Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 17:38

 

Luc nous raconte que l’ascension du Seigneur a lieu au terme d’une période de quarante jours après la Passion. Comment ne pas voir alors dans cette précision ainsi que dans la référence au baptême de Jean un très joli chiasme qui exprime la fin d’un cycle.

A : Le baptême de Jésus où l’Esprit descend sur lui et où Dieu déclare « C'est toi mon Fils : moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. » (Lc 3, 22).

B : Les quarante jours au désert de Jésus

B’ : Les quarante jours du temps des apparitions où le Christ enseigne aux apôtres : « Il fallait que s’accomplisse ce qui était annoncé par l’Écriture ; les souffrances du Messie, sa résurrection d’entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. » (Lc 24, 46-48)

A’ : l’ascension du Seigneur et l’annonce de la Pentecôte.

 

L’Ascension marque la fin de la présence du Christ parmi les hommes. Ou plus exactement la fin d’une certaine forme de présence physique du Christ parmi les hommes. Car, là encore, la dernière question des disciples « Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? » n’est pas sans référence à la première parole publique de Jésus après les quarante jours au désert :

 

« Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l'habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres,et aux aveugles qu'ils verront la lumière,apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. » (Lc 4, 16-21)

 

En leur demandant de témoigner que c’est aujourd’hui que s’accomplit la promesse de Dieu, le pardon des péchés à toutes les nations, il les invite, comme tous les baptisés fortifiés par l’Esprit-Saint, à faire vivre son Corps mystique et à le rendre présent.

 

« C'est vous qui en êtes les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus d'une force venue d'en haut. »  (Lc 24, 46-50)

 

Ne restons donc pas les yeux tournés vers le ciel, mais préparons nous à recevoir l’Esprit-Saint de la Pentecôte pour être à notre tour les fidèles témoins de Jésus-Christ. « Continuons sans fléchir d'affirmer notre espérance, car il est fidèle, celui qui a promis. » (He 10, 23). C’est tourné vers les hommes et les femmes de toutes les nations et non vers le ciel que nous pouvons redire les paroles de l’anamnèse : Christ est venu, Christ est né. Christ a souffert, Christ est mort. Christ est ressuscité, Christ est vivant. Christ reviendra… Christ est là.

Repost 0
Published by Berulle - dans Spiritualité
commenter cet article
8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 19:00

Il n’y aura pas de temple dans la Jérusalem céleste. Pas de temple, pas de religion. Simplement l’amour, selon la parole de Jésus : « Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. » (Jn 14). Le peule rassemblé et son Dieu demeurant auprès de lui.

Pourquoi respecter des règles alors ? Dans la petite crise racontée par Luc dans les Actes, la question est de savoir s’il faut ou non être circoncis pour entrer dans le nouveau Peuple de Dieu qu’est l’Eglise, être circoncis comme le veut la tradition du Peuple de Dieu selon la loi de Moïse. La réponse donnée par ce que nous appelons couramment le Concile de Jérusalem est double : la circoncision n’est pas nécessaire pour les païens, mais afin de permettre aux chrétiens issus du judaïsme et respectant la loi de Moïse et aux nouveaux convertis de s’asseoir à la même table on leur imposera quelques règles alimentaires issues de la loi de Moïse.

Si on relit l’ensemble du chapitre 15 des Actes on s’aperçoit que, dans cette décision, deux axes prédominent : ne pas faire porter un fardeau trop lourd aux nouveaux convertis, un fardeau trop lourd pour les juifs eux-mêmes, et préserver la communion. On s’aperçoit également que ce ne sont pas les règles et la tradition qui sont mis au cœur du questionnement mais le témoignage des œuvres de Dieu dans la communauté d’Antioche : « Alors toute l’assemblée fit silence. On écoutait Barnabé et Paul exposer tout ce que Dieu avait accompli par eux de signes et prodiges parmi les païens. »  (Ac 15, 12).

Car si l’Eglise a été instituée, c’est bien pour témoigner que Dieu reste présent auprès de son Peuple. « Je vous dis tout cela pendant que je demeure encore avec vous ; mais le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » (Jn 14). Un Dieu libre qui a choisi de proposer son alliance à tous les hommes et toutes les femmes en leur communiquant son Esprit. « Et Dieu, qui connait les cœurs, a témoigné en leur faveur, en leur donnant l’Esprit Saint tout comme à nous. » (Ac 15, 8). L’Esprit saint qui, comme le rappellent les apôtres, décide de ce qui est bon.

