivre de leur art.
Face à cette abondance de l’offre, c’est la pratique culturelle des Français qui est en cause. Même si certaines expositions temporaires ou concerts drainent un large public et offrent des files d’attente immenses propre à réjouir les professionnels désespérés, la fréquentation des théâtres ne s’accroît pas, ni celle générale des musées malgré les bons chiffres d’établissements prestigieux comme le Louvre ou Orsay.
A qui la faute ? Changement de ministère et haro sur celui de l’Education nationale. On n’enseigne pas l’histoire de l’art, de la musique, du théâtre, du cirque et des arts de la rue à l’école. Il est donc normal que les nouvelles générations ne fréquentent plus les lieux culturels. Il sera intéressant d’analyser les effets de la réforme engagée, mais quand on regarde le niveau général des étudiants sortant du baccalauréat en littérature et en histoire (deux matières enseignées) on peut se poser des questions sur la réussite d’une telle réforme. Elle améliorera peut-être la culture générale des jeunes mais pas forcément leur pratique culturelle. L’enseignement du français, de la littérature ou de la philosophie ne semble pas impliquer un fort taux de lecture de romans ou d’essais classiques ou contemporains.
Devant ce déficit de la pratique culturelle, ce sont finalement les établissements culturels qui ont réagi et ont imaginé et mis en œuvre des initiations à la pratique culturelle afin de fidéliser et d’accroître leurs publics. On a vu ainsi fleurir des « écoles des spectateurs ». Le Théâtre national de Chaillot, par exemple, a entrepris depuis six ans un travail pédagogique remarquable. Il offre aux spectateurs, non seulement une initiation concernant le théâtre et la danse, mais également les autres formes de créations artistiques, à travers ses partenariats avec des musées. Le même Théâtre de Chaillot a aussi engagé un partenariat avec le Rectorat de Paris pour « faire » de l’éducation artistique au sein des établissements scolaires. Les exemples sont nombreux et montrent au quotidien qu’il y a des solutions possibles.
Mais au risque de passer pour réactionnaire, force est de constater que le lieu essentiel de la transmission de la pratique culturelle a toujours été la famille. Ce sont les parents qui choisissent d’inscrire les enfants dans les conservatoires pour étudier et pratiquer la musique, la danse ou le théâtre. Ce sont les parents qui accompagnent leurs enfants dans l’apprentissage de la lecture et les poussent à lire leurs premiers romans. Ce sont les parents qui emmènent leurs enfants à leurs premiers concerts et spectacles, du cirque à l’opéra, et les accompagnent des pièces pour enfant aux classiques de Molière, Corneille ou Racine.
Et malheureusement, même dans des familles où les parents ont un haut niveau de pratique culturelle, la transmission n’est pas toujours assumée. Alors bien évidemment, l’Etat qui veille à l’égalité des chances, doit s’assurer que tous les jeunes soient initiés aux pratiques culturelles, mais il ne peut pas se substituer entièrement au rôle d’éducation et de transmission de la famille, il n’en a ni la mission ni les moyens.
Pour les jeunes moins favorisés, les collectivités territoriales, à travers la création de centres socioculturels et par le biais des associations, font par ailleurs un énorme travail de proposition culturelle dans un esprit de proximité et d’adaptation qui les rendent plus efficaces qu’une réforme nationale pleine de bonnes intentions mais sans véritables moyens.
On ne souligne d’ailleurs pas assez le travail remarquable qu’effectuent au quotidien les associations d’éducation populaire pour les arts et la culture. Le maillage associatif est un levier qui devrait être totalement intégré aux réflexions sur la politique culturelle et aux actions à mener. Plus que l’école, le collège ou le lycée, ce sont en effet des lieux efficaces de transmission des pratiques culturelles.
Quant au Ministère de la Culture, si l’on peut regretter qu’il ne prenne pas assez en compte l’ensemble de ces initiatives, on peut néanmoins se réjouir qu’il traite enfin le véritable problème de la crise des publics et des prescripteurs, en faisant fi de la trop vieille rivalité entre public et privé. En signant des conventions avec les principales fédérations et associations d’éducation populaire, l’Etat joue là, pleinement, son rôle d’acteur et de partenaire économique au service, non plus seulement de l’action artistique, mais de sa diffusion et de sa réception. Notamment en préparation de l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale (2010).
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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 12:23

Dans le cadre du Salon du Patrimoine 2009 dont le thème est "Le patrimoine des religions", l’Institut d’Etudes Supérieures des Arts propose une  table-ronde  intitulée « L’architecture religieuse : spiritualité et accueil des publics. Les églises d’aujourd’hui : entre visites et célébrations sacrées ». Il s'agira d'une réflexion  sur l’évolution de l’architecture religieuse et sur la place des fidèles et des touristes aujourd’hui.

