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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 23:10

Est-ce à dessein ? Les textes de ce dimanche nous font réfléchir à notre conception de Dieu et à notre conception de l’homme. Plus exactement à comment nous pouvons penser l’homme par rapport à Dieu.

L’épisode du buisson ardent comporte un élément qui a marqué la métaphysique, le nom que Dieu se donne : « je suis celui qui suis ». Dieu comme l’être. Un être sans adjectif, un être sans limite et particulièrement, comme l’a souligné Anselme, sans la limite du temps qui fait de l’homme un être fini, entre naissance et mort, un être dans le temps : « Le présent de Dieu est un présent sans passé ni futur, c’est un pur et vrai présent. » (Proslogion, 22). Dieu est et l’homme fini cherche dans son lien à Dieu à acquérir cette plénitude de l’être.

Cet être dans le temps, le passage de l’Evangile de Luc le met également en lumière avec la mort brutale, imprévisible, qui est au cœur des deux événements auxquels il fait référence, le massacre de Pilate et la tour de Siloé. La mort peut arriver à tout moment et elle n’est absolument pas liée à la qualité de la vie humaine.

L’incompréhension est terrible pour les contemporains de Jésus auxquels il s’adresse. Elle est terrible pour nous aussi qui sommes confrontés aux drames d’Haïti, du Mexique ou de la tempête Xynthia. Pourquoi bien faire puisque de toutes les manières la vie, cet être, même fini, auquel nous tenons un peu quand même, et dont nous pensions que Dieu était propriétaire, peut nous être retirée sans raison. A quoi bon cette promesse de bonheur qui traverse les Ecritures ? Quel est donc ce salut, cette bonne nouvelle, qui nous est annoncé ?

Avec Isaïe, nous avons envie de dire : « Vraiment tu es un Dieu caché, Dieu d’Israël, sauveur !» (Is 45,15). Un Dieu caché, un dieu qui n’est plus l’être manifesté dans sa plénitude, l’être absolu qui crée et maintient la vie selon sa promesse et l’alliance passée avec les hommes. L’image que nous aurions pu avoir d’un Dieu tout puissant, omniprésent et omnipotent disparaît pour laisser place à une absence. Dieu « n’est pas » et, du même fait, notre être fini ne tient plus à grand-chose.

Mais l’Evangile de Luc ne s’arrête pas sur ces deux événements, il y accole une parabole sur un figuier stérile. A son explication sur les deux événements réels, Jésus oppose une parabole où, là, il y a une logique. C’est parce que l’arbre ne donne pas de fruits que le maître veut le couper, c’est-à-dire, c’est parce que la qualité de la vie humaine en lien avec Dieu n’est pas bonne que la mort arrive. Mais ici, par opposition à la mort qui arrivait sans avertir dans les deux premiers événements, la parabole précise que le maître vient depuis trois ans, soit le temps de la mission de Jésus. Trois années qui, nous le savons, vont se terminer par la mort de Jésus sur la Croix !  Quelle plus belle preuve de l’échec de la Parole ? A ce stade de l’histoire nous sommes comme les contemporains de Jésus dans l’incompréhension ou pire dans le désespoir. C’est pourquoi l’ouvrier, Jésus, demande une année supplémentaire, une année où il va nourrir le figuier. Une année qui va permettre de dépasser l’échec de la mort en voyant se manifester la Résurrection et en recevant l’aide de l’Esprit Saint.

Car il est là le Salut, elle est là la promesse de bonheur qui traverse les Ecritures, elle est là la victoire de la Parole, dans le Verbe éternel de Dieu qui vient nous montrer que la finitude et l’incertitude de nos êtres n’est pas le tout de la vie. Et la conversion à laquelle Jésus nous appelle n’est pas tant une somme de changements de nos habitudes et de nos manières de faire, mais un retournement radical vers le Verbe du prologue de Jean : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. »

La conversion qui nous est demandée est la conversion de nos cœurs dans lequel s’établie véritablement la relation avec Dieu. Cette conversion qui nous fait entrer par le Verbe dans la vie de Dieu. Une vie qui ne se manifeste pas forcément à la lumière des ténèbres de notre existence humaine mais qui éclaire pour l’éternité les profondeurs parfois ténébreuses de nos cœurs convertis.

