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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 16:56

 

En matière de foi, préférez toujours l’original à tous les produits frelatés. Il n’y a qu’une seule foi, comme il n’y a qu’un seul baptême. Notre foi, c’est le Christ. Nous croyons dans la foi du Christ, par la foi du Christ, avec la foi du Christ, lui qui le premier s’est confié totalement au Père. C’est lui qui nous tourne vers son Père et avec qui nous osons dire « Notre Père ». C’est lui qui nous sauve parce qu’en lui, toute l’humanité est accomplie, toutes les fautes sont remises. C’est lui qui envoie l’Esprit, notre défenseur !

Alors, nous pouvons continuer à exposer nos petits articles de foi, en bon ordre, sur nos étagères, et à aligner nos catéchismes sur nos bibliothèques. Nous en éprouverons sans doute de grandes satisfactions intellectuelles, ce n’est nullement négligeable. Et c’est même heureux car la foi qui concerne tout notre être concerne aussi notre intellect

Mais à la suite du Christ, la foi se montre avant de se dire, de s’exposer, de s’endoctriner. « Montre-moi ta foi », dit saint Jacques, « ta foi qui agit » ajoute-t-il. Saint Paul renchérit : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ».

La foi n’est ni un voir : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu », ni un savoir : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits ». C’est un être et un agir.

Quand à avoir ou ne pas avoir la foi, il ne s’agit pas de croire, de ne pas croire ou de ne plus croire ceci ou cela, comme si l’on devait cocher telle ou telle case d’un questionnaire. La foi n’est ni une liste ni un catalogue, c’est une question de lien avec le Christ, et c’est tout. Croire le Christ, accorder notre volonté à la sienne, telle est la foi du chrétien.

Mais alors, direz-vous, et l’Église dans tout cela ? Sous-entendez-vous comme tant d’autres : « Le Christ, oui, mais pas l’Église ! »

Mais qui porte le Christ jusqu’à moi ? Qui fait circuler la vie du Christ, qui la transmet ? Comment et où trouverai-je le Christ sans l’Église ?

Allez, je vais réutiliser une fois encore l’image du vase d’argile. L’Église est ce vase d’argile qui transporte jusqu’à nous le trésor de la foi. À nous de le briser sur les pieds du Christ… D’habitude, j’ajoute, permettez que je me cite moi-même, « comme la putain échevelée que nous sommes ».

 

Ce que dit le Magistère de l'Eglise catholique :

 

CEC 162 : La foi est un don gratuit que Dieu fait à l’homme. Ce don inestimable, nous pouvons le perdre ; S. Paul en avertit Timothée : " Combats le bon combat, possédant foi et bonne conscience ; pour s’en être affranchis, certains ont fait naufrage dans la foi " (1 Tm 1, 18-19). Pour vivre, croître et persévérer jusqu’à la fin dans la foi nous devons la nourrir par la Parole de Dieu ; nous devons implorer le Seigneur de l’augmenter (cf. Mc 9, 24 ; Lc 17, 5 ; 22, 32) ; elle doit " agir par la charité " (Ga 5, 6 ; cf. Jc 2, 14-26), être portée par l’espérance (cf. Rm 15, 13) et être enracinée dans la foi de l’Église.

 

100 mots pour la foi


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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 23:14


Parler de « La Femme », je ne m’y exposerai pas. Je sais que le concept de chien n’aboie pas mais celui de femme mord peut-être. En tout cas, sa manipulation expose tout à la fois à la bêtise et au ridicule. Quant à parler des femmes, ce n’est guère plus facile. Pour me tirer d’affaire, j’ai eu la curiosité de chercher dans les évangiles les occurrences de l’expression « les femmes ». Et l’idée était bonne, voilà la citation de Luc, très connue : « Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein ! ». Voilà de quoi être satisfait, on y trouve les femmes en général, et une femme en particulier. Sauf que le même Luc, nous raconte un peu plus loin la scène suivante. Sur le chemin de Jésus, une femme crie la chose suivante : « Heureuses les entrailles qui t’ont porté et les seins que tu as sucés ! » et Jésus de répondre : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l’observent ! »

Du coup, je suis retourné à la première citation, et la suite de la bénédiction d’Élisabeth est la suivante : « Oui, bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ! »

J’en déduis que le bonheur d’être femme, c’est d’abord celui d’écouter la parole de Dieu. Ce qui ne doit guère être différent du bonheur d’être homme. Quant au fait que les femmes aient cette particularité d’avoir des « entrailles » et des « seins », ça ne semble pas faire pour le Christ la moindre différence. Les « hommes d’Église » seraient bien inspirés de s’en souvenir.