Le vendredi 6 novembre 2009 de 14h à 15h à la Salle Delorme – Carrousel du Louvre

 

Texte de présentation :

Aujourd’hui les églises de France attirent toujours les fidèles mais elles s’ouvrent également au public qui veut les découvrir sur le plan du patrimoine comme dans leurs fonctions spirituelles. Ces deux fonctions posent un problème.

D’abord il s’agit d’ouvrir ces édifices le plus largement possible. Est-ce encore possible ?

Ensuite il faut concilier la part de célébration et la part de découverte et de visite. Cela est-il aussi possible ? On comprend donc que notre temps est confronté à une nouvelle utilisation des grands édifices sacrés français. Il suffit d’entrer dans Notre Dame de Paris de nos jours pour prendre conscience de l’ampleur du problème. Cependant les grands édifices de la foi n’ont-ils pas été conçus pour des foules innombrables ?

Sans doute doivent-ils reprendre une fonction d’accueil que les grands âges de l’espérance spirituelle leur avaient donné.

 

Intervenants :

Monseigneur Joseph Doré, Archevêque émérite de Strasbourg, membre du Conseil Pontifical pour la Culture, docteur en théologie, ancien doyen de l’Institut catholique de Paris.

Alain Erlande Brandenburg, conservateur général honoraire du patrimoine.

Denis Lavalle conservateur général du patrimoine, Direction de l’Architecture et du Patrimoine - Ministère de la Culture et de la Communication.

 

 

Contact :

Anissa Abdellatif // 01 42 86 57 11 // a.abdellatif@iesa.fr

L'accès à la conférence est libre mais l'entrée au Salon du patrimoine est payante.

 

L'Institut d'Etudes Supérieures des Arts est un établissement d'enseignement supérieur privé reconnu par le Minsitère de la Culture et de la Communication. Il dispense des formations pour étudiants et pour adultes dans trois départements : marché de l'art, métiers de la culture, multimédia.

 

 

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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 11:03

 

Le Comité de la jupe appelle à marcher le dimanche 11 octobre à Paris ainsi que dans plusieurs villes.

« Dans un mois, nous affirmerons que l’Eglise catholique a besoin d’une opinion publique qui s’exprime librement.

Dans un mois nous affirmerons que les laïcs et tous ceux qui prennent une part active à la vie quotidienne de l’Eglise doivent pouvoir participer à ses décisions. 

Dans un mois, nous marcherons ensemble et nous partagerons parce que l’Eglise porte des valeurs extraordinaires de liberté et de communion et par conséquent ne peut ni ne doit craindre le débat en son sein. »

 

Pourquoi l’Eglise catholique aurait-elle besoin d’une opinion publique puisqu’elle détient la Vérité ? Si Benoit XVI était mis au courant de cette initiative, il serait comme une poule qui aurait découvert un couteau ! A une période où il semble que la représentation de l’Eglise comme société parfaite soit redevenue le modèle de référence, il est peu probable que la notion d’opinion publique ait droit de cité au Vatican.

 

C’est peut-être justement pour cela qu’elle s’affirme aujourd’hui dans les pays du « premier monde », un monde en «  pleine crise de foi et d'espérance », atteint d’un « matérialisme combiné avec un courant de pensée relativiste et nihiliste », un monde « colonialiste » qui exporte « des déchets spirituels toxiques qui contaminent les populations des autres continents, et parmi elles, en particulier, les populations africaines ». (Benoit XVI, 4 octobre 2009, IIe Assemblée spéciale pour l'Afrique du Synode des Evêques.) Saint Syllabus priez pour nous !

