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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 14:28

 

Les lectures de ce dimanche sont-elles une protestation véhémente de Dieu face à la liberté de l’homme ? Et même de l’homme Jésus ? Les lectures de ce dimanche sont-elles l’exaltation de la souffrance comme chemin le plus certain pour répondre à la volonté divine ? « Mon Alliance, c'est eux qui l'ont rompue, alors que moi, j'avais des droits sur eux. », « Parce qu'il s'est soumis en tout, il a été exaucé. », « Bien qu'il soit le Fils, il a pourtant appris l'obéissance par les souffrances de sa Passion ; et, ainsi conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.», « Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s'en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle. »…

Je ne peux m’empêcher de penser à cette phrase qui m’a toujours fait bondir : « c’est par l’humiliation qu’on apprend l’humilité. » Ne trouvez-vous pas qu’il y a dans cette logique une opposition irréductible avec ce que nous révèle Dieu lui-même de son alliance ?

Si Dieu a mis la Loi au plus profond de notre cœur, ce n’est certainement pas pour nous soumettre à des ordres extérieurs que notre cœur ne pourrait cautionner. Et si Dieu fait alliance avec nous pour avoir un peuple à sa botte, ce n’est certainement par amour.

Certes l’obéissance de Jésus passe par la Passion. Et certes, paradoxalement, le triomphe de la vie de Dieu passe par sa mise à mort. Mais le cri du cœur de Jésus montre à l’évidence que ce n’est pas normal, que ce n’est pas dans la logique de Dieu. C’est bien parce que Jésus ne se cantonne pas à une relation fermée avec Dieu mais entre dans la logique de Dieu, dans sa volonté de voir tous les hommes et toutes les femmes, des plus petits jusqu'aux plus grands, reconnaître l’amour qu’il leur porte, qu’il peut surmonter sa Passion et aller jusqu’au bout en accomplissant « l’offrande parfaite ».

Si Jésus est soumis à quelque chose c’est à son choix de vie, qui est le choix de la vie éternelle, c’est-à dire le choix de la pleine communion dans l’amour de Dieu. Ce n’est pas ses pulsions psychologiques qui éclairent son choix face à la situation dramatique qui se profile, mais ses convictions et sa pensée.

Ce n’est ni par l’humiliation qu’on apprend l’humilité, ni par l’acceptation des souffrances que l’on gagne la vie de Dieu… c’est par l’accueil et le partage de l’amour qui nous est offert, par l’entrée dans le dessein de Dieu. Cet accueil, ce partage, ce cheminement sont des actes de liberté qui ne reposent pas sur des obligations morales et juridiques mais sur la liberté que nous avons de nous tenir à nos propres choix, de ne pas être versatiles, de construire notre vie sur le roc de l’alliance parce que nous savons que notre bonheur s’y trouve.

Si nous devons être soumis, c’est  à notre liberté d’être des hommes et des femmes pour qui la foi n’est pas de l’ordre des errements psychologiques mais bien de la construction rationnelle. La foi ne peut se nourrir d’imitation, de culpabilisation, d’autopersuasion et d’ordres impératifs. Elle ne peut se nourrir que du triomphe de notre pensée sur les aléas de la vie, une pensée libre nourrie d’un dialogue salutaire avec Celui avec lequel nous avons fait alliance pour notre bonheur.


Lectures : Jr 31, 31-34 ; Ps 50, 3-4, 12-13, 14-15 ; He 5, 7-9 ; Jn 12, 20-33

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 11:50

 

Dieu-Père, l’image est jolie et de surcroît au-dessus de tout soupçon, puisque Jésus lui-même donne ce sésame à ses disciples qui lui demandent comment prier : «  quand vous prier, dites “Notre Père…” »

Pourtant, force est de constater que dire Dieu « Père », est lui donner une figure puissamment anthropomorphique, c’est à dire, lui attribuer des caractéristiques humaines.

On peut tenter de contourner le problème en prétendant que toute paternité vient de Dieu et est image de la paternité divine. Pour autant, la question est très loin d’être réglée : il est possible que les siècles qui nous ont précédés aient eu l’illusion que la paternité était une donnée intangible et universelle. Les sciences humaines, l’anthropologie, la sociologie, psychologie, l’histoire, tout simplement, nous montrent à loisir que la figure de paternité varie si puissamment suivant les époques, les sociétés et les cultures qu’il est rigoureusement impossible d’en tirer quelques constantes.