 

 

Cette semaine, je laisse parler la sensibilité du prophète Osée :

Mon cœur en moi est bouleversé,

toutes mes entrailles frémissent.

Je ne donnerai pas cours à l’ardeur de ma colère,

je ne détruirai pas à nouveau Éphraïm

car je suis Dieu et non pas homme,

au milieu de toi je suis le Saint,

et je ne viendrai pas avec fureur.

Osée 11, 8-9


100 mots pour la foi

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 01:29

Au risque de surprendre, voire de choquer, il faut bien constater, que la famille est, pour le catholicisme, une idée récente. Récente ? Oui, deux siècles, deux siècles et demi, tout au plus. On notera avec un certain amusement que l’Église qui se défend de se soumettre aux modes du temps a, en la matière, emboîté le pas à un nouveau goût bourgeois celui de la famille. Le grand historien Philippe Ariés explique bien qu’il faut attendre le XVIII° siècle pour que l’intérêt pour l’enfant et la famille se développent, en même temps que s’inventent les canons de la vie bourgeoise. Jusque-là, l’aristocratie se souciait de la vie de famille comme d’une guigne, les mariages étaient des alliances de clan, et la famille un moyen de transmission des héritages. Élever ses enfants ou mener une vie de famille ne serait venu à l’idée de personne. Chez les paysans, les mariages étaient des mariages de biens et de terre, et les familles des unités de production. Quand aux hommes d’Église, aux religieux et religieuses, ils mettaient bien sûr leur point d’honneur à quitter leur famille et à mépriser les liens familiaux afin de prouver leur attachement exclusif au Seigneur.

Il faut dire que le Christ et l’Évangile leur donnent drôlement raison.

Jésus n’a vraiment rien d’un « bon fils », lui qui a douze ans rabroue son père et sa mère : « Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père », et à trente, déclare alors qu’on l’informe que sa mère, ses frères et sœurs sont là qui le demandent : « Qui est ma mère ? Et mes frères ? » Et, promenant son regard sur ceux qui étaient assis en rond autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m’est un frère et une sœur et une mère. »

Pour ce qui est de la défense de la famille, il confirme bien la légitimité de suivre le commandement « Honore ton père et ta mère », mais on trouve aussi des paroles dures et étranges, comme : « Je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa famille » et « Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. »

Et si on lit attentivement les Pères de l’Église, on verra que leur sens de la famille laissait pour le moins à désirer. Il n’est qu’à voir l’insistance que met Monique, la mère d’Augustin à obtenir de lui qu’il quitte femme et enfant pour s’adonner pleinement à sa vie religieuse. L’Église a fait de l’un et de l’autre des saints…

Voilà qui donne à réfléchir sur le soudain intérêt de l’Église en faveur de la famille.

Loin de moi l’idée de négliger le rôle éminent de la famille pour le bon développement des enfants et leur éducation dans la foi, mais je serais volontiers de l’avis de Jésus, une famille est faite pour être quittée.

Je crains que la surévaluation de la famille à laquelle nous assistons dans le discours de l’Église soit une sorte de compensation. L’Église perdant le pouvoir sur les organisations publiques et politiques le transfère dans la sphère intime et familiale.

Il semble qu’elle ne soit guère plus écoutée… Peut-être parce que sa vocation n’est pas de conserver le pouvoir mais de le perdre ?

 

Afin d’atténuer mon propos, je vous suggère de relire ce bel hymne à la famille qu’est le psaume 127.

 

Heureux tous ceux qui craignent Yahvé
et marchent dans ses voies !

2Du labeur de tes mains tu te nourriras,
heur et bonheur pour toi !
3Ton épouse : une vigne fructueuse
au cœur de ta maison.
Tes fils : des plants d’olivier
à l’entour de la table.