 

Au milieu du XVIIIe siècle, quand l’expression « opinion publique » voit le jour autour de Jean-Jacques Rousseau, elle a une connotation péjorative et conservatrice. Les membres du Comité de la jupe sont conservateurs : ils défendent la préférence de l’idée d’Eglise communion – sacrement du Concile Vatican II face au retour actuel de l’Eglise société parfaite. Au basculement du XVIIIe au XIXe siècle, l’opinion publique est devenue la propriété d’une intelligentsia éclairée qui prône la Raison. A la lecture du blog du Comité de la jupe, peu de doutes sur le milieu socioculturel qui conduit cette initiative : il s’agit bien d’une réflexion intellectuelle sur ce qu’est l’Eglise, sur la place de chaque baptisé dans la vie de l’Eglise, sur la manière d’envisager les responsabilités et la gouvernance dans l’Eglise. Dire que l’Eglise a besoin d’une opinion publique c’est dire que chaque chrétien a un besoin vital d’émancipation, de partage, de liberté. Nous sommes loin du besoin que semble exprimer aujourd’hui la « voie officielle » de l’Eglise, celui du silence obéissant  de ses fidèles !

 

Liée à la notion de démocratie et de raison, l’opinion publique reflète le besoin des hommes et des femmes de prendre en main leur vie et leur destin. Un besoin qui n’est pas sans rappeler les appels du Christ à cette liberté qui seule peut permettre l’accueil du don de Dieu, seule raison d’être de l’Eglise. La marche, forme active de l’opinion publique contemporaine, est également le paradigme de l’être au monde chrétien, un être au monde fondé sur la relation avec le Christ, Chemin, Vérité et Vie.

 

Dimanche, les chrétiens qui rejoindront ces marches diront à l’institution Eglise : « Je marche donc je suis. »

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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 17:07

Dans le choeur de l’Eglise Saint Eustache à Paris, pour la Nuit Blanche 2009, l’œuvre de Mark Wallinger, « Threshold to the Kingdom » (Le Seuil du Royaume, 2000), éclairait l’obscurité, projetant le Miserere d’Allegri jusqu’aux premières marches du seuil de l’Eglise.

 

Cette vidéo de 11 minutes et 20 secondes est un film au ralenti montrant l’arrivée dans un aéroport de passagers en provenance de l’international. La porte à deux battants s’ouvre vers les spectateurs laissant apparaître et entrer dans leur monde des hommes et des femmes seuls ou en grappes. Le ralenti, procédé bien connu dans le cinéma pour intensifier l’effet dramatique ou sentimental, donne ici un côté atemporel et solennel à la scène, une distance sacrée. La place de l’œuvre, élevée dans le chœur, entre l’autel et le tabernacle, au cœur du sacré, là où dans la célébrations du sacrement eucharistique une porte s’ouvre entre Dieu et le monde, confère au titre de l’œuvre tout son sens – le Seuil du Royaume – tout en retournant la vision commune qui voudrait que le Royaume soit dans l’au-delà puisque les passagers entrent finalement dans notre champ de vision, dans notre monde. Le Royaume est parmi nous.

 

L’ouverture/fermeture au ralenti de cette porte ressemble à un cœur qui bat, à une métaphore aussi de l’être chez Heidegger qui vient au monde en se dévoilant tout en restant caché. Il y a quelque chose de clinique dans cette œuvre, peut-être un rappel de la mort, du passage de la vie à la mort, en tous les cas une altération ou une libération qui, dans le passage de chaque homme et de chaque femme par cette porte qui s’ouvre pour que ce qui était caché ou ailleurs devienne visible ou présent, rappelle le baptême. On se doute que toutes ces personnes sont physiquement les mêmes avant et après la porte et pourtant un changement s’est opéré. La vie bat lentement, peut-être la vie de Dieu, cette qui vie qui nous maintient dans l’être. « Si Dieu cessait de penser à nous, d'opérer en nous et de nous produire, au même moment nous cesserions d'être. » Un dialogue existentiel entre la créature et le créateur s’instaure, renforcé par l’audition du Miserere d’Allegri : « Ne me chasse pas loin de Ta face, ne me reprends pas ton Esprit Saint. » La pureté de la voie d’enfant et le ralenti expriment ce lien si ténu.

 

Mark Wallinger avait proposé pendant plusieurs mois une sculpture placée sur une colonne de Trafalgar Square et baptisée Ecce Homo. Un homme d’un mètre quatre-vingt imberbe les mains liées dans le dos. Un simple moulage, au plus près de la réalité, comme l’œuvre qui l’a rendu célèbre, State Britain (la réplique exacte du campement de Brian Haw, un militant pacifiste qui s’était installé devant le Parlement pour dénoncer les effets des sanctions économiques de l’ONU sur les enfant d’Irak - prix Turner 2007).