Ce premier concile est donc un concile pastoral et sa décision a changé l’avenir de l’Eglise. Les principes qui ont éclairé cette décision sont toujours valables : la sollicitude et la communion enseignée par le Christ, seule lumière. « La cité n'a pas besoin de la lumière du soleil ni de la lune, car la gloire de Dieu l'illumine, et sa source de lumière, c'est l'Agneau. » (Ap 21,23). Pastoral… il serait temps de redonner à ce mot sa juste valeur car que pourrait-il y avoir de plus grand que ce qui est issu de l’Agneau pasteur. Qu’est-ce qu’un dogme ou une tradition face à l’amour de Dieu ?

Repost 0
Published by Berulle - dans Spiritualité
commenter cet article
2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 23:50

 

« Voici la demeure de Dieu avec les hommes, il demeurera avec eux et ils seront son peuple, Dieu lui-même sera avec eux. » (Ap 21, 3)

Voilà le but ultime de l’Alliance nouvelle entre Dieu et les hommes. L’Alliance que Dieu avait passée avec le peuple élu, cette alliance mainte fois reproposée malgré les errements de ce peuple, notre Dieu qui fait toutes choses nouvelles la propose aujourd’hui à tous les hommes et à toutes les femmes en Jésus-Christ.

En glorifiant Dieu, il a été glorifié. Cette pleine communion vécue avec le Père, il offre à tous de la partager en devenant membre de son corps par le baptême, un baptême à vivre chaque jour de notre vie jusqu’au jour où nous serons tous rassemblés dans la Jérusalem céleste, là où Dieu vivra au milieu de son peuple.

Déjà aujourd’hui nous sommes appelés à former ce peuple de Dieu en agissant avec Dieu et en lui rendant gloire, comme Paul et Barnabé. « A leur arrivée, ayant réuni les membres de l’Eglise, ils leur racontaient tout ce que Dieu avait fait avec eux et comment il avait ouvert aux nations païennes la porte de la foi. » (Ac 14, 27)

Pour réaliser cette tâche, Jésus, au moment où il allait les quitter, a donné à  ses disciples un seul commandement : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres. » (Jn 13, 34-35)

Ce commandement, le Concile Vatican II (Lumen Gentium 31) le traduit autrement en rappelant que toute personne incorporée au Christ par le baptême est intégrée au Peuple de Dieu, et participe à sa manière de la fonction sacerdotale (célébration), prophétique (annonce) et royale (vivre l’Evangile au quotidien) du Christ, qu’elle exerce pour sa part, dans l’Église et dans le monde, la mission qui est celle de tout le peuple chrétien : faire advenir le Royaume de Dieu.

Nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés, c’est redire avec Dieu lui-même, à chacun de nos frères et à chacune de nos sœurs que l’Alliance nouvelle qu’il nous propose est bien réelle et en témoigner chaque jour par notre vie, avec la sollicitude et la patience qui le caractérisent.

Témoins de Dieu, baptisés membres du corps du Christ, nous pouvons dès aujourd’hui faire advenir le Royaume de Dieu en nous aimant les uns les autres comme Jésus a aimé, comme Dieu ne cesse de nous aimer. Nous serons alors son peuple et il vivra au milieu de nous.

Avec Dieu, en Jésus-Christ, essuyons toutes larmes de leurs yeux et la mort n’existera plus.

Repost 0
Published by Berulle - dans Spiritualité
commenter cet article
24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 11:59

 

Voilà un drôle de découpage de l’Evangile. En introduction au passage de Jean annoncé (Jn 10, 27-30), on a rajouté une phrase reprenant l’affirmation de Jésus « Moi, je suis le bon pasteur. » (Jn 10,11) encadré d’explications narratives « Jésus avait dit au juif » et « il leur dit encore ». Pour ma part j’aurais préféré, comme c’est un texte particulièrement court, qu’on nous cite la question des juifs à laquelle Jésus répond : « Jusqu’à quand vas-tu nous tenir en haleine ? Si tu es le Christ, dis le nous ouvertement. » (Jn 10, 24) et la réaction de ses interlocuteurs « Les juifs apportèrent de nouveau des pierres pour le lapider. » (Jn 10, 31).