4Voilà de quels biens sera béni
l’homme qui craint Yahvé.
5Que Yahvé te bénisse de Sion !
Puisses-tu voir Jérusalem dans le bonheur
tous les jours de ta vie,
6et voir les fils de tes fils !

Paix sur Israël !

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 23:21


Le mot est plein d’ambiguïté et pourtant, il est la véritable raison d’être de tout le développement du christianisme depuis les origines. L’évangélisation est même le propre du christianisme. C’est ce que fait Jésus. Il ne crée pas de religion, n’établit pas de culte, ne laisse pas de corpus doctrinal. Il annonce « à corps perdu » la nouvelle, la « bonne » nouvelle : il y a un Dieu avec un cœur de père, avec des entrailles de mère, qui prend fait et cause pour l’humanité, qui veut son bonheur, son « Salut ». Et cette annonce, il la scelle, la garantit au prix de sa vie.

Depuis, fini les négociations avec la divinité ; « si je te sacrifie un mouton blanc, tu feras tomber la pluie et retiendras la foudre. », « Si je trouve un juste dans cette ville, tu ne feras pas tomber le feu du ciel ». Non tout cela est terminé. Il n’y a aucun sacrifice à faire pour apaiser un courroux divin. On trouvera des justes puisque c’est Dieu lui-même qui justifie. Et si nous rendons un culte à Dieu, c’est un culte d’action de grâce car tout ce que nous demandons nous est déjà accordé.

Pour évangéliser, il suffit donc d’annoncer, cette extraordinaire nouvelle : « Dieu est avec nous », d’en vivre et d’en témoigner, comme le Christ lui-même l’a fait.

Comme le Christ lui-même l’a fait ! Tout le secret est là.

Pas question d’apporter l’Évangile comme on apporte la civilisation, et malheureusement, souvent de la même main, qui n’était guère tendre.

L’Évangile ne « s’apporte » pas, il se porte. Il se porte à même la peau. Et d’ailleurs sont qui l’ont porté y ont la plupart du temps laissé leur peau, comme le Christ…


On parle aujourd’hui de seconde évangélisation, de nouvelle évangélisation. Il semble que de nouveau, on s’apprête à « apporter » quelque chose. Ne commettons pas de nouveau les mêmes erreurs que par le passé. Certes, on ne risque plus les conversions forcées, mais prenons garde, il est facile de croire que nous savons ce qui est bon pour l’autre. « Que veux-tu que je fasse pour toi, demandait Jésus ». À son exemple, commençons par écouter avant de parler.

Il se pourrait que ce monde ait aussi des choses à nous dire…

 

EVANGELII NUNTIANDI (Exhortation de Paul VI)

7-Jésus lui-même, Évangile de Dieu, a été le tout premier et le plus grand évangélisateur. Il l’a été jusqu’au bout : jusqu’à la perfection, jusqu’au sacrifice de sa vie terrestre.

14-Nous voulons confirmer une fois de plus que la tâche d’évangéliser tous les hommes constitue la mission essentielle de l’Eglise, tâche et mission que les mutations vastes et profondes de la société actuelle ne rendent que plus urgentes. Evangéliser est, en effet, la grâce et la vocation propre de l’Eglise, son identité la plus profonde.

 

100 mots pour la foi


 

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 08:41

 

L’Évangile, tout le monde sait ça, c’est la « Bonne Nouvelle ». C’est même ça que le mot veut dire. Bon ça ne nous empêche pas de dire la bonne nouvelle de l’Évangile à longueur de phrase. Remarquez qu’avec un pareil effet de redondance on est ordinairement dispensé de dire de quoi il s’agit. C’est le genre super-cadeau dont on ne déferait jamais le paquet. Au moins comme ça, on n’est pas déçu !

On a bien tort de ne pas ouvrir le cadeau, c’est-à-dire de ne pas ouvrir les livres des évangiles. Ils sont au nombre de quatre, comme les quatre as, ou les quatre mousquetaires. Ils ressemblent d’ailleurs plutôt aux mousquetaires. Matthieu, Marc, Luc, les synoptiques, qu’on peut quasiment lire en parallèle, sont les trois premiers. Le quatrième, celui de Jean est une sorte de D’Artagnan, qui fait cavalier seul.

