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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 00:10

Dans le cadre de son cycle sur la Peinture religieuse, l’Institut d’Etudes Supérieures des Arts organise, le samedi 16 mai de 10h à 13h, une matinée d’étude sur l’influence de la pensée du Cardinal Pierre de Bérulle dans l’art du XVIIe siècle.

 

 

Haute figure spirituelle et politique de la fin du XVIe et XVIIe siècles, il introduit en France les carmélites réformées par Thérèse d'Avila et crée, en 1611, l'Oratoire de Jésus sur le modèle de la Congrégation de l'Oratoire de Philippe Néri, à Rome. Les oratoriens français participent à la réforme du clergé au dix-septième siècle.

La spiritualité du cardinal de Bérulle, centrée sur l’Incarnation, est à l’origine du développement de ce qu’on a appelé la spiritualité française et a profondément marqué son époque.

Pierre de Bérulle a également été une personnalité politique importante, chef du Conseil de Marie de Médicis et membre influent du parti dévot. 

 


Cette matinée de travail rassemblera, autour du Père Richard Cadoux, supérieur général de l’Oratoire, et d’Alain Tapié, conservateur du patrimoine, directeur du Palais des Beaux Arts de Lille et de l’Hospice Comtesse, des historiens de l’art et des étudiants de l’IESA pour approfondir les liens entre la spiritualité de Pierre de Bérulle et la peinture religieuse du XVIIe siècle.

 

Ouvert sur inscription.

 

Institut d’Etudes Supérieures des Arts

5, avenue de l’Opéra – 75001 Paris

 

Renseignements : Boris Grebille – 01 42 86 57 11 – b.grebille@iesa.fr

Participation aux frais : 15 euros – étudiants 10 euros.

 

L'Institut d'Etudes Supérieures des Arts (IESA) est un établissement d'enseignement supérieur reconnu par le Ministère de la Culture et de la Communication. Il forme des étudiants aux métiers du marché de l'art, de la culture et du multimédia.

 


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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 00:01

 

L’exposition à la Cathédrale de Gap de la Pieta de l’artiste Paul Fryer pendant la Semaine sainte a été une source de questionnements et de prises de positions plus ou moins tranchées.

 


   

 

 

Le Christ, couronné d’épines et marqué des signes de la Crucifixion, laisse reposer ses bras de chaque côté des accoudoirs de la chaise électrique, la tête penchée, mort. L’image est saisissante dans l’écrasement des deux techniques de mise à mort tout autant que dans l’aplatissement du temps. Est-elle scandaleuse ? 

 

Cet artiste reconnu, travaillant à Londres, présenté à Paris chez Jean-Gabriel Mitterand dans l’exposition Young and British en 2006, n’en est pas à sa première mise en scène macabre. On se souvient de l’exposition In Loving Memory, à la Guido Costa Projects Galerie à Turin, il y a un an, représentant le Martyre de John Feeks, employé de la fin du XIXe siècle pour tirer les fils électriques à New York, dont le corps, accidentellement électrocuté, était resté suspendu aux lignes, livré aux regards horrifiés des passants pendant plusieurs heures. Présenté de la même manière aux visiteurs de l’exposition, l’œuvre permettait de faire mémoire de ce drame emblématique de la « révolution électrique » devenue pour eux naturelle, en les replaçant dans l’événement même.

 

Exposer le Christ en Croix de la même manière, aurait-il eu le même effet ? L’image de la Crucifixion est devenue pour nous occidentaux une banalité. Nous en avons vues tellement, de tous les siècles et de tous les styles, que notre regard n’aurait sûrement pas été interpellé et gêné de la même manière que pour le corps électrocuté de John Feeks. Je me souviens même avoir été étonné, lors d’une exposition au MAC’s du Grand Hornu (Belgique), de la réaction d’un groupe de chinois devant un simple bras tendu de Mapplethorpe (qui rappelait les bras du Christ crucifié). Pour eux, étrangers à notre iconographie, cette image était éminemment violente.

 

Cette violence est bien présente dans la Pieta de Paul Fryer. Non pas à cause de la chaise électrique que les séries d’Andy Warhol ont également dédramatisée, mais justement par l’association de la figure d’un Christ déposé de la Croix et d’une chaise électrique « au naturel » (et pas vraiment high-tech) sans esthétisme distanciateur ; par l’accolement du symbole du juste qui a souffert et a été mis à mort et de celui de la peine de mort contemporaine. L’actualisation de la scène est alors d’autant plus violente qu’elle nous oblige à nous poser de manière simultanée la question du Fils de Dieu mort pour notre Salut et celle de la peine de mort, elle-même.