Dieu est-il le père noble à la romaine qui avait droit de vie et de mort sur toute sa domesticité, femmes, enfants et esclaves ? ou bien est-il ce jeune papa croisé récemment dans un jardin parisien, qui avait posé un lange sur son épaule et tapotait le dos de son nourrisson dans l’attente du rot libérateur ?

On voit cependant que la vision du père noble a profondément contaminé la vison chrétienne, surtout du côté latin et romain, au point qu’il a fallu la compenser avec une figure miséricordieuse et féminine, celle de la mère qui supplie afin d’arrêter le courroux et le bras du tout puissant pater familias. Elle est celle dont on implore la protection : « Souvenez-vous ô très miséricordieuse Vierge Marie, qu’on n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à vous, imploré votre protection ou réclamé votre secours, aient été abandonné. » Cette prière montre par contraste la sainte terreur qu’inspire le Père, et même le Fils car, « tel Père, tel Fils ».

À quoi s’ajoute, que cette mâle et virile figure de Dieu n’a pas peu contribué à donner à la masculinité la meilleure part. Car  au fond, ne faudrait-il pas avoir l’esprit tourneboulé (par d’agressives hormones féminines) pour ne pas voir comme une évidence que « Dieu est un homme ».

Quelques courageuses féministes, qui pour l’essentiel vivent outre-Atlantique ont tenté de questionner cette « paternité divine » et ont suggéré que Dieu était peut-être « père et mère », voire « parent ». Elles ont récolté sarcasmes, huées. On les a traité de ridicules même pas précieuses puisqu’on a tout fait pour s’en débarrasser.

Bon alors, que fait-on ? Doit-on réécrire le Notre Père ? Non, bien sûr, il appartient à notre Tradition au sens le plus fort du terme, à notre héritage. Mais cet héritage est vivant, il ne peut pas être mis au coffre ou exposé derrière des vitres pare-balle.

Devant cette image de paternité divine, nous ne sommes tenus à aucun fondamentalisme. C’est une image choisie par Jésus lui-même. Il est donc utile de savoir ce que cette image signifiait dans sa culture et dans son expérience humaines. Les savants chercheurs nous apprennent que le mot que Jésus choisit, Abba, ne désigne pas une figure paternelle autoritaire, mais bien un lien  de complicité et de tendresse : petit père, tendre père, papa… Dès certaines pages de l’ancien Testament, nous découvrons que Dieu est « bouleversé au fond de ses entrailles », ce qui en fait plus un Père-Mère qu’un Père-noble.

En tout cas, n’oublions pas que les images peuvent nous laisser entrevoir le Mystère de Dieu mais ne l’enferment ni ne le contiennent jamais.

 

CEC § 239 : En désignant Dieu du nom de " Père ", le langage de la foi indique principalement deux aspects : que Dieu est origine première de tout et autorité transcendante et qu’il est en même temps bonté et sollicitude aimante pour tous ses enfants. Cette tendresse parentale de Dieu peut aussi être exprimée par l’image de la maternité (cf. Is 66, 13 ; Ps 131, 2) qui indique davantage l’immanence de Dieu, l’intimité entre Dieu et Sa créature. Le langage de la foi puise ainsi dans l’expérience humaine des parents qui sont d’une certaine façon les premiers représentants de Dieu pour l’homme. Mais cette expérience dit aussi que les parents humains sont faillibles et qu’ils peuvent défigurer le visage de la paternité et de la maternité. Il convient alors de rappeler que Dieu transcende la distinction humaine des sexes. Il n’est ni homme, ni femme, il est Dieu. Il transcende aussi la paternité et la maternité humaines (cf. Ps 27, 10), tout en en étant l’origine et la mesure (cf. Ep 3, 14 ; Is 49, 15) : Personne n’est père comme l’est Dieu. 

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 09:34

 

 

« Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »

« Par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus, il voulait montrer, au long des âges futurs, la richesse infinie de sa grâce. »

 

Si se convertir c’est épouser le regard et la volonté de Dieu, les textes que nous entendons en ce dimanche sonnent comme un programme qu’il serait urgent de mettre en œuvre. Pour nous-mêmes mais également pour l’Eglise.