« La fin suprême de l’être est la ténèbre ou inconnaissance de la Déité cachée qui rayonne la lumière, ‘mais les ténèbres ne l’ont pas compris’. C’est pourquoi Moïse dit : ‘Celui qui est m’a envoyé’ qui est sans nom et une négation de tous les noms et qui n’a jamais eu de nom. Et c’est pourquoi le prophète dit : ‘En vérité tu es le Dieu caché’ au fond de l’âme, où le fond de Dieu et le fond de l’âme sont un seul fond ». (15e sermon de Maître Eckhart)

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 19:55

Lectures :

Genèse 15, 5-12. 17-18

Psaume 26 (27), 1, 7-8, 9a-d, 13-14

Philippiens 3, 17 - 4, 1

Evangile selon saint Luc 9, 28-36

 

 

« Mais pour vous qui suis-je ? » (Lc 9,20) Cette question doit encore résonner aux oreilles de Pierre, Jean et Jacques quand ils gravissent la montagne avec Jésus.

 

A cette question, Pierre a répondu « Le Christ de Dieu ». Mais Jésus leur a enjoint de n’en rien dire et leur a annoncé sa passion à venir « Le Fils de l’Homme doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et le troisième jour, ressusciter. » ajoutant « Si quelqu’un veut venir à ma suite, q’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix chaque jour et qu’il me suive. » (Lc 9, 22-23). L’ambiance n’est pas à la fête et elle donne au repas miraculeux auquel ils viennent de participer un air de dernière Cène : « Prenant alors les cinq pains et les deux poissons, il leva les yeux au ciel, les bénit, les rompit et il les donnait aux disciples pour les servir à la foule. » (Lc 9, 16).

 

Les douze sont revenus de leur premier voyage missionnaire. Ils ont prêché la bonne parole et ont guéri les malades. Les révélations de Jésus doivent les avoir jeté dans la perplexité. A quoi bon continuer si la route mène à l’échec !

 

A cette question, Dieu répond lui-même en deux temps. La première réponse c’est Jésus lui-même qui la donne manifestant sa gloire. Une gloire qu’il partage avec Moïse et Elie. Une gloire sous-titrée par la conversation qu’ils ont, par leur discussion sur « son départ qu’il allait accomplir à Jérusalem ». Moïse et Elie, deux personnages qui selon la tradition juive ont été enlevés auprès de Dieu, deux personnages à qui Dieu s’est manifesté sur une montagne.

La seconde réponse vient du Père, apparaissant dans une théophanie classique, et venant confirmer la réponse de Pierre : « Celui-ci est mon Fils, l’Elu, écoutez-le ».

 

La première lecture de ce dimanche vient en écho à cette transfiguration et cette annonce de Dieu. La théophanie de la première lecture conforte Abraham qui, humainement, demandait « Seigneur mon Dieu, comment vais-je savoir que j'en ai la possession ? ». Ce passage de l’évangile vient conforter Pierre, Jean et Jacques et répondre aux questions légitimes qu’ils pouvaient se poser. Ne soyons pas trop durs avec Pierre qui propose de dresser trois tentes ! Dans nos moments difficiles, quand un répit ou une lumière apparaît nous avons tous tendances à vouloir qu’il se prolonge.

 

Paul, quant à lui, de sa prison exhorte ses frères à tenir dans la foi. « Car je vous l'ai souvent dit, et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens vivent en ennemis de la croix du Christ. […] Ainsi, mes frères bien-aimés que je désire tant revoir, vous, ma joie et ma récompense, tenez bon dans le Seigneur, mes bien-aimés. » Se souvenir de la Résurrection, de la Croix du Christ, pour se tenir dans la promesse que Dieu nous a faite, comme Pierre, Jean et Jacques ont pu tenir sur le chemin de Jérusalem grâce à la transfiguration et à l’annonce du Père.

 

Au jour de Pâques, comme à la transfiguration Dieu confirme la réponse de Pierre. Mais cette réponse nous avons à la faire nôtre. Alors aujourd’hui, en ce temps particulier du Carême, c’est à nous de répondre, non seulement par des mots mais par notre vie toute entière. Une vie tournée vers la Croix, une vie tournée vers nos frères et nos sœurs afin que chacun puisse accueillir la promesse de Dieu et s’y tenir dans la foi.

