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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 23:58

 

« En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts. » »

 

C’est à la lumière de la Résurrection que nous devons accueillir ce récit de la transfiguration. A la lumière du Christ ressuscité dont Paul nous dit : « Et maintenant elle [la grâce] est devenue visible à nos yeux, car notre Sauveur, le Christ Jésus, s'est manifesté en détruisant la mort, et en faisant resplendir la vie et l'immortalité par l'annonce de l'Évangile. » Mais quelle est-elle donc cette Bonne Nouvelle ? Paul nous le dit : c’est le salut et notre vocation, c’est-à-dire l’appel que Dieu nous adresse personnellement pour que nous nous mettions en route selon sa Parole. « Car Dieu nous a sauvés, et il nous a donné une vocation sainte, non pas à cause de nos propres actes, mais à cause de son projet à lui et de sa grâce. Cette grâce nous avait été donnée dans le Christ Jésus avant tous les siècles. »

 

Cette vocation, cet appel, c’est déjà celui qu’avait reçu Abraham. « Pars de ton pays, laisse ta famille et la maison de ton père, va dans le pays que je te montrerai.
Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je rendrai grand ton nom, et tu deviendras une bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, je maudirai celui qui te méprisera. En toi seront bénies toutes les familles de la terre.
» Un appel à se mettre en route qui nous place personnellement dans une relation avec Dieu, mais qui nous place également dans une solidarité avec tous nos frères et sœurs appelés à être la grande nation de Dieu.

 

A la lumière de la Résurrection, le Fils de Dieu, celui en qui le Père à mis tout son amour, nous invite à relire toute l’histoire du peuple de Dieu, celle d’Abraham, celle de l’Alliance, celle des prophètes pour découvrir qu’en lui tout est accomplit. Tels les pèlerins d’Emmaüs, nous sommes invités à relire les Ecritures et à découvrir dans le mystère pascal que Dieu tient ses promesses.

 

Mais la vision que Jésus donne ici à voir aux trois disciples (qui l’accompagneront également dans les dernières heures qui précèderont sa Passion) n’est pas simplement un cours sur l’accomplissement final des promesses de Dieu. C’est également un rappel que l’histoire du salut passe par des relations intimes entre Dieu et des personnes qui ont accepté, non sans difficultés (Moïse et Elie ont été jusqu’à demander la mort à Dieu tellement leur fardeau leur semblait lourd), de se mettre en marche sur la Parole de Dieu, de devenir des intimes de Dieu.

 

Certes Jésus reste seul à la fin de la vision pour montrer qu’il récapitule à lui seul la loi (que représente Moïse) et les prophètes (que représente Elie), mais cette théophanie qui nous rappelle les théophanies de l’Exode met en lumière également l’étonnante proximité que Dieu accorde à ces deux hommes qui conversent avec lui dans l’intimité de sa gloire. Moïse, dans la faille de son rocher, et Elie, dans sa grotte, avaient eu une expérience intime de Dieu et de sa gloire.

 

Sur la montagne où Jésus les a emmené avec lui, les trois apôtres font à leur tour cette expérience « mystique » de Dieu. Hommes choisis par Dieu, hommes qui ont accepté de se mettre en route sur la Parole de Jésus, ils sont invités à découvrir que l’intimité de Dieu  est la source de la vie, la nourriture qui les fait vivre, la force qui leur permettra de prendre leur part de souffrance pour l'annonce de l'Évangile.

 

Cette intimité, le Christ la propose à chacun d’entre nous qui avons été baptisé dans sa gloire, dans sa mort et sa résurrection. Cette intimité, nous sommes appelés à l’offrir à tous les hommes et toutes les femmes selon la mission que le Christ a confié à ses disciples au lendemain de sa résurrection : « Allez dans le monde entier, proclamez l’Evangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné. » (Mc 16, 15-16). C’est en Christ que nous devenons frères et sœurs et il n’y a pas d’intimité avec Dieu sans solidarité avec les hommes et les femmes pour qui le Fils bien aimé a donné sa vie.

 

En ce temps de Carême, je vous souhaite d’entrer dans cette intimité de Dieu et de la vivre pleinement dans l’annonce de l’Evangile.

