Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 15:18

Ah la Sainte-Famille ! Il est si rare que nous nous rappelions que Jésus est né dans une famille et pas simplement de la Vierge Marie. Joseph est là aussi, saint Joseph. Un père pour Jésus, un père qui, avec sa femme, l’inscrit dans une lignée, lui donne un nom, l’élève, l’aime et le fait grandir. On ne sait pas grand chose de la vie de cette famille et on peut donc l’imaginer à l’égal de toutes les vies de famille, avec ses joies et ses peines, ses difficultés, ses engueulades et ses réconciliations. Trop souvent, les représentations de la Sainte-Famille oublient Joseph ou le relèguent à l’arrière plan, dans l’ombre. J’avoue que je préfère celles où Joseph est bien présent, tenant l’enfant Jésus par la main ou travaillant le bois. Là je me dis que Jésus est vraiment né dans une famille.

Une famille qui n’est pas non plus un modèle facile à imiter. Si toutes les mères étaient vierges et tous les pères, adoptifs et justes, si tous les enfants étaient fils de Dieu… cela serait un vrai bazar ! Et pourtant parmi ces trois affirmations l’une est vrai et est au cœur de la fête de ce jour. Oui, tous les enfants sont fils de Dieu (tous les parents aussi évidemment) ! Et hop cela nous permet de changer l’angle de notre lunette et de regarder non plus la sainte petite famille de Jésus mais la sainte famille de Dieu rassemblée en Jésus-Christ et qui n’a qu’un Père.

Car c’est bien ce que nous rappelle le jeune Jésus au Temple : certes il a une famille sur terre avec un père (Joseph) et une mère (Marie) auxquels il est soumis nous dit l’Evangile, mais il a également un Père, Dieu son véritable Père. C’est également ce que nous dit Anne qui reçoit sont fils Samuel comme un don de Dieu et qui, dès qu’il est sevré, l’offre à son tour au Seigneur en action de grâce. Toute vie humaine nait de Dieu et au-delà de la famille dans laquelle elle prend racine, sa véritable destinée est de retourner à celui qui est véritablement son Père. Jésus est l’exemple parfait de cette grâce faite et de cette action de grâce rendue. C’est pourquoi la liturgie de la Sainte-Famille nous adresse cette parole de Jean : « Voyez comme il est grand, l'amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes. »

Et quand nous regardons de près les Evangiles, nos petites familles ne sont pas au cœur des enseignements de Jésus et elles n’ont rien de sacré. Ce qui compte vraiment c’est l’appel de Dieu à vivre dans cette Sainte Famille qu’est le peuple de Dieu rassemblé en Jésus-Christ pour demeurer dans l’amour du Père. L’Eglise n’a d’ailleurs pas hésité à nous donner des exemples de sainteté bien étranges au regard de nos sensibilités modernes, comme la bienheureuse Marie Guyart de l’Incarnation qui, veuve, a abandonné  son enfant de douze ans pour vivre pleinement l’amour de Dieu !

Repost 0
Published by Berulle - dans Spiritualité
commenter cet article
24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 15:20

« Dans une crèche, sitôt après sa naissance, ce qu’il allait enseigner par la parole, il l’a d’abord enseigné par l’exemple : pourquoi, en effet, une humble localité, de vulgaires langes, etc. ? Il prêchait cette vertu durant sa vie, et en mourant sur une croix il nous l’a enseignée à fond. »  (Berulle, Conférences, mars 1612)

 

L’humilité est au cœur de l’enseignement de Jésus, elle est au cœur de Jésus lui-même. Pourquoi alors vouloir chercher Dieu dans des manifestations de grandeurs et de gloires alors que lui-même se révèle dans l’humble douceur de rencontres toutes humaines. Des noëls, si nous ouvrons les yeux, nous pouvons en fêter chaque jour ! Des noëls, si nous suivons Jésus, nous pouvons en provoquer chaque jour !