 

La question est simple : sommes-nous témoins de la richesse infinie de la grâce de Dieu ?

 

La prédication de l’Evangile à laquelle nous sommes tous appelés, par nos paroles et par nos actes, permet-elle aujourd’hui « que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle. » L’image que nous donnons de nous-mêmes mais également de notre religion est-elle celle du Christ Jésus par qui Dieu a souhaité manifester qu’il ne venait pas juger mais sauver ? Mais, avant tout, sommes nous convaincus que celui qui agit c’est Dieu et que Dieu est libre ?

 

Evidemment, on m’objectera, à raison, que d’autres passages du Nouveau Testament font référence explicitement au jugement de Dieu. Mais ce jugement, même s’il se fonde sur nos actes, n’en demeure pas moins un jugement appuyé, en définitive, sur la seule liberté de Dieu.

On me dira aussi que, quand même, Jésus a confié à ses disciples (Mt 18,18) et de  manière éminente à Pierre (Mt 19,16) le pouvoir de lier et de délier. Mais peut-on raisonnablement penser que ce pouvoir contraigne Dieu s’il n’est pas utilisé dans la droite ligne de sa volonté de Salut ?

 

Alors reste la question de nos actes. Nos actes sont extrêmement importants car ils traduisent notre volonté et, dans notre relation à Dieu, manifestent notre attachement au don qu’il nous fait et témoignent de notre souhait de cheminer avec lui. Mais, si nous parlons de conversion, nos actes passés qui forment notre histoire, ne peuvent nous empêcher de poser des actes nouveaux plus conformes au don de Dieu. Nos actes passés ne peuvent nous contraindre à rester loin de Dieu, exclus de la communion au Christ Jésus. Car Dieu a la liberté de venir dans notre histoire bouleverser le cours de notre vie. Et nous avons la liberté d’accueillir Dieu dans notre histoire et de changer le cap de notre vie. Et si le don de Dieu est constant, nous savons bien que notre choix de l’accueillir, lui, est chaotique. Le chrétien comme l’Eglise est perpétuellement appelé à la conversion. 

Cette irruption de Dieu n’efface pas nos histoires,  elle n’efface pas davantage celle de l’Eglise.

L’enjeu du témoignage de la grâce infini de Dieu se situe, je crois, à ce point précis :

Dans le Christ ressuscité, l’homme converti ressuscite avec les plaies de son passé, avec son histoire et sa profondeur faite d’erreurs et de grandeurs. Convertir son regard pour qu’il soit acte de salut et non de jugement, c’est accepter l’autre tel qu’il est tout en croyant qu’à tout moment il peut se laisser saisir par Dieu. C’est attester qu’en aucun cas son passé n’épuise l’amour de Dieu.

 

Cette conversion radicale de notre regard sur le monde est essentielle pour entrer dans le chemin de Dieu, dans la vérité de Dieu, dans la vie de Dieu. Et cette conversion, l’Eglise entière y est appelée, car tant qu’elle ne saura pas accueillir vraiment le pécheur pour l’intégrer à la vie de Dieu sans lui demander de renier son histoire, elle se verra répondre que son témoignage n’a pas de valeur, elle dont l’histoire est marquée d’errements bien plus graves que ceux de la plupart de nos contemporains.

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 23:02

Alors qu’elle devrait être l’une des plus belles fêtes chrétiennes, la Pentecôte apparaît un peu dans notre calendrier liturgique comme la fin des réjouissances, une veille de rentrée. On a vécu les jours du Carême et de la Passion avec plus ou moins de constance, on a éclaté en bruyants Alléluias pendant les cinquante jours qui suivent Pâques, et là, le jour qui devrait allumer un feu sur la terre est celui où l’on éteint les lampions de la fête : c’est parti pour 6 mornes mois d’un temps qu’on a longtemps nommé « ordinaire » et qui maintenant s’appellerait, paraît-il « temps de l’Église ». Changement de nom ou pas, rien n’y fait, ce temps qui métaphoriquement est celui de notre vie chrétienne, a le goût de l’ennui.

