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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 19:14

 

Le 1er novembre 2010, à Nancy, l’Association Art dernier Nancy lancera son grand projet de valorisation de l’art funéraire contemporain.

Clin d’œil aux « arts premiers » dont la plupart des œuvres sont liées aux rites de passage et à la mémoire, « art dernier » est le nom que Pierre Aubert, initiateur de ce projet, a donné aux créations artistiques liées à la mort et aux funérailles. Depuis 1997 et la création de sa galerie d’art funéraire contemporain au Viaduc des arts à Paris en partenariat avec les services funéraires de la ville, le projet de Pierre Aubert s’est développé et rassemble aujourd’hui tout un collectif qui souhaite inviter créateurs, artistes et artisans (plasticiens, musiciens, paysagistes, carrossiers…) à remettre au cœur d’un des rites les plus importants de nos sociétés la création contemporaine.

Les liens entre la mort et les arts sont évidents. S’il n’est pas impossible que la mort soit même à l’origine des premières œuvres d’art, il est certain que les expressions artistiques qui nous sont parvenues des plus anciennes civilisations y sont liées. Dans le monde occidental, les exemples de sculptures funéraires d’exception mais également de pièces musicales et littéraires s’y rattachant sont nombreux. Pourtant, force est de constater qu’aujourd’hui tous nos morts, à de très rares exceptions, se voient couvrir des mêmes plaques de marbres noires ou grises. Une uniformisation de la mort qui rappellerait volontiers que face à cet événement nous sommes tous égaux mais qui vient en fait nier une des affirmations les plus puissantes des religions chrétiennes et de la culture humaniste, la singularité de chaque être humain.

On pourrait relier ce phénomène à la séparation définitive des vivants et des morts quand les cimetières ont quitté l’ombre des églises pour se retrouver le plus souvent à l’extérieur des villes et des villages dans des parcs plus ou moins paysagés et en déduire que le mort est définitivement sortie de la sphère de la vie. On pourrait également se poser la question de la muséification de certains cimetières, comme celui du Père Lachaise,  où fans et groupes de touristes visitent les tombes célèbres comme on se rend à Saint-Denis pour visiter les tombeaux des rois de France et finir par penser que l’art lui-même a perdu les liens qui l’unissaient à la vie contemporaine. Mais l’engouement pour l’art contemporain et la présence permanente de la mort dans les débats éthiques actuels balaient en partie ces objections.

Peut-être que si la création contemporaine n’investit plus nos rites funéraires c’est que nous ne savons plus enterrer nos morts ? Pour un enterrement émouvant, combien sont de longs moments pénibles ! Et en ces jours où nous allons nous recueillir sur les tombes, combien celles-ci vont nous apparaître une nouvelle fois communes ou sordides, et bien lointaines des personnalités de ceux et celles que nous viendrons visiter.

Pour l’association Art Dernier – Nancy, une des portes d’entrée de ce problème est ce que nous pouvons proposer à ceux qui souhaiteraient une offre personnalisée et artistique. Elle lance donc, par le biais de son site Internet, un appel à projet à destination de tous les créateurs pour recenser des projets de tombes, d’urnes et de cercueils, mais également de lieux architecturaux et paysagers (cimetières et jardins du souvenir), des compositions musicales, liturgiques et florales et de textes littéraires.

Une belle initiative qui nous l’espérons renouvellera le paysage funéraire, tant il est vrai comme le souligne Pierre Aubert qu’« il est incontestable qu’une sépulture « artistique » peut, pour certains, diminuer la peine générée par la disparition d’un être cher. Se recueillir devant un monument personnalisé doit faciliter le douloureux travail de deuil des familles, des proches ou des fans. Le monument artistique dépasse alors le simple fait esthétique et vient se loger dans la philosophie d’un rite funéraire revalorisé. »

 

L’association propose également un concours « grand public » d’épitaphes dont les plus belles ou les plus originales seront présentées lors du premier événement public auquel elle participera, le Salon de la mort au Carrousel du Louvre du 8 au 10 avril 2011 à Paris.