 

Certes les petits bonheurs de la vie n’ont pas la force du tressaillement d’allégresse de Jean-Baptiste, mais ils sont du même ordre. La joie de la rencontre, le plaisir de recevoir un sourire ou un cadeau, la gratitude de se sentir aimé ou même considéré, une parole d’amitié ou de réconfort, un geste de partage, un simple coup de téléphone ou un mail, un peu de temps donné gratuitement à l’autre, proche ou lointain… tous ces actes que le cynisme finit pas nous faire considérer comme mièvres ne sont-ils pas finalement à l’image de l’humble présence du Christ ?

 

En cette fête de Noël, je ne nous souhaite pas d’accomplir de grandes choses mais de savoir accueillir et donner la joie de la présence divine dans nos actions les plus simples. Je nous souhaite de vivre mille et un noëls dans notre vie quotidienne. Que la grâce de Dieu qui vient nous visiter en ce jour fasse de toute notre vie un tressaillement d’allégresse.

 

Joyeux Noël !

Repost 0
Published by Berulle - dans Spiritualité
commenter cet article
20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 15:00

 

L’Evangile ne nous dit rien de la parole de salutation que Marie a adressée à Elisabeth. Ce n’est pas la parole de Marie qui importe, ce n’est même pas ce qu’a entendu Elisabeth, c’est ce qu’a ressenti l’enfant qu’elle porte, Jean, le futur Jean-Baptiste. Il a tressailli d’allégresse. Certes Elisabeth répond à Marie et la déclare bénie mais elle déclare béni également l’enfant qu’elle porte, c’est la venue de la mère de son Seigneur qui l’emplit de bonheur, tout comme c’est l’acceptation du don de Dieu qui fait de Marie une bienheureuse. Les gestes et les paroles des deux femmes révèlent ce qu’elles portent et qui est encore caché : ce don extraordinaire de Dieu qui vient visiter les hommes, cette joie des hommes qui accueillent leur Dieu.

 

 Champaigne_visitation.jpg

 

La visitation de Philipe de Champaigne, conservée au Musée de Genève, exprime à merveille cette scène. Ce petit format reprend la grande œuvre qu’il avait peinte pour la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon et la simplifie encore. Les deux femmes s’embrassent dans un baiser de paix, la main de Marie venant désigner le geste central d’Elisabeth qui tend sa main vers le ventre de sa cousine. De son côté Zacharie, répondant au questionnement du jeune homme qui nous représente tend son doigt vers ce geste éclairé par le puissant rayon lumineux manifestant la grâce divine.

 

Il est là le cœur de l’allégresse des hommes, dans le ventre de Marie. Dieu qui se fait corps comme nous le rappelle la lettre aux Hébreux citant dans la bouche du Christ les paroles du psaume. Dans le triangle formé par les deux femmes, un vide silencieux se manifeste, un vide éclairé mais qui pourrait retomber dans l’obscurité si nous ne choisissions nous-mêmes d’y laisser briller la lumière joyeuse de la foi.

 

Ce tableau silencieux et retenu, emprunt de la spiritualité cartusienne des fils de Saint Bruno, s’intéresse moins à raconter la scène qu’à en exprimer le sens. Il s’agit moins ici de réfléchir, que d’accueillir, dans le silence et la solitude. Même si cette solitude nous est offerte dans la contemplation d’un paysage architecturé où les hommes et les femmes ne sont pas absents, dans une culture humaniste chère à Erasme où notre propre découverte passe par une lecture et une appropriation de l’image et du monde.

 

En ce dernier dimanche de l’Avent, c’est dans la solitude de notre conscience et de notre volonté que nous avons à décider si nous reconnaîtrons dans le frémissement silencieux de la naissance qui vient celui qui est la Paix et dont la puissance, souvent invisible, doit s’étendre jusqu’aux extrémités de la terre (Michée 5, 4). Irons-nous à sa rencontre et reprendrons-nous ses paroles « Me voici mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté. » ? Tressaillerons-nous d’allégresse ?

