Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 14:06

 

De retour sur le blog, en ce lendemain de Pentecôte, après un temps de silence débuté au lendemain de Pâques. Une parole du Christ, entendue hier, me trotte encore dans la tête comme une clé pour vivre en réalité notre relation à celui qui est venu nous appeler à le suivre.

« Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité toute entière. » Il n’est pas question de nous donner la Vérité mais de nous y conduire. La vérité nous ne la possédons pas, nous sommes appelés à cheminer pour la rencontrer, peut-être pour la contempler. Nous qui combattons chaque jour contre les certitudes de ce monde qui nous paraissent contraire à l’Evangile, nous avons tendance à vouloir imposer nos propres certitudes, fruits de 2000 ans de réflexions. Substituer la Tradition aux certitudes du monde est-ce évangélique ? N’est-ce pas tout simplement corrompre la vérité que d’ériger comme un « tout » ce que nous n’entrevoyons que partiellement. Enfermer Dieu, Jésus, l’Esprit, l’amour, la vie dans une architecture aussi belle et subtile soit-elle, n’est-ce pas la priver de l’essentiel ? N’est-ce pas les transformer en une flamboyante cathédrale gothique privée de son élément primordial, la lumière qui donne vie à l’édifice ?

L’Eglise a combattu l’esprit positiviste d’une science qui pensait pouvoir tout dire sur tout et exclure la foi dont la rationalité ne pouvait être prouvée. Alors que les sciences d’aujourd’hui nous apprennent plutôt la relativité de nos connaissances, quelque soit le domaine de nos recherches, l’Eglise semble se conduire avec la même morgue que les positivistes, professant la vérité et excluant tout ce qui pourrait gripper ce qu’elle présente comme une  mécanique parfaite. Ne faudrait-il pas être fou pour croire, sous prétexte que l’Esprit nous accompagne, que notre intelligence humaine puisse cerner un domaine qui en grande partie échappe même à ce que nous pouvons imaginer ?

La vérité de l’Evangile c’est que nous sommes tous appelés à cheminer vers la pleine vérité. La Tradition, nos réflexions, nos constructions, nos institutions sont importantes car elles nous permettent de vivre ensemble notre foi. Elles doivent nous éclairer mais non murer les vitraux de notre cathédrale de crainte que la vie nous questionne ou nous blesse. La vie avec Dieu est un chemin. Si nous croyons en lui, il n’y a aucun risque à s’y engager. Faire du sur-place ne nous conduira nulle part.

A la Pentecôte, tous étaient stupéfaits d’entendre la proclamation des apôtres dans sa langue. Le monde et les chrétiens ont de plus en plus de mal à entendre dans leur langue les paroles de l’Eglise. Il serait temps que nous tirions les lourdes draperies qui obscurcissent notre intelligence afin que la vie et l’amour de Dieu viennent raviver nos paroles et toucher nos contemporains au plus profond d’eux-mêmes. Sur le chemin de la vérité toute entière, pour nous-mêmes comme pour l’Eglise, l’humilité dans le dialogue et la conversation fraternelle me semble un meilleur « bâton de pèlerin » que les certitudes.

Par Berulle - Publié dans : Spiritualité - Communauté : Praedicatho.com
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 12 avril 2012 4 12 /04 /Avr /2012 13:10

 Bon, ne tournons pas autour du pot, nous sommes face à ce mot devant une évidente contradiction : selon la plus commune observation, le catholicisme serait une affaire « de curés », autant dire de prêtres, or, il est parfaitement clair qu’à aucun moment, ni le Jésus tel que les Évangiles nous le montre, ni les pratiques des premières communautés chrétiennes, ne mentionnent la moindre nécessité de désigner des prêtres. Comment expliquer cela ?

D’abord, en regardant ce qu’est un prêtre selon l’acceptation religieuse commune. C’est l’homme (la femme – il y a des prêtresses dans nombre de religions archaïques) qui est le pont, le méditeur, entre le ou les dieux et les humains. Il manipule un matériaux dangereux, le sacré, matériaux qui ne s’approche qu’avec moult précautions et diverses purifications. Le prêtre demeure comme imprégné par cette contiguïté avec le sacré. En conséquence, il est lui-même comme contaminé, et il vit d’une façon particulière et à quelques distances du commun. Le prêtre s’impose des exercices de purification afin de se préparer au contact avec le sacré et en particulier à la pratique des sacrifices. Il offre au dieu des parts de récolte, du lait, et parfois des sacrifices sanglants d’animaux, exceptionnellement des sacrifices humains.