Ce qui est frappant, c’est que les évangiles n’ont pas grand-chose à voir avec le catéchisme. D’abord, ils racontent des histoires qui mettent en scène des gens, hommes, pêcheurs, bergers, marchands, soldats, femmes, dames de bien et filles de rien et enfants. Ils sont truffés de petits détails amusants qui si on est un peu attentif nous transportent en un instant les pieds dans la poussière des chemins de Galilée, de Judée et de Samarie. Il fait chaud, froid, le soleil se couche, le vent se lève, les vagues du lac claquent. On croque des épis au bord des champs, on se désaltère au puits, on lève sa coupe chez des amis. Ici, un enfant est malade, là, un homme mendie son pain. Partout, on vit, on mange, on paye ses impôts, on pleure la mort des amis. Et puis on s’interroge, on questionne parfois on réclame, on jalouse et même on jure fidélité et amitié, et puis, on trahit, on renie. Bref, c’est la vie comme elle va et comme elle ne va pas. Bien sûr, il y a le personnage principal, ce jeune homme qui ne laisse personne indifférent, qui bouleverse les foules, retourne les cœurs. Il a un « je-ne-sais-quoi ». Il parle comme personne avant lui. « Mais qui donc est cet homme ? ». C’est la phrase qui traverse tous les Évangile. Et quand nous nous laissons nous aussi traverser par cette question, alors, nous défaisons le paquet cadeau. Alors, la Bonne Nouvelle peut nous atteindre, alors, l’Évangile s’ouvre vraiment. LA Bonne Nouvelle, elle est là, avec cet homme : Dieu n’est ni un grand horloger indifférent au monde, ni un juge suprême. Dieu est un patron qui embauche jusqu’à la onzième heure, un père qui guette le retour du son fils. Et surtout, aussi fou que cela puisse paraître, Dieu a mis les pieds sur la Terre, comme chez lui. La Bonne Nouvelle a bien d’autres accents. Quant à moi, je ne me lasse jamais d’aller à Cana entendre chanter les invités éméchés. J’aime aussi aller à Béthanie admirer la colère et la foi de Marthe, je la trouve « gonflée » d’apostropher Jésus comme ça. Parfois, j’ai le courage de me glisser dans la nuit froide du jardin des Oliviers. Mais là, j’avoue que moi aussi, j’ai peur et je tremble… Allez, vous aussi, ouvrez le livre, Dieu est là !

 

Aujourd’hui, la conclusion appartiendra à l’Évangile de Jean, au chapitre 21, verset 25

« Il y a encore bien d’autres choses qu’a faites Jésus. Si on les mettait par écrit une à une, je pense que le monde lui-même ne suffirait pas à contenir les livres qu’on en écrirait. »

 

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 01:41


 

Non, l’éternité n’est pas une sorte de super Club Med’pour les siècles des siècles. Et heureusement, parce qu’alors, la vieille blague qui dit que « l’éternité, ce sera long surtout vers la fin » serait tristement vraie.

Mais la peur de l’ennui ne suffit pas à désarmer notre désir d’éternité : combien de fois avons-nous souhaité qu’à un instant précis, le temps s’arrête. N’avons-nous pas gémi avec le poète « Ô temps, suspends ton vol ».

Quoi, vous haussez les épaules, vous ne vous laissez pas prendre à ce miroir aux alouettes, vous êtes des esprits forts, vous croyez que ce qui compte, c’est ce qui se passe ici et maintenant, au présent ! Et bien, c’est précisément de quoi l’éternité nous parle. L’éternité nous parle du présent, c’est-à-dire, très exactement de ce à quoi nous aspirons.

Vivre au présent, être pleinement présent à nous-même, aux autres, avoir une parole si vraie, si juste qu’elle serait nous, tout simplement. Alors, nous serions enfin unifiés en nous-mêmes. Ce que nous sommes, ce que nous faisons, ce que nous disons serait parfaitement, exactement ajusté. Comme Dieu, qui fait, qui dit et qui est, d’un seul et même élan de l’être, nous conjuguerions nos vies, nos pensées, nos relations au présent infini, au présent éternel. Oui, comme Dieu ! La vieille promesse, la vieille espérance : « Vous serez comme des dieux », se réalisent, non par le vol, la tricherie, le mensonge, l’orgueil, mais par don de Dieu.