Repost 0
Published by Berulle - dans Spiritualité
commenter cet article
13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 21:48

Simone_Martini._St._Martin_and_the_Beggar.jpg

 

En écoutant l’Evangile de ce 3e dimanche de l’Avent, c’est la figure de saint Martin qui me vient à l’esprit. « Que celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas. » Un rapport ténu certes, mais je crois aux signes de la liturgie et la plus ancienne trace de l’institution de l’Avent que nous connaissons, par saint Perpétuus vers 480, faisait débuter ce temps de préparation à Noël à la Saint-Martin, lui donnant le nom de Carême de Saint-Martin.

 

A la question « Que devons-nous faire ? », Jean-Baptiste répond deux choses : partager et être juste. Partager pour que tous aient de quoi se vêtir et se nourrir et être juste au quotidien, dans les métiers que nous exerçons. Il n’est pas question de joie dans la bouche de Jean et pourtant comment ne pas penser au premier chapitre de l’Evangile où, nous parlant de ses parents, Zacharie et Elisabeth, Luc nous dit « Tous deux étaient justes devant Dieu et suivaient, irréprochables, tous les commandements et observances du Seigneur. ». Car dans ce chapitre là, il est bien question de joie et d’allégresse : la joie de la naissance de Jean-Bapiste, « Tu auras joie et allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance. » ; la joie de Jean-Baptiste à la visite de Marie enceinte de Jésus, « L’enfant à tressailli d’allégresse en mon sein. » ; la joie de Marie « Mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur ».

 

La joie éclaire alors la deuxième partie de l’évangile de ce dimanche, car la joie c’est le sentiment qui nous anime quand Dieu lui-même vient à notre rencontre. Et Jean nous annonce les trois avènements du Seigneur : « Il vient », « Il vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu », « Il amassera le grain dans son grenier ». Ces trois avènements que Pierre de Blois définit si bien : « Il y a trois avènements du Seigneur, le premier dans la chair, le second dans l'âme, le troisième par le jugement.» Alors avec Sophonie et le psalmiste nous pouvons dire « Pousse des cris des joie, […] le Seigneur est en toi » ou « Jubilez, criez de joie […] car il est grand au milieu de toi le Saint d’Israël » tout comme Marie a pu s’écrier « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit tressaille de joie en Dieu mon sauveur. »

 

Mais cette joie ne sera vraie que si nous laissons entrer Dieu pleinement en nous, si nous prenons notre baptême au sérieux, si nous faisons tout pour être, au jour du jugement, non de la paille mais du grain. Jean nous dit ce que nous devons faire, être juste et charitable. Que ce temps de l’Avent, ce carême de saint Martin dont la charité fut exemplaire, soit pour nous un temps de conversion afin que nous soyons toujours dans la joie du Seigneur, lui qui est proche. (Ph 4)

Repost 0
Published by Berulle - dans Spiritualité
commenter cet article
8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 23:46

Comme la semaine dernière, et après les trois naissances du Christ de Pierre de Bérulle, je vous propose ce sermon de Pierre de Blois (De adventu, sermon III) qui reprend le thème des trois avènements de Jésus-Christ, déjà développé par saint Bernard. En ce temps d'Avent, il est agréable de se préparer à Noël en accueillant Jésus-Christ comme "un ami plein de tendresse".

