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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 01:17

Au fond, l’idée de concile est la plus naturelle du monde, elle ressort du simple bon sens : on a un problème, on se réunit, on réfléchit, on discute et on décide. On en trouve des traces dans toutes les civilisations humaines, du pow-wow à l’assemblée générale, en passant par les conseils d’anciens et les états généraux.

On notera avec intérêt que ces sortes de réunions dans l’Église se nomment concile ou synode, et qu’il s’agit en fait du même mot, l’un, synode (synodos) étant grec, l’autre concile (concilium) étant latin.

L’Église a une pratique constante et antique des conciles. On nomme parfois « concile de Jérusalem », la réunion des touts premiers « chrétiens » qui traitèrent la question de savoir si les païens qui se convertissaient devaient observer la loi juive ou s’ils entraient de plain-pied par le baptême dans la nouvelle alliance scellée par le Christ dans sa mort et sa résurrection. Sous l’influence de Pierre, le premier des apôtres, entre Jacques, le « frère du Seigneur », qui tenait à la loi juive et Paul qui plaidait pour que le baptême suffît, l’arbitrage fut rendu en faveur de Paul.

Par la suite, il y eut de nouvelles assemblées, plus ou moins locales ou régionales qui prirent le nom de concile, mais le premier « vrai » concile, fut celui de Nicée.

Il fut réuni à l’initiative de l’empereur romain Constantin, qui n’était pas encore chrétien, mais qui avait autorisé le culte et la religion chrétienne et considérait de son devoir de résoudre le grave différend qui opposait les croyants sur la véritable nature du Christ. Le concile rassembla plus de trois cents évêques et déclara que Jésus-Christ était vraiment homme et vraiment Dieu contre le prêtre Arius d’Alexandrie qui le prétendait adopté par le Père et inférieur à lui.

Depuis lors, tous les chrétiens proclament qu’ils croient en Jésus-Christ, « vrai Dieu, né du vrai Dieu, engendré, non pas créé, de même nature que le Père ». Ce concile est dit œcuménique et général, puisqu’il rassemble tous les évêques chrétiens qui ont pu se déplacer.

7 conciles de cette sorte, précèdent la séparation, en 1054, des chrétiens occidentaux (catholiques romains) et orientaux (orthodoxes).

La pratique des conciles fut poursuivie dans les deux Églises. Chez les catholiques romains, après 1054, on en compte 14, le dernier en date, celui de Vatican II, étant le 21ème (7+14). On les dit encore œcuméniques, non parce que des représentants des autres confessions chrétiennes sont présents (ils furent cependant invités comme observateurs au 2ème concile du Vatican), mais parce que les évêques catholiques de toute la terre connue (œkoumène) sont invités.

Pour continuer dans les chiffres, le concile de Latran IV, en 1215, qui fut l’un des plus célèbres du Moyen-Âge, dura quelques jours, et réunit plus de quatre cents évêques. Celui de Trente, qui dura de 1545 à 1563, et dont l’objectif était de lutter contre la réforme protestante fut l’un des plus difficile à réunir et ne rassembla jamais plus de 70 évêques. Pourtant, il marqua si profondément la pratique religieuse pendant quatre cents ans, qu’elle en fut quasiment « figée ».

En 1870, le concile de Vatican I essaie de sauver in extremis les états pontificaux et vote, un peu à la va-vite, l’infaillibilité pontificale, comme s’il fallait rendre en pouvoir spirituel ce que le pape perdait en pouvoir temporel. Au moment du vote, il n’y avait plus que 500 évêques sur les 800 initialement.

Il faut dire que le caractère « politique » des conciles n’était pas une exception, loin de là. Et les autorités politiques, empereurs et rois, quand ils ne convoquaient pas directement les conciles, comme à Constance, y étaient très influents. D’où la question récurrente de l’autorité respective du pape et des conciles.

Cette question n’a plus grand sens, quand en 1959, le pape Jean XXIII convoque un concile de sa propre autorité, que 2500 évêques du monde entier se rencontrent en quatre sessions de 1962 à 1965, et que les textes, votés à des majorités écrasantes (DEI VERBUM, 2344 pour, 6 contre) sont immédiatement promulgués par son successeur le pape Paul VI.

Il est à noter d’ailleurs que le dernier concile n’énonça aucune condamnation ni aucun anathème, ce qui lui vaut d’être appelé concile pastoral. Certains, y voient une faiblesse, quant à moi, j’y vois, pour l’Église, un signe de maturité, et je voudrais « que ça dure ».

 

 

Le 25 janvier 1959, à Saint-Paul-hors-les-murs, en présence de 17 cardinaux, le pape Jean XXIII annonce son intention de convoquer un concile qui sera « une lumière pour l’édification et le joie de tout le peuple chrétien » et « une invitation aimable et renouvelée aux fidèles des Églises séparées à participer avec nous à ce banquet de grâce et de fraternité auquel tant d’âmes aspirent de tous les points de la terre ».

