Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /2010 10:45

J'avais été heureux d'accueillir un article de Desiderius Erasme sur mon blog.

Chaque jour, depuis quelque mois, Desiderius Erasme nous faisait bénéficier sur FaceBook d’une lectio divina. Ses commentaires sont maintenant accessibles en dehors du réseau social sur son blog Simplicité. Je vous invite chaleureusement à le consulter et à vous nourrir de cette méditation quotidienne. J’aime l’esprit qui préside à ses réflexions, un esprit empli d’amitié pour les hommes et de respect pour le monde. On y retrouve cette coloration toute à la fois douce et vraie qui caractérise les dialogues du Christ avec les hommes dans les Evangiles. La douceur de l’amitié, la vérité de la Parole qui sauve.

Bonne lecture.

Par Berulle - Publié dans : Blogs
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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /2010 00:10

 

Le caté ! Beaucoup d’entre nous y sont allés, le jeudi ou le mercredi. Ceux qui ont plus de cinquante ans ont récité des réponses à monsieur le Curé, les générations suivantes ont fait des dessins et des découpages avec une « dame caté ». La plupart conservent de bons souvenirs des « copains » et quasiment pas de souvenirs de ce qu’ils étaient supposés apprendre, qu’ils soient issus de l’une ou l’autre des pédagogies, « par cœur » ou « active ».

C’est sans doute parce que personne ne « savait plus rien » que le Catéchisme de l’Église catholique a paru en 1992. Cette opération a été un succès d’édition presque aussi grand qu’Harry Potter, même s’il est probable, sinon certain, qu’Harry Potter a été beaucoup plus lu que le Catéchisme !

Cela dit, me voilà bien mal inspiré de me moquer du Catéchisme, moi qui me pique, précisément au long de ces « mots », d’écrire, en définitive, quelque chose qui y ressemble. Oui, cette centaine de mots, programmée, est une sorte de catéchisme, libéré, autant qu’il est possible, de la gangue du savant sabir ecclésial et doctrinal, que le genre inflige ordinairement.

En ce sens, j’essaie d’être fidèle à l’étymologie du mot grec, katêchein, qui signifie faire entendre, faire résonner. Qu’y a-t-il donc à faire entendre ? C’est une chose inouïe, qui heurte le bon sens, mais qui lorsqu’elle nous atteint, nous transforme : Il y a un Dieu, il est parti-prenant de l’histoire humaine et fait promesse de bonheur à l’humanité. Et ce ne sont pas des mots en l’air, car pour tenir cette promesse, Dieu lui-même, en son fils, Jésus le Christ, s’engage « à corps perdu ».

Le Catéchisme de l’Église catholique, lui, expose la doctrine, le corpus doctrinal. J’avoue que j’ai quelques doutes sur l’utilité de la chose. Pas complètement inutile, mais tellement insuffisante !

Prenons une image. Pour conduire une automobile, il est recommandé de connaître le code de la route. Le Catéchisme pourrait s’y apparenter. Il faut aussi faire l’expérience de la conduite, et donc prendre des cours de conduite. C’est sans doute ce que la catéchèse des enfants s’est honnêtement efforcée de faire. Mais par-dessus tout, conduire une automobile sert à conduire, soi-même et les autres, quelque part. Sauf à désirer être exclusivement pilote de F1, et ne conduire que sur circuit (c’est peut-être l’ambition de quelques théologiens), le plus important dans la conduite, c’est le voyage et le but du voyage.

En bref, le code la route et les cours de conduite, c’est bien, mais c’est mieux de vouloir aller quelque part.

Où allons-nous ? Chez Dieu. Et de plus, nous y allons ensemble, non pas chacun pour soi mais en communion fraternelle les uns avec les autres.

Alors, je vous avoue qu’entre le corpus doctrinal et le Corps du Christ, que sont tous ceux et toutes celles qui dans le sillage de Jésus-Christ vont « chez Dieu », je n’hésite pas, je choisis le Corps du Christ.

 

Ce que dit le Magistère de l'Eglise catholique :

CEC-1- Très tôt on a appelé catéchèse l’ensemble des efforts entrepris dans l’Église pour faire des disciples, pour aider les hommes à croire que Jésus est le Fils de Dieu afin que, par la foi, ils aient la vie en son nom, pour les éduquer et les instruire dans cette vie et construire ainsi le Corps du Christ.