 

Parce que la question du « bon pasteur », en effet, c’est la question du « Christ » et de l’accomplissement de la promesse faite par Yahvé à son peuple, à son troupeau. Dans les liturgies des dimanches de Pâques on ne lit pas de textes de l’Ancien Testament. Il faut pourtant pour bien comprendre la question des juifs et l’annonce de Jésus avoir en tête, au minimum, les prophéties d’Isaïe (49, 9-10) et d’Ezechiel (34, 11-31).

« Ils paîtront le long des chemins sur tous les monts chauves ils auront un pâturage. Ils n’auront plus faim ni soif, ils ne souffriront plus du vent brûlant ni du soleil, car celui qui les prend en pitié les conduira, il les mènera vers les eaux jaillissantes. » (Is 49, 9-10).

« Car ainsi parle le Seigneur Yahvé : Voici que j’aurai soin moi-même de mon troupeau et je m’en occuperai. […]Je susciterai pour le mettre à leur tête un pasteur qui les fera paître, mon serviteur David : c’est lui qui les fera paître et sera pour eux un pasteur. [...] Et vous mes brebis, vous êtes le troupeau humain que je fais paître, et moi je suis votre Dieu, oracle du Seigneur Yahvé. » (Ez 34, 11.23.31)

 

La réponse de Jésus est très claire. Il est le bon pasteur. Il est le Christ. Il est Dieu qui vient prendre soin de son troupeau. « Le Père et moi nous sommes UN. » (Jn 10, 30). On comprend alors pourquoi les juifs qui refusent de reconnaître en Jésus le Fils de Dieu voient dans cette réponse un blasphème et cherchent à le lapider.

 

Car le problème est bien celui de la reconnaissance. Cette reconnaissance à laquelle Jésus nous appelle à travers l’Evangile en nous posant la question « Et pour vous qui suis-je ? ». Nous reconnaissons dans les paroles de Jésus celui qui nous connaît. Et c’est parce que nous acceptons de rentrer par le Christ dans ce lien d’amour qui unit le Père et le Fils que nous obtenons la vie éternelle qui nous est offerte. « Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut rien arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. » (Jn 10, 27-30).

 

Jésus est le bon pasteur et l’agneau qui s’offre par amour pour que plongés par le baptême dans sa mort et sa résurrection nous soyons avec lui toujours vivant. « Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l'Agneau. » (Ap 7, 17). Peut-être est-il fait ici plus particulièrement référence aux martyrs de la foi ? Mais finalement il s’agit bien toujours d’une reconnaissance active, du témoignage que Jésus est bien le Christ qui dans sa mort et sa résurrection nous a ouvert largement les portes de la vie éternelle.


Et cette vie éternelle est offerte à tous les hommes et à toutes les femmes comme le souligne le passage des actes que nous entendons. « C'est à vous d'abord qu'il fallait adresser la parole de Dieu. Puisque vous la rejetez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! Nous nous tournons vers les païens. C'est le commandement que le Seigneur nous a donné : J'ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu'aux extrémités de la terre. »  (Ac 13, 46-47)

 

Un passage qui engage toute l’Eglise et chacun d’entre nous, comme récepteur de la parole de Dieu et comme témoin.

Un passage qui une nouvelle fois nous pose à nous comme aux juifs de Paul et Barnabé la question de la reconnaissance. Sommes nous toujours à l’écoute de la Parole de Dieu, cette parole qui nous lie au Christ, nous fait rentrer dans la communion avec le Père, nous rend digne de la vie éternelle ?

Un passage qui nous questionne sur notre rôle de témoin de cette parole. Sommes nous toujours sur les chemins du monde pour faire entendre cette parole et permettre à tous les hommes et toutes les femmes de reconnaître Celui qui les connaît ?

Les interlocuteurs juifs, peut-être trop certains de détenir Dieu, n’ont pas su entendre la Parole. L’Eglise, comme chacun d’entre nous, a toujours à se méfier d’être atteinte de cette même surdité du coeur.

Car nous ne sommes propriétaires de rien d’autre que de la reconnaissance que nous pouvons avoir en Celui qui est pour nous le bon pasteur.

Repost 0
Published by Berulle - dans Spiritualité
commenter cet article
18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 23:55


Elle est étrange cette dernière scène de l’Evangile de Jean, cette troisième apparition du Seigneur aux apôtres. Etrange et inattendue.