 

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 14:15

Lectures :
Deutéronome 26, 4-10
Psaume 90 (91)
Lettre aux romains 10, 8-13
Evangile selon Saint-Luc 4, 1-13



Serti entre deux citations de l’Ecriture, Paul nous offre dans une magnifique construction littéraire la voie du Salut qui nous permet de mieux comprendre les réponses que Jésus fait au tentateur.

 

 « Donc,

si tu affirmes de ta bouche que Jésus est Seigneur,

si tu crois dans ton coeur que Dieu l'a ressuscité d'entre les morts,

alors tu seras sauvé.

Celui qui croit du fond de son coeur devient juste ;

celui qui, de sa bouche, affirme sa foi parvient au salut. »

 

Deux éléments, disposés en croix, enchâssent la promesse éternelle de Dieu qu’est le Salut pour tous les hommes et toutes le femmes. Les conditions émises ne sont pas en effet d’appartenir à tel ou tel peuple, à telle ou telle religion… mais la parole (l’affirmation par la bouche) et l’intelligence vécue (la croyance dans le cœur, c'est-à-dire la croyance par tout l’être que nous sommes). Evidemment, il ne s’agit pas de n’importe quelle parole et de n’importe quelle intelligence vécue, il s’agit d’une parole et d’une intelligence centrée sur le cœur et sur le tout de notre foi : Jésus est le Seigneur, ressuscité par Dieu d’entre les morts.

 

Ce que souligne Paul c’est que les deux conditions sont nécessaires. Il ne s’agit pas uniquement de convertir son cœur mais également de proclamer sa foi. Cette affirmation de notre foi n’est pas destinée à Dieu. Dieu sait bien ce qui est au fond de notre cœur. Et encore une fois dans ce temps de Carême, nous pouvons relire le dialogue de Jésus et de Pierre où l’apôtre affirme « Seigneur, tu sais bien que je t’aime ». S’il nous est demandé d’affirmer notre foi, c’est pour être témoin de la promesse de Dieu, pour entrer à notre tour dans la dynamique du Salut que Dieu impulse.  Et notre parole ne peut avoir un sens que si tout notre être est convaincu que Dieu sauve et qu’il accomplit cette promesse dans le signe éclatant qu’est la Résurrection du Christ.

 

En mettant notre foi en Dieu, nous devenons juste à ses yeux. En affirmant notre foi et en témoignant de la promesse qu’il fait à chaque homme et à chaque femme, nous parvenons au salut en nous intégrant à l’amour même de Dieu pour les hommes.

 

Le tentateur de Jésus a bien compris cette dynamique qui anime l’homme vivant uni à Dieu dans son amour.

La première question qu’il lui pose est sur la parole. « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. ». Jésus replace la parole dans sa véritable dimension, une parole de salut ancrée sur la source du salut, une parole qui n’a pas à être dévoyée pour des raisons personnelles : « Il est écrit : Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre. »

La seconde est sur l’intelligence vécue, c'est-à-dire sur le socle de notre foi et de notre vie, ce en quoi nous croyons et qui nous fait vivre. « Je te donnerai tout ce pouvoir, et la gloire de ces royaumes, car cela m'appartient et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. ». Jésus lui répond en confessant sa foi en Dieu en qui il a mis sa confiance : « Il est écrit : Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu, et c'est lui seul que tu adoreras. »

Enfin, la troisième est sur le don même de Dieu : le Salut. « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi à ses anges l'ordre de te garder ; et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Il s’agit dans cette dernière tentation, la plus perverse puisqu’elle s’appuie sur ce qui est au cœur de notre foi, de nous désunir à Dieu, de nous faire sortir du plan de salut que Dieu a conçu pour nous, de prendre les rênes et d’instrumentaliser Dieu. Jésus décline cette dernière invitation, acceptant par avance d’aller jusqu’à la mort pour offrir le Salut de son père : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu. »

 

En ce temps de Carême, prenons le temps de nous questionner sur la parole et le témoignage que nous professons, sur la stabilité de notre confiance en Dieu. Prenons également le temps d’enrichir ces réflexions en nous souvenant à l’image de la très belle profession de foi de Moïse (Dt 26, 4-10) que notre histoire personnelle avec Dieu et avec nos frères et sœurs s’inscrit dans une longue histoire entre Dieu et les hommes, une histoire que le Christ par sa vie, sa mort et sa résurrection éclaire à jamais de l’amour de Dieu.  