100 mots pour la foi

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 00:10

Voilà un des mots-clés du christianisme, quasiment un passe-partout. Évidemment, dans son sens le plus étroit, on pense à la communion eucharistique. Cela dit, c’est précisément, dans la communion eucharistique que s’exprime le double mouvement de communion qui est le propre du christianisme, communion verticale de chacun avec Dieu et de Dieu avec chacun, et communion des croyants entre eux.

La communion définit un mode particulier de rapport à l’autre, que cet autre soit un frère ou une sœur en humanité, ou l’Autre (en majuscule), c’est-à-dire Dieu. C’est une union sans fusion ni confusion, une unité sans uniformité. Dans la communion, chacun donne tout et reçoit tout sans être dépossédé de lui-même.

Le plus bel exemple de communion est celle des trois personnes de la Trinité. En Dieu le Père, le Fils et L’Esprit donnent et reçoivent tout l’un de l’autre dans une éternelle circulation de l’amour. Les beaux esprits qui parlent latin nomment cela la circumincession, ceux qui pratiquent le grec la périchorèse.

La contemplation de la Trinité, pour peu que nous comprenions un peu ce grand mystère d’amour nous apprend qu’entre les divines personnes, rien ne se perd, mais tout se crée, et en particulièrement nous, pauvres vermisseaux humains, appelés à l’être par la prodigalité de l’amour divin. Pourquoi, comment ? Je ne saurais le dire, car, à la suite de Job, je confesse : « Qui est celui-là qui voile tes plans par des propos dénués de sens ? Oui, j’ai raconté des œuvres grandioses que je ne comprends pas, des merveilles qui me dépassent et que j’ignore. »

Ce que je sais en revanche, et je ne puis que m’en émerveiller, c’est que nous ne sommes pas condamnés à ramper sans espérance loin de la face de Dieu. Et nous ne sommes pas non plus des vers luisants qui contempleraient les étoiles. Nous sommes appelés à entrer dans la communion divine.

Et attention, il ne s’agit pas de nous fondre dans un grand Tout où l’unité de la personne serait dissoute. De la même façon que l’humanité du Christ n’est pas absorbée par sa divinité — les apôtres reconnaissent bien dans le Ressuscité, celui dont ils ont partagé la vie sur les routes de Galilée et de Judée – nous serons nous aussi, au dernier jour, respectés dans notre personne.

Et là, rendus participants de la sainteté de Dieu par pure Grâce, nous serons parfaitement unis à nos frères et sœurs sauvés eux aussi, dans la communion des saints. De nouveau, la communion opère dans les deux sens, avec Dieu et avec nos frères et sœurs.

La communion eucharistique est un avant-goût de ce qui nous est promis, elle n’est pas seulement une « petite » affaire spirituelle entre Dieu est moi. Elle réalise déjà le plan grandiose de Dieu d’unir l’humanité entière et de la combler de sa sainteté et de son amour.

Aussi, lors d’une prochaine messe, nous suggéré-je de lever un peu le nez de notre petit soliloque spirituel et de louer Dieu de nous unir du même geste à lui et entre nous.

 

Je ne voudrais ne pas achever ce petit mot sans rappeler l’immense scandale dans lequel nous osons demeurer, je veux parler de la communion rompue entre frères chrétiens. « Quand donc tu présentes ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis reviens, et alors présente ton offrande ». Voilà le conseil que le Christ nous donne dans l’évangile de Matthieu, au chapitre 5, verset 23 et 24. Puissions-nous l’entendre en vérité.

 

Le Catéchisme de l’Église catholique comptabilisant 313 occurrences du mot communion, il est bien difficile d’en choisir une. Je préfère nous proposer de contempler une image. Il s’agit d’une icône de « Tous les Saints ».

 

saints tous-1

100 mots pour la foi

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 00:10

Décidément, voilà encore un de ces malheureux mots qui s’avance en titubant, tant il est chargé, surchargé de sens, de faux-sens et de contre sens.

Au premier abord, il faut bien dire que ça vous a une fière allure militaire ! « À mon commandement, en avant, marche ! »

Certes, on remarquera que lorsque les Hébreux reçoivent les commandements que Dieu a confiés à Moïse, ils sont justement en train de marcher dans le désert. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que cette marche n’avait rien de militaire. Les « troupes » étaient un troupeau querelleur qui ne cessait de râler contre ce fou de Moïse qui les avait entraînés dans l’aventure, et contre le rata (la manne), qui n’était pas assez varié à leur goût. Chaque jour, on frôlait la mutinerie.

Cependant, quand Dieu confie à Moïse ce que nous nommons les « Commandements », il ne s’agit pas vraiment de remise en ordre ou de reprise en main, sur le thème : « Vous allez voir qui est le patron ! »

En termes contemporains, il s’agirait plutôt d’une « charte », un texte fondateur qui fait date et sert de socle aux relations futures. Et si Dieu n’était pas parti prenant, j’oserais dire qu’il s’agit d’un « gentleman agreement ». De quoi s’agit-il en fait ? Tout simplement d’un accord entre deux parties qui reconnaissent leurs « obligations réciproques ».