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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 14:58

Soixante-deux verrières et six occulis éclairent l’intérieur de la basilique Notre-Dame d’Espérance de Mézières, mille mètres carrés de vitraux réalisés par l’artiste René Dürrbach et le maître verrier André Seurre entre 1954 et 1979. Un ensemble de cette qualité est certainement unique en Europe et mérite un détour par Charleville-Mézières. René Dürrbach, qui travailla avec Pablo Picasso et fréquenta Fernand Léger, a créé pour cette basilique une unité de lumière dans laquelle se répondent, comme dans le chant d’un psaume, la froideur de la Vierge noire de Mézières et la chaleur de Notre-Dame d’Espérance.


Durrbach.jpg

 

Dans un parcours iconographique allant du « Paradis terrestre » à la « Jérusalem céleste », il nous propose dans le registre bas des représentations abstraites des grands thèmes du cycles de la Vierge et de son Fils, tandis que le registre haut illustre, dans la nef, les principaux noms donnés à la Vierge dans la tradition chrétienne et, dans le chœur, son couronnement.

 

Si l’utilisation de larges filets noirs pour souligner les formes rappelle les vitraux du XIIIe  siècle, l’abstraction des formes nous éloigne de la simple notion de bible des pauvres tant défendue pour expliquer l’omniprésence de l’image dans les églises catholiques. Et pourtant c’est bien vers une lecture des Ecritures que nous conduisent ces œuvres. Les Ecritures non comme paroles figées de Dieu ou suite de péricopes porteuses de morales ou de règles mais bien comme un dialogue entre Dieu et les hommes, un dialogue toujours vivant auquel nous sommes tous invités à participer parce qu’il conduit à notre propre liberté.

 

Il nous est impossible de comprendre ces œuvres abstraites si nous ne rentrons pas dedans, si nous ne les investissons pas de notre regard, de notre culture, de notre vie sensible et intellectuelle. Il nous est impossible de rencontrer le Christ dans les Ecritures si nous n’y plongeons pas tout entier pour que tout en nous s’éclaire du dialogue qu’il nous propose, du chemin de conversion qu’il nous invite à suivre en sa compagnie. Comme les disciples et les apôtres, acceptons de ne pas comprendre du premier coup ! N’y cherchons pas des réponses toutes faites, des recettes à suivre, mais un dialogue qui reste ouvert jusqu’au jour où nous rencontrerons celui qui nous y invite, face à face, dans sa gloire.

 

Le maître de René Dürrbach, Albert Gleizes, grand théoricien du cubisme, disait "Pas d'œuvre d'art vraie qui ne trouve sa justification et son sens dans les besoins physiques et métaphysiques de l'homme" et c’est bien à nos besoins physiques et métaphysiques que la parole de Dieu s’adresse pour nous permettre de devenir pleinement libres et pleinement humains, à l’image de Jésus-Christ.

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 15:46

 

C’est à Prizren, ville du Kosovo, dans le quartier serbe déserté de Polkaljaja, sur le flan de la colline de l’ancienne forteresse médiévale de Kaljaja. Sous la protection des militaires allemands de la KFOR (Kosovo Force), l’église Saint-Sauveur, construite au XIVe siècle et agrandie au XIXe, attend le printemps 2010 pour voir ses fresques du XIVe siècle restaurées et sa structure consolidée.

 

 

Elle est un témoignage de l’architecture et de la peinture murale serbe de la période byzantine, de l’importance d’une ville qui fut sous les règnes des empereurs Duran (1331-1355) et Uros (1355-1371) un véritable centre religieux et politique. Dès cette époque, Prizen, centre diplomatique culture et économique depuis l’époque romaine, a connu des changements de domination. Siège d’un évêché byzantin, elle est passée sous occupation bulgare (1204) avant de devenir serbe (1282).

 

Peu importe que l’on soit Serbe ou Albanais, chrétien ou musulman, cette église n’est pas simplement le témoignage de la présence d’un peuple ou d’une religion, elle est également celui d’un discours créatif de l’homme, d’une histoire, d’un patrimoine commun sans lequel la compréhension de ce territoire ne serait plus possible, sans lequel l’avenir de ce territoire s’écrirait sur du vide. Sauvegarder cette église n’est donc pas seulement restaurer et conserver un patrimoine matériel, aussi beau soit-il, c’est préserver et léguer un patrimoine immatériel, dont tous les hommes sont dépositaires, un patrimoine essentiel qui ne peut que nourrir positivement le développement économique et social de ce territoire.