A la fin du chapitre précédent, l’évangile de Jean était achevé. Déjà la nouvelle apparition de Jésus pour conforter Thomas dans sa foi ressemblait à une leçon de révision, à un briefing ultime avant que ne débute ce temps de la mission des apôtres, ce temps de l’Eglise. La parole de Jésus - « Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. » - signifiait tout à la fois qu’il était bien le Jésus qu’ils avaient connu, leur maître mort sur la Croix, et que, dorénavant, seul le témoignage des apôtres et des disciples permettraient à la foi de se propager. Jésus, lui, retournait auprès de son père et de notre père, de son Dieu et de notre Dieu.

Tout en effet avait déjà été dit lors de la première apparition, le premier dimanche, quand, après avoir entendu le témoignage de Marie de Magdala, les disciples avaient reçu la visite du Seigneur qui les avait envoyé en mission en leur communiquant son souffle de vie : « Paix à vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. » (Jn 20, 21-23).

 

Pourquoi cette troisième apparition alors et que font donc les disciples à pêcher au bord du lac de Tibériade au lieu de prêcher la Bonne Nouvelle ?

Cette scène étrange nous rappelle évidemment l’appel des quatre premiers disciples autour d’une pêche miraculeuse dans l’Evangile de Luc (Lc 5, 1ss). Nous sommes à un point de départ mais le récit va nous montrer que nous ne sommes pas revenus en arrière. Et ce point de départ, c’est celui de la mission qui leur a été confiée.

Entraînés par Pierre, les disciples se jettent à l’eau mais visiblement les résultats sont inexistants. Il leur faudra attendre les indications de Jésus pour que les filets se remplissent d’une multitude de poissons. Une manière de nous dire que nous ne pouvons proclamer la Bonne Nouvelle si nous ne sommes pas d’abord nous-mêmes à l’écoute du Christ.

C’est au fruit de leur pêche que les disciples reconnaissent le Seigneur et qu’ils vont à lui. Une manière de nous dire que c’est dans l’activité missionnaire que nous découvrons et rejoignons le Christ.

Arrivée auprès de Jésus, les disciples découvrent un feu de braise avec du poisson et du pain. Une manière de nous dire que le repas auquel nous sommes conviés est déjà commencé, que le Christ ressuscité nous attend à sa table déjà dressée. En ce sens, nous ne sommes pas revenus en arrière. La résurrection du Christ a ouvert un temps nouveau. Les noces ont débutées.

Jésus appelle les disciples à apporter le fruit de leur pêche. Une manière de nous dire que ce don que Dieu nous fait nous avons à le présenter nous même, à l’offrir nous même dans la communion qui nous lie au Christ.

153 poissons, un nombre qui signifie la plénitude et la totalité. Une manière de nous dire que toute l’humanité est appelée au repas du Seigneur.

 

Car cette troisième et dernière apparition du Christ nous conforte comme la précédente avait confortée Thomas. Le temps de la mission sera peut-être long et difficile jusqu’au retour du Seigneur mais la communion avec le Ressuscité est déjà là et nous pouvons la vivre dans l’Eucharistie, le partage du pain auquel Jésus nous appelle « Venez déjeuner. »

 

Il est apparu trois fois comme il pose trois fois la question à Pierre pour sceller cette nouvelle alliance, ce nouveau contrat fondé sur l’amour de Dieu et le souci de nos frères. Car qu’il s’agisse de la mission qu’il nous confie à nous, ses disciples, ou de la mission particulière qu’il confie à Pierre, la répétition de son questionnement n’est pas fondée sur une méfiance ou une défiance qu’il serait en droit d’avoir mais sur l’amour qu’il nous porte. Un amour qu’il ne cesse de nous donner. Un amour qu’il nous appelle à partager avec lui et avec nos frères.  

Repost 0
Published by Berulle - dans Spiritualité
commenter cet article
11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 00:47


« Cependant tout le peuple faisait leur éloge, et des hommes et des femmes de plus en plus nombreux adhéraient au Seigneur par la foi. » (Ac 5, 14)

Comme nous aimerions voir cette phrase s’étaler à la une de nos journaux. Malheureusement tel n’est pas le cas et certains d’entre nous s’en plaignent avec véhémence, allant jusqu’à crier au complot médiatique. Ne serait-il pas plus sage de nous poser humblement la question des signes et des prodiges que nous donnons à voir aujourd’hui ? Ces signes et ces prodiges que Dieu réalise dans le peuple par les mains de ses apôtres. Ne serait-il pas plus sage de nous questionner humblement sur le témoignage que nous rendons à Dieu avant de nous questionner sur celui que le monde rend à l’Eglise ? Car, si je suis catholique et crois profondément que l’Eglise annonce et instaure le Royaume de Dieu, manifesté dans le Christ (cf. Vatican II, Lumen Gentium, 5), ce qui m’intéresse en premier lieu c’est que mes frères et mes sœurs adhèrent au Seigneur.

 

Et la première chose que nous devons nous rappeler, c’est qu’en tout temps, et particulièrement dans les temps difficiles, comme pour Jean à Patmos, ce n’est pas notre parole qui importe mais celui qui est le Verbe de Dieu et qui nous répète sans cesse : « Sois sans crainte. Je suis le Premier et le Dernier, je suis le Vivant : j'étais mort, mais me voici vivant pour les siècles des siècles, et je détiens les clés de la mort et du séjour des morts. » (Ap 1, 17-19). C’est lui, le Christ, Jésus ressuscité qui attire les hommes et les femmes pour leur donner la vie éternelle. Ce que nous célébrons dans ce temps pascal c’est ce signe et ce prodige qui permet d’adhérer au Seigneur dans la foi. C’est de cela que nous avons à être les témoins.

 

Et Thomas, dont l’exclamation de foi retentit dans l’Evangile de Jean « Mon Seigneur et mon Dieu », nous rappelle dans son questionnement que le signe et le prodige réside dans le fait que le Ressuscité est bien le Jésus qu’il a côtoyé, cet homme avec lequel il a vécu et qui a témoigné de l’amour de Dieu jusque sur la Croix. Les plaies qu’il souhaite toucher, c’est la chair du Ressuscité. Car quel serait le sens de la vie éternelle si celle-ci n’avait aucun lien avec la vie humaine ? Et peut-être est-ce là que notre témoignage pèche ? Nous proclamons à la face du monde un Christ ressuscité mais ce même monde semble entendre dans nos propos un mépris de la vie humaine et de ses errements. Nous apparaissons dans notre discours « officiel » comme les apôtres d’une vérité désincarnée, contredisant ainsi les actes évangéliques que tant de chrétiens posent au jour le jour dans leur engagement envers les plus défavorisés. Contrairement à Jésus qui accueillait, mangeait avec les pécheurs, remettait en route les égarés, nous semblons incapables d’avoir une parole publique qui soit en adéquation avec nos actes. Or, notre responsabilité devant Dieu ne peut pas simplement consister à être certains que ce que nous proclamons est la Vérité mais également, et peut-être surtout, que cette Vérité soit entendue par nos contemporains pour ce qu’elle est : l’amour de Dieu qui appelle chacun d’entre eux, dans sa vie, dans sa chair, à la vie éternelle.

 

En ce deuxième dimanche de Pâques, nous pouvons prier pour que notre parole publique, tout comme nos actes, témoignent de la charité du Christ, de cet amour bienveillant qui jamais n'exclut.

 

Alors peut-être aurons-nous la joie de pouvoir lire un jour dans les pages de nos journaux « On allait jusqu'à sortir les malades sur les places, en les mettant sur des lits et des brancards » ou « Et même, une foule venue des villages voisins de Jérusalem amenait des gens malades ou tourmentés par des esprits mauvais ». Car pour les signes et les prodiges, nul doute que Dieu sera lui-même au rendez-vous.

Repost 0
Published by Berulle - dans Spiritualité
commenter cet article
4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 23:46


Nous avons suivi le Christ et nous l’avons écouté. Nous avons été au dernier repas, au jardin et au pied de la Croix. Nous avons vécu une journée d’attente. Nous avons contemplé le tombeau vide. Nous avons fêté, dans nos églises et entre nous, la victoire de la Vie sur Mort.

 

Et maintenant…

 

Demain, dans les rues et dans le monde, rien n’aura changé. L’injustice et la mort seront toujours présentes. La joie formidable que nous avons célébrée ne sera pas plus visible qu’hier. Nous chercherons en vain le Christ ressuscité. Rien n’aura changé, car finalement rien n’a changé au lendemain de la Croix, rien n’a changé au lendemain de la Résurrection. Aucun bouleversement n’est advenu.