La pratique du judaïsme au temple de Jérusalem avait farouchement repoussé toute idée de sacrifice humain. Cependant, on y maintenait celle des sacrifices sanglants de bestiaux et bestioles. Cette « industrie religieuse » était confiée à une sorte une caste spécialisée, les prêtres, Cohen, qui étaient réputés être issus de l’une des tribus d’Israël, celle de Lévi. Et parmi eux était chaque année désigné le Grand Prêtre, le Cohen Gadol, qui faisait le grand Sacrifice pour le pardon des fautes de tous le jour du Grand Pardon, Yom Kippour.

Or, le christianisme naissant reconnaît Jésus comme l’unique Grand Prêtre, et sa mort consentie sur la croix comme le sacrifice ultime, celui qui rachète définitivement les péchés de tous. Dès, lors, fin des sacrifices et de la petite industrie qui les pratiquent, et tendanciellement, chômage technique puis disparition des prêtres.

D’ailleurs, l’affaire est toute simple : Jésus-Christ est « l’unique médiateur » et il n’est nul besoin de personne d'autre que lui pour faire le pont entre le ciel et le terre. Ce que Jésus a fait dans son propre corps, s’accomplit dans le peuple lui-même, habité par l’Esprit de Dieu qui enseigne gouverne et célèbre. Ce peuple rassemblé, convoqué, est l’Église, le Corps du Christ. Il est prêtre, prophète et roi et nul ne parle en son nom que lui même.

Alors, d’où sortent les prêtres ? En tous cas, pas du Nouveau Testament, où les seules occurrences du mot concernent le Grand Prêtre juif qui concoure à la condamnation de Jésus, Jésus lui-même, qualifié d’unique et d’ultime Grand-Prêtre dans la Lettre aux Hébreux, et les prêtres des dieux grecs qui reçoivent Paul à coup de pierre.

Force est cependant de constater que les prêtres réapparaissent très vite. Au début, il n’y a que des anciens (presbytres), des apôtres et successeurs des apôtres, qui portent le témoignage de ce qu’ils ont vu et reçu, et des serviteurs de la communauté des croyants, les diacres. On voit aussi surgir ceux qui prennent soin de la communauté et de la foi, ceux qui « ont l’œil sur », les épiscopes.

Dans les commencements, tout cela n’est pas très ordonné, et puis quand on s’organise, sans doute pense-t-on qu’il ne faut pas confier à n’importe qui et n’importe comment ce qui a été reçu du Seigneur. Comment ne pas approuver cette sagesse ? De cette sagesse renaît un ordre, l’ordre des prêtres. En théorie, ils ne sont pas comme les prêtres archaïques, mais en pratique…

En pratique, on en vient à les sacraliser, eux, leur mains, ce qu’ils touchent… Il ne faut pas deux siècles pour que tout rentre dans l’ordre, l'ordre sacré.

Dix-huit siècles plus tard, le Concile de Vatican II hésite encore: le prêtre est-il le serviteur du culte et du sacré ? ou l’homme de la communion et le serviteur de la communauté ?

La réponse, le temps qui passe la fournit, et elle est ambiguë: les prêtres, on a décidé de les recruter de nouveau sur le modèle ancien d’hommes mis à part, en charge du culte et du sacré. Mais le recrutement reste extrêmement difficile, quasi précaire.

 Comme disait Le bienheureux pape Jean XXIII, laissons l’histoire « maîtresse de vie » faire l’arbitrage.

      Difficile de choisir parmi les citation du Catéchisme catholique dont on voit bien qu’il est la caisse de résonnance de la complexité de la question et des différents réponses qui ont été historiquement apportées.

Le paragraphe qui reprend Lumen Gentium, la Constitution dogmatique sur l’Église, et l’explicite montre bien cette difficulté.