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 23:39

 

Une croix de cendres sur le front. Vieux rite de purification et signe de la croix douloureuse et glorieuse vers laquelle ce temps du Carême nous mène.

Le temps du Carême : quarante jour pour se retrouver au pied de la Croix, quarante jours pour accueillir le Christ ressuscité, quarante jours pour que le voile qui obstrue mon cœur et mes yeux se déchire et me laisse contempler à travers le ciel ouvert la gloire de Dieu qui m’ouvre ses bras et m’appelle mon enfant.

 

C’est parce que je sais que tu m’aimes, Seigneur, que ce temps de Carême m’importe. C’est parce que je sais que tu m’appelles, Seigneur, que ce temps de Carême me porte à te laisser travailler en moi. Quand tu étais homme au milieu des hommes et des femmes de ton temps, tu n’as cessé de les questionner : « Et pour toi qui suis-je ? ». Cette question retentit au cœur de tout Carême ! Seigneur, qui es-tu pour moi ?

 

Mon cœur pécheur souhaiterait répondre immédiatement, comme Pierre, « Seigneur tu sais bien que je t’aime ». Formule admirable de foi mais si précipitée ! Car oui, Seigneur, je suis certain de t’aimer mais suis-je certain de t’écouter et de te connaître ? Tout serait dit et pourtant tout serait-il vécu ?

 

Ce temps de Carême, je le sais Seigneur, tu me le donnes pour que je prenne le temps de te connaître, de te reconnaître et par là même de me connaître. Ces quarante jours, si longs et si courts, tu me les donnes pour que je chemine à tes côtés, pour que j’écoute ta parole, pour que je découvre au fond de moi que la Bonne-Nouvelle que tu accomplis n’est pas qu’une parole mais une véritable promesse qui donne sens à ma vie.

Seigneur, questionne-moi chaque jours de ce Carême.

 

Mon jeûne sera de chercher à entendre tes questions. Mes privations seront de retenir mes réponses et de laisser le silence s’emplir de ta parole. Mes actes de charité seront de permettre à mes frères et à mes sœurs de me faire discerner ta présence.

Retiens le temps que tu me donnes, Seigneur, que je puisse durant ces quarante jours m’imprégner de ta présence.

 

Alors, quand je serai au pied de la Croix et que je te dirai « Je t’aime, Seigneur », mes paroles auront peut-être un sens.

Alors, quand je serai devant le tombeau vide et que je te dirai « En toi, je mets ma confiance », mes paroles auront peut-être un sens.

Alors, quand avec toi j’annoncerai à mes frères et à mes sœurs que Dieu les appelle à vivre pleinement de son amour, ils pourront peut-être découvrir dans mes paroles et dans mes actes ton cri d’amour : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu ».

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 19:44

 

Lectures  :
Jérémie 17, 5-8
1re lettre aux corinthiens 15, 12.16-20
Luc 6, 17.20-26



Les textes de ce dimanche nous promettent bonheur ou malheur et si nous croyons que la parole de Dieu est vérité, il nous faut entendre ces textes afin de savoir ce qu’il en est de ce bonheur. Dans l’Evangile de Luc, Jésus descend de la montagne et, contemplant ses disciples, annonce aux pauvres, à ceux qui ont faim, pleurent ou sont rejetés à cause de lui de la société qu’ils sont heureux. Ces paroles ne nous sont pas nouvelles. Dans la synagogue déjà, il avait annoncé que c’était pour eux, les exclus, qu’il était venu afin d’accomplir la promesse de Dieu. « Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération » ajoutant « Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. »

Sur ce point, il n’y a donc rien à dire de plus. La promesse de Dieu est accordée en priorité à ceux qui n’ont d’autres défenseurs que Dieu lui-même. A eux, qui sont en bas de la montagne,, le tressaillement de joie, le véritable bonheur, est donné à vivre dans la rencontre directe du Seigneur. Ils sont heureux aujourd’hui de cette rencontre, de cette parole accomplie, et n’ont plus à douter que la promesse eschatologique se réalisera pour eux et qu’ils seront des citoyens comblés et heureux dans le Royaume des Cieux.