C’est dire combien notre « vie dans l’Esprit » est misérable…

Pourtant, il a peu de récits aussi jubilatoires que celui de la Pentecôte dans les Actes des Apôtres. Offrons-nous le plaisir de la relecture du texte. « Ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu ». Qui sont-ils ? Dans la « chambre haute », quelques versets plus tôt, on nous a dit qu’il y avait les Onze, Marie, mère de Jésus et quelques femmes, celles qui sont restées au pied de la croix et sont allées au tombeau au matin de Pâques, les Marie, celle qui est de Magdala, et la mère de Jacques, Jeanne, Salomé et « d’autres ». Peut-être faut-il aussi ajouter Matthias, le douzième qui vient d’être désigné par un groupe des « frères » c’est-à-dire 120 personnes.

Ils sont donc au moins une vingtaine - les Douze et les femmes – quelques-uns des « frère » ? Difficile à dire. C’est le matin, ils sont réunis, sans doute pour prier. Ont-ils peur ? Rien ne le dit dans le texte des Actes, mais sans doute ne tiennent-il pas à se faire remarquer par les autorités, on les comprend. Ils prient, se soutiennent, se souviennent. Et là, quelque chose leur tombe dessus, comme le tonnerre, comme la foudre, du vent, des flammes, les voilà, échevelés, ébouriffés, illuminés. Ils se précipitent à l’extérieur, et amusons-nous du jeu de mot, voilà qu’il semblent ne plus avoir tous leurs esprits. Et c’est vrai, puisque désormais c’est l’Esprit qui parle en eux. Le texte nous offre une notation d’un incroyable et merveilleuse trivialité : « Non, nous ne sommes pas ivres, il n’est que neuf heures du matin », car on les croit plein de vin doux. Une « cuite » à l’Esprit Saint… comme la si la promesse du prophète Isaïe se réalisait, qui promettait du vin et du lait à ceux qui ont soif.

Et eux qui se terraient et se taisaient, les voilà qui débordent de mots, leur parole inonde Jérusalem, comme les torrents d’eau dont Ézéchiel avait eu la vision. Et leur parole tient en un nom, celui de Jésus, ce Jésus crucifié, mort, ressuscité et vivant.

Alors, demandent, les foules, que devons-nous faire ? Et la réponse vient, toute simple : « Faites-vous baptiser… ».

Le voilà le baptême dans l’Esprit annoncé par Jean au bord du Jourdain : « Moi, je vous baptise dans l’eau, Lui vous baptisera dans l’Esprit. » C’est dans cet Esprit que naît l’Église et c’est ce baptême que nous avons recevons. Mais où est la sainte ivresse ! Honte à nous qui vivons comme de sinistres buveurs d’eau, qui nous claquemurons derrière nos murs, qui verrouillons les portes de nos certitudes et enfermons la Parole dans d’étroite définitions.

Allez, laissons souffler l’Esprit tempétueux qui balaie les peurs, nous sommes le peuple de la Pentecôte… rallumons les feux de la joie.

 

Du livre des Actes de Apôtres, au chapitre 2, versets 14 à 18.

Pierre alors, debout avec les Onze, éleva la voix et leur adressa ces mots : «Hommes de Judée et vous tous qui résidez à Jérusalem, apprenez ceci, prêtez l'oreille à mes paroles. Non, ces gens ne sont pas ivres, comme vous le supposez ; ce n'est d'ailleurs que la troisième heure du jour. Mais c'est bien ce qu'a dit le prophète :

Il se fera dans les derniers jours, dit Dieu, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair. Alors vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards des songes. Et moi, sur mes serviteurs et sur mes servantes je répandrai de mon Esprit.

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 08:36

Lectures : Ex 20, 1-17 ; Ps 18, 8, 9, 10, 11 ; 1Co 1, 22-25 ; Jn 2, 13-25

« Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre. »

 

Certes, nous n’élevons pas de statues d’oiseaux, de taureaux ou de cachalots devant lesquels nous nous prosternons. Mais ne faisons nous pas pire en élevant nos phantasmes, nos attentes et souvent nos peurs comme une statue invisible en laquelle nous croyons reconnaître l’image de Dieu et Dieu lui-même.

 

« Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison d'esclavage. »

 

En ce troisième dimanche de Carême, à l’écoute des textes qui nous sont proposés, je me pose la question de savoir si, parfois, je n’inverse pas les rôles. Si je ne crée pas Dieu à mon image au lieu d’accueillir Celui qui vient à moi. Et malheureusement je connais la réponse.

 

« Alors que les Juifs réclament les signes du Messie, et que le monde grec recherche une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les peuples païens. »

 

Oui, ce dimanche, comme chaque jour, je proclamerai avec Paul, un Messie crucifié mais accueillerais-je vraiment Jésus, le ressuscité ? Jésus dont les paroles et la vie s’adresse aujourd’hui encore à moi, comme à nous tous, pour me faire découvrir qui est ce Dieu auquel je dis avoir donné ma foi.

 

« Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »

 

Car, dans l’évangile de Jean, le cri de Jésus ne porte pas que sur l’argent, il porte également sur notre aptitude à faire de la contrefaçon. Et souvent de la contrefaçon grossière. A bâtir petit à petit une maison de Dieu, un Temple, une Eglise, avec ce que nous créons plutôt qu’avec ce que Dieu nous offre. A nous  laisser inconsciemment déporter jusqu’à ne plus entendre            Dieu tellement nous sommes devenus sourds, enfermés dans des habitudes et de la Tradition qui ne nous permettent même plus de voir que ce que nous affirmons n’a plus grand rapport avec ce que Jésus nous a enseigné, ou pire parfois lui est contraire.

 

En ce temps de Carême, je crois que nous pouvons nous poser ces deux questions : Est-ce que je laisse à Dieu la possibilité d’être lui-même ? Est-ce que j’accepte d’entendre ce qu’il me dit, ce qu’il nous dit ?

 

Ne créons pas Dieu à l’image de nos peurs et de nos faiblesses mais reconnaissons le dans la  vie qu’il nous donne en abondance. Là nous serons sauvés et la Résurrection que nous nous préparons à fêter durant ce Carême éclairera notre propre vie comme l’ensemble de la création restaurée dans Jésus, le Christ. 

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 08:07

 

Le mot peut évoquer quelques belles images d’Épinal : mamies à cheveux bleus bramant des Ave, jeunes gens à cheveux et idées courtes, brandissant des bannières, ou chemineau médiéval appuyé sur son bâton, arborant une belle coquille saint-Jacques à son revers. C’est dire que même si le goût des pèlerinages revient, il a quand même un petit côté « vintage ».

Si on y regarde de plus près, tout cierges, oriflammes et coquillages balayés, reste l’idée de la marche. Et ça, n’en déplaise à ceux qui en ont assez de devoir « cheminer » à longueur de sermon, c’est une idée si profondément chrétienne qu’elle précède le Christ. En effet, le peuple d’Israël, d’Abraham à Moïse découvre Dieu qui le met en route et marche devant lui. Dès sa venue sur cette terre, Jésus met tout le monde sur la route, Marie part chez sa cousine Élisabeth, Joseph emmène son épouse à Béthléem, puis conduit sa famille en Égypte, les mages d’Orient suivent l’étoile. Fort logiquement, Jésus appelle ses disciples, en leur disant « Viens et suis-moi », et l’Évangile se conclut par un vigoureux « Allez » qui a bel et bien mis les disciples sur les routes et les mers jusqu’au-delà des limites du monde connu au long des siècles.

Toutes ces observations fort sérieuses font sonner juste la jolie blague suivante : « Jésus dit à ses disciples ; “Allez voir la-bas si j’y suis”, ils y allèrent, et en effet, il y était. »

En effet, la marche est le destin du chrétien, sa « feuille de route », son ordre de mission.

À quoi s’ajoute qu’en un temps qui est celui de la vitesse, des déplacements, des voyages, la la nostalgie d’un catholicisme villageois, centré sur l’église paroissiale, et dont on ne s’éloignait guère qu’à portée de cloche paraît assez peu opératoire.

Aussi, plutôt que de regarder avec soupçon cette modernité agitée et mouvante, acceptons de nous remettre en route. Au lien de nous croire « arrivés », forts de nos certitudes, de nos dogmes, de nos cathédrales, regardons avec bienveillance et reconnaissance ce monde en mouvement qui nous oblige à retrouver la légéreté du nomadisme… et nos origines, celles de nos ancêtres dans la foi qui furent « des araméens errant ».

Il y a fort à parier que nous découvrirons que la blague dit vrai : « En effet, il y est ». Jésus n’est pas enfermé dans nos certitudes, il ne nous attend pas à l’abri du tabernacle. Il est celui qui marche avec nous comme il a marché au côté des pélerins d’Emmaüs, celui que nous reconnaissons difficilement, de façon fugace, mais qui nous laisse le cœur brûlant.

Où demeure le maître qui n’a pas une pierre où reposer la tête ? Écoutons sa réponse : « Venez et vous verrez »

Alors, certes, nous pouvons aller à Lourdes, à Saint-Jacques, à Rome ou à Jérusalem, mais ces périples ne sont que les métaphores d’une vie chrétienne authentique, vie d’aventuriers et de chercheurs, vie de quête et de désir, en un mot, vie de pèlerin.

 

Finale de la Prière eucharistique pour les circonstances particulières :

Et lorsque prendra fin notre pèlerinage sur la terre, accueille-nous dans la demeure où nous vivrons près de toi pour toujours. En union avec la Vierge Marie, la bienheureuse Mère de Dieu, avec les Apôtres, les martyrs et tous les saints du ciel, nous pourrons alors te louer sans fin et magnifier ton nom par Jésus, le Christ, ton Fils bien-aimé. 

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 00:57


Faire des sacrifices, voilà un terme qui résonne bien en période de Carême. Sauf que dans les lectures de ce deuxième dimanche de Carême, il ne s’agit pas de sacrifier le bonheur que nous pouvons avoir à manger du chocolat, respirer de la nicotine ou regarder des feuilletons peu évolués à la télévision. Non, il s’agit pour Abraham comme pour Dieu de sacrifier ce qu’ils ont de plus cher, leur fils unique.

 

Mais, si l’on y regarde de près, le parallèle entre le texte de la Genèse et celui de la Lettre aux Romains est intenable. Pas de cause commune, sauf à penser que Dieu, dans le sacrifice de son Fils, se teste lui-même, ni de réalisation commune, sauf à dire que l’intervention de l’ange est une métaphore de la mort et de la résurrection d’Isaac. Même les effets des deux sacrifices, s’ils sont bénéfiques pour l’homme, ne sont pas strictement équivalents.

 

Y a-t-il cependant des leçons à tirer de ce parallèle ? Je crois que oui.

La première est que Dieu s’applique à lui-même sans s’autoriser aucun recours l’exigence de don auquel il nous appelle. Il ne lève pas la main, n’envoie pas ses cohortes d’ange, pour délivrer son Fils sur la Croix. Dieu en Jésus-Christ vit le don jusqu’à son plus haut degré.

La seconde leçon porte sur le sacrifice consenti ; un sacrifice qui va jusqu’à la Croix. Jésus s’avance dans une parfaite adéquation entre sa volonté et la volonté de Dieu (volonté de Salut et non de mort). Même si Gethsémani nous montre à l’évidence que cette union des deux volontés ne se fait pas dans l’allégresse. Certes, ce que Jésus fait par amour, Abraham le fait par crainte, mais dans les deux cas la conséquence ultime du geste est la vie.  La vie sauvée d’Isaac est promesse de descendance nombreuse pour Abraham. La Résurrection de Jésus est promesse de vie pour la multitude. Nous découvrons que le don auquel Dieu nous appelle n’est pas vain, il permet à la vie de triompher.

En Jésus, nous apprenons que ce don n’est pas la réponse à un ordre incompréhensible mais la participation à un amour qui nous dépasse et auquel nous sommes appelés à participer.