Et nous en avons déjà l’expérience. N’est-ce pas ce que nous éprouvons parfois de façon fugace dans la perfection d’un instant, d’un regard échangé, d’une parole juste et vraie ? Cet incroyable don de la présence à soi-même et à l’autre, cette communion miraculeuse, rares, certes, éphémères, nourrissent en nous le goût de l’éternité.

C’est aussi le don qui nous est fait spécialement dans la communion eucharistique, le don du présent et de la présence, comme un avant-goût de l’éternité. Et d’ailleurs, c’est bien ce que dit le prêtre dans l’une des prières qui précèdent : « Que la communion au Corps et au Sang du Christ nourrisse en nous la vie éternelle ».

Je me rends compte qu’une partie de mon texte est écrit au conditionnel, comme si je ne croyais pas tout à fait à ce que je dis, ou comme s’il y avait des « conditions ». Oui, il y a une unique condition, le désir. Est-il possible de ne pas désirer cette unité, cette union, cette communion ? J’espère que non. Je me murmure à moi-même les beaux mots de saint Augustin : « Tu nous as faits pour toi Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi ».

Très bien me direz-vous, mais l’éternité, c’est pour quand ? Une voix amie me souffle que la première et la dernière Béatitudes sont au présent. Au présent éternel ! Bonne nouvelle, l’éternité, c’est déjà commencé.

 

Évangile de Matthieu au chapitre 5, les Béatitudes

 

" Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux.

Heureux les affligés, car ils seront consolés.

Heureux les doux, car ils posséderont la terre.

Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés.

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.

Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.

Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.

Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux. "

 

100 mots pour la foi

 

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 00:29

 

Il y a deux façons terribles et malheureusement très répandues de parler de l’Esprit Saint. L’une est issue d’un traité de trigonométrie, l’autre de la légende de la fée Clochette.

Dans le traité de trigonométrie, une spécialité pour théologien averti, il s’agit principalement de prouver que les angles du triangle de la Trinité sont tous égaux, en vertu de l’énoncé du Credo qui dit du Saint Esprit, qu’« avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire. »

Ça pourrait être simple, mais le Saint Esprit a une petite tendance à faire un peu ce qu’il veut et il n’est pas aisé de le coincer pour lui faire avouer quels liens il entretient réellement avec le Père et le Fils, de qui il procède, ce qu’il faisait au commencement du monde, et dans les années qui ont suivi. L’affaire a connu un épisode tragique avec la querelle du Filioque, une histoire de traduction qui nous a valu une grosse fâcherie avec nos frères d’Orient. À la suite de quoi, ils se sont nommés orthodoxes pour montrer à quel point ils réprouvaient notre usage tordu du latin. En ces jours-là, l’Esprit Saint avait dû prendre un peu de vacances, car l’esprit de sagesse nous a drôlement manqué.

Beaucoup haussent les épaules devant ces constructions qu’ils jugent trop intellectuelles. Ils n’ont pas tort. Malheureusement, cela peut conduire à transformer l’Esprit Saint en fée Clochette, vous savez, cette petite créature amie de Peter Pan qui secoue les ailes et répand de la poussière d’or. C’est grâce à elle que les enfants s’envolent, et que les grands trois mats s’élèvent dans les airs toutes voiles dehors…

Alors, on y va, une petite pincée d’Esprit saint ici, une autre là, et les soucis s’envolent. Vous avez du mal à y croire ? Ah, hommes, femmes de peu de foi, c’est que vous ne priez pas assez !

Bon, j’arrête de me moquer. Pardonnez-moi, mais cette façon d’instrumentaliser l’Esprit, de le chosifier, de l’asservir ne me laisse pas calme, non plus que les tentatives de le caser dans de lourdes démonstrations dogmatiques.

Car enfin, l’Esprit, comme son nom l’indique, ne se saisit pas. Nous ne le voyons pas, ne l’asservissons pas. Pour tenter d’en parler, on le compare à l’air, au feu, toutes choses qui nous échappent, que nous n’empoignons pas. L’Esprit, nous n’en voyons que les œuvres.