Mais Jésus ne s’arrête pas là. Il délivre une série de quatre imprécations parallèles  aux riches, aux repus, aux rieurs, à ceux dont on dit du bien. La mise en garde contre la richesse traverse l’Evangile de Luc. Il ne s’agit pour autant pas ici de condamnations de comportements qui pourraient nous paraître en contradiction avec la volonté de Dieu contrairement aux béatitudes de Matthieu qui soulèvent de vrais problèmes éthiques. La conclusion des deux séries nous donne une clé de lecture évidente : celle du traitement fait aux vrais et aux faux prophètes et donc à la Parole de Dieu elle-même. Le danger des richesses et des joies de notre vie terrestre c’est de se laisser bercer et berner par des bonheurs illusoires alors que le véritable bonheur eschatologique nous est promis.

C’est bien ce que nous rappelle d’ailleurs Jérémie pour qui l’opposition entre les « heureux » et les « malheureux » est très bien définie : « Maudit soit l'homme qui met sa confiance dans un mortel, qui s'appuie sur un être de chair, tandis que son cœur se détourne du Seigneur. […] Béni soit l'homme qui met sa confiance dans le Seigneur, dont le Seigneur est l'espoir. » La question n’est pas finalement d’être riche ou pauvre mais de savoir en qui nous mettons notre confiance. Et la seule personne capable de nous apporter le bonheur éternel c’est le Seigneur.

En effet, tous nos bonheurs terrestres, quelles que soient nos richesses et nos joies, se heurteront aux aléas de la vie et finalement toujours à ce qui est pour nous une fatalité : la mort. Seul finalement le bonheur qui nous est promis dans la vie éternelle de Dieu par le Seigneur ressuscité des morts est durable et fiable. C’est pourquoi Paul nous dit : « Et si le Christ n'est pas ressuscité, votre foi ne mène à rien, vous n'êtes pas libérés de vos péchés ; et puis, ceux qui sont morts dans le Christ sont perdus. Si nous avons mis notre espoir dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. Mais non ! le Christ est ressuscité d'entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité. »

Alors à la question Pour quand est le bonheur ? nous pouvons répondre avec certitude que le véritable bonheur est pour la  vie éternelle. Mais nous devons également nous souvenir que le bonheur est donné immédiatement par la certitude de l’accomplissement de la Parole de Dieu. Cette parole nous en sommes dépositaires et c’est à nous d’annoncer toujours en priorité à ceux qui se sentent exclus que le Royaume de Dieu est à eux. Ce bonheur là est bien terrestre, il continue de s’accomplir aujourd’hui quand au nom du Christ nous annonçons la Bonne-Nouvelle. C’est pourquoi Paul nous dit dans les actes « Je vous ai toujours montré qu'il faut travailler ainsi pour secourir les faibles, en nous rappelant les paroles du Seigneur Jésus, car lui-même a dit : Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir. » (Ac 20, 35)

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 18:06


Les textes :

Isaïe : 6. 1-8
Psaume 137
1ère lettre aux Corinthiens : 15. 1-11
Evangileselon saint Luc : 5. 1-11


Jésus est entouré par la foule qui se presse pour entendre la parole de Dieu. Tous ces hommes et ces femmes sont tellement proches de lui qu’il ne peut pas leur parler, qu’ils ne peuvent pas l’entendre. Pour les enseigner il doit demander à Simon de monter dans sa barque afin de s’éloigner un peu pour pouvoir annoncer la parole de Dieu, sa parole. La parole a besoin de distance pour résonner, pour être entendue. Cette distance peut-être une distance physique, comme ici, ou une distance temporelle qui permet l’assimilation, la compréhension, la digestion de la parole. Cette distance temporelle, les quatre premiers apôtres vont la vivre en laissant tout (encore une prise de distance) et en suivant Jésus pour petit à petit comprendre son enseignement.

 

Mais là encore, la compréhension ne sera vraiment totale que quand Jésus aura pris une nouvelle distance. Alors, après sa mort et sa résurrection, après les apparitions du Christ ressuscité, ils se souviendront de ce qu’il avait dit, comprendront la réalité de la promesse de Dieu, et se mettront, comme Jésus, en route pour l’annoncer. Alors, d’autres foules se rassembleront autour d’eux, d’autres hommes et d’autres femmes se détacheront de ces foules et à leur tour reprendront le flambeau pour annoncer la Parole. C’est ce que nous dit Paul dans ce passage de la première lettre aux corinthiens : la transmission de la parole de Jésus est appuyée sur le souvenir transmis du Christ ressuscité, apparu aux premiers chrétiens, Jésus avec qui ils avaient cheminé et dont ils avaient entendu la parole. Tel est le trésor vivant de l’Eglise que nous devons à notre tour transmettre.