« Il y a trois avènements du Seigneur, le premier dans la chair, le second dans l'âme, le troisième par le jugement. Le premier eut lieu au milieu de la nuit, suivant ces paroles de l'Evangile: Au milieu de la nuit un cri s'est fait entendre : Voici l'Epoux ! Et ce premier avènement est déjà passé : car le Christ a été vu sur la terre et a conversé avec les hommes. Nous sommes présentement dans le second avènement: pourvu toutefois que nous soyons tels qu'il puisse ainsi venir à nous;  car il a dit que si nous l'aimons, il viendra à nous et fera sa demeure en nous. Ce second avènement est donc pour nous une chose mêlée d'incertitude ; car quel autre que l'Esprit de Dieu connaît ceux qui sont à Dieu ? Ceux que le désir des choses célestes ravit hors d'eux-mêmes, savent bien quand il vient ; cependant, ils ne savent pas d'où il vient ni où il va. Quand au troisième avènement, il est très certain qu'il aura lieu ; très incertain quand il aura lieu: puisqu'il n'est rien de plus certain que la mort, et rien de plus incertain que le jour de la mort. Au moment où l’on parlera de paix et de sécurité,c'est alors que la mort apparaîtra soudain, comme les douleurs de l'enfantement au sein de la femme, et nul ne pourra fuir. Le premier avènement lut donc humble et caché, le second est mystérieux et plein d'amour, le troisième sera éclatant et terrible. Dans son premier avènement, le Christ a été jugé par les hommes avec injustice; dans le second, il nous rend justes par sa grâce; dans le dernier, il jugera toutes choses avec équité: Agneau dans le premier avènement, Lion dans le dernier, Ami plein de tendresse dans le second. »

Mais cette relation d'amitié à laquelle nous appelle Jésus, cette relation mystèrieuse et pleine d'amour, n'est pas que de l'ordre de l'intime, elle est également politique. Elle passe par le dialogue et fait notre humanité. Hannah Arendt nous le rappelle avec force dans ce passage de Vies politiques.

« Nous avons coutume aujourd’hui de ne voir dans l’amitié qu’un phénomène de l’intimité, où les amis s’ouvrent leur âme sans tenir compte du monde et de ses exigences. Rousseau, et non Lessing, est le meilleur représentant de cette conception conforme à l’aliénation de l’individu moderne qui ne peut se révéler vraiment qu’à l’écart de toute vie publique, dans l’intimité et le face à face. Ainsi nous est-il difficile de comprendre l’importance politique de l’amitié. Lorsque, par exemple, nous lisons chez Aristote que la philia, l’amitié entre citoyens, est l’une des conditions fondamentales du bien-être commun, nous avons tendance à croire qu’il parle seulement de l’absence de factions et de guerre civile au sein de la cité. Mais pour les Grecs, l’essence de l’amitié consistait dans le discours. Ils soutenaient que seul un “parler-ensemble” constant unissait les citoyens en une polis. Avec le dialogue se manifeste l’importance politique de l’amitié, et de son humanité propre. Le dialogue (à la différence des conversations intimes où les âmes individuelles parlent d’elles-mêmes), si imprégné qu’il puisse être du plaisir pris à la présence de l’ami, se soucie du monde commun, qui reste “inhumain” en un sens très littéral, tant que des hommes n’en débattent pas constamment. Car le monde n’est pas humain pour avoir été fait par des hommes, et il ne devient pas humain parce que la voix humaine y résonne, mais seulement lorsqu’il est devenu objet de dialogue. Quelque intensément que les choses du monde nous affectent, quelque profondément qu’elles puissent nous émouvoir et nous stimuler, elles ne deviennent humaines pour nous qu’au moment où nous pouvons en débattre avec nos semblables. Tout ce qui ne peut devenir objet de dialogue peut bien être sublime, horrible ou mystérieux, voire trouver voix humaine à travers laquelle résonner dans le monde, mais ce n’est pas vraiment humain. Nous humanisons ce qui se passe dans le monde et en nous en en parlant, et, dans ce parler, nous apprenons à être humains.
Cette humanité qui se réalise dans les conversations de l’amitié, les Grecs l’appelaient philanthropia, “amour de l’homme”, parce qu’elle se manifeste en une disposition à partager le monde avec d’autres hommes. »


Repost 0
Published by Berulle - dans Spiritualité
commenter cet article
6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 23:36

 

Jean-Baptiste a entendu la Parole de Dieu et il ne l’a pas gardée pour lui. Il a parcouru toute la région du Jourdain pour la proclamer et pour appeler ses frères à se convertir, à prendre la route du Seigneur. Il l’a proclamée jusqu’à la mort. Nous ne sommes pas appelés à accueillir Dieu dans le secret de nos cœurs, nous sommes appelés à nous mettre en marche et à annoncer la Bonne Nouvelle pour que chaque homme et chaque femme se mettent en marche avec nous sur cette route que Dieu lui-même nous rend praticable. « Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies ; et tout homme verra le salut de Dieu » (Luc 3, 6).