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 07:56

 

On a le grand tort de confondre l’obéissance et la soumission. Or la différence est grande puisque l’obéissance se choisit tandis que la soumission s’impose. Elle s’impose dans un cadre hiérarchique. Dans les sociétés anciennes, patriarcales et inégalitaires, les esclaves sont soumis aux maîtres, les femmes aux hommes, le peuple aux seigneurs. Dans la « société chrétienne », qui est une communion, il n’est plus question de soumission mais d’obéissance, une obéissance qui n’est plus imposée par l’ordre hiérarchique mais choisie librement et par amour.

L’obéissant par excellence est Jésus qui choisit la voie de l’amour au prix de sa vie, obéissance qui culmine dans la Passion et que la scène du jardin de Gethsémani éclaire d’une lumière poignante, ; ultime prière de la libre obéissance : « non pas ma volonté, mais ta volonté ». Saint Paul le comprendra d’une manière fulgurante dans le célèbre hymne aux Philippiens : « il s’est abaissé devenant obéissant jusqu’à la mort ». C’est dans l’union de sa volonté à celle de son Père que Jésus accomplit la perfection de l’obéissance. Et il le fait librement.

À l’image de Jésus-Christ, nous sommes aussi appelés à l’obéissance, c’est-à-dire à l’union de plus en plus étroite de notre volonté à la volonté du Père. Nous sommes appelés à l’obéissance des fils et des filles, non à celles des serviteurs et des esclaves.

Comprenons vraiment ce que cela veut dire ! Aucune contrainte ne pèse sur nous et nul ne prendra la responsabilité de notre vie à notre place. Nous ne nous débarrasserons pas de notre encombrante liberté au nom de l’obéissance ; nous ne nous en débarrasserons entre les mains de personne, ni pape ni maître spirituel d’aucune sorte.

Nous ne deviendrons pas obéissants en annihilant notre volonté, ni en en cédant la conduite à autrui mais en l’ajustant à celle de Dieu.

Osons le dire, le christianisme est une bien étrange religion, qui ne prescrit rien, n’ordonne rien, ni rite, ni œuvres, seulement l’offrande du cœur dont Dieu seul est juge. Oui, étrange religion que celles de ces hommes et de ces femmes debout devant leur Dieu, avançant d’un pas disant « me voici ». Hommes et femmes relevés, s’offrant librement eux-mêmes à la tendresse de Dieu dans la confiance des enfants aimés.

Et en merveilleux poète inspiré, Péguy ose mettre en scène l’émerveillement de Dieu lui-même :

 

Le Mystères des Saints Innocents (extrait).

Tel est le secret, tel est le mystère de la liberté de l’homme.

Tel est le prix que nous mettons à la liberté de l’homme.

Parce que moi-même je suis libre, dit Dieu, et que j’ai créé l’homme à mon image et à ma ressemblance.

[...]

Quand une fois on a connu d’être aimé par des hommes librement,

les soumissions n’ont plus aucun goût.

Quand on a connu d’être aimé par des hommes libres,

les prosternements d’esclaves ne vous disent plus rien.

[...]

Être aimé librement.

Rien ne pèse ce poids, rien ne pèse ce prix.

C’est certainement ma plus grande invention.

Quand on a une fois goûté

D’être aimé librement

Tout le reste n’est plus que soumissions.

 

100 mots pour la foi

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 12:24

 

Il faut se garder d’aller trop vite en besogne et d’accuser la pauvre Eve de tous les maux. Le passage de la Genèse que nous entendons aujourd’hui est découpé (2, 7-9 et 3, 1-7a) et ne permet pas de saisir la subtilité du récit biblique. Il nous faut donc reprendre l’histoire telle qu’elle se développe car elle met en lumière des perspectives bien plus intéressantes que l’histoire d’une simple faute.

 

D’abord, il y a la création du ciel et de la terre (2, 4b), à cette époque, « il n’y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n’avait encore poussé, car Yahvé Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n’y avait pas d’hommes pour cultiver le sol. (2, 5)». Puis vient la création de l’homme (2,7) et donc du jardin d’Eden (2, 8) dans lequel « l’homme est établit pour le cultiver et le garder » (2, 15) L’espèce humaine est première et la nature seconde. Dans ce jardin, Dieu dispose « toutes espèce d’arbres séduisant à voir et bons à manger, et l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. » Vient alors le commandement de Dieu auquel fait référence la faute : « Tu peux manger de tous les arbres du jardin, mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas car le jour où tu en mangeras tu mourras. » (2, 17). Petite remarque, la femme n’est toujours pas créée ! Les versets 18 à 24 qui racontent la création de la femme auraient dû naturellement prendre place après le verset 7 qui raconte la création de l’homme. On ne peut pas simplement dire que c’est une erreur ou que le passage est placé ici pour faire transition avec le chapitre 3 qui raconte la faute.

 

Vient alors notre passage. La femme connaît l’interdit. Il faut donc supposer que l’homme ou Dieu le lui a répété. Si c’est l’homme nous sommes dans le cadre d’une transmission humaine de la parole de Dieu, si c’est Dieu lui-même, dans le cadre d’une répétition de la parole de Dieu. Dans les deux cas nous sommes en présence de la première manifestation d’une histoire du salut, c’est-à-dire d’un rapport entre Dieu et l’homme inscrit dans le temps. Et il me semble que c’est extrêmement important car le récit qui est fait là nous fait sortir d’une faute originelle au sens où elle serait le temps 0 de l’histoire pour nous placer devant une faute déjà inscrite dans une histoire des hommes, même s’ils ne sont que deux, même si celle-ci est mythique. Car finalement qu’est-ce que l’histoire du salut que nous raconte l’ensemble de la Bible, l’histoire du salut que nous continuons de vivre aujourd’hui, c’est l’histoire de la Parole de Dieu adressée et réadressée à l’homme, c’est l’histoire de la Parole de Dieu transmise par les hommes à leurs contemporains et aux générations futures. Le récit que nous lisons finalement ici n’a rien d’original pour nous, il est l’archétype de ce que nous vivons au quotidien et de ce que nos prédécesseurs ont vécu, notre difficulté à nous conformer à la parole de Dieu.

 

Mais l’interdit me direz-vous ? Cet interdit posé par Dieu dont la transgression va bouleverser notre nature, l’interdit de manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. D’abord quel est-il ou plutôt qu’est-ce qu’il n’est pas ? Regardons nous et regardons le récit. Il n’est pas la possibilité de transgresser ou la liberté puisque la femme et l’homme du récit ont eu tout loisir de choisir de manger de ce fruit. Il n’est pas la connaissance absolue. Si l’homme et la femme du récit l’avaient eu, ils s’y seraient peut-être pris à deux fois avant de manger de ce fruit, quant à nous, je crains malheureusement que nous ne l’ayons toujours pas. Alors quel est-il ? Il est celui de renier notre nature d’être créé, de mettre ailleurs qu’en Dieu ce qui nous fait vivre. L’interdit n’est ni sur la liberté, ni sur la connaissance, ni même sur le bien et le mal, l’interdit est d’aller contre la Parole de Dieu, c’est-à-dire contre la vie que Dieu nous donne. L’interdit est de sortir de la reconnaissance du don gratuit de Dieu que le jardin d’Eden symbolise. En allant contre la Parole de Dieu, nous nous fermons les portes de la vie donnée gratuitement et en abondance.

Et c’est bien ce que vient nous rappeler Jésus dans ses trois tentations. Jésus qui au trois demandes de Satan qui l’invitent à aller contre la volonté de Dieu, répond par trois paroles de l’Ecriture, trois paroles de Dieu qui le replacent dans la position de l’homme recevant tout de Dieu, dans un amour parfait avec son Père. Plus que de répondre par le bien face au mal, Jésus se resitue dans l’intimité de Dieu. Les quarante jours et quarante nuits nous rappellent que si nous nous barrons les portes du paradis, l’alliance que Dieu nous propose est toujours d’actualité. Le péché n’est ni une origine ni une fin, seul Dieu est l’origine et la fin de notre existence. Et la main de Dieu nous est toujours tendue. Nous sommes tous l’homme et la femme de la Genèse, mais Jésus vient nous montrer qu’il ne tient qu’à nous de choisir de revenir dans l’intimité de Dieu, que sa parole nous est toujours adressée et que nous n’avons qu’à nous l’approprier. Sa parole, Dieu ne cesse de nous l’adresser, les hommes qui y croient ne cessent de nous la transmettre. A nous de l’entendre et d’en vivre.   

 

« En effet, si, à cause d'un seul homme, par la faute d'un seul homme, la mort a régné, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en plénitude le don de la grâce qui les rend justes. » (Rm, 5-18)

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 23:50

 

Isaïe 58, 1 (extrait de la première lecture du vendredi après les cendres) 

« Parole du Seigneur : Crie à pleine gorge ! Ne te retiens pas ! Que ta voix résonne comme le cor ! Dénonce à mon peuple ses fautes, à la maison de Jacob ses péchés. »

 

Le cri de l’homme traverse la bible comme un véritable acte prophétique. Le cri de l’homme traverse le Nouveau Testament comme un véritable mouvement vers Dieu, ordonné au cri de l’homme Jésus rendant l’esprit sur la Croix (Mt 27,50) mais également à son cri de la neuvième heure : « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? », formidable cri de détresse et d’espérance dans le triomphe final (Ps 22).

 

munch_TheScream.jpg

 

Le cri d’Edvard Munch, ce cri de détresse, de folie, de désespoir, est certainement aujourd’hui le cri le plus célèbre. Quel rapport avec Isaïe, avec Jésus ? Peut-être aucun. Mais son rapport avec l’homme est irréfutable. Jamais peintre n’a su saisir avec autant de force la remontée à la surface de ces tréfonds de notre âme qui nous sont inconnus. Sur sa passerelle, le peintre nous fait face, crie vers nous. Ses amis telles deux silhouettes continuent leur marche vers l’horizon, point de fuite à la gauche du tableau, le laissant seul.

 

Le reste de l’œuvre dépeint la vision qui a fait monter en lui ce cri, vision qu’il raconte : « Je me promenais sur un sentier avec deux amis — le soleil se couchait. Tout d'un coup le ciel devint rouge sang. Je m'arrêtais, fatigué, et m'appuyais sur une clôture. Il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir et de la ville. Mes amis continuèrent, et j'y restais, tremblant d'anxiété. Je sentais un cri infini qui se passait à travers l'univers et déchirait la Nature. » A la passerelle rectiligne, s’opposent les courbes de l’eau qui rencontrent celles du ciel, dans un choc de couleur, laissant s’ouvrir, béant, sur la droite, un précipice.

 

Un cri sur un fond d’eau et de sang, pour le fils d’un médecin profondément croyant et pour le peintre en réaction face à la société luthérienne dans laquelle il a grandi, l’image est au minimum psychanalytiquement parlante. Je ne peux, pour ma part, m’empêcher d’y voir l’eau et le sang coulant de la plaie du Christ et d’entendre dans le cri qui nous est adressé, le cri du Christ : « Eli, Eli, lema sabachtani ? ».

 

L’eau bleue noir et le ciel rouge sang peuvent être signes de mort. Le cri est alors un cri d’angoisse, celui de l’homme abandonné à lui-même. Mais le cri de Munch est un cri infini qui se passait à travers l’univers et déchirait la Nature, cri qu’il relaie à son tour. Dans le cri de Munch, il y a le cri entendu et le cri poussé. Toute la question est de savoir comment interpréter le cri entendu, ce cri qui nous fait crier. Pour Munch l’eau semble rester noire comme le désespoir et la mort, le sang et les langues de feu une vision terrifiante.

 

Mais ne pouvons-nous pas dans la foi convertir notre anxiété en espérance ? Entendre dans ce cri infini la voix de Dieu et ses promesses ? Ce cri infini qui nous met face à nos fautes et à notre péché, ce cri n’est-il pas le cri de celui qui nous assure toujours de son amour et de sa miséricorde ? Ne pouvons nous alors choisir de nourrir notre propre cri de l’espérance qui nous est donnée plutôt que du désespoir qui tente de nous assaillir ?  

 

« Une voix dit : « Crie », et je dis : « Que crierai-je ? » » (Is 40, 6)

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 08:50

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9, 22-25 (lecture du jeudi après les Cendres)

Jésus disait à ses disciples : « Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »

Il disait aussi à la foule : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera. Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c'est en se perdant lui-même et en le payant de sa propre existence ? »


L’abaissement et la souffrance ne sont pas une fin en soi. La fin ultime voulue par Dieu c’est la Résurrection, dans laquelle toutes ses promesses, toute l’alliance entre Dieu et les hommes est accomplie et manifestée à l’humanité entière.

Marcher à la suite du Christ, cela nous est impossible si nous ne reconnaissons pas d’abord que c’est Dieu qui nous relève, nous nourrit, nous donne la force de nous mettre en route. Renoncer à nous-même, ce n’est pas renoncer à être, à penser, à vivre. Renoncer à nous-même, c’est choisir le don de Dieu plutôt que dépenser nos faibles forces à essayer par nous-mêmes d’accéder à un mystère qui nous dépasse. Renoncer à nous-mêmes, c’est choisir de nous laisser incorporer pleinement à la Résurrection du Christ.

Mais le mystère de la Résurrection n’est pas un mythe, c’est l’histoire de Jésus le Christ, Fils de Dieu et vrai homme. Le mystère de la Résurrection est indissociable de la passion de l’homme Jésus, indissociable de la Croix. Prendre sa croix chaque jour, ce n’est pas souffrir chaque jour, mais manifester Dieu, porter sa voix, son amour, sa justice, sa miséricorde, au risque d’être incompris, au risque d’être rejeté.

Ce chemin là, c’est le chemin qui a mené Jésus à la Croix mais c’est également le chemin qui a permis à Dieu de se manifester pleinement à l’ensemble des hommes et des femmes. Ce chemin là, nous ne pouvons le parcourir si nous ne laissons pas l’Esprit de Dieu nous porter.

Sauver sa vie ou la perdre, ce n’est pas choisir de vivre ou d’aller à la mort. C’est choisir entre la vie éternelle que Dieu nous donne ou la vie biologique et finie que nous croyons posséder et dont nous pensons être les maîtres mais qui finalement nous échappe.

Si nous choisissons la vie éternelle, il nous faut laisser Dieu naître en nous. Dieu et non l’image que nous nous en faisons. Choisir de laisser Dieu nous façonner, c’est-à-dire accepter de lui laisser les commandes de notre vie, accepter de nous dépouiller de nos certitudes et de nos volontés de puissance pour que l’Esprit insuffle en nous la vie éternelle. Choisir Dieu, c’est d’abord arrêter de penser que Dieu nous aide à vivre et accepter enfin que Dieu nous fait vivre.

Le chemin de la Résurrection, le chemin du Carême, n’est pas un chemin de souffrance. C’est un chemin d’abandon et de confiance.

 

« Car pour cette naissance, Dieu doit et veut disposer d’une âme vide, détachée de tout souci et libre, en laquelle il n’y ait rien que lui seul et qui n’attende rien ni personne que lui. »

Maître Eckhart

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 13:47

 

« Où donc est mon Dieu ? »

 

Je te cherche Seigneur dans les visages et dans les gestes, dans l’histoire et dans le monde.

Je te cherche Seigneur et je te trouve, je te nomme, je te loue.

Mais toute cette connaissance ne me fait pas vivre. Elle me conforte.

Alors par delà les mots, les certitudes, les autres, par delà tout ce qui constitue ma vision de toi, je te cherche toi dans la pureté de ta communication, dans l’absence des mots et des idées, la solitude et le jeûne, dans l’abandon mais dans la certitude que tu passeras.

Tout ce que je sais de toi, de tes promesses, de tes actions, tout ce que je connais de toi, je le dépose devant toi pour me présenter à toi dans la pauvreté de ce désir gonflé de ma seule espérance. Sans même savoir ce que j’espère.

Dépouillé de tout ce qui pourrait me faire rater ta rencontre, je plonge dans ce secret où tu es présent, où tu viens me rencontrer. Viens naître en moi, Seigneur, dans ce secret qui m’est à moi-même inconnu, afin que tout ce que je ferai, dirai, penserai, croirai vienne de toi et témoigne de toi.

 

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 08:02

 

Sauvés par quoi ? La foi ou les œuvres ? On peut le jouer à pile ou face ou se lancer dans de subtils débats théologiques. Une certitude demeure : nous sommes d’abord sauvés par les œuvres… Les œuvres de Dieu, bien sûr !

Qui oserait imaginer que nous puissions être sauvés à la seule force de nos petits bras, de notre petite âme ? Nos œuvres aussi vastes, belles, généreuses, ambitieuses soient-elles, sont des œuvres humaines et à ce titre, marquée par nos limites, notre finitude. Or nous aspirons à plus grand que ce que nous sommes, à imaginer plus vaste, à espérer plus loin que ce que notre regard englobe et atteint. Ce désir plus grand que nous peut nous conduire au péché, c’est-à-dire à la frustration, au désespoir, à l’illusion de toute puissance, à l’égoïsme… La liste est longue des ersatz avec lesquels nous trompons notre désir. Oui, en trompant notre désir, nous nous trompons. Nous trompons Dieu et nous nous trompons de Dieu en sacrifiant à d’illusoires idoles. Or l’œuvre de Dieu vient au secours de notre désir, non pour le ratatiner mais pour l’exalter. Le salut qui nous est donné ne nous sauve pas du désir mais du désespoir. Il n’est pas question d’humiliation mais de l’humilité qui nous fait reconnaître Dieu comme source, moyen et but ultime de notre désir.

Nous recevons tout de l’œuvre de Dieu, par pure grâce, sans mérite de notre part. Dieu seul sauve nos œuvres du néant, de l’effacement, de l’insignifiance. Nous avons raison de voir grand dès lors que nos œuvres sont liées et ordonnées à l’œuvre de Dieu. C’est ce que Jésus dit lui-même dans l’évangile de Jean, au verset 12 et 13 du chapitre 14 : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais ; et il en fera même de plus grandes, parce que je vais vers le Père. Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. »

Les œuvres, nos œuvres sont bien le fruit et le témoignage de notre foi.

C’est ce que dit l’apôtre Jacques lorsqu’il demande : « Montre-moi ta foi » 

Pendant des siècles, cette question de la foi et des œuvres a déchiré les chrétiens, en particulier, les catholiques et les protestants. L’accord luthéro-catholique de 1999 a conclu à une totale convergence de la doctrine exprimée en des termes différents.

Par-delà ou bien en deçà des savants édifices des théologiens, le bon sens nous fait dire que l’œuvre de Dieu se manifeste dans le don de la foi que nous manifestons par les œuvres.

 

Lettre de saint Jacques, chapitre 2, verset 14 à 18.

« À quoi cela sert-il, mes frères, que quelqu'un dise : «J'ai la foi», s'il n'a pas les œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? Si un frère ou une sœur sont nus, s'ils manquent de leur nourriture quotidienne, et que l'un d'entre vous leur dise : «Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous», sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il ? Ainsi en est-il de la foi : si elle n'a pas les œuvres, elle est tout à fait morte.

Au contraire, on dira : “Toi, tu as la foi, et moi, j'ai les œuvres ? Montre-moi ta foi sans les œuvres ; moi, c'est par les œuvres que je te montrerai ma foi.” »

 

100 mots pour la foi

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 19:39

 

Où est-elle, ô mort, ta victoire ? Où est-il, ô mort, ton aiguillon ? Comment ne pas entendre dans l’exclamation de saint Paul, non seulement la jubilation de la victoire, mais même, l’arrogance du vainqueur qui nargue son ennemi à terre. Faut-il qu’il soit bien sûr de lui ! Qu’est-ce qui lui donne cette assurance ? La cinquantaine de versets du chapitre qu’il consacre à la question de la résurrection dans sa lettre aux Corinthiens et qu’il résume dans la finale : grâces soient à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ !

Sommes-nous dans la même assurance ? En y regardant d’un peu près, il est apparaît qu’au moment où il écrit ces lignes, saint Paul est encore convaincu que la fin des temps est pour demain, après-demain au plus tard. Nous sommes presque 2000 années plus tard, les morts se sont comptés par milliard, vieux, jeunes, innocents et coupables, repus d’âge ou fauchés en plein élan. La mort n’épargne rien ni personne, ni pauvres, ni puissants. Nous le savons, même si une grande part de nos activités tente de nous en distraire. Nous le savons, et pourtant, nous éprouvons comme une atroce injustice, une effroyable violence la mort de nos proches et comme tout bonnement impensable notre propre trépas.

Voilà qui est un grand mystère. Pourquoi considérons-nous la mort, si naturelle, comme inacceptable ?

Oui, inacceptable, et pourtant, bien des philosophie veulent nous apprendre à apprivoiser la mort, à nous y habituer, à nous y résigner. Est-ce que ça marche ? Pas si sûr. On a vu des ascètes confirmés trembler à l’annonce de leur propre mort, de celle d’un ami.

Si nous revenons à l’assurance de Paul, nous n’y trouvons aucune acceptation aucune résignation, ce n’est pas son propos. Pour lui, la mort demeure ce qu’elle est pour nous, un scandale. S’il est si sûr de lui, c’est parce qu’il regarde « à travers » la mort. Il le peut puisqu’il sait que quelqu’un est passé et que désormais le passage est ouvert, à jamais et pour toujours. Comme le peuple hébreux qui traversa la mer à pied sec, nous aussi, à la suite du Christ, nous traversons la mort. Cette traversée nous l’avons déjà faite de façon symbolique au jour de notre baptême, nous la refaisons lors des fêtes de Pâques, et à chaque messe qui redéploie le mystère de Pâques.

Nous ne habituons pas à la mort, nous apprenons à regarder le Christ, à le suivre, à lui donner et redonner notre confiance pour qu’au jour de notre mort il soit notre passage et notre passeur. Ça ne nous protège ni contre le chagrin de la perte de ceux qu’on aime ni contre l’angoisse de notre propre passage. Nul n’a prétendu que le voyage serait de tout repos. Ce qui est garantit c’est la destination… Nous n’allons pas nulle part, ni à « rien », nous allons à Dieu et lui seul sait où c’est.

 

CEC 628 : Le Baptême, dont le signe originel et plénier est l’immersion, signifie efficacement la descente au tombeau du chrétien qui meurt au péché avec le Christ en vue d’une vie nouvelle : " Nous avons été ensevelis avec le Christ par le Baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle " (Rm 6, 4 ; cf. Col 2, 12 ; Ep 5, 26).

 

100 mots pour la foi


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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 09:52

 

Dans ce malheureux mot, ce qui fait toute la différence, finalement, c’est le « e » qui transforme le qualificatif en substantif. On veut bien avoir un comportement moral, mais, surtout, qu’on ne vienne pas nous faire la morale. Parce que la morale… Rien que d’entendre le mot, les plus paisibles s’endorment d’ennui, les autres tirent à vue. Moralo, moraline, tout cela sent la petitesse hypocrite et la naphtaline.

Il est vrai que le mot hérite de son origine latine un pesant soupçon de juridisme romain et une subtilité de légionnaire, alors, que sa jumelle grecque, l’élégante éthique aurait des légèretés de nymphe.

Mais la pauvre morale, peut encore aggraver son cas et devenir « de la morale de curé », laquelle prend des couleurs de tartufferie quand la morale des instituteurs fleure bon l’honneur, les vertus viriles et républicaines.

Alors, comment sauver la morale ? Certainement pas par son étymologie qui la rapporte aux mœurs, aux bonnes mœurs, c’est-à-dire, finalement aux usages du temps.

Ainsi, voilà un siècle, il était impératif que les filles se marient vierges et était admis que les maris trompent leurs femmes. Aujourd’hui, le cours de la virginité est en chute libre et l’adultère une cause quasi obligée de rupture. Autres temps, autres mœurs. Quel rapport avec la morale ? Aucun.

J’en reviens à mon premier propos, j’oublie le substantif et revient au qualificatif dans l’espoir de redonner au mot quelque qualité. Qu’est-ce qu’une action morale, qu’une vie morale ? Enfin, vient le mot utile : le bien. Est moral ce « qui cherche ce qui est bien », « qui est en vue du bien ». Le qualificatif a l’avantage de donner du dynamisme et de l’élan à l’affaire.

Alors est-ce que l’Évangile est moral ? Oui, au sens ou Jésus entraîne ceux qui le suivent et qui l’écoutent à chercher ce qui est bien. Le récit le plus exemplaire est sans doute celui du bon Samaritain que Jésus raconte en réponse à la question « qui est mon prochain ». Pour répondre, nulle règle écrite, mais une situation, devant laquelle il faut prendre une décision.

Telle est la rigueur terrible de l’enseignement évangélique. Chaque homme, chaque femme est mis devant ses responsabilités. Point de réponse préfabriquée, pas de fiche pré-écrite. Le bien se cherche et appelle à d’autres biens. Il n’est qu’à lire le Discours sur la montagne. Quand j’aurai tendu l’autre joue et donné mon manteau il ne me « restera plus » qu’à « être parfait comme votre Père des cieux est parfait ».

La morale évangélique n’est ni celle de la norme ni celle de la règle. Elle est celle du toujours plus. Saint Paul l’a bien compris :

 

Hymne à la charité, Première lettre aux Corinthiens, 13, 1-7

Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.

La charité est longanime ; la charité est serviable ; elle n'est pas envieuse ; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas ; elle ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal ; elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle met sa joie dans la vérité. Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout.

Hymne à la charité, Première lettre aux Corinthiens, 13, 1-7

 

100 mots pour la foi

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 12:43

 

« Et l'on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

 

Les vitres de nos fenêtres sont tellement sales que la lumière que nous gardons jalousement n’éclaire plus le monde. Certes nous l’avons mise sur le lampadaire pour qu’elle éclaire notre maison, l’Eglise, mais pour, soi-disant en assurer la pureté, nous avons tellement orné le lampadaire que la lumière ne brille plus que pour ceux qui savent que derrière les ornements il y a cette pure lumière.

 

Mais qui sommes nous pour croire que nous pouvons assurer la pureté de Dieu. Est-ce là la mission que Dieu nous a confiée ? Dieu nous a-t-il demandé de retisser le rideau du Temple pour le protéger ? Non, il nous a demandé de porter cette lumière aux nations, d’en faire un phare pour tous les hommes et toutes les femmes. Le Christ est-il resté caché au milieu de ces disciples ? Non, il s’est exposé au monde, jusqu’à faire briller sa lumière sur le lampadaire de la Croix.

 

L’évangile de ce jour est la suite immédiate des Béatitudes que nous avons lues dimanche dernier. Ces deux textes sont l’introduction au grand discours sur la Montagne de Jésus. Il n’y a pas de vie en Dieu, de vie avec Dieu, qui ne soit pas missionnaire. Il n’y a pas de pureté qui ne se risque à la contradiction et à la liberté des hommes et des femmes avec lesquels nous vivons. Notre position n’est pas facile, comme Paul nous sommes dans la faiblesse, craintifs et tous tremblants. Mais c’est dans cette position que Dieu nous rend fort, non quand nous sommes forts et sûrs de nous.

 

En souhaitant ouvrir les fenêtres de l’Eglise, Jean XXIII et le deuxième concile du Vatican ont souhaité que l’Eglise reprenne son dialogue missionnaire avec le monde mais également avec elle-même. Un dialogue missionnaire qui soit fondé sur le Christ lumière du monde, ce Christ qui doit éclairer le monde mais également nos pratiques. En signant leur pétition intitulée "Eglise 2011: un renouveau indispensable", les 140 théologiens allemands, suisses et autrichiens, font leur devoir. Celui de questionner l’Eglise au nom du Christ. Tout ce qu’ils demandent n’est peut être pas à faire, mais leur questionnement de fond est celui qui doit mener l’Eglise : comment rester fidèles à la mission qui nous a été confiée. Nous sommes perçus, et je ne crois pas totalement à tort, comme une institution et non plus comme le peuple des disciples du Christ. Nous avons créé un langage, une sagesse qui veut convaincre, où,  finalement, le Christ est devenu un argument alors qu’il devrait être l’unique objet de nos pensées, l’unique intérêt de nos cœurs. Ecoutons Paul !

 

Les frileux de Dieu ont crié et continuent de crier qu’il fallait vite refermer ces fenêtre car il y avait des courants d’air et que l’Eglise allait tomber malade. La belle affaire ! Nous célébrons Jésus Christ, ce Messie crucifié pour avoir dialogué avec le monde, pour avoir annoncé la merveilleuse promesse de Dieu au monde, et nous aurions l’outrecuidance d’avoir peur d’un rhume ou d’une bronchite ? Qu’importe si ces courants d’air font valser quelques unes des pages humaines écrites par notre Eglise depuis 2000 ans. Peut-être nous permettront-ils de remettre la main sur quelques pages de la Parole de Dieu que nous avons égarées depuis trop longtemps. En nous focalisant sur les pages humaines au point d’oublier celles de l’Evangile, nous dénaturons les unes comme les autres. « Vous êtes le sel de la terre. Si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n'est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. »

 

Ne soyons pas obnubilés par la pureté de l’institution et de son discours ! Mais soyons toujours inquiets de Dieu et de notre prochain dans lequel nous reconnaissons Jésus-Christ lui-même. « Partage ton pain avec celui qui a faim, recueille chez toi le malheureux sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable. Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement. Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » Si tu fais disparaître de ton pays le joug, le geste de menace, la parole malfaisante, si tu donnes de bon coeur à celui qui a faim, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera comme la lumière de midi. »

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