CEC-2- La session extraordinaire du Synode des évêques de 1985 demanda « que soit rédigé un catéchisme ou compendium de toute la doctrine catholique tant sur la foi que sur la morale. »

Par Pietro de Paoli - Publié dans : 100 mots pour la foi - Pietro de Paoli
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Dimanche 3 janvier 2010 7 03 /01 /2010 16:11

Les mages de Matthieu, attirés par l’étoile, signe de Dieu, appel de Dieu, viennent se prosterner aux pieds de Jésus. La longue méditation de l’Eglise sur ces trois mages a fini par en faire trois rois, c'est-à-dire trois incarnations des peuples, trois hommes de trois couleurs, c’est-à-dire une représentation de tous les peuples, trois hommes d’âges différents, c'est-à-dire toute l’humanité. Tous les hommes (et toutes les femmes bien évidemment) sont appelés à se mettre à la suite de ce signe donné par Dieu pour venir adorer l’enfant Jésus.

 

Une des plus belles représentations de l’Epiphanie, je crois que nous la devons à Léonard de Vinci. C’est un tableau inachevé conservé aux Offices à Florence. Le fait même qu’il soit inachevé, même si cela n’est sûrement pas volontaire, est pour moi une annonce que l’Epiphanie n’est pas un moment passé mais l’appel toujours ardent de Dieu à tous les hommes de se mettre à la suite des mages.


Epiphanie_LeonardVinci.JPG

 

Dans ce tableau, le premier plan est une composition étourdissante de vie et de mouvement. Les mages, des hommes, des femmes, des anges, des bergers, des chevaux se pressent autour de l’enfant porté par sa mère. Le second plan est divisé en deux. A gauche, une très belle architecture composée essentiellement de deux escaliers est parsemée de figures humaines, assises, debout, à cheval. C’est un modèle de perspective géométrique. A droite, dans la nature, deux cavaliers s’affrontent.

 

Pour Léonard, ce qui compte c’est le mouvement de la vie représenté ici au premier plan. Ce tourbillon de vie centré sur l’enfant Jésus présenté au monde. Les constructions idéologiques, incarnées en peinture par l’art de la perspective géométrique, ne l’intéressent pas. Il maîtrise à la perfection cet art mais celui-ci s’estompera petit à petit au cour de sa carrière pour laisser place à ce qu’il considère comme l’image de la vie : le mouvement.

 

J’aime ce tableau car il remet les choses à leur juste place : la vie centrée sur le Christ au premier plan, une vie pleine de mouvement et de désordre ; nos constructions idéologiques, nos désirs d’ordre et de pureté (l’architecture de gauche) et nos divisions (l’affrontement des cavaliers) au second plan. Souvent, et souvent avec le désir de bien faire, nous inversons ces deux plans. Nous nous préoccupons plus de vouloir construire un monde parfait, une Eglise parfaite, que de nous émerveiller en contemplant la vie qui loue Dieu dans des tressaillements, désordonnés peut-être, mais spontanés. Nous nous préoccupons plus de nos querelles de clochers que du Christ lui-même présent au milieu des hommes.

 

En cette fête de l’Epiphanie qui tombe au moment des vœux, je nous souhaite d’être des étoiles qui brillent pour attirer les hommes et les femmes de notre temps aux pieds du Christ, des étoiles aux yeux rivés sur la vie tourbillonnant autour du Christ, des étoiles qui se souviennent de cette parole du Christ (Jn 6, 44) : « Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire. »

Par Berulle - Publié dans : Art et spiritualité
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Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /2010 21:04

 

Il y aurait tant de choses à souhaiter pour le monde, pour l’Eglise et pour chacun d’entre nous… Ce que je souhaite avant tout c’est que le monde, l’Eglise et chacun d’entre nous soient réconciliés.

 

Si 2010 pouvait être l’année où nous n’attendions pas des bénédictions personnelles mais celle où nous nous mettions à bénir Dieu et les hommes pour toute la beauté du monde ? Si 2010 pouvait être l’année où nous nous sentions acteurs de la grâce de Dieu, torrents de grâce inondant le monde et participant à sa glorification ?

 

Je vois comme chacun d’entre nous les malheurs et le péché mais je sais que le plus important pour l’homme Dieu nous l’a déjà donné : la promesse du bonheur et l’Esprit qui est à l’œuvre aujourd’hui pour qu’elle se réalise.

 

Oui, notre monde n’est pas parfait, mais c’est celui qui nous est donné. Oui, notre Eglise n’est pas toujours celle que nous rêverions mais c’est celle qui nous est donnée. Oui, notre vie n’est pas toujours glorieuse, mais elle est avant tout la vie, cette vie qui vient de Dieu.  

 

Pourquoi chercher des petits vœux mesquins pour 2010 ! Accueillons la grâce de Dieu, accueillons le monde que Dieu nous donne pour que nous l’aimions et qu’avec lui nous soyons sauvés, accueillons la vie de Dieu qui nous est offerte jusqu’à plus soif, sans compter.

 

Pour 2010, je souhaite que le monde se laisse inonder par la grâce, je souhaite que l’Eglise s’ouvre pleinement à ce monde auquel elle est naturellement liée, je souhaite que chacun d’entre nous soit un vecteur de la bénédiction de Dieu.

 

Et je sais que ces vœux ne sont pas utopiques car je crois que là où le péché abonde, la grâce surabonde.

 

A chacun d’entre vous je souhaite une année 2010 irriguée par la grâce de Dieu.

Par Berulle - Publié dans : Spiritualité - Communauté : partage
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Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /2009 14:58

Soixante-deux verrières et six occulis éclairent l’intérieur de la basilique Notre-Dame d’Espérance de Mézières, mille mètres carrés de vitraux réalisés par l’artiste René Dürrbach et le maître verrier André Seurre entre 1954 et 1979. Un ensemble de cette qualité est certainement unique en Europe et mérite un détour par Charleville-Mézières. René Dürrbach, qui travailla avec Pablo Picasso et fréquenta Fernand Léger, a créé pour cette basilique une unité de lumière dans laquelle se répondent, comme dans le chant d’un psaume, la froideur de la Vierge noire de Mézières et la chaleur de Notre-Dame d’Espérance.


Durrbach.jpg

 

Dans un parcours iconographique allant du « Paradis terrestre » à la « Jérusalem céleste », il nous propose dans le registre bas des représentations abstraites des grands thèmes du cycles de la Vierge et de son Fils, tandis que le registre haut illustre, dans la nef, les principaux noms donnés à la Vierge dans la tradition chrétienne et, dans le chœur, son couronnement.

 

Si l’utilisation de larges filets noirs pour souligner les formes rappelle les vitraux du XIIIe  siècle, l’abstraction des formes nous éloigne de la simple notion de bible des pauvres tant défendue pour expliquer l’omniprésence de l’image dans les églises catholiques. Et pourtant c’est bien vers une lecture des Ecritures que nous conduisent ces œuvres. Les Ecritures non comme paroles figées de Dieu ou suite de péricopes porteuses de morales ou de règles mais bien comme un dialogue entre Dieu et les hommes, un dialogue toujours vivant auquel nous sommes tous invités à participer parce qu’il conduit à notre propre liberté.

 

Il nous est impossible de comprendre ces œuvres abstraites si nous ne rentrons pas dedans, si nous ne les investissons pas de notre regard, de notre culture, de notre vie sensible et intellectuelle. Il nous est impossible de rencontrer le Christ dans les Ecritures si nous n’y plongeons pas tout entier pour que tout en nous s’éclaire du dialogue qu’il nous propose, du chemin de conversion qu’il nous invite à suivre en sa compagnie. Comme les disciples et les apôtres, acceptons de ne pas comprendre du premier coup ! N’y cherchons pas des réponses toutes faites, des recettes à suivre, mais un dialogue qui reste ouvert jusqu’au jour où nous rencontrerons celui qui nous y invite, face à face, dans sa gloire.

 

Le maître de René Dürrbach, Albert Gleizes, grand théoricien du cubisme, disait "Pas d'œuvre d'art vraie qui ne trouve sa justification et son sens dans les besoins physiques et métaphysiques de l'homme" et c’est bien à nos besoins physiques et métaphysiques que la parole de Dieu s’adresse pour nous permettre de devenir pleinement libres et pleinement humains, à l’image de Jésus-Christ.

Par Berulle - Publié dans : Patrimoine religieux - Communauté : Patrimoine religieux
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