 

Tel est l’enjeu de l’association Patrimoine Sans Frontières, fondée en 1992, qui lutte pour la sauvegarde des patrimoines matériels (architectures, productions artistiques, etc.) et immatériels (traditions orales, savoir-faire ancestraux) dans les zones touchées par la guerre, la pauvreté, les catastrophes. Dans ces territoires en urgence, elle fait de la sauvegarde du patrimoine un tremplin pour l’avenir selon sa devise : « La survie des hommes c’est aussi leur culture, leur mémoire et leur patrimoine ».

 

Pour l’église de Saint-Sauveur, Patrimoine Sans Frontières est l’opérateur et l’institution coordinatrice d’un projet conjoint du Ministère des Affaires Etrangères de la République Fédérale d’Allemagne et du Ministère des Affaires Etrangères de la République française, à la suite de la décision prise lors de la Conférence des donateurs organisée par l’UNESCO en 2005. Suite aux analyses techniques de ses experts, des travaux de restauration devraient débuter au printemps 2010 et donner lieu à une restitution en partenariat avec l’Institut pour les monuments de Prizren et le Ministère de la culture, de la jeunesse et des sports du Kosovo, sous le patronage de l’UNESCO.

 

Avec 14 projets réalisés, 7 projets en cours, Patrimoine Sans Frontières intervient dans 11 pays. Vous pouvez soutenir ses projets en adhérant à l’association ou en lui faisant un don.

Le 20 mai dernier un comité de parrainage a été créé sous la présidence de Renaud Donnedieu de Vabres pour trouver des partenaires financiers afin de soutenir les projets et aider au financement des frais de fonctionnement de l’association qui compte trois salariés. N’hésitez pas à mettre en contact vos relations pour les aider à poursuivre leurs actions.

 

Patrimoine Sans Frontières : 61, rue François Truffaut – 75012 Paris

01.40.02.05.90 - info@patrimsf.org


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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 22:59
 

 

Compte-rendu de la table ronde de l’IESA sur fidèles et touristes dans les édifices religieux.

 

Ouvrant la table ronde, Mgr Joseph Doré nous invite d’emblée à manier la distinction fidèles/touristes avec prudence. Les fidèles sont invités à découvrir les aspects patrimoniaux et artistiques de leur cathédrale et les touristes qui choisissent de visiter des édifices religieux ne sont pas forcément indifférents à leur spécificité spirituelle. Certes… mais dans ses conclusions, il soulignera que le vrai problème est celui du flux, ce flux qui sépare bien en deux catégories les fidèles et les touristes.

Mgr Joseph Doré aime sa cathédrale et lui a consacré un très bel ouvrage La grâce d’une cathédrale aux éditions La Nuée Bleue (2008). La cathédrale de Strasbourg est la deuxième cathédrale la plus visitée (3 millions de visiteurs par an) après Paris (10 millions). Dans son intervention, il apparaît clairement que le lien fondamental entre l’évêque et sa cathédrale (le nom vient de cathèdre, la chaise de l’évêque) n’est pas qu’une image. S’appuyant sur les catégories «intérieur » et « extérieur », l’ancien archevêque de Strasbourg développe son approche pastorale de la médiation de la cathédrale sous deux angles. L’extérieur, le corps architectural au sens large (bâtiment, objets et œuvres d’art, traces du passé…), appartient à tous sans distinction de croyance. Il est donc le lieu de l’interface entre Eglise et Société. L’intérieur, c’est ce qui rend ce bâtiment particulier, le lien qu’il a à travers l’évêque avec l’Eglise. L’intérieur, ce sont l’évêque, la communauté des fidèles, les grandes célébrations liturgiques (l’ordination épiscopale, les grandes fêtes…), mais également toute la vie de l’Eglise (son attention aux plus pauvres, l’annonce de l’Evangile…) et cet intérieur est proposé à tous. La médiation de cette cathédrale intérieure passe alors par la nécessité de « soigner avant tout et sans cesse la dimension cultuelle de l’édifice ».