CEC 1547 : Le sacerdoce ministériel ou hiérarchique des évêques et des prêtres, et le sacerdoce commun de tous les fidèles, bien que " l’un et l’autre, chacun selon son mode propre, participent de l’unique sacerdoce du Christ " (LG 10), diffèrent cependant essentiellement, tout en étant " ordonnés l’un à l’autre " (LG 10). En quel sens ? Alors que le sacerdoce commun des fidèles se réalise dans le déploiement de la grâce baptismale, vie de foi, d’espérance et de charité, vie selon l’Esprit, le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce commun, il est relatif au déploiement de la grâce baptismale de tous les chrétiens. Il est un des moyens par lesquels le Christ ne cesse de construire et de conduire son Église. C’est pour cela qu’il est transmis par un sacrement propre, le sacrement de l’Ordre.

 

Par Berulle - Publié dans : 100 mots pour la foi - Pietro de Paoli - Communauté : Christianisme
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 18:45

Pâques.

 

« Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité. »

En ce matin de Pâques, les chrétiens s’interpellent joyeusement avec cette formule et témoignent au monde que les ténèbres n’ont pas eu raison de la lumière. L’événement de la Résurrection vient bouleverser le sens de l’histoire. Mais dans la nuit de la Vigile Pascale, l’Eglise rappelle également que cet événement est dans la parfaite continuité de l’histoire du Salut que Dieu propose à l’homme depuis les origines. L’événement de la Résurrection est la conclusion logique de l’histoire que Dieu écrit. Pourtant, depuis près de 2000 ans, cet événement que nous fêtons chaque année ne semble rien changer au monde dans lequel nous vivons. L’histoire écrite par Dieu n’aliène en rien la liberté des hommes et des femmes de choisir entre les ténèbres et la lumière. Tout est dit, tout est joué et finalement, au jour le jour, tout reste à faire.

 

Le don de Dieu, dans la Bible, nous est souvent communiqué sous le vocable de la nourriture. C’est le cas dans les trois jours qui précèdent la Résurrection.

- Jeudi : un repas et le lavement des pieds. Comme au premier jour de la Genèse la nourriture est donnée à l’homme. Mais au jour de la Cêne, toute la nourriture lui est donnée, sans exception, puisque c’est Celui en qui tout est récapitulé qui s’offre. Toute la nourriture lui est donnée, mais accompagnée de ce signe du lavement des pieds, de ce signe éthique qui finalement, comme l’interdiction de l’arbre de la Genèse, rappelle à l’homme que la nourriture et la vie qu’elle procure ne s’accueillent pas sans discernement. Que, pour lui, la vie et la mort s’affrontent dans un choix de vie.

- Vendredi : la décision d’aller jusqu’au bout, de ne pas repousser la coupe tendue pour des mets plus alléchants. Jésus ne choisit pas la mort, il choisit la constance d’une vie. D’une vie confiante en la nourriture qui lui est donnée, d’une vie confiante en la vie qui lui est promise.  « J’ai soif » dira Jésus sur la Croix. Ultime désir des biens nourriciers possibles ou attente impatiente de la vie promise qu’il qualifiait d’eau vive qui étanche à jamais la soif ?

- Samedi : l’attente et la mort. Pas de nourriture ? Mais si, car tout a été préparé la veille pour la fête du Sabbat. La mort de Jésus ne remet pas en cause le don de la nourriture, elle l’ouvre bien au contraire à une dimension plus grande, la dimension qui nous permet de dépasser l’opposition entre la vie et la mort biologiques. Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu . Et finalement la Bonne Nouvelle est nichée là, événement radical et tout à la fois presque invisible. En Jésus-Christ s’accomplit l’ultime parole de Dieu.

 

Si nous accueillons ce don avec confiance et certitude, comme Jésus lui-même l’a fait, la mort ne sera pas au bout du chemin de notre vie. La Résurrection nous apporte la certitude que la promesse que Dieu nous fait n’est pas vaine. Cette certitude peut changer notre histoire et l’histoire. A nous d’y croire, à nous de la vivre.

« Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité ».

 

Par Berulle - Publié dans : Spiritualité - Communauté : Praedicatho.com
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 2 avril 2012 1 02 /04 /Avr /2012 21:21

 

Encore un mot que devrait par excellence nous tenir dans la paix et l’unité qui nous sépare et nous déchire. Faut-il, comme disaient les mamans à leurs enfants indociles, « que nous ayons le diable » !

