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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 13:53

 

Eloge_VaticanII.jpg

 

Samedi 13 octobre à 14h30, la CCBF et le Théâtre du Rond Point nous invite à redécouvrir le Concile Vatican II en ses textes grâce à un spectacle mis en scène par Danièle Crouzatier.

Une occasion unique de se replonger dans les plus beaux textes produits par les pères conciliaires et de se laisser remettre en route par la brise légère mais vivifiante de ce grand moment de l'Eglise.

Renseignements et réservations : contact.cbf@gmail.com

Venez nombreux mais réservez car le nombre de places est limité.

 

 


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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 01:34

 

Au départ, il y a une performance d’acteur exceptionnelle, celle de Denis Podalydès. Il y a ce texte admirable aussi, drôle et tragique, cette écriture très contemporaine qui convoque l’esprit d’un Londres passé. Mais il y a surtout cette longue introduction qui nous prévient que nous ne sortirons pas indemne de ce spectacle. « Je m’adresse à toi en particulier, Utterson, mais à travers toi, c’est vous tous que je vise, afin que vous repartiez différents de quand vous êtes arrivés. Ce qui va se passer, ici, une petite agitation de vos molécules, un insensible chamboulement intérieur, dont vous saurez plus tard les effets. »

 

On n’y prête pas attention sur le coup. On regarde, on admire, on rit, on frémit. Intérieurement, on connaît l’histoire, on a donc rien à craindre. Et puis, lentement des phrases viennent se loger en nous, nous habiter et une autre voix se met lentement mais sûrement à semer le trouble dans notre compréhension de ce texte.

 

La question de ce petit jeu entre le docteur Jekyll et Mister Hyde, on croit l’avoir réglé, n’être là qu’en spectateur. Le bon docteur Jekyll, cet homme tellement humain, s’ennuie. Homme de science, il se lance dans une savante expérience sur lui-même afin d’isoler l’un des composant de sa dualité et crée le méchant Mister Hyde. Une petite lecture spirituelle plus tard, Mister Hyde est devenu le côté obscur qui sommeille en nous, une personnalisation de Satan qui petit à petit prend entièrement possession de ce pauvre petit Faust de Jekyll. Moralité : il ne faut pas jouer avec le diable.

 

Mais le docteur Jekyll nous a prévenu. Le docteur Jekyll et l’affreux Mister Hyde n’ont pas réellement d’importance. Le sujet c’est l’expérience. L’expérience scientifique. « Scalpel, et hop on coupe dans l’hétérogène jusqu’à isoler un composant entier, intègre, un composant pur, dénué d’altérité. » Séparer, c’est créer.  Dieu crée en séparant. Et ce qui est en jeu dans cette expérience, c’est la pureté de l’être, la pureté au sens de la simplicité. Il s’agit de créer un être simple, débarrassé de cette embarrassante dualité qui nous fait tant souffrir. Certes, Hyde est créé pour être la simplicité de nos petits désirs mais finalement si Jekyll avait isolé ce qui en nous recherche le meilleur, l’être créé n’aurait-il pas été tout aussi terrifiant et cannibale ? N’aurait-il pas été tout aussi violent ? Violent pour le bien mais néanmoins absolument violent, c’est-à-dire refusant le dialogue, refusant la part de vérité qui réside chez l’autre, violent au nom de l’absolu.

 

Cette expérience nous la faisons finalement à chaque fois que nous transformons nos bonnes résolutions en absolus dénoués de toutes contradictions possibles, de tous dialogues salvateurs. A chaque fois, en fait, qu’au nom d’un idéal nous nous prenons pour le Dieu créateur, ce Dieu qui crée en séparant et qui voit que cela est bon. A chaque fois que nos désirs nous poussent à des purismes, des intégrismes et même des ascétismes qui nous éloignent finalement de ce que nous sommes vraiment, des êtres complexes.

 

Et le final nous donne à voir un Mister Hyde, idéalement simple, au quatrième dessous, pitoyable dans son malheur, empreint de tendresse pour ce Jekyll qui n’a pas su trouver le juste équilibre avec lui-même. Il est très loin d’un Satan ce Mister Hyde là !  Il est plutôt terriblement humain, un être fragile affronté au drame de sa vie, au drame d’une simplicité rattrapée par le réel. Et en fin de compte, on se prend à penser : « il faut sauver le soldat Hyde » !

 

Jekyll.jpg

 

 

 

Le cas Jekyll, Théâtre national de Chaillot

jusq'au 23 janvier.

Texte de Christine Montalbetti (Ed. P.O.L)

 

photographie : Elisabeth Carecchio

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 23:19


51 minutes de danse et l’amour est dit.

En sortant de l’Opéra de Lyon après avoir applaudi debout avec toute la salle la performance de Mikhaïl Baryshnikov et Ana Laguna, je pense à l’Eglise. En moins d’une heure, le temps d’une messe, nous avons touché le cœur du mystère de l’amour. En moins d’une heure, un homme et une femme nous ont retournés et émus. En moins d’une heure et sans moyens extraordinaires, sans effets spéciaux, sans autres mots qu’une brève introduction.

Ils ne nous ont pas retournés et émus uniquement parce qu’ils sont des danseurs exceptionnels, mais parce que ce qu’ils  souhaitaient nous raconter de l’amour, de la vie amoureuse avec ses joies et ses peines, nous a touché au plus profond de nous-mêmes. A propos d’une des pièces dansées, Mikhaïl Baryshnikov dit « … ce n’est pas seulement des pas, c’est une histoire que l’on partage. J’aime l’idée que Place, ce duo autour du couple et ses aléas, rappelle au spectateur quelque chose d’intime, l’impression d’avoir vécu cela de l’intérieur. » (Entretien avec  Philippe Noisette dans la revue Danser, octobre 2008).

La magie s’est opérée, le message est passé, une porte s’est ouverte chez les spectateurs pour qui l’histoire racontée s’est directement connectée  à leur vie propre. N’est-ce pas ce dont nous rêvons le dimanche à la messe ? Pouvoir ressentir que la Bonne nouvelle qui nous est annoncée résonne au plus profond de nos cœurs, physiquement. Qu’elle réveille des choses que nous avons vécues, pour être trivial qu’elle nous parle.

Mikhaïl Baryshnikov a 61 ans, Ana Laguna 54 ans, ils ne sont plus jeunes mais les dizaines d’années de travail et de spectacles qui nourrissent chacun de leurs gestes, chacun de leurs regards, sont une expérience qui leur permet d’aller à l’essentiel et de faire entrer les spectateurs dans l’histoire qu’ils dansent. Ah bien sûr, finies les prouesses techniques qui ont fait la réputation de celui qui fuyant l’URSS est devenu la star de l’American Ballet Theatre de New-York. Dans Years Later où il dialogue avec des images d’archives du jeune Baryshnikov, il nous livre une méditation pleine d’humour qui loin de nous faire regretter l’agile danseur d’autrefois, nous fait apprécier l’inouïe profondeur de la pureté de la danse qu’il nous propose aujourd’hui.

On entend trop souvent les arguments sur la « pauvreté » des liturgies post conciliaire pour expliquer le vide des célébrations. C’est peut-être vrai (même si le désengouement pour la messe n’est pas post-conciliaire). Mais nous raconter que les chrétiens ont besoin de rites, d’encens, de lustre,  pour entendre le « message de la messe » est une ânerie.  Mikhaïl Baryshnikov et Ana Laguna nous montrent le contraire. Ce n’est pas ce qui est exposé qui touche (qu’ils s’agissent de la technique remarquable du jeune Baryshnikov ou de l’abondance des signes, ornements et richesses liturgiques), c’est ce qui est exprimé, vécu. Et pour atteindre ce vécu, la simplicité et l’expérience sont visiblement les meilleurs media.

Le véritable problème finalement est de savoir si l’on préfère faire passer la grandeur de l’Eglise ou l’amour de Dieu qui appelle chaque homme et chaque femme  à l’accueillir dans son cœur.  La simplicité et la pureté de la danse de ces deux interprètes de génie (la qualité des chorégraphies également bien évidemment) n’est pas une liturgie à la gloire des danseurs, juste un art de faire naître une communion des spectateurs  autour d’un amour ressenti par chacun selon son histoire, donné à voir par eux  selon leur sensibilité. Peut-être que le fait que le message nous soit délivré par un homme et par une femme, avec les différences et les complémentarités d’expression que cela représente également, n’est d’ailleurs pas pour rien dans cette sublime réussite de transmission.

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