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Retraite prêchée sur l'Oratoire de Facebook du 17 au 21 novembre 2008

Comment prêcher une retraite sur internet. Une retraite anonyme et sans visage. Plutôt que de prêcher une retraite il s’agit en fait de faire retraite ensemble, de faire retraite spirituellement au cœur de notre quotidien, sans s’en retirer. Chacun d’entre nous prendra le temps qu’il pourra, le temps qu’il voudra.
Je vous proposerai chaque matin un court texte d’introduction à notre méditation de la journée ainsi qu’un texte biblique s’y rapportant. Vers 17 heures, je publierai quelques points de réflexion. Chacun pourra y répondre, les compléter.
Parce que c’est Pierre de Berulle, parce que dans quelques semaines, nous fêterons Noël, j’ai choisi de nous faire méditer pendant ces cinq jours sur le mystère de l’incarnation.
« Pour ce qui regarde l’Incarnation, il faut adorer la volonté de Dieu qui a daigné envoyer son Fils dans le monde et l’amour du Fils de Dieu qui s’est offert lui-même. »
Pierre de Berulle, 25 mars 1613, Collationes [125].

18 novembre


De la gloire à l’enfance, rembobinons le film de la vie de Jésus et arrêtons-nous aujourd’hui sur l’Etat d’enfance si cher au Père de Bérulle. Que me dit cet enfant, de Dieu, de l’humanité, de moi-même ? En quoi est-il déjà Bonne Nouvelle ?
A l’approche de Noël, contemplons l’enfant Jésus présenté par Marie aux rois mages. Plutôt qu’un texte, j’ai choisi de vous proposer, comme source de méditation, le tableau célèbre de Brueghel l’ancien : L’adoration des mages (1564), conservé à la National Gallery de Londres.



Jésus n’est pas un ange.


Le vieux mage est à genou, l’œil fixé sur le sexe de l’enfant. Il s’est incarné, « entier dans toutes les parties qui constituent un homme ». Il est homme, pleinement homme. Son père, lui, cache le sien, avec son chapeau. A son oreille, un jeune homme lui confie un secret à l’oreille. Marie, couverte de ses attributs bleu et rouge de reine, présente aux regards des trois rois son Fils nu déjà enveloppé d’un linge blanc. L’étable prend des allures de tombeau éclairé par les lances verticales des soldats aux têtes patibulaires qui semblent déjà marcher sur le chemin de Gethsémani. A la verticale de l’enfant la hallebarde du soldat hésite entre la croix du Golgotha et celle de procession. Au fond, l’âne, la tête dans la mangeoire, met en perspective de la scène le repas eucharistique. Secret et annonce, naissance et mort, toute l’Incarnation se livre dans ce tableau à notre regard.

Mais que regardons nous ?

Au centre, un roi si myope que son nez pourrait toucher l’objet de son regard : le sexe de l’enfant. Ce sexe, preuve de l’incarnation, comme la plaie du Christ sera pour Saint Thomas la preuve de la Résurrection. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ? » (Jn 20, 28). La preuve qui cache le mystère, cette preuve dénoncée par Calvin en 1543 dans son « Avertissement très utile » qui souhaitait dresser la liste de toutes les reliques existantes et qui commençait par les deux saints prépuces existants, celui de Saint-Jean de Latran et celui de l’abbaye de Charroux. Un avertissement pour notre contemplation et notre vie spirituelle : nos fixettes nous empêchent souvent de regarder ce que Dieu nous donne vraiment à voir.

A gauche, un roi dont les yeux sont si crasseux qu’on ne peut croire un instant qu’il voit l’enfant. A droite, un roi qui ne regarde même pas dans la direction de Jésus.
Et nous, le regardons-nous vraiment cet enfant que Marie nous présente ? Nos connaissances ne sont-elles pas un cache qui nous empêche de le contempler ? Ne trouvons nous pas que cela a peu d’intérêt ?

A gauche, des soldats qui, déjà, transportent Jésus à sa Passion.
Arrivons-nous à nous fixer sur Jésus enfant, sans immédiatement voir en lui le Jésus de la vie publique, celui de la Passion, celui glorifié ? Prenons nous le temps de ne nous concentrer sur cet enfant dans sa faiblesse et sa dépendance à sa mère.

Car c’est dans cette faiblesse et cette dépendance que Jésus est également solidaire de nous. Un Jésus qui s’incarne dans l’ensemble des états de l’homme : dans le ventre de sa mère, comme dans sa mort, dans la faiblesse et la dépendance comme dans la volonté et la liberté. Jésus-enfant, nu sous les regards de tous, qui glorifie également cet état d’impuissance, d’innocence, de dépendance, en faisant une voie spirituelle qui nous invite à la passivité de l’accueil et de l’abandon, à la confiance.

Joseph, lui, ne regarde pas, il ne dit mot, il entend la parole qui lui est donnée : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme : car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus : car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. ».

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