Ici comme dans Ecce Homo, l’homme est traité dans sa juste réalité. Seuls la taille monumentale de l’écran, le fait qu’il soit placé dans une architecture exceptionnelle et la projection au ralenti transforment cette réalité pour lui adjoindre du sens et une lecture critique. (Dans Ecce Homo, c’est la colonne qui joue ce rôle.). Aucun travail esthétique (plan fixe sans effets) ne vient faire jouer les personnages.

 

Dans ses œuvres, faisant référence à la religion (Angel, 1997 ; Threshold to the Kingdom, 2000 ; The Underworld, 2004) ou au mythe (Landscape with Fall of Icarus, 2007), Mark Wallinger fait apparaître dans des scènes de la vie quotidienne la réalité d’un monde qui a perdu ses croyances en des idéaux qui le dépassent et lui donnent vie et la place fragile que l’homme essaie d’y trouver.  

Ici, tout ce qui constitue notre être-au-monde est présent : la fatigue du passager qui baille, la joie du groupe de mamies qui se retrouve ou de la femme qui fait un signe d’amitié ou d’amour à la personne venue l’attendre, le travail représenté par l’équipage en uniforme, l’urgence de l’hôtesse qui coure au ralenti, l’attente enfin avec la dernière image de l’homme au chariot qui pivote pour se stabiliser et espérer une arrivée.

Toute la vie des hommes est transfigurée dans les sentiments les plus simples si on accepte d’y percevoir une vie supérieure et porteuse de sens. Elle reste sinon ce qui est présenté une vie au ralenti, au premier degré.


sur l'artiste

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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 10:00
Aujourd’hui est paru le dernier Pietro de Paoli, Dans la peau d’un évêque. Après lecture, une chose est certaine, on ne souhaiterait pas y être.

Le constat est sévère mais juste. Marc (l’évêque), comme ses confrères, n’a pas la tâche facile. Il souffre de la solitude d’un pouvoir sans puissance et sans grandes marges de manœuvre, des freins financiers et politiques, mais surtout de l’appauvrissement réel d’ouvriers prêts à œuvrer pour la vigne du Seigneur. Il souffre également d’un problème de santé qui lui fait entendre de manière plus forte l’urgence du faire.

 

Car la question centrale de ce roman est bien « quoi faire ? ». Evidemment, j’entends déjà tous ceux qui, blottis dans la chaleur de groupes ou de paroisses qui fonctionnent bien,  trouveront que tout va au mieux  et qui ne comprendront pas pourquoi il faudrait faire quelque chose. Pourtant, la première qualité de ce livre est d’être un roman sans romance, les faits racontés, quoi que fictifs, sont au plus proche de la réalité. Peut-être trop proches pour la dernière partie qui relate la triple crise de l’année dernière (Intégristes – Recife – Préservatifs en Afrique), 45 pages un peu plaquées qui font « passage obligé » mais qui auront le mérite de dater ce livre et la possible émergence d’une « opinion publique » dans l’Eglise.

 

L’attrait du livre, comme pour les deux derniers Pietro de Paoli, est plutôt dans la consistance des personnages, auxquels chaque lecteur pourra sûrement accoler un ou plusieurs noms tant ils nous sont proches. Dans la rugosité de vies concrètes, dans les joies de l’amitié, de la musique et des nourritures, dans les incompréhensions, la colère et les coups de fatigue, dans les espoirs et les tentatives laissées en suspens, c’est la vie réelle d’une Eglise incarnée, d’hommes et de femmes qui tentent de s’arracher au néant pour se laisser emplir du sens de Dieu, pour remettre librement Dieu à l’origine de leur vie et de leurs désirs. Et si le « héros » du roman se jette à genoux devant son Seigneur pour qu’Il l’aide à répondre à la question « Qu’as-tu fait de (ou pour) mon Eglise ? », on se sent soi-même contaminé par ce besoin de prier pour tous les évêques qui portent ce poids radical, celui du sentiment de responsabilité face à Celui auquel ils ont lié leur vie.