 

Passer de la crainte de Dieu à la participation à la promesse de Dieu, c’est pour nous tout l’enjeu de ce temps de Carême. Notre conversion, dans l’apprentissage d’une vie de communion avec Jésus, fait de nous non pas des adorateurs mais des fils et des filles de Dieu. Le texte de la Transfiguration vient opportunément convertir notre regard. Devant la manifestation qu’ils voient et qu’ils entendent, les trois disciples sont emplis de frayeurs. Tandis qu’ils redescendent de la montagne, ils s’interrogent sur la parole énigmatique de Jésus à propos de sa Résurrection d’entre les morts et nous orientent déjà vers le temps de Pâques. En effet c’est bien le dimanche de Pâques, face à la Résurrection de Jésus, que nos yeux s’ouvrent pour comprendre : le projet de Dieu est un projet de vie auquel nous ne sommes pas étrangers. Ce projet de vie nous transfigure dès aujourd’hui si nous acceptons, comme Jésus,  d’accorder notre volonté à celle de Dieu. À la suite de celui dont Dieu nous dit qu’il est son Fils bien-aimé, nous pouvons entrer pleinement dans cette logique du don absolu qui fait de la vie et du bonheur de nos frères et de nos sœurs le but et la conséquence de notre propre existence.

 

Ce temps de Carême est un temps où nous devons accepter de nous laisser transfigurer dans le Christ par Dieu. Un temps où nous devons accepter non pas de sacrifier notre volonté mais au contraire de choisir que notre volonté s’associe à la volonté de Dieu. Un temps où nous devons quitter la crainte de Dieu pour entrer pleinement dans son amour. Un temps où nous ne sommes plus dans le sacrifice de ce qui nous rend heureux pour plaire à Dieu mais dans un « sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu » (Rm 12,1) de nous-mêmes, c’est à dire littéralement dans une métamorphose de nous-mêmes dans le Christ afin que nous participions, en lui, au projet et à la promesse de Dieu.

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 12:15

Je dois avouer que j’ai beau tourner le problème dans tous les sens, je ne vois pas comment - sauf à faire dire aux mots le contraire de ce qu’ils signifient - on peut sauver le concept.

En effet, de quoi s’agit-il ? À l’origine de l’histoire humaine, nos « premiers parents », un homme et une femme, auraient commis une faute de désobéissance (usage abusif de leur liberté) qui aurait causé leur « chute ». Depuis lors, la belle et bonne Création du Bon Dieu en aurait pris un coup, elle se serait corrompue par une sorte de contagion, et par l’effet de cette contagion, tous les humains naitraient marqués par une faute qu’ils n’ont pas commise.

Qu’est-ce qu’on peut comprendre à cette histoire ? S’il s’agit de rendre compte de la présence du mal dans le monde, et de la capacité, et même de la tendance de tout être humain à se laisser aller au mal, il suffit de parler de « péché du monde ». Pourquoi en imputer la responsabilité à d’hypothétiques premiers humains dont on est en droit de se demander si leur toute jeune conscience était réellement éclairée ? Et qui est ce Dieu qui ressemble à Barbe-Bleue : « tu ne mangeras pas de ce fruit », « tu n’ouvriras pas cette porte… »?

Non, résolument cette histoire n’a pas de sens…

Enfin, elle n’a pas de sens si, ainsi que la doctrine catholique le prétend, il faut poser ce « péché » de façon « historique ».

En revanche, si cette histoire est métaphorique de celle de chaque humain, alors, elle commence à fonctionner. En effet, qui pourrait nier que chaque enfant qui naît est hélas, mille fois hélas, contaminé par le péché qui le précède. Nul n’en est indemne. Aucun parent, si saint soit-il ne peut espérer, par ses propres forces, préserver son enfant du péché et du mal.

Si le péché « originel » est celui que nous n’avons pas commis nous-même mais qui nous contamine dès nos premières bouffées d’air aspirées, alors, cela prend sens. Oui, mon histoire dès l’origine est marquée par le mal et le péché, à « l’insu de mon plein gré », d’abord, puis très vite avec ma connivence.

Il reste que si nous voulons être compréhensibles dans le monde tel qu’il est, et auprès de générations qui sont familières des dinosaures, des Pithécanthropes, des Homo Erectus, Néandertaliens et autres, nous devrions éviter d’employer des mots et des concepts qui leur semblent aussi ridicules qu’incompréhensibles.