D’un côté, Dieu, qui a fait sortir les Hébreux et les a libérés de l’esclavage de sa main puissante, de l’autre, le peuple sauvé qui « en échange » accepte de se soumettre à un certain nombre de règles. La finesse de l’affaire, c’est que ces « commandements » ne sont pas seulement des obligations envers Dieu mais aussi des règles de vie de la communauté. Certes, il est bon d’adorer le Dieu unique et de lui consacrer pleinement une journée tous les sept jours (samedi, jour du Sabbat pour les juifs, qui deviendra dimanche, jour du Seigneur pour les chrétiens), mais il faut aussi respecter ses parents, être fidèle, ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir…

Au temps du Christ, de savants rabbins avaient tenté de « résumer » les commandements, et Jésus le fait sans hésiter de la façon suivante ; il y a deux commandements, l’un ne prévalant pas sur l’autre, puisqu’ils sont semblables, « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu et ton prochain comme toi-même ».

La chose étonnante, c’est que le christianisme, héritier du judaïsme, ne multiplie pas les commandements, au contraire. La loi juive en avait au final identifié 613, en codifiant les plus petites choses. Le christianisme, à l’initiative de Jésus nous laisse un grand commandement à deux faces ; aimer Dieu et notre prochain, ce prochain englobant jusqu’aux ennemis, ce qui certes simplifie les choses mais ne les rend pas plus aisées.

Et voilà où nous en sommes aujourd’hui. Rien n’a changé. Le christianisme n’est pas une religion de prescription. Il n’y a rien d’autre à faire qu’aimer, à tort et à travers, à temps et à contretemps et la longue cohorte des saints et des martyrs est là pour attester que ce n’est pas le choix de la facilité. Parce qu’à la question jusqu’où faut-il aimer, le Christ n’a qu’une seule réponse, jusqu’au bout.

 

La tradition chrétienne considère que les Béatitudes sont, dans l’Évangile, le « pendant » aux 10 commandements.

Je choisis de vous les proposer dans la traduction d’André Chouraqui.

« En marche, les humiliés du souffle ! Oui, le royaume de cieux est à eux !

En marche, les endeuillés ! Oui, ils seront réconfortés !

En marche, les humbles ! Oui, ils hériteront la terre !

En marche, les affamés et les assoiffés de justice ! Oui, ils seront rassasiés !

(…)

En marche, les cœurs purs ! Ils verront Elohîm !

En marche, les faiseurs de paix ! Oui, ils seront criés fils d’Elohîm !

En marche, les persécutés à cause de la justice ! Oui, le royaume des cieux est à eux ! »

Mat 5, 2-10



100 mots pour la foi
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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 00:07

Jacques Prévert, un peu anarchiste et beaucoup poète, n’hésita pas à écrire : « Notre Père qui êtes aux cieux, restez-y, et nous, nous resterons sur la Terre, qui est quelquefois si jolie ». Un bon mot qui pourrait passer pour un blasphème.

Il faut dire que Prévert, qui n’avait aucune sympathie ni pour la maréchaussée, ni pour les forces armées ne tenait pas à ce qu’un Dieu en figure de gendarme vienne instaurer sur la terre on ne sait quel ordre bien pensant, aux dépends, croyait-il, de la fraternité, de la liberté, et surtout de la joie de partager, avec un verre de bon de vin, une miche de pain frais, et peut-être un peu de fromage, le bonheur d’être humains ensemble, tout simplement.

Et bien, Jacques, il y a un détail qui a dû t’échapper, c’est que Dieu, n’est pas resté au ciel. Il est venu sur la terre. Non pour distribuer des bons points ou nous coller des contraventions, mais précisément pour s’asseoir à table avec nous, vider quelques verres, et partager notre pain. Je m’étonne que tu n’aies jamais rencontré un curé sympa pour t’expliquer que Dieu (Jésus) avait une tendance prononcée à aimer faire bombance et qu’il savait « se tenir à table », au point, que ce qui nous est promis « au ciel », n’est rien moins qu’un banquet de viandes succulentes et de vins capiteux.

Cela dit, Jacques, je suis bien certain que maintenant tu le sais, et que toi qui aimais tant la terre et les pauvres humains, tu as trouvé « au ciel » une belle place réservée à ton nom.

 

Bien, cela dit, qu’en est-il exactement du « ciel ». Un certain nombre de religions ont considéré comme probable que le ciel soit l’habitat des dieux. Dans cette vision, les méchants (mauvais dieux ou démons) vivent sous la terre, les humains sur la terre, les dieux dans l’azur. Le ciel est inaccessible, et tenter de s’y introduire expose à la colère divine. C’est vrai des dieux de l’Olympe, mais aussi du Dieu de la Bible dans l’épisode de la tour de Babel.

Cependant, dans la Bible, au fur et à mesure que Dieu se révèle, quelque chose change, et l’étanchéité entre le ciel et la terre n’est plus si certaine. Presque à la même époque, Élie quitte la terre, sans doute pour le ciel, dans un char de feu, et le prophète Isaïe gémit de désir dans la prière qu’il adresse à Dieu : « Ah, si tu déchirais le ciel ». Il est exaucé quelques siècles plus tard, lors du baptême de Jésus, quand enfin, « les cieux s’ouvrent ». Et à partir de la mort et de la résurrection de Jésus, les cieux restent ouverts. Ainsi, symboliquement, à l’heure de la mort du Christ, le rideau du Temple s’est-il déchiré.