 

Dans ce roman, il n’y a pas de grandes théories visionnaires ou de recettes miracle, ni chez Marc, ni chez l’auteur, simplement un désir d’agir et une confiance en l’Eglise qui depuis les premiers apôtres a su laisser éclore en son sein des initiatives nouvelles pour annoncer le Christ au monde. A lire trop rapidement, on pourra croire que Dans la peau d’un évêque témoigne simplement de l’anémie de l’Eglise, il montre, je crois, au contraire que tous les éléments sont présents pour que l’Espérance renaisse, une espérance fondée sur la certitude de Marc, celle que jamais le Christ ne lâchera un monde qu’il est venu sauver.

 

A nous de jouer !


 

Dans la peau d'un évêque, Pietro de Paoli (Plon)

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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 11:23

Béatrice de Andia est un personnage envahissant mais tellement attachant. Quittant l’Action Artistique de la Ville de Paris, où elle a régné de nombreuses années produisant plus d’une centaine d’ouvrages et quatre cents expositions, la châtelaine de la Chatonnière s’est lancée, en 2006, avec toute son énergie dans la protection et la valorisation du patrimoine religieux.

 

Bousculant certains, énervant d’autres, elle a réussi, trois ans après, son pari et les projets de son Observatoire du Patrimoine Religieux se multiplient avec le soutien des pouvoirs publics et de grands industriels : recensement des édifices cultuels français de toute confession dans plus de 40 départements ; mise en place d’une politique de communication et d’information pour la restauration d’édifices grâce à son site et à son blog...

 

Habituée à faire bouger les choses, du moment qu’elles prennent sa direction, cette haute aristocrate, commandeur de l'Ordre national du Mérite, met tous ceux qu’elle rencontre, réellement ou virtuellement, à contribution. De l’internaute aux étudiants d’histoire de l’art, des politiques aux industriels, tous peuvent, c’est-à-dire doivent, contribuer à cette cause qu’elle a su imposer comme essentielle.

 

Une de ses plus belles réussites est assurément « Ma pierre à l’édifice », un concours qu’elle a lancé avec les jeunes de 12 à 15 ans pour créer un inventaire en 3D des édifices religieux avec le soutien de Dassault et de l’Education nationale. Une occasion unique pour ces collégiens d’appréhender sur un projet transversal des sujets d’histoire de l’art, d’histoire générale et de géométrie.


Les missions de l’Observatoire du Patrimoine Religieux (OPR) :

- Recenser les édifices cultuels français de toute confession

Informer sur l'actualité

- Eduquer, avec "Ma pierre à l'édifice", concours ouvert aux collégiens (12 à 15 ans) pour recenser en 3D les édifices cultuels,

- Alerter le public sur les édifices en péril,

- Se réjouir des initiatives et des réussites,

- Favoriser la synergie nationale des actions locales,

- Diriger les internautes vers les personnes compétentes en matière juridique, financière et technique,

- Impliquer les internautes dans cette action en adhérant, recherchant, alertant, participant avec photos et descriptions.

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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 11:42

Matiné d'étude : Samedi 16 mai de 10h à 13h.

Institut d'Etudes Supérieures des Arts

5, avenue de l'Opéra - 75001 Paris

 

Dans le cadre de son cycle sur la Peinture religieuse, l’Institut d’Etudes Supérieures des Arts organise une matinée d’étude sur l’influence de la pensée du Cardinal Pierre de Bérulle dans l’art du XVIIe siècle.

 

Haute figure spirituelle et politique de la fin du XVIe et XVIIe siècles, il introduit en France les carmélites réformées par Thérèse d'Avila et crée, en 1611, la Société de l'Oratoire de Jésus sur le modèle de la Congrégation de l'Oratoire  qu'avait formée quelques années plus tôt Philippe Néri à Rome. Les oratoriens français participent à la réforme du clergé au dix-septième siècle.

Sa spiritualité, centrée sur l’Incarnation, est à l’origine du développement de ce qu’on a appelé la spiritualité française et a marqué profondément son époque.

Pierre de Bérulle fut également une personnalité politique importante, chef du Conseil de la Reine Mère, Marie de Médicis et membre influent du parti dévot. 

 

Figure et spiritualité du Cardinal de Bérulle.

par le père Richard Cadoux, supérieur général de l’Oratoire, spécialiste de Pierre de Bérulle.