 

Et d’ailleurs, contrairement à Marc et à Matthieu, Luc insère dans ce récit de l’appel des premiers disciples un récit de pêche miraculeuse. Une pêche qui donne une nourriture en abondance, une nourriture qui sera abandonnée à la foule puisque les quatre pêcheurs partiront avec Jésus. A la manière de Jean, Luc nous offre un signe mystérieux qui nous met sur le chemin de l’eucharistie et qui nous dit aussi le lien extrêmement puissant entre le partage de la Parole et celui de la Nourriture que nous vivons chaque dimanche à la messe. C’est après ce signe que Simon comprend que le maître est le Seigneur. C’est après ce signe qu’il se met à sa suite.

 

Et là encore, il est question de mise à distance. « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. », dit Simon à Jésus en le reconnaissant. Une exclamation que la liturgie nous invite à lire en parallèle de celle d’Isaïe « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l'univers ! » Mais là, point besoin d’ange et de charbon ! Jésus est le Seigneur et c’est sa présence, sa parole et son amour pour l’homme qui le purifient et le rendent digne de cheminer avec lui.

 

Car la distance dont il est question dans cet évangile, n’est pas une distance qui sépare mais au contraire une distance qui lie l’homme à Dieu dans une véritable (re)connaissance. Le désir de la foule est immense, le désir des hommes et des femmes de notre temps tout autant. Mais pour reconnaître Celui que leurs cœurs cherchent, il est nécessaire que des hommes et des femmes se détachent, montent sur la barque, et l’annoncent. L’Eglise est cette barque. Avec le temps, elle s’est peut-être transformée, pour certains, en une nef voguant trop loin du bord. C’est pourquoi il faut toujours se rappeler que cette distance nécessaire a sa finalité dans la proximité des hommes et des femmes. Jésus et ses quatre pêcheurs sont redescendus de la barque et ont sillonné le pays pour être des pêcheurs d’hommes. « Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent. »

 

J'entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? qui sera notre messager ? » Et j'ai répondu : « Moi, je serai ton messager : envoie-moi. »

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 15:07

« En vérité, je vous le dis, aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie. » (Lc 4, 24)

 

Ils étaient heureux des paroles de Jésus. Mais les avaient-ils entendus ? Ils avaient certainement entendu la promesse de bonheur mais avaient-ils réalisés que cette promesse s’adressait d’abord aux exclus de la société, à ceux que la vie humaine avait mis de côté, à ceux qui se sentaient privés de la vie. Au lieu de nous réjouir des signes que Dieu donne à l’humanité, nous souhaitons de signes pour nous-mêmes et nous sommes incapables de voir le plus grand signe qu’il puisse nous donner, sa présence au milieu de nous. Et nous sommes incapables de nous en émerveiller.

 

« Mais lui passant au milieu d’eux, allait son chemin… » (Lc 4, 30)

 

La promesse de Dieu ne vient pas habiter chez nous pour nous raconter de belles histoires, elle vient nous mettre en mouvement. Nous, nous souhaiterions qu’elle demeure à jamais auprès de nous. Amoureux dominateurs et égoïstes, nous voulons la garder prisonnière, fous d’amour nous serions prêts à la tuer plutôt qu’elle ne nous quitte. Fous, oui, fous que nous sommes qui souhaitons avoir prise sur Dieu lui-même ! Jésus vient nous mettre en mouvement et nous rêvons de stabilité, nous rêvons d’un bonheur bien établi dans la chaleur de Dieu.

 

« Aspirez aux dons supérieurs. Et je vais encore vous montrer une voie qui les dépasse toutes. » (1 Co 12, 31)

 

Car oui, le don de Dieu est un chemin, une voie. L’accueillir, c’est accepter de renoncer à notre immobilité confortable, c’est accepter de le suivre dans un amour en mouvement dont nous ne pouvons connaître encore la stable perfection. Tout en nous est incomplet si nous n’avons pas ce mouvement de Dieu qu’est la charité, ce don qui nous fait entrer dans la relation entre Dieu et les hommes, dans cette amitié sainte avec Dieu et avec les hommes. Tout, même la foi et l’espérance !

