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Retraite prêchée sur l'Oratoire de Facebook du 17 au 21 novembre 2008

Comment prêcher une retraite sur internet. Une retraite anonyme et sans visage. Plutôt que de prêcher une retraite il s’agit en fait de faire retraite ensemble, de faire retraite spirituellement au cœur de notre quotidien, sans s’en retirer. Chacun d’entre nous prendra le temps qu’il pourra, le temps qu’il voudra.
Je vous proposerai chaque matin un court texte d’introduction à notre méditation de la journée ainsi qu’un texte biblique s’y rapportant. Vers 17 heures, je publierai quelques points de réflexion. Chacun pourra y répondre, les compléter.
Parce que c’est Pierre de Berulle, parce que dans quelques semaines, nous fêterons Noël, j’ai choisi de nous faire méditer pendant ces cinq jours sur le mystère de l’incarnation.
« Pour ce qui regarde l’Incarnation, il faut adorer la volonté de Dieu qui a daigné envoyer son Fils dans le monde et l’amour du Fils de Dieu qui s’est offert lui-même. »
Pierre de Berulle, 25 mars 1613, Collationes [125].

20 novembre

De la liberté à la mort, voici peut-être le sujet de méditation et d'annonce le plus étonnant du christianisme. Que peut vouloir signifier choisir la mort ? Comment accepter d'être sauvé par la mort de quelqu'un fût-il le Fils de Dieu ? Et notre mort, à nous ?

A l’approche de Noël, contemplons Jésus mort. Plutôt qu’un texte, une nouvelle fois, j’ai choisi de vous proposer, comme source de méditation, un tableau célèbre, celui de Philippe de Champaigne : Le Christ mort couché sur son linceul, légèrement antérieur à celui de Brughel, conservé au Musée du Louvre.

Le tableau sur internet : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a9/Champaigne_-_Le_Christ_mort_couch%C3%A9_sur_son_linceul.jpg



La mort.


Pas de grandiloquence, mais une intériorité spirituelle et un corps d’un réalisme serein. Un corps d’homme reposant, dans le silence du tombeau, sur son linceul. Pas d’anges, pas de paysages torturés, de ciels déchirés, le silence. Pas de signes non plus, au second plan, ni perspective temporelle d’une résurrection à venir, ni ciel s’éclaircissant ou arbre de vie bourgeonnant. Tout est là dans ce corps d’homme, ce corps du frère des hommes que seules les plaies et la couronne d’épine nous désignent comme le Fils de Dieu.

« Baptisé dans le Christ Jésus, c’est dans sa mort que nous sommes baptisés, nous sommes ensevelis avec lui par le baptême dans la mort. » Pas de résurrection non plus dans le texte que Philippe de Champaigne a inscrit sous la figure. La mort, seulement le silence de la mort.

Et pourtant l’évocation du baptême ouvre une brèche dans cette œuvre. La plaie du côté signe de la mort est également signe de la vie donnée en plénitude. Les quelques goûtes de sang séchées sous les plaies sont déjà, comme le souligne saint Jean, les torrents de vie irrigant le monde. « La porte est l’horizon silencieux au-delà des mots. » écrit Thérèse d’Avila. La mort est une porte, une porte silencieuse au-delà des explications, une porte qui nous obsède, mais une porte ouverte.

De cette porte, de ce corps, jaillit la lumière, une lumière froide et éternelle aux reflets minéraux. La silencieuse lumière de l’Eternité nous aspire et nous anime. Dans la contemplation de ce corps, l’histoire s’unifie au lieu de se déployer. Le temps de l’Incarnation nous incorpore par cette plaie toute à la fois don de Dieu, offrande du Fils, et appel de l’homme. Cette lumière qui vient du corps nous éclaire et nous invite à voir l’avenir, notre avenir, s’avancer vers nous.

La lumière qui vient du Christ mort change toute la perspective de notre vie. Nous ne nous acheminons pas vers la mort. Depuis le jour où Dieu a choisi de venir à nous, de s’incarner, la Vie est venue à notre rencontre. Depuis le jour où le Fils de Dieu est mort et ressuscité, c’est la Vie qui s’achemine vers nous pour nous être donnée en plénitude. Il nous faut l’accueillir chaque jour en attendant d’être pleinement accueillie par Elle.

La mort n’est pas notre horizon, nous sommes l’horizon de la Vie, l’horizon de Dieu.

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