 

Philippe de Champaigne.

par Alain Tapié, directeur du Palais des Beaux Arts de Lille et l’Hospice Comtesse.

 

L’architecture religieuse au début du XVIIe siècle.

par Laurent Lecomte, chargé de conférences, Section des Sciences historiques et philologiques – EPHE.

 

Renseignements : Boris Grebille – 01 42 86 57 11 – b.grebille@iesa.fr

Participation aux frais : 15 euros – étudiants 10 euros.

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 23:08

Cette série de textes sur Lourdes a été commandée aux plus grands écrivains français du XXe siècle dans le cadre d'une réflexion sur la réception contemporaine du message de la Grotte. Nous publions aujourd'hui celui de Jean-Paul S, sur la conversion.


 

 


La piscine

Pièce en une scène

 

Jean-Paul, le brancardier.

 

Une piscine de Lourdes. Une statue de la Vierge sur le mur du fond, au dessus de la piscine. Un brancard posé dans un coin. La pièce est en marbre.

 

 

Jean-Paul, il entre dans une simple chemise rayée, bleue et blanche, assez longue et regarde autour de lui. – Alors c’est cela.

 

Le brancardier. Oui. C’est cela.

 

Jean-Paul. Rien de plus…

 

Le brancardier. Rien de plus.

 

Jean-Paul. Juste cette piscine. Cette baignoire.

 

Le brancardier. Oui, rien que cela.

 

Jean-Paul. Pas de tribunal, pas de chambre d’expert. Pas d’évêques ou de prêtres, pas d’inquisiteur. Juste vous et moi.

 

Le brancardier, indiquant du doigt la statue de la Vierge. - Pardon. Juste vous, elle et Lui.

 

Jean-Paul, il regarde la statue de la Vierge au dessus de la piscine au fond de la pièce. - Ah oui, elle...  (Il se retourne.) Pourquoi parlez-vous de vous à la troisième personne.

 

Le brancardier, il lève le doigt vers le plafond. – Je parle de Lui, pas de moi. Moi je fais partie du décor. Comme l’eau, la piscine, le brancard.

 

Jean-Paul. Le décor ? (Un silence. Il regarde la pièce lentement d’un grand mouvement circulaire). Vous savez qui je suis. C’est pour cela que vous parlez de décor ! C’est parce que je suis auteur de théâtre. Vous vous êtes dit : « on va le mettre dans son élément ! »

 

Le brancardier. Non. Parce que vous êtes un homme. Tous les hommes ont besoin d’un décor pour agir. Cela n’a rien à voir avec le théâtre ou l’écriture. Le décor c’est la vie. Si vous n’étiez nulle part, si je n’étais pas là, vous auriez l’air malin. A qui parleriez-vous ?

 

Jean-Paul. Je suis un intellectuel. Je n’ai pas besoin de décor pour vivre et je vous parle par politesse. Je ne vais pas vous ignorer.

 

Le brancardier. Ah ! Moi j’étais là pour vous rendre service. Si vous n’avez pas besoin de moi, je n’insiste pas. Je vous laisse seul avec vous-même. Au revoir. (Il sort.)

 

Jean-Paul seul. Il contemple la pièce et marche une longue minute. Il va tremper ses orteils dans la piscine. Il les retire précipitamment. L’eau est gelée. Il regarde la Vierge. Elle sourit. Il se retourne puis la regarde de nouveau.

Jean-Paul. Pourquoi tu souris. Il n’y a rien de plaisant à être ici. (Silence.) Evidemment, tu souris mais tu ne parles pas. Tu te réserves pour les bergères. Moi je dois être trop intelligent pour que tu t’intéresses à moi. Je ne dois pas avoir de cœur. Pas d’âme. Un pauvre imbécile d’homme, trop ignorant pour parler avec toi. (Silence. Il s’énerve et son ton monte.) Ben vas-y. Dis-le moi. Je ne me suis jamais intéressé à toi, ni à ton Fils. Je t’ai toujours ignoré alors aujourd’hui où nous sommes seuls, face à face, tu refuses de me parler. La loi du talion. Œil pour œil, dent pour dent, silence pour silence, mépris pour mépris. Il est joli votre pardon !

 

Il reprend ses allées et venues en marmonnant. Au bout de quelques secondes, il va à la porte et essaye de l’ouvrir. Elle est fermée. Il essaye de nouveau, tambourine puis appelle.