 

Du tombeau vide, aucune légion d’anges n’est sortie. Du tombeau vide, aucune source d’eau vive n’a jaillie. Et pourtant, ce tombeau vide a changé la vie d’un grand nombre d’hommes et de femmes. Car le vide de ce tombeau illumine tout l’enseignement de celui qui a été crucifié.  

 

Demain, dans les rues et dans le monde, rien n’aura changé si nous n’avons pas changé nous. Radicalement. Rien n’aura changé si nous ne décidons pas de croire vraiment à la Résurrection, si nous ne décidons pas de croire que l’échec de la Croix est un bouleversement du monde.

 

Car oui, au sens où nous l’entendons habituellement, Jésus a échoué. Il n’a pas convaincu le monde et le monde l’a renvoyé au silence de la mort. Mais voilà, une lumière s’est allumée dans le cœur des hommes et des femmes qui avaient cru en lui et qui ont cru en sa Résurrection. Ils ont découverts que le bouleversement auquel ils aspiraient ne se ferait pas dans une gloire tapageuse mais dans l’humilité de l’amour. Ils ont cru que l’amour de Dieu avait vaincu la mort et que cet amour était la vie.

 

Demain, dans les rues et dans le monde tout aura changé si nous avons changé notre regard, si nous avons changé notre cœur. L’injustice et la mort seront toujours présentes mais elles seront présentes en évidence, élevées sur la Croix du Christ ressuscité. Elles ne seront plus le signe de notre échec mais le réceptacle de l’amour de Dieu qui nous animera.

 

Demain, si nous croyons à la Résurrection, nous donnerons la vie au monde en aimant nos frères et nos sœurs. Demain, nous ressusciterons le monde en étant  au service de nos frères : « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds, les uns aux autres. »  


Repost 0
Published by Berulle - dans Spiritualité
commenter cet article
28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 22:34

« C'était le vendredi, et déjà brillaient les lumières du sabbat. Les femmes qui accompagnaient Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé. Puis elles s'en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.»

 

Ainsi s’achève la lecture de la Passion de l’Evangile selon saint Luc que nous avons entendu à la messe aujourd’hui. Le sabbat c’est le jour sanctifié par Dieu lui-même. « Au septième jour Dieu avait terminé tout l’ouvrage qu’il avait fait et le septième jour, il chôma, après tout l’ouvrage qu’il avait fait. Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, car il avait chômé après tout son ouvrage de création. » (Gn 2, 2-3)

 

Dans notre marche vers Pâques, il y a évidemment ce passage obligé qu’est la croix, mais il y a également cette longue journée du samedi qui nous mènera à cette nuit festive d’où jaillira la lumière de la Résurrection. Une longue journée où les prêtres sont au chômage et où les tabernacles sont vides. Une longue journée où le temps s’allonge entre le désespoir de la mort et la joie du triomphe de la vie. Une longue journée où Dieu semble absent et où nous observons, comme les femmes de l’Evangile, mais bien malgré nous, le repos prescrit.

 

Le samedi saint, résonne encore à nos oreilles la dernière parole de Jésus sur la Croix dans l’Evangile de Jean : « Tout est achevé. ». Une parole de désespoir pour les spectateurs de la scène qui ne peuvent lire encore dans le sang et l’eau coulant du côté du Christ la promesse de la lumière. Mais une parole d’émerveillement pour celui qui entend dans cette phrase « Dieu avait terminé tout l’ouvrage. »

 

Car c’est bien la création toute entière qui est récapitulée et achevée par le Christ, sur la Croix. Une création rendue imparfaite par le péché des hommes, une création restaurée par le don parfait qu’il fait de lui-même. Nul doute qu’en contemplant son fils, Dieu se soit dit, comme au jour de la Création de l’homme et de la femme, que cela était très bon.

 

Cette marche vers Pâques que nous entamons aujourd’hui est certes une marche vers la victoire de la vie sur la mort, de la lumière sur les ténèbres. Mais c’est surtout pour nous une marche vers l’assurance que, dans la mort et la résurrection du Christ, une vie nouvelle nous est donnée, une vie dans une création achevée où le Salut de Dieu s’est pleinement manifesté.