Le premier point devient alors essentiel, par la cathédrale l’Eglise s’adresse à tous, fidèles et touristes, et toute l’activité développée dans ce sens (accueil, conférences, concerts, monstration des vitraux, des tapisseries, du trésor…) vise les deux catégories. Parmi ces actes de mise en valeur du patrimoine, le travail effectué par Mgr Joseph Doré de réaménager le chœur, de remplacer l’autel en contreplaqué par un vrai autel, de séparer l’ambon de la parole du pupitre de l’animation liturgique sont tout autant une volonté de redonner une lisibilité de la cathédrale extérieure que le souci de donner à la cathédrale intérieure de meilleurs moyens de s’exprimer.

 

Ces catégories intérieur/extérieur, Alain Erlande Brandenburg, spécialiste de l’art gothique et historien de l’architecture peut les réutiliser pour montrer que si la cathédrale extérieure est l’interface entre Eglise et Société, la cathédrale extérieure est également un intérieur qui structure l’extérieur qu’est la ville ou la cité. Pour mieux appréhender la médiation d’un lieu, la première chose à faire est de comprendre ce lieu. Qu’est-ce que l’église est le titre de son ouvrage qui paraîtra aux Editions Gallimard en 2010. Il y fait une synthèse sur 2000 ans d’histoire des grands moments qui ont structuré un édifice qui est toujours issu d’un double dialogue, celui de l’Eglise et de la Société et celui intérieur de l’Eglise, souvent source de conflits.

Sur la place de l’Eglise dans la cité, deux grandes dates sont à retenir : celle de l’Edit de Tolérance de Constantin (313) et celle de l’essor des cathédrales gothiques au XIIe siècle. Avec Constantin, l’Eglise s’insère visuellement dans la cité à travers trois grands types de bâtiments : les basiliques, les mausolées et les baptistères. En reconnaissant la religion chrétienne, Constantin lui donne également une visibilité au sein de la société. Au XIIe siècle, lors de l'essor des villes, plusieurs évêques vont choisir pour conquérir ou reconquérir les fidèles de reconstruire leur cathédrale. Dans beaucoup de cas cette reconstruction va redessiner une partie de la ville car les évêques vont obtenir l’autorisation de franchir ou de détruire les enceintes antiques, modifiant le tracé des voies liées notamment à l’orientation des édifices induisant la construction d’une façade occidentale destinée aux fidèles amplifiée parfois d’un parvis.

Cette deuxième période est également une véritable révolution pour l’aménagement intérieur des églises. A Paris, les deux tiers de la cathédrale sont destinés aux fidèles ! Les deux autres moments importants à retenir sont évidemment les conciles de Trente et de Vatican II. Mais l’histoire nous montre que l’assimilation par l’architecture des réformes liturgiques est longue et peut s’étendre sur deux siècles. Il est donc très difficile aujourd’hui de pouvoir analyser les conséquences de Vatican II sur l’architecture des églises et des cathédrales, même si l’ecclésiologie mise en valeur à ce concile a eu immédiatement des implications sur la redisposition de l’autel et du sanctuaire.

Devant cette évolution permanente et à cause aussi de la vague de « restauration » due à Viollet le Duc, il est parfois très difficile de comprendre les édifices. De même le déplacement de nombres d’œuvres d’art et de décors intérieurs des églises et cathédrales ont brouillé dans la plupart des cas la cohérence des discours iconographiques. Reprenant l’action de Mgr Joseph Doré, Alain Erlande Brandenburg propose de partir du chœur de l’édifice pour en restituer une meilleure compréhension et particulièrement à l’autel qui est au centre de la lisibilité de l’édifice. Il ne s’agit pas seulement d’ailleurs de soigner la médiation de ces lieux mais souvent de repenser et de restituer la place de l’autel pour que le sens du lieu soit compréhensible.

 

Conservateur général du patrimoine chargé des grands travaux à la Direction de l’architecture et du patrimoine du Ministère de la culture et de la communication et historien de l’art, Denis Lavalle rappelle les trois points essentiels de la politique de l’Etat dans ce domaine : l’apport muséographique pour les trésors, la restauration de ces bâtiments qui représente une part très importante du budget du Ministère et le soutien à l’accueil de créations contemporaines dans ces lieux. A ces trois points essentiels dont il souligne qu’ils se font en étroite collaboration avec les responsables ecclésiastiques, il souhaite en développer un quatrième en mentionnant qu’il devra également être un travail commun : la médiation.

Cette médiation s’appuie sur deux éléments : un système de publications courtes permettant de comprendre la spécificité de ces lieux et le choix pour chaque édifices d’un certain nombre d’éléments à mettre en avant. Prenant l’exemple de Notre-Dame de Paris et de ses 10 millions de visiteurs, il souhaite que la médiation du lieu ne soit pas qu’une affaire de logistique consistant à définir le meilleur circuit pour permettre au flux des touristes de circuler sans risque et sans causer un trop grand trouble pour les fidèles qui souhaitent se recueillir. Dans un lieu comme Notre Dame de Paris, on ne peut évidemment pas penser la médiation en dehors de ce contexte. C’est pourquoi il faut tout à la fois proposer une brochure permettant aux touristes de comprendre le lieu rapidement et choisir quelques éléments clés dans l’ensemble des œuvres qu’elle contient pour lesquels une explication plus longue pourra être donnée. Parmi ces éléments, il regrette notamment que le magnifique tableau des frères Le Nain représentant La naissance de la Vierge ne soit pas accessible. Il s’agit d’une représentation tout à fait originale où le personnage central est la servante qui tient Marie nouveau-né. Qui sait que les frères Le Nain, connus pour leurs scènes décrivant la vie paysanne, ont reçu pas moins de cinq commandes importantes pour des retables à Notre-Dame ?
      
 

Concluant cette rencontre, Monseigneur Joseph Doré, reprenant le titre de son ouvrage, nous rappelle que sa préoccupation première est que la grâce soit accessible au plus grand nombre. Pour cela, trois voies sont à la disposition de l’homme, la voie du bon, la voie du bien et celle qui nous a intéressée particulièrement durant cette heure : la voie du beau.
 
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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 00:25

 

Mercredi débute le salon du patrimoine. Ministère de la culture, collectivités territoriales, associations, consultants en tourisme et en patrimoine, artisans… tout le petit monde qui restaure, anime, gère et fait vivre le patrimoine sera présent au Carrousel du Louvre du 5 au 8 novembre autour d’un thème : « Patrimoine des religions ».

 

Parmi les conférences et tables rondes qui traiteront de ce sujet, l’Institut d’Etudes Supérieures des Arts organise une rencontre entre Monseigneur Joseph Doré, archevêque émérite de Strasbourg, Alain Erlande Brandenburg, conservateur général honoraire du patrimoine et grand spécialiste de l’architecture gothique et Denis Lavalle, conservateur général du patrimoine en charge du suivi des grands travaux à la Direction de l’architecture et du patrimoine au Ministère de la Culture et de la Communication.

 

Au centre de cette rencontre : l’accueil des publics dans les édifices religieux et plus particulièrement dans les cathédrales. Comment faire en sorte que cohabitent dans un respect mutuel les chrétiens qui viennent célébrer et prier et les touristes qui viennent découvrir des trésors d’architecture, de sculpture et de peinture ?

 

Entre l’Etat propriétaire et l’Eglise usufruitière de ces cathédrales, un dialogue s’instaure pour que chacun, religieux ou non puisse pénétrer dans ces lieux et y trouver ce qu’il recherche. Mais pour les uns comme pour les autres, il n’y aurait pire solution que de les transformer en musées. L’Eglise comme l’art qu’elle a produit s’inscrit dans une dynamique, dans un chemin. La plupart de ces bâtiments ont été transformés au cours des siècles, des réformes liturgiques, de l’histoire du goût. Et ils doivent continuer de vivre et d’évoluer, d’accueillir de nouvelles formes artistiques… tout en conservant les productions souvent exceptionnelles et parfois uniques qu’ils abritent.

 

Comme le souligne très justement Alain Erlande Brandenburg, il ne faudrait pas regarder « l’art sacré » comme figé. L’art de l’Eglise exprime une pensée dans des synthèses réalisées par l’homme à des moments précis et à partir de données renouvelées. Le résultat est à l’image de la vie humaine, il n’obéit pas à un déterminisme, il est la longue conversation des hommes qui souhaitent honorer Dieu.

 

Finalement l’enjeu est donc souvent le même pour le chrétien qui vient prier et pour le visiteur qui souhaite comprendre l’art produit dans les édifices religieux : s’intégrer à une conversation de formes, de volumes, de couleurs et de lumières qui tente de dire quelque chose de la foi des hommes.

 

Alors évidemment, il faut s’organiser pour que le flux des touristes ne vienne pas altérer la qualité d’un silence propice à la prière et à l’entrée dans le mystère vers lequel nous tourne ce patrimoine. Mais si la médiation du lieu et des œuvres est bien faite, et si sa logistique favorise un climat d’ouverture à leur compréhension dans leur dimension esthétique, culturelle et spirituelle, il est certain qu’elle pourra tout autant bénéficier aux touristes qu’aux fidèles.

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 12:23

Dans le cadre du Salon du Patrimoine 2009 dont le thème est "Le patrimoine des religions", l’Institut d’Etudes Supérieures des Arts propose une  table-ronde  intitulée « L’architecture religieuse : spiritualité et accueil des publics. Les églises d’aujourd’hui : entre visites et célébrations sacrées ». Il s'agira d'une réflexion  sur l’évolution de l’architecture religieuse et sur la place des fidèles et des touristes aujourd’hui.

Le vendredi 6 novembre 2009 de 14h à 15h à la Salle Delorme – Carrousel du Louvre

 

Texte de présentation :

Aujourd’hui les églises de France attirent toujours les fidèles mais elles s’ouvrent également au public qui veut les découvrir sur le plan du patrimoine comme dans leurs fonctions spirituelles. Ces deux fonctions posent un problème.

D’abord il s’agit d’ouvrir ces édifices le plus largement possible. Est-ce encore possible ?

Ensuite il faut concilier la part de célébration et la part de découverte et de visite. Cela est-il aussi possible ? On comprend donc que notre temps est confronté à une nouvelle utilisation des grands édifices sacrés français. Il suffit d’entrer dans Notre Dame de Paris de nos jours pour prendre conscience de l’ampleur du problème. Cependant les grands édifices de la foi n’ont-ils pas été conçus pour des foules innombrables ?

Sans doute doivent-ils reprendre une fonction d’accueil que les grands âges de l’espérance spirituelle leur avaient donné.

 

Intervenants :

Monseigneur Joseph Doré, Archevêque émérite de Strasbourg, membre du Conseil Pontifical pour la Culture, docteur en théologie, ancien doyen de l’Institut catholique de Paris.

Alain Erlande Brandenburg, conservateur général honoraire du patrimoine.

Denis Lavalle conservateur général du patrimoine, Direction de l’Architecture et du Patrimoine - Ministère de la Culture et de la Communication.

 

 

Contact :

Anissa Abdellatif // 01 42 86 57 11 // a.abdellatif@iesa.fr

L'accès à la conférence est libre mais l'entrée au Salon du patrimoine est payante.

 

L'Institut d'Etudes Supérieures des Arts est un établissement d'enseignement supérieur privé reconnu par le Minsitère de la Culture et de la Communication. Il dispense des formations pour étudiants et pour adultes dans trois départements : marché de l'art, métiers de la culture, multimédia.

 

 

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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 11:23

Béatrice de Andia est un personnage envahissant mais tellement attachant. Quittant l’Action Artistique de la Ville de Paris, où elle a régné de nombreuses années produisant plus d’une centaine d’ouvrages et quatre cents expositions, la châtelaine de la Chatonnière s’est lancée, en 2006, avec toute son énergie dans la protection et la valorisation du patrimoine religieux.

 

Bousculant certains, énervant d’autres, elle a réussi, trois ans après, son pari et les projets de son Observatoire du Patrimoine Religieux se multiplient avec le soutien des pouvoirs publics et de grands industriels : recensement des édifices cultuels français de toute confession dans plus de 40 départements ; mise en place d’une politique de communication et d’information pour la restauration d’édifices grâce à son site et à son blog...

 

Habituée à faire bouger les choses, du moment qu’elles prennent sa direction, cette haute aristocrate, commandeur de l'Ordre national du Mérite, met tous ceux qu’elle rencontre, réellement ou virtuellement, à contribution. De l’internaute aux étudiants d’histoire de l’art, des politiques aux industriels, tous peuvent, c’est-à-dire doivent, contribuer à cette cause qu’elle a su imposer comme essentielle.

 

Une de ses plus belles réussites est assurément « Ma pierre à l’édifice », un concours qu’elle a lancé avec les jeunes de 12 à 15 ans pour créer un inventaire en 3D des édifices religieux avec le soutien de Dassault et de l’Education nationale. Une occasion unique pour ces collégiens d’appréhender sur un projet transversal des sujets d’histoire de l’art, d’histoire générale et de géométrie.


Les missions de l’Observatoire du Patrimoine Religieux (OPR) :

- Recenser les édifices cultuels français de toute confession

Informer sur l'actualité

- Eduquer, avec "Ma pierre à l'édifice", concours ouvert aux collégiens (12 à 15 ans) pour recenser en 3D les édifices cultuels,

- Alerter le public sur les édifices en péril,

- Se réjouir des initiatives et des réussites,

- Favoriser la synergie nationale des actions locales,

- Diriger les internautes vers les personnes compétentes en matière juridique, financière et technique,

- Impliquer les internautes dans cette action en adhérant, recherchant, alertant, participant avec photos et descriptions.

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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 19:04
«J'espère que cela donnera de l'espoir aux jeunes qui se disent : Zumthor l'a fait, nous pourrons le faire aussi, construire la totalité de l'édifice, et pas seulement fournir des images ou des façades.» Peter Zumthor

 

 

 


La plus haute distinction mondiale dans le domaine de l’architecture, le prix Pritzker, a été décernée au suisse Peter Zumthor. Il recevra 100 000 dollars lors d'une cérémonie, le 29 mai prochain à Buenos Aires.

 

Cet architecte-auteur, comme il se plait à le dire, a gardé de ses études d’ébénisterie un goût prononcer pour le choix des matériaux et leur assemblage. Adepte du « sur-mesure », il prend son temps pour concevoir des projets où l’ensemble du bâtiment vient s’intégrer dans le paysage. « Pouvoir construire des bâtiments harmonieux dans lesquels tout est en adéquation, et pas uniquement la façade, est plus important pour moi que devenir riche. » (interview dans le emagazine du Crédit Suisse octobre 2003).

 

Parmi le corpus restreint de ses œuvres, deux chapelles sont emblématiques de son travail et de son engagement : la chapelle Saint-Bénedict et la chapelle dédiée à Saint Nicolas de Flue*.

 

La chapelle Saint-Benedict est un petit édifice, reconstruite tout en bois, en forme de feuille, situé à Sumvitg, une petite commune des Grisons.


Elle s'inscrit parfaitement dans le paysage. L’enveloppe est faite de petites tuiles en bois (tavaillons de mélèze) dont la couleur brun-rouge vire au gris-noir lorsqu'il pleut abondamment.

A l'intérieur,
une ligne continue de lumière naturelle, placée au sommet de la paroi semble décoller la charpente, en forme de coque de navire inversée, du reste de l’édifice.  Les poteaux qui la soutiennent et leur verticalité régulière accentuant l'impression d'élévation.

 



 

La seconde chapelle est une histoire incroyable. L'architecte l'a conçue pour un riche fermier qui souhaitait remercier de Dieu pour sa réussite en faisant bâtir une chapelle pour son saint patron. Contacté par le fermier, Peter Zumthor avait d'abord refusé, puis s'était ravisé. Il a créé un projet que les fermiers et ses amis ont pu réaliser avec les matériaux de la région.


112 troncs de pins de 12 m de haut furent rassemblés en un tipi géant, formant une goutte et dont le sommet laisse passer la lumière et la pluie.  Le sol fut recouvert de plomb provenant des mines voisines. Avec le gravier, le sable et le ciment local, le fermier et ses amis réalisèrent un coffrage de béton tout autour du tipi puis mirent le feu aux arbres.


A l'intérieur, les troncs ont laissé leur marque noircie et le plomb fondu a dessiné des courbes aléatoires. Peter Zumthor fait rajouter 350 billes de verre qui, comme des vitraux, drainent la lumière.

 

Si l'intérieur est minuscule (un banc et une statue du saint), la chapelle inclut a l'extérieur l'ensemble des champs, l'édifice se prolongeant dans la nature par l'intermédiaire d'un banc de béton entourant la chapelle et permettant aux pèlerins de se reposer.

 

*Nicolas de Flüe (1417-1487), est un mystique suisse, fermier, qui, à 45 ans, abandonna son épouse et ses 12 enfants pour devenir ermite. Il joua un rôle capital lors de la Diète de Stans (1481) dans l'élaboration de la Suisse et des liens entre les cantons.

 

 

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