 

Jean-Paul. Brancardier ! Brancardier !

 

La porte s’ouvre et le brancardier entre.

 

Jean-Paul. Je préfère quand vous êtes là. J’ai parlé à la Vierge mais elle ne me répond pas. Elle sourit bêtement mais refuse de me dire un mot.

 

Le brancardier. C’est une statue. Les statues ne parlent pas. Mais si vous voulez, on peut vous la changer pour qu’elle ne sourie plus. (Il va au brancard et revient avec un catalogue rempli de photographies de la Vierge qu’il tend à Jean-Paul.) Choisissez. Vierge au manteau, vierge au sein, vierge de douleur… Portugal du XXe, France du XIIIe, Russie du XVIIIe, Italie de la Renaissance… Il ne faut pas que vous soyez gêné par l’image. Nous avons tous les modèles. Celle-ci est le modèle de base, une copie de la statue du sculpteur lyonnais Joseph Fabiech.

 

Jean-Paul, il jette le catalogue dans un coin de la pièce puis se tourne vers le brancardier. – Et bien. Que dois-je faire ?

 

Le brancardier. Ce que vous voulez. Normalement, les gens entrent dans la piscine vont jusqu’à la Vierge, l’embrassent, et reviennent.

 

Jean-Paul. En somme, je suis là pour faire un aller-retour dans de l’eau glacée et embrasser une statue qui me sourit.

 

Le brancardier. En somme, oui. Cela s’appelle une conversion. Comme au ski.

 

Jean-Paul. Et si je n’en ai pas envie. Si je ne crois pas à la Vierge, pas à son Fils…

 

Le brancardier. Vous pouvez restez au bord de la piscine et attendre. On peut parler. Je suis là pour cela aussi. On a tout notre temps. On a l’éternité.

 

Jean-Paul. Et je ne pourrai jamais sortir ? C’est l’enfer votre pièce !

 

Le brancardier, il hausse les yeux au ciel. – Ah non, l’enfer c’est les autres. Ici c’est le purgatoire. Vous me direz, si on reste devant cette piscine tous les deux pour l’éternité, cela ressemblera un peu à l’enfer, en plus froid et plus humide.

 

Jean-Paul, il contemple l’eau, puis la Vierge, puis l’eau, puis le brancardier. – Bon, alors, finissons en !

 

Il descend dans l’eau et marche vers la Vierge. Plus il marche plus la Vierge s’éloigne. Il se retourne pour parler au brancardier, s’effraie et se met à courir vers la Vierge qui s’éloigne toujours.

 

Le brancardier. Pourquoi courrez-vous ?

 

Jean-Paul. Il y a un homard qui me poursuit avec ses grosses pinces.

 

Le brancardier, il hausse les épaules. -  Non cela c’est un cauchemar. (Silence.) Vous savez, si vous n’y croyez pas, vous n’arriverez jamais jusqu’à la Vierge. Vous êtes ici pour vous convertir pas pour faire de la gymnastique aquatique.

 

Jean-Paul, il s’est arrêté au milieu de la piscine. Il se retourne, regarde le brancardier au bord de l’eau puis la Vierge de l’autre côté. Et si je ne peux pas me convertir ?

 

Le brancardier. Alors revenez ici. Ce serait bête d’attraper la crève pour l’éternité. Je suis brancardier, pas médecin. Et je ne fais pas de miracles !

 

 

Rideau.

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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 14:03
On le savait, l'excellent acteur Rocco Siffredi s'était lancé dans la mode en proposant une ligne de vêtement sport et rock aux deux sexes. Mais là, il doit être vert et se sentir tout petit. Imaginez sa tête face à cette queue de 12 mètres de long, au repos, à la pourpre incandescente, négligemment exposée aux regards de tous.



Car non, il ne s'agit ni d'une oeuvre provocante de l'artiste contemporain Maurizio Cattelan, ni du bonus de la dernière édition du DVD de Fellini Roma ! Le cardinal Carnizarès est le préfet de la congrégation pour le culte divin et le 22 décembre dernier, officiant chez les très progressistes membres du Christ-Roi, tel Marie de Medicis peinte par Rubens (vous constaterez au passage la taille très décente des tenues cardinalices de l'époque), il a déployé une cappa magna à faire pâlir de jalousie tous les transformistes de chez Michou.