 

« N’aie aucune crainte en leur présence car je suis avec toi pour te délivrer » (Je 1, 8)

 

Le don de Dieu est un don à donner. C’est dans la transmission de ce don que nous serons nous-mêmes délivrés, car c’est dans la transmission de ce don que nous entrerons pleinement dans l’amitié de Dieu. La charité dont Dieu nous nourrit, nous devons en nourrir l’humanité afin que nul ne soit exclu de l’amour de Dieu. L’iconographie chrétienne nous l’enseigne en représentant la charité comme une jeune femme allaitant des enfants ou un vieillard, l’humanité naissante et l’humanité vieillissante. Il n’y a pas d’âge pour accueillir la vie de Dieu. Il n’y a pas d’âge pour transmettre la vie de Dieu, cette vie dont nous ne pouvons rêver d’être les égoïstes dépositaires. La charité c’est la vie de Dieu transmise.



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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 11:52

 

Avec le baptême du Christ, nous quittons les grandes épiphanies de Dieu pour entrer dans le temps ordinaire. Grâce au baptême de Jean, nous avons vu et entendu que ce Jésus sur le quel nous fixons notre regard est bien le Fils de Dieu. La promesse qui nous a été faite est accomplie.

 

Ce temps ordinaire nous le vivons en contemplant le Christ appeler, prêcher, bénir les hommes et les femmes qu’il rencontre. Ce temps ordinaire nous avons à le vivre avec lui comme un véritable corps à corps avec le monde pour que l’amour triomphe de la mort. Ce temps ordinaire est un temps où, à sa suite, nous devons répandre la vie qu’il nous donne en abondance.

 

Car l’amour statique ne porte pas de fruits. Et le mouvement qui transforme l’amour en source de vie, en source vive, c’est nous, nos gestes, nos paroles, notre volonté. Ceux qui ont eu la chance de voir le très beau ballet Blanche Neige d’Angelin Preljocaj au Théâtre national de Chaillot ont pu admirer l’admirable pas de deux final où le prince danse avec Blanche Neige morte. Dans ce corps à corps où l’amour du prince enlace la mort, le mouvement de la vie déborde et produit ce qui est impensable pour le prince même, la résurrection de l’être aimée.

 

Si Blanche Neige est un conte de fée, nous croyons, nous chrétiens, que ce qui se vit entre Dieu et le monde est la réalité. L’amour de Dieu, l’action de Jésus parmi les hommes qui va jusqu’à vivre en lui-même ce corps à corps avec la mort, n’est pas un conte pour enfant mais le cœur de notre foi : l’amour triomphant de la mort. Alors, si pour nous cela a un sens, nous ne pouvons garder ce don de Dieu en nous-mêmes au risque qu’il n’y meurt, nous devons nous aussi enlacer le monde et communiquer la vie afin qu’elle reste un torrent d’eaux vives où tous pourront s’abreuver.

 

Et comme premier signe que la promesse est accomplie et que les torrents d’eaux vives commencent à irriguer le monde, Jésus appelle des pêcheurs à le suivre, pêcheurs de la grâce, pêcheurs des hommes et des femmes pour lesquels Dieu a accomplit sa promesse.

 

 

blanche-neige.jpegPour ceux qui n’auraient pas pu voir le ballet Blanche Neige au Théâtre National de Chaillot ou sa version filmée fin décembre sur Arte, le film sera projeté au MK2 Beaubourg à partir du 13 janvier et sortira en DVD à partir du 21 janvier chez MK2 Editions.

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 00:05

Mais que diable allait-il faire dans le Jourdain ? Rien, en effet, n’obligeait Jésus à être baptisé par Jean. A tel point que Jean lui-même, dans l’évangile de Matthieu semble réticent à donner son baptême à celui qu’il a reconnu dès le ventre de sa mère.

 

Dans l’évangile de Luc, la scène du baptême de Jésus est réduite au strict minimum. Elle est encadrée par deux proclamations : celle de Jean qui annonce le baptême de Jésus dans l’Esprit et le feu, c’est-à-dire Pâques et la Pentecôte et celle de Dieu qui authentifie Jésus comme son fils.

 

Alors, certes, on peut dire que Jésus est allé se faire baptiser par Jean dans le Jourdain pour être solidaire de tous les hommes, pour parcourir son chemin d’homme comme tous les hommes, pour entraîner à sa suite la conversion de tous les hommes. Dans ce cas, on comprend bien la phrase de Jean. Mais celle de Dieu aurait plutôt sa place à l’adoration des bergers ou à la naissance de Jésus.