Jacob le patriarche avait déjà vu la communication entre le ciel et le terre dans le ballet des anges. Désormais, par le Christ, le ciel vient sur la terre, et en retour, le Christ devient l’échelle par laquelle nous, les humains, allons au ciel.

Et pour avoir un avant-goût du ciel, il n’est qu’à s’asseoir à la table des agapes. À la table eucharistique, quand nous mangeons le pain de la Vie et buvons à la coupe du Salut, nous sommes en communion avec ceux qui au « ciel », sont déjà attablés (salut Jacques), et unis à tous ceux avec qui et pour qui le banquet du Seigneur est célébré.

 

Cette semaine, ceux qui voudront feuilleter le Catéchisme de l’Église catholique iront voir du côté des références 326 ou 2802. Je préfère, quant à moi, vous proposer de lire le Pater Noster de Prévert en entier.

Il me semble que c’est justement pour sauver « cette terre (…) si jolie », telle que Prévert la décrit, que Dieu a déchiré le ciel.

 

Pater Noster

Notre Père qui êtes aux cieux

Restez-y

Et nous nous resterons sur la terre

Qui est quelquefois si jolie

Avec ses mystères de New York

Et puis ses mystères de Paris

Qui valent bien celui de la Trinité

Avec son petit canal de l’Ourcq

Sa grande muraille de Chine

Sa rivière de Morlaix

Ses bêtises de Cambrai

Avec son Océan Pacifique

Et ses deux bassins aux Tuileries

Avec ses bons enfants et ses mauvais sujets

Avec toutes les merveilles du monde

Qui sont là

Simplement sur la terre

Offertes à tout le monde

Éparpillées

Émerveillées elles-mêmes d’être de telles merveilles

Et qui n’osent se l’avouer

Comme une jolie fille nue qui n’ose se montrer

Avec les épouvantables malheurs du monde

Qui sont légion

Avec leurs légionnaires

Avec leurs tortionnaires

Avec les maîtres de ce monde

Les maîtres avec leurs prêtres leurs traîtres et leurs reîtres

Avec les saisons

Avec les années

Avec les jolies filles et avec les vieux cons

Avec la paille de la misère pourrissant dans l’acier des canons.

 


 

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 00:10

Allez, avouons-le, nous n’étions plus si petits que cela quand nous pensions que dans Jésus Christ, Jésus était le prénom et Christ le nom. Et d’ailleurs, avons-nous fait beaucoup de progrès ? Jésus, Christ, Jésus-Christ, Jésus le Christ, Savons-nous ce que nous disons ?

Bon, essayons de trier. Jésus est bien ce que nous appelons un prénom. C’est le nom que l’enfant de Marie et Joseph reçoit à sa naissance. Il est Jésus, fils de Joseph, de la famille de David.

Le choix du « prénom », n’est pas celui des parents, mais celui que l’ange indique. Les deux évangiles qui racontent l’enfance de Jésus, Luc et Matthieu, montrent sur ce point un étonnant parallélisme. À Marie, en Luc, l’ange dit « tu l’appelleras du nom de Jésus », et à Joseph, en Matthieu, il use des même termes : « tu l’appelleras du nom de Jésus ». Exemplaire unanimité ! Encore une preuve de la qualité des anges comme messagers !

Jésus, Yeshoua, en hébreu, est un prénom usité à l’époque, mais non dénué de sens, puisqu’il signifie « Dieu Sauve ». C’est une forme moderne du vieux nom Josué.

Christ, en revanche, est un mot grec. Il est la traduction de l’hébreu mashia’h, Messie. La traduction française est « oint », du verbe oindre. Le mot fait référence au geste par lequel le roi est désigné.

C’est ainsi que le prophète Samuel choisit de la part de Dieu les premiers rois d’Israël, Saül, puis David. Il leur verse de l’huile sur le front. Par ce geste, il matérialise le choix de Dieu. L’huile imprègne celui qui est choisi. Le geste subsiste dans les actes d’onction des rituels de certains sacrements, en particulier le baptême.

Jésus, en étant appelé Christ est donc désigné comme le Oint de Dieu, celui que Dieu a élu.

À l’époque de la naissance de Jésus, le peuple juif, qui a perdu ses rois depuis longtemps, et qui subit la domination des puissances voisines, grecques puis romaines, tente de se consoler de ses épreuves en cultivant une espérance messianique. On espère que Dieu va envoyer un sauveur libérateur.

C’est la question et l’espoir que Jésus va soulever. Est-il le Oint, l’élu de Dieu, celui qui doit venir, celui qu’on attend ? Jean-Baptiste lui fera poser la question. Pierre y répondra le premier à Césarée. Quand Jésus lui-même demande : « Qui dites-vous que je suis ? », il se lance : « Tu es le Christ de Dieu ». La question sera posée, directement à Jésus, au cours de son procès, afin de le mettre en accusation, et plus tard, sur la croix, dans la raillerie : « Si tu es le Christ, sauve-toi toi même. »

Et en effet, par la croix, la mort et la résurrection, la réponse définitive est exposée.

Jésus est bien Christ, choisi et donné par Dieu, pour combattre, triompher et régner. Au détail non négligeable qu’il ne s’agit ni de reprendre la terre d’Israël aux légions romaines, ni de délivrer le peuple de l’occupation militaire, mais de rendre l’humanité à sa vocation qui est d’aller vers Dieu et de la délivrer définitivement du péché, du mal et de la mort.

Voilà, ce que nous affirmons en nommant Jésus « Christ ». Nous affirmons sa victoire définitive et le règne de Dieu qui vient. De quoi en effet, tomber à genoux… À quoi Paul nous invite dans l’Hymne au Philippiens, au chapitre 2, dont voici la finale.

C’est pourquoi Dieu l’a élevé plus haut que tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu’au nom de Jésus, dans les cieux, sur la terre et dans l’abîme, tout être vivant tombe à genoux et que toute langue proclame : Jésus Christ est le Seigneur, pour la gloire de Dieu le Père.



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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 00:43

 

Nos grands-parents ont chanté qu’ils étaient chrétiens et que c’était leur gloire. Deux générations plus tard, on a été pour ou contre l’inscription des racines chrétiennes de l’Europe dans les textes fondateurs. On en déduirait aisément qu’être chrétien est un enjeu d’identité. Être ou ne pas être… En être ou ne pas en être… Hélas, la notion d’identité recèle souvent le germe de l’exclusion. Si je suis, si j’en suis, il y en a d’autres qui ne sont pas, qui n’en sont pas.

Et là, j’avoue que j’ai un problème. Je veux bien admettre que certains soient Français et d’autre pas. Après tout, chacun sa patrie, le lieu de ses pères (et mères) et de ses frères (et sœurs). Mais oserai-je m’approprier le Père et le Frère ? Car si je suis chrétien, j’affirme que je suis « du Christ ». Par lui j’entre dans la fraternité. Par la fraternité, j’entre dans la « filialité ». Si je suis frère ou sœur du Fils, alors, je suis fils ou fille du Père. Cette fraternité, cette filialité me sépare-t-elle des autres ? Les autres, ceux qui ne sont pas chrétiens ne sont-ils ni fils (ni filles), ni frères (ni sœurs) ?

Je peux le croire et me draper dans ma gloire. Dieu me préfère, je suis mieux que les autres. À moi les promesses, à moi le paradis. Aux autres le néant ou l’enfer. Je peux aussi croire que ma qualité de fils (de fille), de frère (de sœur), me donne des droits sur Dieu. Pas touche à mon Dieu ! Propriété privée !

Posons-nous la question à rebours. Celui ou celle qui n’est pas chrétien est-il moins mon frère ou ma sœur que celui qui l’est ? Est-il moins aimé de Dieu celui qui n’a pas reçu le baptême ? Nous hésitons à répondre ; être chrétien, il faut bien tout de même que ça serve à quelque chose ? Non ?

Et bien non, ça ne sert à rien, au sens où ça ne me donne aucuns droits particuliers sur Dieu.

Peut-être cela me donne-t-il des devoirs alors ?

Non, et oui !

… ? Oh, c’est quoi ces complications ?

Bon d’accord, je m’explique. Je crois qu’être chrétien n’ouvre pas d’autre droit que la joie. Le droit à la joie. Pour le dire d’une façon plus religieuse, le droit à l’action de Grâce. Je sais à qui je dois ma joie. Ma joie, c’est le mouvement de l’action de Grâce (autrement dit, eucharistie), qui me tourne vers Dieu, et qui me fait le remercier des biens qu’il me donne, de l’attention qu’il m’accorde, de l’amour dont il me comble.

« Qui donc est l’homme pour que tu t’en soucies, un fils d’homme pour que tu en prennes souci ? » interroge le psalmiste. Et nous répondons, nous sommes les fils et les filles bien aimés. Tous, y compris l’ouvrière chinoise, le paysan indien qui n’ont pas entendu la parole du Christ, qui n’ont pas reçu l’Esprit qui nous fait tendre les mains et user des mots que le Fils nous donne pour nous adresser à notre Père. Nous sommes chrétiens, et voici notre joie.

Bon et la question des devoirs ? Et bien si c’est une joie d’être chrétien, c’est notre devoir de la partager avec ceux qui ne savent pas qu’ils sont aussi les fils et les filles bien aimés. Nous avons le devoir de manifester cette joie, de la rendre contagieuse. Nous avons l’impérieux devoir de les inviter au banquet de la joie. La table est mise pour eux comme pour nous et n’ayons crainte, nous ne serons privés de rien. À la table de Dieu, il y a abondance et même surabondance.

Je sais, c’est difficile à admettre. Nous voudrions bien que les chrétiens (nous) soient quand même un tout petit peu plus aimés, un tout petit peu préférés, rien qu’un peu ! Mais pour nous convaincre, il n’est qu’à lire la parabole du père prodigue. Au fils aîné, celui qui a eu le bonheur de vivre chaque instant avec son père, et qui gémit de jalousie, le père, douloureux répond : « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. »

Alors, c’est quoi être chrétien ? C’est avoir la Grâce de partager déjà ici-bas le bonheur d’être fils (fille) du Père et frère (sœur) du Fils.