Mais de quoi s’agit-il quand nous parlons de présence réelle ? De la certitude que nous avons que Jésus le Christ, mort et ressuscité est vraiment, (pour de vrai) présent dans la célébration eucharistique, mais aussi des mots dont nous usons pour le dire. Les définitions de l’Église catholique insistent en disant que le Christ est réellement présent SOUS la forme du pain et du vin Si je souligne le mot « sous », c’est pour insister sur la forme choisie par l’Église. sous n’est pas dans. Pourquoi ? Tout simplement parce que le pain et le vin, d’une certaine façon, « voilent » la réalité. La réalité, c’est le Corps et le Sang du Seigneur, la forme, c’est le pain et le vin. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter Jésus lui-même le soir le la Cène. Il prend le pain, le partage et dit : « Prenez, ceci est mon corps », puis il bénit la coupe et la leur donne en disant « Ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude ». (Mc 14 22-24) Évidemment, ce que dit Jésus est totalement vrai. Or, à cet instant, il est présent physiquement en chair, en os, en sang. Le pain et le vin sont bien cependant sa vie livrée, sa chair donnée, son sang versé. Ils le sont vraiment par anticipation, comme ils le sont vraiment dans nos messes célébrées 20 siècles plus tard. Car la réalité dont parle Jésus transcende le temps, elle appartient à l’éternité, au présent éternel de Dieu. Voilà le véritable miracle de la présence qu’accomplit la célébration eucharistique. Le temps est comme transpercé afin que l’événement qui sauve le monde, le don que Jésus Christ fait de sa vie, sa mort par amour, et sa résurrection soit toujours et à jamais présent et efficace pour nous. L’apôtre Paul dans une fulgurance, le dit magnifiquement : « quand vous mangez ce pain et buvez à cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne ». (1 Cor 11, 26). Cette présence du Christ dans l’eucharistie n’est pas une chose dont nous pourrions nous saisir, mais un événement qui nous saisit. Saint Paul, toujours lui, écrit ; « la coupe que nous bénissons, n'est-elle pas communion au sang du Christ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas communion au corps du Christ » et immédiatement il ajoute, et on l’oublie trop souvent : « Parce qu'il n'y a qu'un pain, à plusieurs nous ne sommes qu'un corps, car tous nous participons à ce pain unique ». (1 Cor 11, 16-17)

Le mystique médiéval Jean Tauler méditant sur l’eucharistie nous invite à nous laisser « mâcher par Dieu ». Ce faisant, lui aussi renverse notre vison, il ne s’agit pas de « posséder » le Christ mais de nous laisser posséder par lui, et de devenir tous ensemble, le pain de Dieu. Car si en effet, l’eucharistie est la forme la plus accomplie de la présence du Christ, ce n’est pas seulement dans les saintes espèces, mais aussi dans la communauté des hommes et des femmes qui sont par la communion eucharistique unis au Corps du Christ et en qui se révèle aussi la présence réelle du Seigneur.

Devant une si grande merveille, dont nous n’épuiserons jamais le sens, seule l’humilité convient. Les tentatives produites pas l’intelligence humaine, fut-elle celle de l’Église, n’enfermeront pas la présence eucharistique dans l’étreinte des mots. L’eucharistie a une dimension qui nous dépasse et qui nous échappe. Que Dieu nous garde de la tentation idolâtrique, celle qui nous fait rêver de pouvoir tenir entre nos mains, saisir avec nos mots la grandeur de Dieu.

 

« Adoro te devote », hymne eucharistique rédigé par Saint Thomas d’Aquin.

Adoro te devote, latens Deitas,

Quæ sub his figuris vere latitas :

Tibi se cor meum totum subjicit,

Quia te contemplans totum deficit.

Je T’adore profondément, divinité cachée,

vraiment présente sous ces apparences ;

à Toi mon cœur se soumet tout entier

parce qu’à Te contempler, tout entier il défaille

Visus, gustus, tactus in te fallitur,

Sed auditu solo tuto creditur :

Credo quidquid dixit Dei Filius :

Nil hoc Veritatis verbo verius.

La vue, le goût, le toucher ne T’atteignent pas :

à ce qu’on entend dire seulement il faut se fier ;

je crois tout ce qu’a dit le Fils de Dieu ;

rien de plus vrai que cette parole de la Vérité.