Repost 0
Published by Berulle - dans Spiritualité
commenter cet article
21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 11:37

 

L’épisode de la femme adultère est peut-être l’un des passages les plus connus de l’Evangile de Jean. Aussi connu que sa blague dérivée où Marie, qui n’a jamais péché,  jette une pierre sur la pauvre femme au grand dam de son fils. Si les exégètes se questionnent sur l’inclusion de cette péricope dans l’Evangile de Jean, une chose est certaine c’est qu’elle est placée au cœur du passage de cet évangile où entre Jésus et les défenseurs de la Loi et de la religion rien ne va plus ; au cœur du passage de cet évangile où la mort de Jésus se programme, où la tension est telle qu’à chaque instant c’est lui qui risque la lapidation.

 

Ils sont tous partis les vociférants, les tenants d’une application stricte de la Loi (qui, soit dit en passant, n’ont pas amené à Jésus l’homme adultère qu’ils ont dû surprendre avec la femme), ces récriminants qui se considéraient comme des justes et qui ont reconnu qu’eux aussi étaient des hommes et des femmes pécheurs. Ils sont tous partis et ont laissé cette femme, soumise à l’opprobre public, seule avec Jésus. Entre la reconnaissance de sa faute et la compassion il y a visiblement une marche difficile à monter.

 

Pourtant, cette Loi, ils le savent, le peuple de Dieu n’a cessé de la transgresser. Et toujours Dieu est revenu à eux par amour, pour les remettre sur le chemin de l’Alliance. Dieu qui non seulement pardonne mais dit à son peuple : « Ne vous souvenez plus d’autrefois, ne songez plus au passé. Voici que je fais un monde nouveau : il germe déjà, ne le voyez vous pas ? » (Is 43, 18-19). Pas de condamnation définitive dans le plan de Dieu, mais une restauration de  l’Alliance, une remise en marche de son peuple afin que se réalise son souhait « Ce peuple que j’ai formé pour moi dira ma louange » (Is 43, 21).

 

Comme il est triste de constater aujourd’hui encore que nous sommes tentés d’être comme ces faiseurs de l’Evangile, qu’au nom de la sainteté de l’Eglise nous soyons prêts, comme Marie dans la blague, à jeter la première pierre. Comme il est triste de constater, quand nous acceptons de ne pas jeter la pierre, de nous voir laisser les personnes dont nous condamnons la conduite seule avec Jésus, alors que nous devrions avoir les mêmes paroles que lui « Moi non plus je ne te condamne pas, va et désormais ne pèche plus ». Comme il est triste d’en arriver à se demander par moment si nous ne serions pas tentés finalement de lapider Jésus lui-même, cet homme qui se permet de mettre l’amour de Dieu et l’amour de l’homme au dessus de la Loi, ce Dieu qui se permet de transgresser la Loi.

 

Quand arriverons-nous à briser les liens qui nous empêchent d’être pleinement en communion avec Dieu, de vivre de cet amour surabondant que l’accueil du pécheur ne peut que renforcer ? Quand cesserons nous de condamner pour bénir ? Quand cesserons nous d’exclure nos contemporains pour les accueillir et les remettre en marche vers un Dieu qui appelle toutes les femmes et tous les hommes ? Quand entendrons nous cette affirmation de la première lettre de Saint Jean  (4,20) « Si quelqu'un dit: J'aime Dieu, et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur; car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas? »

 

Quelques versets plus tard, dans l’Evangile de Jean, Jésus déclare : « Oui, moi, je me rends témoignage à moi-même, et pourtant c'est un vrai témoignage, car je sais d'où je suis venu, et où je m'en vais ; mais vous, vous ne savez ni d'où je viens, ni où je m'en vais. Vous, vous jugez de façon purement humaine. Moi, je ne juge personne. Et, s'il m'arrive de juger, mon jugement est vrai parce que je ne suis pas seul : j'ai avec moi le Père, qui m'a envoyé. » (8, 14-16)

Ne soyons pas plus présomptueux que saint Paul ! Nous n’avons pas encore atteint cette pleine communion avec Dieu qui nous permettra de juger dans la Vérité. Alors reprenons, comme lui, notre course en essayant d’être le plus nombreux possible à arriver à son terme : « Certes, je ne suis pas encore arrivé, je ne suis pas encore au bout, mais je poursuis ma course pour saisir tout cela, comme j'ai moi-même été saisi par le Christ Jésus. Frères, je ne pense pas l'avoir déjà saisi. Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l'avant, je cours vers le but pour remporter le prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus. Nous tous qui sommes adultes dans la foi, nous devons tendre dans cette direction ; et, si vous tendez dans une autre direction, Dieu vous révélera le vrai but. » (Ph 3, 12-15)

Repost 0
Published by Berulle - dans Spiritualité
commenter cet article
14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 23:50

Ah ! Le fils perdu est de retour. Le père ouvre ses bras. Le frère ferme son cœur. Quelle trilogie ! Trois figures à méditer en ce temps de carême, trois figures dans lesquelles nous pouvons nous reconnaître, car, oui, je l’espère, nous pouvons aussi nous reconnaître dans le père de la parabole.