 

Ce que dit le Magistère de l'Eglise Catholique :

Lumen Gentium chap 13 : À faire partie du Peuple de Dieu, tous les hommes sont appelés. C’est pourquoi ce peuple, demeurant uni et unique, est destiné à se dilater aux dimensions de l’univers entier et à toute la suite des siècles pour que s’accomplisse ce que s’est proposé la volonté de Dieu créant à l’origine la nature humaine dans l’unité, et décidant de rassembler enfin dans l’unité ses fils dispersés.

 

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 00:54

 

Ouh, le vilain mot, presque une insulte. Écoutez celui ou celle qui revendique sa dignité par ces mots : « je ne demande pas la charité ». Et en effet, quoi de plus condescendant, que de « faire la charité ». On frémit, le mouchoir sur le nez, on laisse tomber quelques sous en détournant le regard. Et cette présence-absence furtive se drape dans la bonne conscience. « Ma main droite n’a pas eu le temps de voir ce qu’a fait ma main gauche », et mon regard ne s’est pas arrêté sur le visage de l’autre.

Bon, heureusement, quand le mot redevient latin, il prend des couleurs et la Caritas crée les organisations caritatives, qui se penchent sur le sort de ceux qui ont besoin d’aide et d’attention. Nous faisons confiance aux organisations caritatives pour restaurer la dignité des personnes et les tourner vers l’avenir. Voilà qui est plus honorable. Cette fois, plutôt que de laisser de la menue monnaie, je fais des chèques ou des virements.

Si je pousse le mot dans ses derniers retranchements, jusqu’en grec, il devient Agapê. Et là, enfin, il s’illumine Il n’est plus question de monnaie, ni de programme d’aide, il est question de relation. L’Agapê est le lien qui nous unit les uns aux autres et qui vient de Dieu.

Je m’explique : la charité est une vertu « théologale ». Comme ses deux sœurs, Espérance et Foi, Charité (Agapê) vient de Dieu. Agapê (Charité), me tourne vers mes frères et sœurs humains parce qu’elle me rend capable de regarder l’autre dans la bienveillance même de Dieu. Ici, on pourrait retourner en français sans passer par la case latine et traduire charité par amour, mais le sens du mot est trop élargi.

Car Charité-Agapê n’a ni la fragilité, ni la volatilité des affections humaines. Elle n’est pas soumise aux variations de nos humeurs et de nos sentiments.

Charité-Agapê est une traite tirée sur le compte de Dieu. Dans Charité-Agapê, nous n’aimons pas de nos propres forces mais dans la force de l’amour de Dieu. C’est donc bien de l’amour, mais pas n’importe lequel..

C’est en ce sens que l’hymne magnifique de saint Paul, dans la première lettre aux Corinthiens, au chapitre 13 n’est pas une vision idéale mais un dévoilement :

1Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, je ne suis plus qu’airain qui sonne ou cymbale qui retentit. 2Quand j’aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j’aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien. 3Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien.

4La charité est longanime ; la charité est serviable ; elle n’est pas envieuse ; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas ; 5elle ne fait rien d’inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s’irrite pas, ne tient pas compte du mal ; 6elle ne se réjouit pas de l’injustice, mais elle met sa joie dans la vérité. 7Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout.

La charité, est cet élan qui me porte vers l’autre humain, mon frère ou ma sœur. Elle est un sceau que Dieu a imprimé dans le cœur de tout humain, une empreinte en creux qui nous porte vers l’autre et nous rend capable de le regarder, de l’envisager. Reste à notre liberté de laisser se déployer cette capacité. Quant à savoir jusqu’où mène cet élan quand rien ne retient son accomplissement ; Regardons le Christ, en lui s’exprime la puissance infinie de la charité divine et l’hymne de Paul est d’abord un portrait du Christ, expression parfaite de la charité.

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 02:22

Il en va de la chair comme de la langue d’Ésope, c’est la meilleure et la pire des choses, le lieu du Salut et de la perdition.

Mais c’est quoi exactement, « la chair ». Dans son étymologie, c’est « la viande », la part de la biologie, le misérable petit tas de cellule, soumis au cycle naturel de la vie et de la mort, au vieillissement et à la corruption.

Cette chair, il nous est facile de la haïr. N’est-elle pas le rappel à l’ordre permanent de notre situation mortelle et contingente. À cause de ma chair, je suis assis ici et non pas là, je sens la faim me tenailler, le froid m’envahir, le sommeil me prendre. Ma chair réclame son dû, soin, repos, reproduction. Car la chair ne veut pas mourir, elle veut se reproduire. Elle me tourne vers la femelle ou le mâle qui permettront à la vie biologique, aux gènes de se prolonger. La chair veut fabriquer de la chair.

Ici commence le conflit. Je ne peux accepter d’être ce morceau de viande indocile et promis à la corruption. Je rêve de dompter la chair, de la soumettre. Ici, c’est moi qui commande, moi, pas mon sexe ou mon estomac !