 

Pour nous qui croyons à cette promesse, aplanir la route du Seigneur, c’est participer à ce travail de Dieu. C’est veiller à ce que tous les ravins, toutes les montagnes, tous les chemins tortueux et déformés qui empêchent nos frères et nos sœurs d’entendre cette promesse et d’y croire soient aplanis. Certes, ce n’est pas facile et, souvent, nous sommes tentés d’abandonner tant il nous semble que nos efforts sont vains par rapport au travail à accomplir. Une goutte d’eau dans l’océan ? Une voix dans le désert ? Et à l’échelle de nos forces, nous avons raisons de désespérer et de pleurer sur la faiblesse de nos moyens. Mais quelle joie quand il nous semble que la peine que nous nous donnons porte des fruits, mêmes ténus. « Qui sème dans les larmes, moissonne dans la joie » (Ps 125).

 

Ayons la foi, croyons que les petites choses que nous faisons pour l’Evangile sont portées par une force qui nous dépasse ! « Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours, enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Eternel. » (Ba 5, 1). Ne nous lamentons pas, ne cherchons pas à être des purs au fond de nos maisons comme au fond de notre cœur, mais mettons nous en marche pour que la promesse qui nous est faite soit accueillie par le plus grand nombre. Nous ne serons jamais digne de l’offre qu’Il nous fait. Et alors ? Chaque dimanche à la messe nous disons « Seigneur je ne suis pas digne de te recevoir mais dis seulement une parole et je serai guéri ». Nous le disons et nous allons communier. Car même indigne, nous savons que nous avons reçu cette parole et qu’Il nous appelle à le revêtir.

 

A quoi nous servira-t-il d’être pur au jugement dernier si nous avons oublié l’essentiel : aplanir la route du Seigneur pour permettre à tout homme de voir le salut de Dieu. Ce jour là ,il ne nous sera pas demandé « Etes vous pur ? » mais « Avez-vous donné à manger à celui qui avait faim ? Avez-vous donné à boire à celui qui avait soif ? Avez-vous accueilli l’étranger ? Avez-vous visité le prisonnier ? » (Mt 25).

Repost 0
Published by Berulle - dans Spiritualité
commenter cet article
2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 01:28

 

En ce temps d’Avent, je vous livre cette conférence de Pierre de Berulle sur les trois naissances du Christ où il nous est demandé de ne pas dissocier note vie spirituelle de notre devoir missionnaire. On cite abondamment la phrase du Discours de l’état et des grandeurs de Jésus, «Abandonnez la contemplation de Dieu dès qu'un pauvre vous le demande.», mais il s’agit également de garder à l’esprit que même quand aucun pauvre ne vient troubler notre méditation, c’est vers l’autre que nous devons être tourné. Accueillir le Christ, se préparer à le recevoir, c’est au final se préparer à annoncer le Christ, offrir le Christ.

 

« Il y a trois naissances du Christ : l’éternelle, la temporelle et la spirituelle. La première exige l’admiration ; la deuxième, l’adoration ; la troisième l’imitation. La naissance temporelle rend gloire à l’éternelle : c’est pourquoi, lorsqu’elle s’accomplit, les Anges chantent : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux. » Mais cette acclamation, ils la chantent moins à propos de la naissance temporelle que de l’éternelle, car c’est à elle que le Fils qui aime doit sa génération, l’honore et lui rend gloire.

Et quant à nous, nous devons aussi rendre gloire à sa génération spirituelle, en même temps qu’à sa génération temporelle et à l’éternelle. De fait, de même que [le Verbe] a été en lui-même engendré afin de naître encore également en nous, de même il doit naître aussi en nous pour naître également chez les autres grâce à nous. Véritablement il doit naître en nous avant de pouvoir naître chez les autres, de même qu’il a pris naissance en la Vierge Marie avant de naître, grâce à elle, pour le monde entier. Les paroles que voici en sont, en effet, la preuve : « Ce qui est né en elle vient de l’Esprit saint. » Voilà que déjà il est né en elle avant d’apparaître au jour. Il est dit d’autre part : « L’être saint qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu » pour que sa naissance soit révélé dans le monde. »

 

Conférence sur les trois naissances, décembre 1611.

Pierre de Berulle, Œuvres complètes 1, pp.3-4. Edition Cerf Oratoire de France, 1995.

Repost 0
Published by Berulle - dans Spiritualité
commenter cet article
29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 22:52

Les textes de la messe de ce premier dimanche, nous permettent immédiatement d’éviter de voir en ce temps de l’Avent une simple attente de Noël, un avant la fête. L’Alliance nouvelle que Jérémie annonce à travers la promesse de  la naissance du « Germe de justice » et le discours apocalyptique de Saint-Luc nous projettent dans un avenir tout à la fois plus lointain et plus immédiat que le 25 décembre : le retour de Jésus-Christ dans sa gloire et l’actualité, l’aujourd’hui, de l’Alliance nouvelle par laquelle Dieu a mis sa Loi dans nos entrailles, l’a écrite dans nos cœurs (Jérémie 31, 33).

Avec l’Avent nous entrons ainsi dans le temps de l’attente, mais dans le temps d’une attente active, le temps de  la mission « jusqu’à ce que soit accompli le temps des nations » (Lc 21,24). Ce temps, c’est  notre histoire, une histoire qui se vit dans le monde et non contre le monde, mais avant tout une histoire qui se vit avec Dieu. Si l’Avent nous mène à Noël, il nous replace d’abord au cœur de cette tension de la vie chrétienne qui, pour reprendre les termes de Paul, nous fait vivre « en Christ » en attendant  que le retour du Messie ou notre mort ne nous permettent de vivre « avec Christ ».

L’Evangile de Luc que nous lirons durant cette année liturgique est celui de l’aujourd’hui de Dieu. La Loi d’amour et de justice inscrite dans nos cœurs et les sacrements nous permettent de continuer de vivre en Christ et d’affirmer à sa suite que le Royaume de Dieu est au milieu de nous (Lc 17, 20). C’est le cœur de notre mission de baptisé, une mission qui nous pousse, comme les apôtres, à aller dans le monde, à sortir de nous-mêmes, pour que tous, ou au moins le plus grand nombre, puissent, dans quelques semaines, fêter Noël et entendre la nouvelle extraordinaire que nous annonce Jérémie :  « Un homme n’instruira plus  son prochain ni son frère de la manière suivante : « Il faut connaître le Seigneur ! » car tous me connaîtront, petits et grands – oracle du Seigneur -, car je pardonnerai leurs fautes ; et de leurs péchés, je ne me souviendrais plus. » (Jr 31, 34). Oui, à Noël, Dieu se révèlera lui-même à toutes et à tous et dès aujourd’hui il nous faut l’annoncer.

Bonne année liturgique ! Nous sommes dans le temps de l’Avent ! Ayons « entre nous et à l’égard de tous les hommes un amour de plus en plus intense et débordant »  et que le Seigneur nous « établisse fermement dans une sainteté sans reproche devant Dieu notre Père » (1 Th 3,13).

Repost 0
Published by Berulle - dans Spiritualité
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Berulle
  • Le blog de Berulle
  • : Art, culture, religion, société. Le blog d'un catho libre de ses propos.
  • Contact

Pietro de Paoli chaque lundi

L'auteur de Vatican 2035 et de Dans la peau d'un évêque participe au blog en livrant chaque lundi un de ses "100 mots pour la foi".

Recherche

Pierre de Berulle sur Facebook

Retrouver Pierre de Berulle sur Facebook ainsi que le groupe Fraternité Pierre de Berulle

Commentaires

N'oubliez pas de laisser vos commentaires pour faire vivre ce blog et de le recommander à vos amis !
Inscrivez-vous à la newsletter pour être informé des nouveaux articles.