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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 18:00
Par Pietro De Paoli

Écoutez, c’est une histoire, un roman :

Nous sommes en 2035, dans Jérusalem réconciliée, après de longs et sanglants affrontements. Au cours de la messe de Pentecôte qui célèbre la paix regagnée, un pape raconte le songe qui l’a bouleversé la nuit précédente : « Je marche sur la route avec quelques compagnons, silencieux et attristés quand nous sommes rejoints par un voyageur aux mots de feu, et tandis que nous l’écoutons nos cœurs deviennent brûlants de joie. Au bout de la route, nous retenons l’inconnu ‘Reste avec nous, le soir tombe’. Il accepte, reste pour le repas, prend le pain et le bénit. Nos yeux s’ouvrent, nous le reconnaissons, c’est le Seigneur ! Mais tandis que je me tourne vers mes compagnons, je découvre la table vide et j’entends la voix douloureuse du Seigneur : ‘Qu’as-tu fait de tes frères’, et je pleure. »
Alors, dans ce midi ruisselant de lumière, devant les télévisions du monde entier, le pape invite tous les responsables religieux chrétiens qui assistent à la célébration à le rejoindre et à communier avec lui au Corps et au Sang du Christ.
Et tous catholiques, orthodoxes et protestants, célèbrent l’unité et la paix, et reçoivent la Grâce répandue par le Christ, dans sa mort et sa résurrection. En recevant le Corps du Christ, ils deviennent uns dans le Christ.

 

J’ai imaginé cette scène, ce geste, pour partager mon rêve et mon espérance avec mes lecteurs. Pour qu’on se dise : « Et pourquoi pas ? ».

Pourtant, cette scène, ici résumée, qui donne le titre au roman ; Vatican 2035, malgré son « énormité », n’a quasiment pas été commentée, comme si ce n’était qu’une anecdote sans importance, un ornement du récit.

Aujourd’hui, je m’interroge encore sur cet étrange silence. Souffrons-nous si peu de la division, y sommes-nous tant « habitués » que nous n’acquiesçons ni n’objectons à cette histoire ?

Alors, je repose ici la question : et si c’était possible ?

Je sais, on m’objectera qu’il ne faut pas « tricher », et faire semblant d’être d’accord alors que l’unité n’est pas réalisée.

Fous que nous sommes, croyons-nous vraiment que nous allons la réaliser nous-même, cette unité, avec la force de nos petits bras, avec nos petits cerveaux et nos cœurs étriqués. Ce n’est pas avec notre intelligence et la précision des mots et des concepts que nous ferons l’unité, mais avec l’humilité de nos cœurs.

Je crois que si nous désirons cette unité, si nous la demandons à Dieu, si nous le supplions sans relâche, si nous avons le cœur brisé de chagrin, alors, il nous sera donné de célébrer en vérité notre unité dans la communion au Corps du Christ.

Je veux continuer à rêver et vous faire rêver avec moi. Si nous sommes catholiques, si nous croyons que l’Eucharistie fait l’Église, si nous croyons que l’Église vit de l’Eucharistie, osons ouvrir notre table à nos frères et sœurs chrétiens séparés, osons croire que nous pouvons demander à Dieu de réaliser lui-même notre unité.

Peut-être est-il raisonnable de le faire d’abord dans quelques occasions choisies, comme un signe, en implorant Dieu de répandre sa Grâce sur nous tous en abondance, d’affermir notre foi, d’éclairer notre intelligence, et de nous donner un esprit de fraternité et de concorde.

 

 

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Published by Pietro de Paoli - dans Unité des chrétiens
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commentaires

xénia 21/01/2010 09:39


A moi de vous raconter une hostoire VRAIE. Un jour, j'ai rencontré une petite fille de 6 ans qui voulait faire sa première communion. Le prêtre lui a dit : "tu ne peux pas, tu n'es pas assez grande
! " Et la petite de répondre : "mais c'est pour grandir que je veux faire ma communion." Et le prêtre n'a pas hésité à la faire approcher de la table eucharistique, qui fait de nous des frères et
soeurs dans un même désir et une même foi.
J'apprends, en théologie oecuménique, que l'eucharistie est le but et non pas le moyen de l'unité. Dommage, il nous faudra toujours la "mériter" pour "y avoir droit". Est-ce que nous nous laissons
transformer par Dieu (qui se donne dans l'Eucharistie ?) ou voulons-nous transformer Dieu (en le donnant quand cela nous parait juste et méritoire ?)
Je partage tout-à-fait l'interrogation cruciale de Pietro di Paoli. Merci à lui de la poser si clairement.


Philippe 21/01/2010 09:18


"Là où plusieurs sont réunis en mon nom, je serai au mileu d'eux". On oublie malheureusement que kes choses qui nous rapprochent sont largement plus nombreuses que celles qui nos séparent. Alors
que nous récitons le même Credo (à des subtilités près), que nous avons le même baptême, on se bagarre encore sur des concepts mis en avant au Concile de Trente ! Le "Je crois en Dieu"
ne parle pas de transsubstantiation", de "consubtantation" et autres concepts aquinistes sans doute importants en leur temps (quoique) mais n'apportant rien à l'heure actuelle.


mathilde 20/01/2010 23:00


Ce que dit Pietro de Paoli ici, c'est tout simplement,avec les mots et l'inspiration en plus, tout ce que je pense profondément, intimement. Moi qui ai été baptisée "tardivement" ( 12 ans), qui ai
grandi dans une famille intelligente et athée, j'essaye toujours de comprendre, aujourd'hui encore, pourquoi les chrétiens se divisent, tout cela n'a pas de sens pour moi. A mon tour une
anecdote: quand nous nous sommes rendus à un groupe de préparation au mariage avec mon mari,il ya quelques années maintenant, je me rappelle qu'on nous a demandé ce que représentait le
Christ pour nous. Gros silence dans l'assemblée mais pour moi la réponse a fusé: le Christ c'est l'Amour! Osons regarder ce mot en face, dépouillons le des discours d'usage et savants qui nous font
oublier la force d'un sentiment infiniment bon, infiniment grand. Soyons humbles devant l'Amour et le Christ car comme la montagne et la mer, ils auront toujours raison de nous.


isabelle Berthelier 20/01/2010 21:57


C'est un rêve mais il est magnifique. Le texte n'a pas été commenté, peut-être parce qu'on l'a lu comme un poème qui fait rêver plus qu'il n'incite à la discussion ou à la contestation. Il
encourage à tout faire pour l'Unité tout en sachant qu'elle ne sera jamais simplement notre oeuvre, elle ne peut que nous être donnée si nous acceptons d'apporter notre petite part, nos cinq pains
et nos deux poissons pour nourrir d'espoir et de joie des milliers d'enfants, de femmes et d'hommes et réjouir le coeur de Dieu.
Il suffirait peut-être que beaucoup de chrétiens fassent le même rêve et la même prière. C'est cette semaine qu'il faut commencer ... et continuer sans se lasser.


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