 

On est au bord du Jourdain. Les hommes entrent dans l’eau, se font baptiser par Jean, baptême de réconciliation et de conversion, se retournent et remontent sur la rive. Ils remontent sur la rive, sortant du Jourdain, ils remontent donc sur la rive de la terre promise. Les yeux et les oreilles ouverts par le baptême de Jean, ils remontent sur la terre que Dieu avait promise au peuple d’Israël. Ils foulent la promesse de Dieu réalisée. Les yeux et les oreilles ouverts par le baptême de Jean, ils peuvent voir et entendre Dieu. Ils entendent la voix de Dieu qui leur confirme que le Jésus qu’ils voient est bien son Fils. Lavés par le baptême de Jean, ils sont capables de voir et d’entendre l’épiphanie de Dieu, de contempler la promesse faite par Dieu et annoncée par les prophètes. Jésus, le Messie, est là parmi eux.

 

Evidemment me direz-vous, Jésus n’avait pas besoin, lui, de se faire baptiser. C’est vrai. Mais finalement si Jean nous fait cette annonce du baptême dans l’Esprit, n’est-ce pas aussi pour nous dire de regarder l’histoire dans sa globalité ? Et quelle est cette histoire ?


 

A- La naissance de Jésus : 1er avènement.

B- Le baptême de Jésus : préfiguration de sa Pâques

B’- La Pâques de Jésus.

A’- La résurrection de Jésus : 2nd avènement.


Dans ces formes concentriques, ce qui est le plus important est souvent ce qui est au milieu. Au milieu de ce schéma, il y a tout l’enseignement de Jésus. Dans cette épiphanie de Dieu qu’est le baptême de Jésus, je crois que l’on pointe pour nous du doigt ce que nous avons tendance à oublier, obnubilés que nous sommes par le commencement et le terme de l’histoire : l’enseignement de Jésus qui nous fait découvrir dans sa vie humaine le vrai visage de Dieu. Oui au baptême de Jésus, Dieu accomplit sa promesse, il se donne à voir dans son fils, mais son visage est à découvrir dans l’ensemble de l’enseignement de Jésus et non seulement dans ses manifestations glorieuses.

 

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 21:04

 

Il y aurait tant de choses à souhaiter pour le monde, pour l’Eglise et pour chacun d’entre nous… Ce que je souhaite avant tout c’est que le monde, l’Eglise et chacun d’entre nous soient réconciliés.

 

Si 2010 pouvait être l’année où nous n’attendions pas des bénédictions personnelles mais celle où nous nous mettions à bénir Dieu et les hommes pour toute la beauté du monde ? Si 2010 pouvait être l’année où nous nous sentions acteurs de la grâce de Dieu, torrents de grâce inondant le monde et participant à sa glorification ?

 

Je vois comme chacun d’entre nous les malheurs et le péché mais je sais que le plus important pour l’homme Dieu nous l’a déjà donné : la promesse du bonheur et l’Esprit qui est à l’œuvre aujourd’hui pour qu’elle se réalise.

 

Oui, notre monde n’est pas parfait, mais c’est celui qui nous est donné. Oui, notre Eglise n’est pas toujours celle que nous rêverions mais c’est celle qui nous est donnée. Oui, notre vie n’est pas toujours glorieuse, mais elle est avant tout la vie, cette vie qui vient de Dieu.  

 

Pourquoi chercher des petits vœux mesquins pour 2010 ! Accueillons la grâce de Dieu, accueillons le monde que Dieu nous donne pour que nous l’aimions et qu’avec lui nous soyons sauvés, accueillons la vie de Dieu qui nous est offerte jusqu’à plus soif, sans compter.

 

Pour 2010, je souhaite que le monde se laisse inonder par la grâce, je souhaite que l’Eglise s’ouvre pleinement à ce monde auquel elle est naturellement liée, je souhaite que chacun d’entre nous soit un vecteur de la bénédiction de Dieu.

 

Et je sais que ces vœux ne sont pas utopiques car je crois que là où le péché abonde, la grâce surabonde.

 

A chacun d’entre vous je souhaite une année 2010 irriguée par la grâce de Dieu.

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