Voilà la chair, la pire des chose. Et le pessimisme mâtiné de stoïcisme qui est l’une des voies les mieux représentées dans le christianisme ne chipote pas et assimile, pour l’essentiel,  la chair au péché, dans la mesure où la chair, faible, conduit au péché.

Dans ce contexte, le péché de la chair devient le péché par excellence, le péché des péchés. On réussit même à en accuser Adam et Ève et à nous faire croire que le désir de connaissance du bien et du mal désigne symboliquement une séance de « jambe en l’air ».

Avouons que dans cette perspective, il serait bienvenu que Dieu, dans sa bonté nous en libère et fasse de nous de purs et beaux esprits !

Et bien non, ce n’est pas du tout au programme, au contraire ! Au point que Dieu prend chair, oui, notre chair, corruptible. Cette chair qui s’impose à Marie et Joseph et qui les conduit à l’étable parce que le temps est venu, le temps de la chair ! Cette chair qui fait gémir le nouveau-né affamé. Cette chair qui fait chanter les invités de la noce à Cana. Cette chair qui fait pleurer Jésus devant le tombeau de Lazare. Cette chair qui s’épouvante en sueur de sang au jardin de Gethsémani. Cette chair qui succombe dans l’horreur du supplice de la croix. Cette chair qui est portée au tombeau.

C’est cette chair, la chair du Fils de Dieu, qui est relevée, re-suscitée au matin de Pâques. C’est la chair transpercée et tranfigurée du Fils de l’homme que les apôtres reconnaissent et adorent. Thomas tombe à genou : « Mon Seigneur et mon Dieu ».

Eh, oui, c’est bien la chair qui est promise à la résurrection, et nous le proclamons dans le Credo, « je crois à la résurrection de la chair ». La chair transfigurée certes, mais la chair !

Alors, il va falloir « faire avec » notre chair. Il va falloir aller jusqu’à aimer sa faiblesse, parce qu’elle nous rend attentif et compatissant à l’autre qui est de la même chair que nous.

Méditons un instant, saurions-nous aimer si nous n’éprouvions ce tressaillement intime, si nous n’entendions cette voix des entrailles, si nous ne pouvions nous réjouir d’être ensemble, corps à corps, dans les rires des ripailles ou dans l’exultation de l’étreinte amoureuse.

Dieu nous donne chair, et dit que cela est bon. C’est dans la chair que vient le Fils de l’homme, et c’est le Salut de la chair qui nous est promis. Quand même, drôle de religion !

 

Ce que dit le Magistère de l'Eglise catholique.

1015 " La chair est le pivot du salut " (Tertullien, res. 8, 2). Nous croyons en Dieu qui est le créateur de la chair ; nous croyons au Verbe fait chair pour racheter la chair ; nous croyons en la résurrection de la chair, achèvement de la création et de la rédemption de la chair.

 

100 mots pour la foi

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 00:29

Il est paradoxal que le terme désignant la vocation à l’universel (c’est l’étymologie du mot) serve ordinairement à désigner une partie du tout. Les catholiques sont une partie des chrétiens, ceux qui sont « en communion » avec l’évêque de Rome, le pape. Les catholiques sont de religion chrétienne, comme les orthodoxes et les protestants, et de confession catholique. Il est à noter que toutes les grandes familles chrétiennes récitent de la même voix le même Credo, celui que les évêques ont mis au point au cours des Conciles de Nicée et de Constantinople au IVe siècle après Jésus-Christ. Les chrétiens sont donc unis sur l’essentiel et séparés sur les détails. Mais ces détails ont fait couler beaucoup de salive, d’encre et aussi pas mal de sang. Honte à nous !

Il est d’ailleurs à craindre, ainsi que le dit le proverbe, que ce soit le diable, bien plus que Dieu qui soit dans les détails.

Évidemment, chaque confession revendique pour son propre compte la justesse et la pureté de la doctrine, soit en remontant aux origines, comme les protestants, soit en en appelant à la Tradition, comme les catholiques.

Au fond, qu’est-ce qui distingue les catholiques des autres chrétiens ? Peut-être une formidable idée de la communion dans le temps et dans l’espace. Dans l’espace, chaque catholique est lié à son évêque et les évêques du monde entier sont liés entre eux sous la houlette du premier des évêques, celui de Rome. Dans le temps, grâce à la succession apostolique qui fait que chaque évêque a reçu l’ordination et l’imposition des mains d’un autre évêque, qui lui-même l’a reçu d’un précédent et ainsi de suite jusqu’aux apôtres de Jésus. C’est une bien jolie image que cette chaîne de mains étendues sur des successions de fronts à travers les siècles. Évidemment, la contrepartie de cette belle chose est une tendance au centralisme et à l’autoritarisme.

On peut dire rapidement qu’il n’y a guère de différences de fond entre les catholiques et les orthodoxes, mais plutôt des différences culturelles, et qu’avec les protestants, ce serait plutôt l’inverse.