 

Mais finalement de quoi est-il question ? De nourriture. Le fils parti a tellement faim qu’il se met au service d’un habitant de la région qui ne lui donne rien à manger et finit par décider de rentrer chez son père qui donne du pain en surabondance à ses mercenaires. Le père fait préparé le veau gras pour le retour du fils parti et le fils resté, qui visiblement n’a pas faim, accuse son père de ne jamais lui avoir donné un chevreau à partager avec ses amis. Cette parabole donne faim !

 

Et cela tombe bien car don de Dieu et nourriture font visiblement bon ménage comme nous le rappelle le livre de Josué. Le peuple quittant le désert où sa nourriture, la manne, venait directement de Dieu entre dans la terre promise, un pays d’abondance et de gratuité où la nourriture ne manque pas mais un pays qui est don de Dieu comme le rappelle le Deutéronome (8, 7-10) : « Mais Yahvé ton Dieu te conduit vers un heureux pays, pays de cours d’eau, de sources qui sourdent de l’abîme dans les vallées comme dans les montagnes, pays de froment et d’orge, de vigne de figuiers et de grenadiers, pays d’oliviers, d’huile et de miel, pays où le pain ne te sera pas mesuré et où tu ne manqueras de rien, pays où il y a des pierres de fer et d’où tu extrairas, dans la montagne, le bronze. Tu mangeras, tu te rassasieras et tu béniras Yahvé ton Dieu en cet heureux pays qu’il t’a donné. »

 

Au-delà de la simple et grandiose miséricorde du père, c’est bien la relation de confiance et d’alliance entre Dieu et l’homme qui nous est présentée dans cette parabole de la nourriture.

 

Finalement, le fait que le Fils dilapide l’héritage ne prend qu’une ligne de l’évangile. Ce qui est mis en valeur c’est que pour obtenir de la nourriture, il se donne à l’homme plutôt qu’à Dieu. « Malheur à l’homme qui se confie en l’homme, qui fait de la chair son appui et dont le cœur s’écarte de Yahvé. » (Jr 17, 5)  Son retour vers le père est donc une véritable conversion puisqu’elle marque le changement du repère qu’il se donne.

 

Le fils aîné montre lui son incompréhension de ce qu’il vit au jour le jour en posant comme argument l’opposition entre faire la volonté du père et obtenir une nourriture particulière. La meilleure nourriture de l’homme est la volonté du père comme nous l’a rappelé Jésus lui-même aux premiers jours du Carême dans sa réponse au tentateur : « Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Mt 4,4 citant Dt 8,3)

 

Enfin le père auquel nous devons nous identifier également offre le festin pour signifier qu’en revenant, le fils perdu rentre en pleine communion avec le père et que cette communion passe par le Christ, nourriture nouvelle, « le pain de Dieu, celui qui descend du ciel et donne la vie au monde » (Jn 6, 32). C’est, identifié au père, que nous pouvons accueillir et offrir le banquet éternel à tous ceux qui ont faim en disant avec Saint-Paul : « Nous vous en supplions, au nom du Christ, laissez vous réconcilier avec Dieu ! » (2 Co 5,20)


Repost 0
Published by Berulle - dans Spiritualité
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Berulle
  • Le blog de Berulle
  • : Art, culture, religion, société. Le blog d'un catho libre de ses propos.
  • Contact

Pietro de Paoli chaque lundi

L'auteur de Vatican 2035 et de Dans la peau d'un évêque participe au blog en livrant chaque lundi un de ses "100 mots pour la foi".

Recherche

Pierre de Berulle sur Facebook

Retrouver Pierre de Berulle sur Facebook ainsi que le groupe Fraternité Pierre de Berulle

Commentaires

N'oubliez pas de laisser vos commentaires pour faire vivre ce blog et de le recommander à vos amis !
Inscrivez-vous à la newsletter pour être informé des nouveaux articles.