 

Jésus comme John ont l’air paisible dans leur tenue d’Adam. Pourtant, victimes innocentes de notre Salut ou de notre bien être technologique, ils nous crient avec violence non pas notre culpabilité mais notre devoir de mémoire, de réflexion et d’appropriation. Ils ne nous crient pas, comme le visage de l’Autre chez Emmanuel Levinas, « Ne me tues pas » ; ils sont déjà morts. Mais, ils nous forcent à choisir entre détourner le regard ou affronter l’image de la mort, l’affronter pour qu’elle ne soit pas vaine et que notre conscience et notre vie la transfigurent.

 

La Résurrection du Christ nous permet d’être sûre que cela est possible, les œuvres d’art, comme celles de Paul Fryer, peuvent nous y donner accès. Merci à Mgr Jean-Michel di Falco de nous avoir donner l’occasion de méditer sur ce sujet. Si scandale il y a, il ne réside pas dans l’œuvre qui relaie le cri du Christ à notre égard, mais bien dans la réponse que nous pourrions donner.

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 00:10


Cette série de textes sur Lourdes a été commandée aux plus grands écrivains français du XXe siècle dans le cadre d'une réflexion sur la réception contemporaine du message de la Grotte. Nous publions aujourd'hui celui de Marguerite D, une méditation sur soi.


 

 


Les piscines

 

 

 

L’eau est froide. Plus froide que l’eau de l’océan. Celle qui se déverse par roulis devant mon balcon. L’été. La vieille dame frissonne. Comme l’enfant à la chair de poule, trop maigre, dont les chevilles disparaissent régulièrement sur le bord de la plage de Trouville.

 

Pierre de B. m’a demandé ce texte. Je suis morte pourtant. Mais j’ai dit oui car il y a quelque chose du miracle dans l’éternité de ma littérature.

 

La vieille est plongée à mi-corps maintenant dans l’eau. Il y a de la morgue dans cette vision. Le lisse du marbre. Le froid de l’eau. Le cadavre de la vieille qui vivote dans cette piscine comme un poisson accroché à la ligne du pêcheur. L’image est bonne. Le poisson pour le chrétien. L’hameçon pour la mort. La ligne pour la foi.

 

Maintenant que je suis morte je vois encore mieux les images de la vie. Il y a quelque chose de génial dans ma littérature. Une approche directe. Evidente. On m’a beaucoup reproché le « forcément » de ma littérature mais il est là. Ce que j’écris tombe aussi naturellement que la vérité. Ma littérature s’accepte. Elle ne s’étudie pas.

 

Le vêtement blanc qui colle à la peau de la vieille bouge au gré des mouvements des bras et des jambes décharnées qui cherchent le miracle. Sordide. Le mot le plus proche de la vérité est sordide. Dieu doit être nécrophile pour supporter cette vision pitoyable. Il n’y a plus rien d’appétissant dans le corps de cette vieille aux seins plats et décharnés, aux cuisses maigres et fripées qui ne donneront plus de plaisir, aux bras qui n’étreignent plus que la mort.

 

La vieille c’est moi. En maigre. Moi je me dégoûte. Je suis là dans cette piscine à croire que le miracle va venir. Que je vais sortir sèche et ferme, appétissante comme une bimbo qui se déhanche affreusement sur la musique hip hop des clips de MTV. Là où je suis on m’a enlevé Arte mais on m’a laissé MTV. On m’a laissé sur un balcon mais au lieu de voir l’Océan de Trouville, je vois MTV toute la journée. Des noirs tatoués aux muscles gonflés de désir qui récitent de la mauvaise littérature anglo-saxonne en regardant des filles se déhancher sur des chorégraphies vulgaires. Sur Arte au moins je me voyais moi de temps en temps.

 

On a sorti la vieille. Comme on sort des noix de saint jacques du lait après décongélation. Comme on sort un sachet de thé qu’on pose négligemment sur une soucoupe aussi. La vieille, elle, on ne la mangera pas. Pas de risques.