 

Par Berulle - Publié dans : 100 mots pour la foi - Pietro de Paoli
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 14:00

 

« Dieu mon Seigneur m'a donné le langage d'un homme qui se laisse instruire, pour que je sache à mon tour réconforter celui qui n'en peut plus. La Parole me réveille chaque matin, chaque matin elle me réveille pour que j'écoute comme celui qui se laisse instruire. Le Seigneur Dieu m'a ouvert l'oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. »

 

La lecture d’Isaïe est peut-être la clé de lecture de la Passion que nous entendons ce dimanche et que nous allons vivre cette semaine. Nous connaissons ce texte mais l’écoutons nous encore ? Nous connaissons ce texte mais nous réveille-t-il encore ? Nous connaissons-ce texte mais nous envoie-t-il encore en mission, nous nourrit-il pour qu’à notre tour nous allions réconforter ceux qui n’en peuvent plus ?

 

Le dimanche des Rameaux nous entendons cette longue lecture de la Passion. Nous l’entendons comme on regarde pour la première fois un tableau, dans son ensemble, avant d’en contempler chaque partie. Les parties – la Cène, le jugement et la mort du Christ, l’attente – nous les contemplerons jeudi, vendredi et samedi. Mais nous les contemplerons dans la logique de ce tableau que l’évangéliste nous peint, avec sa construction, ses renvois de gestes et de couleurs, sa lumière.  Nous les écouterons avec en mémoire les annonces de l’avenir (la Résurrection et la mission) qui sont présents, tels des petits détails, tout au long du texte. Nous les écouterons avec en mémoire l’impossibilité de ses propres disciples de rester fidèles, éveillés et proches du Seigneur qui scande ce texte. Nous les écouterons avec cette succession de témoignages et de contre-témoignages de la femme au parfum jusqu’au Centurion et à Joseph, en passant par les disciples, Pierre, les chefs des juifs et Pilate, qui dialoguent pour exprimer la difficulté de diviser l’humanité entre ceux qui croient et qui seraient les bons et ceux qui ne croient pas et qui seraient les mauvais. Nous les écouterons enfin avec cette lumière qui poursuit Jésus de scène en scène faisant ressortir ses dernières paroles, ses silences et ses émotions qui résonnent comme autant de testaments spirituels.

 

Tous ces détails qui construisent ce texte, le colorent, l’éclairent, il nous faudra les écouter, ne pas rester à la surface d’une œuvre qui nous est si familière qu’elle ne nous réveille plus. Tous ces détails, il nous faudra les vivre, nous en nourrir afin que la finalité du geste que Jésus pose ne meure pas avec lui mais vive en nous dans la mission qu’il nous confie aujourd’hui. Car si nous ne nous laissons pas réveiller par sa Passion, nous entrerons nous aussi dans une attente de Dieu nourrie par nos espoirs et nos désespoirs, nos phantasmes et nos idoles. Nous jetterons nos manteaux sur le passage d’un Dieu à califourchon sur un ânon en croyant voir passer un chevalier blanc perché sur son fier destrier. Et nous condamnerons l’homme que nous croirons vénérer au lieu de lui apporter le réconfort dont il a besoin, car nous l’aurons confondu avec un autre.

 

« J'ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe. Je n'ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats. Le Seigneur Dieu vient à mon secours ; c'est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c'est pourquoi j'ai rendu mon visage dur comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. »

Lectures : Mc 11, 1-10 ; Is 50, 4-7 ; Ps 21, 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a ; Ph 2, 6-11 ; Mc 14, 1-72; 15, 1-47

Par Berulle - Publié dans : Spiritualité - Communauté : Praedicatho.com
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Pietro de Paoli chaque lundi

L'auteur de Vatican 2035 et de Dans la peau d'un évêque participe au blog en livrant chaque lundi un de ses "100 mots pour la foi".

Pierre de Berulle sur Facebook

Retrouver Pierre de Berulle sur Facebook ainsi que le groupe Fraternité Pierre de Berulle

Présentation

Recherche

Commentaires

N'oubliez pas de laisser vos commentaires pour faire vivre ce blog et de le recommander à vos amis !
Inscrivez-vous à la newsletter pour être informé des nouveaux articles.

Syndication

  • Flux RSS des articles

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Créer un Blog

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés