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Retraite prêchée sur l'Oratoire de Facebook du 17 au 21 novembre 2008

Comment prêcher une retraite sur internet. Une retraite anonyme et sans visage. Plutôt que de prêcher une retraite il s’agit en fait de faire retraite ensemble, de faire retraite spirituellement au cœur de notre quotidien, sans s’en retirer. Chacun d’entre nous prendra le temps qu’il pourra, le temps qu’il voudra.
Je vous proposerai chaque matin un court texte d’introduction à notre méditation de la journée ainsi qu’un texte biblique s’y rapportant. Vers 17 heures, je publierai quelques points de réflexion. Chacun pourra y répondre, les compléter.
Parce que c’est Pierre de Berulle, parce que dans quelques semaines, nous fêterons Noël, j’ai choisi de nous faire méditer pendant ces cinq jours sur le mystère de l’incarnation.
« Pour ce qui regarde l’Incarnation, il faut adorer la volonté de Dieu qui a daigné envoyer son Fils dans le monde et l’amour du Fils de Dieu qui s’est offert lui-même. »
Pierre de Berulle, 25 mars 1613, Collationes [125].

17 novembre


En quoi croyons nous ? Qui est pour nous finalement ce Jésus-Christ dont nous parlons abondamment ou pas ? Pourquoi est-il une bonne nouvelle pour nous, pour les hommes ?
Pour commencer cette retraite, en questionnant le mystère de l’Incarnation, je nous propose de nous dire ce que nous comprenons de cette affirmation si souvent répétée : Jésus-Christ nous sauve.

Epître aux Hébreux 2, 5-18

(5) Ce n’est pas à des anges, en effet, qu’il a soumis le monde à venir dont nous parlons. (6) Quelqu’un a témoigné quelque part en disant : Qu’est-ce qu’un homme, pour que tu te souviennes de lui, ou un fils d’homme pour que tu le visites ? (7) Tu l’as abaissé pour peu au dessous des anges ; de gloire et d’honneur tu l’as couronné ; (8) tu as tout soumis sous ses pieds. S’il lui a soumis toutes choses, il n’a rien laissé qui ne lui soit soumis. Or, maintenant nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient soumises. (9) Mais celui qui a été pour peu abaissé au dessous des anges, Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur, à cause de la mort qu’il a soufferte, afin que, par la grâce de Dieu, pour tout homme il ait goûté la mort.
(10) Il convenait en effet que, devant conduire à al gloire un grand nombre de fils, Celui pour qui sont toutes choses et par qui sont toutes choses rendît parfait par des souffrances le Chef de leur salut. (11) Car le sanctificateur et les sanctifiés sont issus d’un Seul. C’est pour ce motif qu’il n’a pas honte de les appeler frères, (12) quand il dit : J’annoncerai ton nom à mes frères, au milieu de l’assemblée je te chanterai. (13) Et encore : Moi, je mettrai ma confiance en lui. Et encore : Me voici, moi avec les enfants que Dieu m’a donnés.
(14) Ainsi donc, puisque les enfants avaient en commun le sang et la chair, il y a lui aussi participé semblablement, afin d’abolir par la mort celui qui avait l’empire de la mort, c’est-à-dire le diable, (15) et de délivrer ceux que la crainte de la mort livrait toute leur vie à l’esclavage. (16) Car ce n’est certes pas à des anges qu’il vient en aide ; mais c’est à la descendance d’Abraham qu’il vient en aide. (17) En conséquence, il devait se faire en tout semblable à ses frères, afin de devenir un grand prêtre miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour expier les péchés du peuple. (18) Car du fait qu’il a été lui-même éprouvé par ses souffrances, il peut venir au secours de ceux qui sont éprouvés.


Solidaires

Il est le médiateur parfait, Fils de Dieu et frère des hommes, c’est ce que nous révèle l’auteur de l’Épître aux Hébreux dans ses deux premiers chapitres.
L’auteur cite largement le Psaume 8, celui de la vocation humaine et nous invite à contempler Jésus-Christ venu partager notre vocation. Une vocation en deux temps : homme créé inférieur aux anges, homme glorifié à qui la création est soumise. Cette vocation, Dieu ne cesse de nous la proposer. Jésus l’a vécue pleinement et il ne cesse de la vivre. Car comme le souligne l’auteur Jésus ne FUT pas abaissé - pour un temps donné - en dessous des anges, il A ETE abaissé et le reste. L’incarnation ne prend pas fin avec la glorification. Sinon il ne pourrait être aujourd’hui pour nous le médiateur parfait, celui qui continue de nous appeler ses frères, celui qui continuellement proclame : "J’annoncerai ton nom à mes frères, au milieu de l’assemblée je te chanterai."
C’est par sa solidarité parfaite avec les hommes, "se faisant en tout semblable à ses frères", qu’il ouvre le chemin de la glorification. Une solidarité qui va jusqu’à la mort. La volonté de Dieu déborde largement la simple logique du « rachat », il s’agit, pour Jésus, d’être pleinement homme jusqu’à ce qui nous rend esclave : "la crainte de la mort". C’est le Fils de Dieu, devenu frère de chacun d’entre nous, qui aujourd’hui, comme chaque jour, ne cesse de nous dire que la promesse de Dieu n’est pas une parole vaine mais une extraordinaire bonne nouvelle – accomplie - à laquelle nous sommes tous invités à prendre part.

Je ne crois pas que le mot « salut » puisse aujourd’hui rendre compte cette bonne nouvelle. Si pour le chrétien, il peut encore avoir un sens, il me semble que pour nos contemporains il ne laisse rien résonner. N’ayant aucunement la sensation de devoir être sauvé, ils entendent même dans ce mot un acte dépréciateur contraire à la dynamique même du Salut qui est élévation, glorification.
Le terme de solidarité par contre est porteur d’une richesse et d’une dynamique qui peuvent interpeller les hommes et les femmes de notre époque. Les grandes figures de la solidarité, qu’elles soient chrétiennes ou non, sont des références même pour ceux et celles qui ne croient pas. Elle est un acte positif qui dit du bien de l’homme (qui le bénit) et qui traduit l’amour de Dieu dans son incarnation et dans la Pâques.
La Bonne Nouvelle ne peut pas déprécier l’homme. En devenant le frère de tous les hommes, Dieu ne vient pas seulement, par compassion, stabiliser l’homme en réduisant la fracture du péché, il fait beaucoup plus. Il incarne sa volonté, c’est-à-dire lui-même, un amour qui se donne en excès pour que l’homme, solidaire du Christ et de ses frères, porte sur la création sur laquelle il est appelé à régner le même regard et la même volonté de glorification.

Pour "adorer la volonté de Dieu qui a daigné envoyer son Fils dans le monde et l’amour du Fils de Dieu qui s’est offert lui-même", nous pouvons nous demander comment, dans la prière et dans nos vies, nous vivons la solidarité avec le Christ, avec nos frères et nos soeurs.

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