L’Esprit est mouvement, dérangement, il soulève, emporte. À l’intime de chacun, il ouvre nos lèvres pour que nous osions nous tourner vers le Père.

Mais surtout, l’Esprit révèle l’infinie discrétion de l’amour, la discrétion de Dieu, sa patience, sa délicatesse. Par son Esprit, Dieu est là, présent, mais il ne s’impose pas. N’attendons ni magie, ni fracas. Pour agir, l’Esprit n’a que nos bras, pour se faire entendre, il n’a que nos voix.

Viens Esprit Créateur, viens, il y a encore tant à faire !

 

Veni creator spiritus

Traduction officielle pour la liturgie


Viens, Esprit Créateur,

visite l’âme de tes fidèles,

emplis de la grâce d’En-Haut

les coeurs que tu as créés.

 

Toi qu’on nomme le Conseiller, don du Dieu très-Haut,

source vive, feu, charité,

invisible consécration.

 

Tu es l’Esprit aux sept dons,

le doigt de la main du Père,

L’Esprit de vérité promis par le Père,

c’est toi qui inspires nos paroles.

 

Allume en nous ta lumière,

emplis d’amour nos coeurs,

affermis toujours de ta force

la faiblesse de notre corps.

 

Repousse l’ennemi loin de nous,

donne-nous ta paix sans retard,

pour que, sous ta conduite et ton conseil,

nous évitions tout mal et toute erreur.

 

Fais-nous connaître le Père,

révèle-nous le Fils,

et toi, leur commun Esprit,

fais-nous toujours croire en toi.

 

Gloire soit à Dieu le Père,

au Fils ressuscité des morts,

à l’Esprit Saint Consolateur,

maintenant et dans tous les siècles.

Amen.

 

100 mots pour la foi


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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 06:29

 

Je sais qu’il faudrait que je dise de l’Espérance qu’elle est une vertu théologale. Je résiste aisément à la tentation de le faire, tant les deux mots semblent s’opposer à la réalité qu’ils tentent de définir. Rien que le mot « vertu » a je ne sais quel petit parfum moraliste et suranné. Ainsi invoque-t-on leurs trop petites vertus pour flétrir les dames commerçantes de leurs charmes. Quant aux grandes vertus, il me semble qu’elles suscitent plus d’ennui que d’envie ! Il reste l’inélégant théologal, qui même s’il désigne ce qui appartient à Dieu sent quand même la vieille poussière de catéchisme.

Alors, quels mots nous restent-ils pour le dire ? Malgré ma grande estime pour Péguy, je lui laisse la « petite fille espérance ». L’image est certes jolie, prenez le temps de la relire, je la cite au bas de ce mot, mais je ne suis pas très à l’aise avec cette idée de fragilité, de petitesse.

L’espérance n’est pas une petite torche que Dieu aurait consenti à nous laisser pour éclairer nos pas. Ce n’est pas une sorte de consolation qui nous resterait quand tout a échoué, une sorte de promesse un peu vaporeuse. De l’irréel pour combattre l’âpre réalité.

L’Espérance, c’est du solide. Les catéchismes avec leurs gros mots disent vrai, l’Espérance est un bien propre de Dieu car c’est Dieu qui espère le premier.

Si nous espérons, c’est dans l’Espérance même de Dieu. Si rien n’est jamais perdu, ce n’est pas à cause de notre espérance, mais à cause celle de Dieu.

En Dieu, l’amour et l’espérance sont confondus parce que c’est le propre de l’amour d’espérer tout.

Cet amour-espérance est ce que Dieu nous fait connaître de lui. À quoi, il faut bien sûr ajouter le pardon. L’amour qui espère tout, pardonne tout. Tout cela est théorique direz-vous ? Alors, lisez les évangiles avec cette clé de compréhension. En Jésus le Christ, Dieu se révèle. Regardez le Christ en croix, en cette ultime étape, il récapitule tout, l’amour, l’espérance, le pardon : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

L’Espérance nous met debout, nous tire en avant, ouvre nos yeux, nos oreilles, nos épaules. L’Espérance nous soulève comme si nous respirions déjà dans le souffle de Dieu.

L’espérance, ce n’est rien moins que l’avenir que Dieu nous promet, et ça, ce n’est pas petit !