 

Il y a un côté sacrificiel dans ce show. Un côté magique. Plouf plouf. Comme les enfant sur la plage de Trouville quand ils tirent au sort celui qui sera le chat. Peut être que Dieu fonctionne comme les enfants. Plouf Plouf le miracle sera pour toi. Il vaut mieux pour la vieille. Ce n’est pas sur un critère esthétique qu’elle sera choisie. Et toutes les vieilles sont méchantes et aigries. Avec Plouf Plouf elle peut espérer le miracle.

 

On a rhabillé la vieille et on l’a reposée sur son brancard. Des jeunes gens sont autours d’elle. Elle tremble. Comme d’habitude. Ils lui parlent. Ils sont gentils. C’est obscène. Elle ne dit rien. Peut-être pense-t-elle « encore raté » ou « ce soir je danserai le tango avec Léon ». Son confesseur lui a dit que c’était la foi qui comptait. Qu’elle devait avoir la foi comme Jean-Paul II qui avait été sauvé par la Vierge Marie de Fatima. Forcément, elle, elle n’a pas la foi comme Jean-Paul II. Il est mort quand même Jean-Paul II et il a beaucoup souffert. Elle se demande si on l’avait plongé à moitié nu dans cette piscine sordide où l’eau est si froide. Sûrement pas. Il doit y avoir un jacuzzi pour les papes. Un Jacuzzi d’eau vive comme dans Isaïe ou Jean. Pas une piscine d’eau plate. On n’a jamais vu de l’eau plate faire des miracles.

 

Jean c’est un peu moi. Il est aux évangiles ce que je suis à la littérature. Il n’y a plus d’écrit possible après Lui. Après moi non plus. L’Apocalypse n’est pas la fin du monde, c’est la fin de toute écriture possible. Comme l’Amant. Comme ce texte aussi.

 

Le brancard remonte maintenant vers l’esplanade. Il y en a une dizaine qui remontent lentement. Entourés d’infirmières, d’amis de prêtres. Tous sont joyeux. Ils forment un petit train de foi sillonnant le domaine de la Grotte. Un petit train de foi transportant des malades, des handicapés, des vieux. Le petit train train de l’église avec ce qu’il reste de passagers. Ils vont à la rencontre de Jésus Hostie qui va processionner dignement devant eux à grands coups d’Ave Maria. Une procession chaude qui va sécher les dernières gouttes d’eau glacées de la piscine et transformer le sacrifice en rituel.

 

Je regarde la scène. D’où je suis, j’ai la même vue que Dieu. Je vois d’en haut et je vois tout. La vieille qui cherche son châle, le jeune prêtre qui chante, le commerçant qui range ses petites vierges en plastique à remplir d’eau de Lourdes. Les piscines vides aussi qui ont finies leur journée et se reposent en attendant le prochain train de pèlerins. Je regarde la scène et forcément comme Lui, pour passer le temps, je regarde chaque personne en cherchant qui je choisirai si j’avais quelqu’un à sauver aujourd’hui. Mais j’ai beau cherché. Seule moi vaut le Salut.

 

Le petit garçon est sorti de l’eau. Sa maman se précipite pour l’essuyer dans un grand drap de bain. Il rechigne. Elle le met en garde. Si tu ne t’essuies pas tu tomberas malade et tu devras aller à Lourde te baigner dans les horribles piscines d’eau glacées avec tous les vieux et toutes les vieilles, comme mamie Jeanne. Les yeux de l’enfant sont pleins d’effroi. Comme s’il avait vu Dieu.

 

 

 

Marguerite D.

Paradis de Trouville

avril 2009

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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 10:15