On croyait l'accessoire tombé en désuétude depuis Paul VI, mais visiblement, dans ces temps de réconciliation avec les intégristes et d'affirmation d'une tradition identitaire, l'habit reprend ses droits. Le costume a toujours été un manifeste social et celui-ci en dit long : "j'ai la plus grosse, je suis le plus fort !"

Assis en majesté sur son trône surélevé, pas question de l'approcher à part pour lui baiser le bout de la queue. Espérons seulement qu'il ait le coeur aussi plein que Rocco Siffredi qui déclare à qui veut l'entendre qu'il a aimé toutes ses partenaires !


A propos du côté trans-genre du cardinal lire également La trop longue traîne du cardinal Canizarès sur le blog du Comité de la Jupe.
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Published by berulle - dans Chroniques
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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 19:04
«J'espère que cela donnera de l'espoir aux jeunes qui se disent : Zumthor l'a fait, nous pourrons le faire aussi, construire la totalité de l'édifice, et pas seulement fournir des images ou des façades.» Peter Zumthor

 

 

 


La plus haute distinction mondiale dans le domaine de l’architecture, le prix Pritzker, a été décernée au suisse Peter Zumthor. Il recevra 100 000 dollars lors d'une cérémonie, le 29 mai prochain à Buenos Aires.

 

Cet architecte-auteur, comme il se plait à le dire, a gardé de ses études d’ébénisterie un goût prononcer pour le choix des matériaux et leur assemblage. Adepte du « sur-mesure », il prend son temps pour concevoir des projets où l’ensemble du bâtiment vient s’intégrer dans le paysage. « Pouvoir construire des bâtiments harmonieux dans lesquels tout est en adéquation, et pas uniquement la façade, est plus important pour moi que devenir riche. » (interview dans le emagazine du Crédit Suisse octobre 2003).

 

Parmi le corpus restreint de ses œuvres, deux chapelles sont emblématiques de son travail et de son engagement : la chapelle Saint-Bénedict et la chapelle dédiée à Saint Nicolas de Flue*.

 

La chapelle Saint-Benedict est un petit édifice, reconstruite tout en bois, en forme de feuille, situé à Sumvitg, une petite commune des Grisons.


Elle s'inscrit parfaitement dans le paysage. L’enveloppe est faite de petites tuiles en bois (tavaillons de mélèze) dont la couleur brun-rouge vire au gris-noir lorsqu'il pleut abondamment.

A l'intérieur,
une ligne continue de lumière naturelle, placée au sommet de la paroi semble décoller la charpente, en forme de coque de navire inversée, du reste de l’édifice.  Les poteaux qui la soutiennent et leur verticalité régulière accentuant l'impression d'élévation.

 



 

La seconde chapelle est une histoire incroyable. L'architecte l'a conçue pour un riche fermier qui souhaitait remercier de Dieu pour sa réussite en faisant bâtir une chapelle pour son saint patron. Contacté par le fermier, Peter Zumthor avait d'abord refusé, puis s'était ravisé. Il a créé un projet que les fermiers et ses amis ont pu réaliser avec les matériaux de la région.


112 troncs de pins de 12 m de haut furent rassemblés en un tipi géant, formant une goutte et dont le sommet laisse passer la lumière et la pluie.  Le sol fut recouvert de plomb provenant des mines voisines. Avec le gravier, le sable et le ciment local, le fermier et ses amis réalisèrent un coffrage de béton tout autour du tipi puis mirent le feu aux arbres.


A l'intérieur, les troncs ont laissé leur marque noircie et le plomb fondu a dessiné des courbes aléatoires. Peter Zumthor fait rajouter 350 billes de verre qui, comme des vitraux, drainent la lumière.

 

Si l'intérieur est minuscule (un banc et une statue du saint), la chapelle inclut a l'extérieur l'ensemble des champs, l'édifice se prolongeant dans la nature par l'intermédiaire d'un banc de béton entourant la chapelle et permettant aux pèlerins de se reposer.

 

*Nicolas de Flüe (1417-1487), est un mystique suisse, fermier, qui, à 45 ans, abandonna son épouse et ses 12 enfants pour devenir ermite. Il joua un rôle capital lors de la Diète de Stans (1481) dans l'élaboration de la Suisse et des liens entre les cantons.

 

 

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