 

 

 

De Charles PEGUY, Le porche de la deuxième vertu


Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’espérance, et je n’en reviens pas.

Cette petite fille qui n’a l’air de rien du tout.

Cette petite fille espérance, Immortelle.

Car mes trois vertus dit Dieu, les trois vertus mes créatures,

mes filles mes enfants sont elles-mêmes comme mes autres créatures,

de la race des hommes.

La Foi est une épouse fidèle. La Charité est une mère,

une mère ardente, pleine de cœur, ou une sœur aînée qui est comme une mère.

L’Espérance est une petite fille de rien du tout qui est venue au monde

le jour de Noël de l’année dernière, qui joue avec le bonhomme Janvier […]

et avec sa crèche pleine de paille que les bêtes ne mangent pas,

puisqu’elles sont en bois.

C’est cette petite fille qui traversera les mondes,

cette petite fille de rien du tout.

Elle seule, portant les autres, qui traversa les mondes révolus.

La petite espérance s’avance entre ses deux grandes sœurs

et on ne prend seulement pas garde à elle.

Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel, sur le chemin raboteux

du salut, sur la route interminable,

Sur la route entre ses deux sœurs la petite espérance s’avance.

 

100 mos pour la foi


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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 00:14


Pour ce qui est de l’enfer, j’invoque le non-lieu, et aussi le non-être, et tant qu’à faire, pardonnez-moi le néologisme, le « non-temps ». En effet, si l’enfer est la privation de Dieu, comment imaginer qu’il puisse y avoir un lieu, un temps, hors de Dieu ? Alors, direz-vous, n’y a-t-il pas d’enfer ?

Bizarrement, si ! Et c’est une nouvelle incroyable à propos de Dieu. Cela signifie que Dieu ne s’impose pas, au point qu’il se laisse rejeter. Dieu accepte que nous lui disions non. Et si nous disons non à Dieu, si nous refusons la vie qu’il nous offre, l’amour auquel il nous invite, alors, sans doute cessons-nous d’être. Si nous choisissons le néant, Dieu nous l’accorde.

Reste à savoir si nous pouvons réellement choisir le néant. En théorie oui, mais en pratique ? Devant la face de Dieu, est-il possible que nous choisissions la mort et le non-être plutôt que la vie, et même, la Vie, avec un grand « V », la vie absolue que nous avons l’habitude de nommer éternelle ?

Je reconnais, que j’ai un peu de mal à croire qu’à l’instant ultime, celui de notre mort, de notre « comparution devant Dieu, nous puissions avoir le cran, l’orgueil, la folie de refuser la beauté, la bonté, la joie, offertes en abondance.

Et si cela était, Dieu n’insisterait-il pas ? Ne reviendrait-il pas à la charge ? Un certain nombre de fois… Mettons soixante-dix-sept fois sept fois, au minimum.

Je peux aussi imaginer que certains puissent ne pas se juger dignes de l’amour et de la vie qui leur seront offerts. Quand on a été blessé, humilié pendant toute sa vie, quand le malheur a été un lot quotidien, on peut avoir du mal à se croire appelé au bonheur. Pour tous ceux-là, je suis bien certain que Dieu sera patient et qu’il saura consoler, apprivoiser.

Mais les vrais méchants me direz-vous, les assassins, les sadiques, ceux qui ont pris leur plaisir dans la souffrance, la torture, la mort, l’humiliation ? Et bien je prie pour que même le pire des criminels ait conservé une part d’humanité, même toute petite, capable d’entendre l’appel ultime de Dieu. Car si cette petite part existe, alors, je crois qu’elle suffit à retourner un être, à reconquérir un cœur et une âme et à amener le pire des hommes à la repentance.

Pour conclure, est-il possible que certains humains choisissent l’enfer ? En théorie, oui, en pratique, j’espère que non.

Quant à moi, quant à nous, préparons-nous, exerçons-nous sans relâche. Choisissons Dieu et la vie dès maintenant et réjouissons-nous dès aujourd’hui du bonheur qui nous est promis, car la promesse du bonheur est déjà du bonheur. Ici et maintenant, mettons notre confiance dans le Seigneur, afin que notre jour « J », soit jour de joie et que nous soyons des enfants reconnaissants qui se jettent dans les bras du Père en disant « Me voici ».