Au final, le plus grave, c’est que nous supportions ces séparations. Le plus scandaleux, c’est que nous (tous les chrétiens), puissions oser trouver des raisons légitimes à ces séparations. Qui sommes-nous pour penser qu’aux yeux de Dieu, nos petits différends puissent avoir la moindre importance.

Je ne demande pas que nous soyons tous identiques, bien au contraire. Il ne faut pas à tout prix chercher le plus petit dénominateur commun qui permettrait d’afficher une union de façade. Il faut oser être frères et différents, aimer ces différences, les chérir, car « il y a beaucoup de maisons dans la maison du Père ». Bien prétentieux celui qui prétend en contrôler l’accès. Au lieu de nous draper dans nos convictions et nos certitudes, nous devrions crever de honte devant nos ridicules querelles. Quel malheur de voir des soi-disant « dialogues œcuméniques » ressembler à une discussion du conseil de sécurité de l’ONU.

Seigneur, pardonne-nous, nous sommes lamentables ! Tous !

 

Ce que dit le Magistère de l'Eglise catholique :

Compendium du Catéchisme de l’Église catholique - 162 - Comme société constituée et organisée dans le monde, l’unique Église du Christ subsiste (subsistit in) dans l’Église catholique, gouvernée par le successeur de Pierre et par les Évêques en communion avec lui. C’est seulement par elle que l’on peut atteindre la plénitude des moyens de salut, car le Seigneur a confié tous les biens de la Nouvelle Alliance au seul collège apostolique, dont la tête est Pierre.

 

 

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 00:10

 

Le caté ! Beaucoup d’entre nous y sont allés, le jeudi ou le mercredi. Ceux qui ont plus de cinquante ans ont récité des réponses à monsieur le Curé, les générations suivantes ont fait des dessins et des découpages avec une « dame caté ». La plupart conservent de bons souvenirs des « copains » et quasiment pas de souvenirs de ce qu’ils étaient supposés apprendre, qu’ils soient issus de l’une ou l’autre des pédagogies, « par cœur » ou « active ».

C’est sans doute parce que personne ne « savait plus rien » que le Catéchisme de l’Église catholique a paru en 1992. Cette opération a été un succès d’édition presque aussi grand qu’Harry Potter, même s’il est probable, sinon certain, qu’Harry Potter a été beaucoup plus lu que le Catéchisme !

Cela dit, me voilà bien mal inspiré de me moquer du Catéchisme, moi qui me pique, précisément au long de ces « mots », d’écrire, en définitive, quelque chose qui y ressemble. Oui, cette centaine de mots, programmée, est une sorte de catéchisme, libéré, autant qu’il est possible, de la gangue du savant sabir ecclésial et doctrinal, que le genre inflige ordinairement.

En ce sens, j’essaie d’être fidèle à l’étymologie du mot grec, katêchein, qui signifie faire entendre, faire résonner. Qu’y a-t-il donc à faire entendre ? C’est une chose inouïe, qui heurte le bon sens, mais qui lorsqu’elle nous atteint, nous transforme : Il y a un Dieu, il est parti-prenant de l’histoire humaine et fait promesse de bonheur à l’humanité. Et ce ne sont pas des mots en l’air, car pour tenir cette promesse, Dieu lui-même, en son fils, Jésus le Christ, s’engage « à corps perdu ».

Le Catéchisme de l’Église catholique, lui, expose la doctrine, le corpus doctrinal. J’avoue que j’ai quelques doutes sur l’utilité de la chose. Pas complètement inutile, mais tellement insuffisante !

Prenons une image. Pour conduire une automobile, il est recommandé de connaître le code de la route. Le Catéchisme pourrait s’y apparenter. Il faut aussi faire l’expérience de la conduite, et donc prendre des cours de conduite. C’est sans doute ce que la catéchèse des enfants s’est honnêtement efforcée de faire. Mais par-dessus tout, conduire une automobile sert à conduire, soi-même et les autres, quelque part. Sauf à désirer être exclusivement pilote de F1, et ne conduire que sur circuit (c’est peut-être l’ambition de quelques théologiens), le plus important dans la conduite, c’est le voyage et le but du voyage.

En bref, le code la route et les cours de conduite, c’est bien, mais c’est mieux de vouloir aller quelque part.

Où allons-nous ? Chez Dieu. Et de plus, nous y allons ensemble, non pas chacun pour soi mais en communion fraternelle les uns avec les autres.

Alors, je vous avoue qu’entre le corpus doctrinal et le Corps du Christ, que sont tous ceux et toutes celles qui dans le sillage de Jésus-Christ vont « chez Dieu », je n’hésite pas, je choisis le Corps du Christ.

 

Ce que dit le Magistère de l'Eglise catholique :

CEC-1- Très tôt on a appelé catéchèse l’ensemble des efforts entrepris dans l’Église pour faire des disciples, pour aider les hommes à croire que Jésus est le Fils de Dieu afin que, par la foi, ils aient la vie en son nom, pour les éduquer et les instruire dans cette vie et construire ainsi le Corps du Christ.

CEC-2- La session extraordinaire du Synode des évêques de 1985 demanda « que soit rédigé un catéchisme ou compendium de toute la doctrine catholique tant sur la foi que sur la morale. »

100 mots pour la foi

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