Il est vraiment ressuscité !
Il y a des signes qui ne trompent pas. Dimanche matin aux abords de l'église de Trebeurden (22), elles étaient revenues les espaces et autres bétaillères à familles nombreuses immatriculées 92, 75, 78... départements pas vraiment Breton mais très chrétiens !
L'église était pleine de familles. Des duffel-coat sur robes liberty tailles 2 à 4 ans (page 28 du catalogue Cyrillus) courraient dans les allées. Des jolies mamans à peine bijoutées et leurs maris décontractés (vareuse, jean, chevalière et montre de sport) essayaient timidement de les retenir. Vive l'ambiance bon enfant aristocrato-bourgeoise catho.
Mon voisin en church, barbour, brune à collier de perles (bague de fiançaille marguerite...) et autres signes extérieurs de classe met cinquante centimes dans la corbeille de la quête après s'être abstenu de chanter le credo en latin. Tout s'effondre : on peut être catholique bourgeois, les cheveux courts et de bonne famille, sans être tradi et en étant pingre. Il y a des déplacements heureux et des raidissements inévitables. C'est Pâques mais c'est toujours la crise !
Après les deux premiers jours d'un triduum exemplaire pour nous appeler à vivre la mort du Christ dans tout son désespoir, dans une assemblée de septuagénaires burinés par les tempêtes et le chouchen, on se sent quand même revivre. Finalement on va peut-être rester catho malgré les intégristes, les viols de mineures et les préservatifs africains !
Africain comme le prêtre, signe de la résurrection du sacerdoce venu d'ailleurs. Nous constatons que  la voix de l'africain peut faire peur aux jeunes enfants qui dans leur inconscient cultivé entendent Iago plus que Jésus. Mais les pleurs d'enfants c'est la vie, la famille, l'Eglise... et une sainte distraction quand on s'arrête d'écouter le sermon.
Pâques oblige, on a eu droit aux baptêmes. Preuve que le prêtre africain s'est bien intégré à sa communauté ouestoparisienne-bretonne, il n'a eu aucun souci avec les petits Paul et Louis mais a fait répéter trois fois le prénom Ilan. Pourtant cela veut dire arbre en hébreux ! Bon, on ne peut pas être sûr que les parents connaissaient le sens du prénom mais eux ne sont pas censés avoir étudié la Bible dans le texte.

Le soleil breton est au plus haut. Ils sont terminés les jours de la passion. L'apéro au soleil respire la résurrection. Alléluia.
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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 20:14
Ce matin à la messe, le prêtre nous l'a rappelé : "La joie de Pâques et l'Esprit Saint doivent nous faire cheminer tout au long de notre vie."
J'avoue que cheminer dans l'Eglise, ces derniers temps, m'était devenu un peu épuisant. Mais après tout, ayant la foi et peu de rancune, comme cette même Eglise nous annonce qu'ils sont finis les temps de la Passion, je veux bien la croire et accepter un nouveau départ plutôt qu'un départ tout court.
Plus question pourtant de subir les paroles définitives et les pensées pré-établies, je marche dans l'Eglise certes, mais j'y marcherai libre. Libéré par l'Evangile, loi éternelle de Jésus, et non par  une soi-disant loi naturelle, libéré par la Parole de Dieu qui nous conduit sur le chemin de la joie et de la vie et non par des littératures qui se prétendent Tradition et qui, édictant des règles sous couvert de l'immutabilité divine, oublient l'homme. Je ne supporte pas les théories écologistes qui combattent l'homme au nom de la nature, je n'accepterai pas plus une économie du Salut qui ferait de même.
Ce n'est pas de ma liberté qu'il est question, je suis assez grand pour la défendre, c'est de celle de mes frères et soeurs qui, confiants dans la parole de l'Eglise, se laissent pièger par les opinions particulières de certains ecclésiastiques qui les emprisonnent au lieu de les libérer. Les chemins de la facilité ne sont pas forcément les meilleurs j'en conviens, mais les chemins de mort sont forcément les mauvais, j'y crois.
Dans ce blog, je ne ferai de procès à personne mais je dirai haut et fort ce que je crois et ce que je n'accepte pas, dussais-je contredire pape, évêques, ou pieux discours.
Je crois en l'Eglise que Jésus a fondée, c'est pourquoi je reste catholique, mais je crois encore plus au Christ lui-même et à la Bonne Nouvelle qu'il est venu annoncer et que l'Eglise a pour mission de répandre. Le chemin, c'est le Christ, la vérité, c'est le Christ, la vie c'est le Christ. Aucune loi, aussi naturelle soit-elle, ne peut prétendre aller à l'encontre de la misericorde de Dieu et de sa volonté de rassembler tous les hommes et toutes les femmes auprès de Lui. C'est le cri de Pâques. C'est ce à quoi je crois. C'est ce que je veux annoncer à mes amis. C'est cela que je défendrai ici.
L'incarnation est au coeur de la théologie et de la spiritualité de Pierre de Bérulle. C'est notre condition d'hommes et de femmes et c'est celle qu'a choisie le Fils de Dieu pour révéler l'amour de son Père. C'est cette condition qui m'intéresse et non les constructions théoriques et les discours aussi beaux soient-ils.
Je ne me prends pas au sérieux et je manierai sûrement l'humour mais je crains trop Dieu pour dévier d'un iota de ces principes.
Bienvenue à tous sur ce blog nouveau. Alléluia !
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