 

Ce que dit le Magistère de l'Eglise catholique :

CEC 1037. Dieu ne prédestine personne à aller en enfer (cf. DS 397 ; 1567) ; il faut pour cela une aversion volontaire de Dieu (un péché mortel), et y persister jusqu’à la fin. Dans la liturgie eucharistique et dans les prières quotidiennes de ses fidèles, l’Église implore la miséricorde de Dieu, qui veut " que personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir " (2 P 3, 9)

 

100 mots pour la foi

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 00:33


Écrire sur le mot Église le jour de la Pentecôte, voilà un hasard du calendrier qui fait bien les choses.

Que voit-on ? Les apôtres claquemurés au Cénacle, petit troupeau qui vient encore de perdre son berger, partagé entre la peur, légitime, et l’espérance, folle. Et voilà que l’Esprit que Jésus leur avait promis les jette dans les rues de Jérusalem. Sans crainte, ils proclament la résurrection du Christ ; « Ce Jésus, condamné, crucifié, il est vivant, Dieu l’a ressuscité, c’est le Seigneur ». Peu importent les variantes de cette première annonce. C’est cela qui fait l’Église. À cause de ce qu’ils entendent, ils sont, disent les Actes des apôtres, trois mille à se joindre aux apôtres et à être baptisés.

Nous en savons assez pour parler de l’Église.

L’Église, c’est un peuple appelé qui se rassemble à cause de ce Jésus en qui la mort est morte.

Ils étaient douze, embryon symbolique du nouveau peuple de Dieu, déjà, ils sont trois mille. L’Église est un peuple qui grandit, qui s’ouvre.

L’Église vit sous l’emprise de l’Esprit, qui balaye les peurs, ouvre portes et fenêtres.

L’Église vit d’une parole qu’elle annonce.

Et cette Église du jour de la Pentecôte, est déjà incroyablement bigarrée, puisque tous les peuples (connus à cette époque) sont représentés à Jérusalem. Et c’est toujours vrai, l’Église n’est pas uniforme, mais elle est pour tous, ouverte à tous, universelle (en grec, on dit catholique).

J’aime beaucoup relire ce texte de la Pentecôte, et je suis frappé par un point. Ceux qui sont prêts à rejoindre les apôtres demandent « Que devons-nous faire ? » et la réponse est simplement : « Recevez le baptême ». Il n’est question d’aucune prescription, d’aucune obligation.

Je rêve d’une nouvelle Pentecôte où tous ceux et celles qui sont « du Christ », découvriraient ce qui les unit au lieu de pointer ce qui les sépare. Je fais le rêve d’un peuple bigarré, rassemblement de ceux qui sont « du Christ », unit par le baptême. Sans doute chacun célébrerait-il dans sa langue et ses traditions, et ses usages. Mais tous proclameraient les merveilles de Dieu et l’Esprit à l’œuvre. Je rêve de l’Église du Christ, unie, catholique, apostolique, pentecôtiste, pneumatique (qui vit du souffle de l’Esprit) évangélique, professant la juste doctrine (orthodoxe) suivante : « Ce Jésus, condamné, crucifié, il est vivant, Dieu l’a ressuscité, c’est le Seigneur ». Alors, l’Église sera vraiment l’Église

Oui, je rêve grand, je rêve fou, mais je crois que Dieu rêve plus grand et plus fou encore, alors, j’espère !

 

CEC 168 C’est d’abord l’Église qui croit, et qui ainsi porte, nourrit et soutient ma foi. C’est d’abord l’Église qui, partout, confesse le Seigneur (" C’est toi que par tout l’univers la Sainte Église proclame son Seigneur ", chantons-nous dans le " Te Deum "), et avec elle et en elle, nous sommes entraînés et amenés à confesser, nous aussi : " Je crois ", " Nous croyons ". C’est par l’Église que nous recevons la foi et la vie nouvelle dans le Christ par le baptême. Dans le " Rituale Romanum ", le ministre du baptême demande au catéchumène : " Que demandes-tu à l’Église de Dieu ? " Et la réponse : " La foi ". " Que te donne la foi ? " " La vie éternelle ".

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