Il y a un mystère du mal que chaque être humain doit affronter en ce qu’il en est à la fois victime, complice, voire, trop souvent acteur. La Bonne Nouvelle chrétienne c’est que nous ne sommes pas sans recours, que nous croyons que le Dieu bon et miséricordieux pour qui chaque humain compte nous donne la force de ne pas succomber au mal, nous relève sans relâche, et nous promet que son acte créateur s’accomplit ultimement dans la victoire définitive sur le mal. Si Dieu regardant sa Création voit que cela est bon, c’est parce qu’il voit loin.

Et il me semble que cette Bonne Nouvelle se passe très bien des fables originelles qui déjà font hausser les épaules aux gosses de huit ans.

 

Cette fois, la citation du Catéchisme de l’Église catholique illustre l’impasse que je décris ci-dessus.

CEC §390 : Le récit de la chute (Gn 3) utilise un langage imagé, mais il affirme un événement primordial, un fait qui a eu lieu au commencement de l’histoire de l’homme (cf. GS 13, § 1). La Révélation nous donne la certitude de foi que toute l’histoire humaine est marquée par la faute originelle librement commise par nos premiers parents (cf. Cc. Trente : DS 1513 ; Pie XII : DS 3897 ; Paul VI, discours 11 juillet 1966). 

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 00:39

 

Mercredi nous nous sommes mis en route sur ce chemin de Carême. Nous nous y sommes mis joyeusement avec confiance, en recevant les cendres et en entendant cette parole que Jésus proclame aujourd’hui dans l’Evangile « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. » Nous avons décidé d’ouvrir grand les portes de notre vie afin d’accueillir celui qui est notre vie : Jésus.

 

Jésus est notre vie. Voilà bien un prêche catholique me direz-vous ! Une de ces belles paroles qui n’a pas vraiment de sens. Et pourtant… c’est ce qui nous fait chrétien. Pas simplement croyant, déiste, religieux… mais chrétien. Quand nous parlons de l’Incarnation, nous avons tendance à dire qu’il s’agit d’une Révélation nouvelle, d’une manière inédite pour Dieu d’être présent dans le temps des hommes. Mais si nous en restons là, nous ratons ce qui fait à mon sens l’inouï de l’Incarnation, le fait, qu’en Jésus, Dieu vient en nous. Jésus n’est pas simplement venu pour que nous le connaissions et que nous le prions, il est venu pour que son Esprit vive en nous ; pour que, comme nous le célébrons dans l’eucharistie, il demeure en nous.

 

Oui, Jésus est notre vie et, comme le souligne la première lettre de Pierre, « être baptisé, ce n'est pas être purifié de souillures extérieures, mais s'engager envers Dieu avec une conscience droite, et participer ainsi à la résurrection de Jésus Christ. » Le temps du Carême ne peut pas être dans ce cas celui du grand nettoyage, des grands rangements, de la purification de souillures extérieures. Il doit être celui de l’engagement à vivre de Jésus, à vivre en participant à sa résurrection que nous fêterons à Pâques. Et cette résurrection est le fruit du don total de Jésus, de sa vie offerte, certes jusque dans la mort, mais bien plus que dans la mort, dans l’ensemble de sa vie publique.

 

Les quarante jours du Carême sont un temps ou Jésus s’invite particulièrement en nous pour que nous apprenions à le connaître, pour que nous nous fortifiions à son contact, pour que nous décidions de l’accompagner dans son don. Le temps du carême est un temps pour laisser la vie de Jésus épouser notre propre vie afin que Pâques ne soit pas l’achèvement de notre marche mais au contraire le début de notre vie nouvelle, une vie offerte aux autres, une vie de don et de résurrection. Alors nous partirons avec lui dans nos Galilées  respectives proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu à ceux qui sont prisonniers de la mort.

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 15:13

 

Convertissons-nous, croyons à la bonne nouvelle.

Croire à la bonne nouvelle c’est l’accueillir, la recevoir comme les cendres dont notre front est marqué.

 

Aujourd’hui comme durant tout le Carême, si nous choisissons de nous priver, de jeûner, nous ne devons pas perdre de vue que tous ces dessaisissements ne sont destinés qu’à nous aider à accueillir la promesse de Dieu, Dieu lui-même. La Bonne Nouvelle n’est pas enfouie en nous, étouffée par un lot d’encombrants qu’il nous faudrait éliminer pour redécouvrir le trésor caché. La Bonne Nouvelle, c’est le Christ lui-même qui vient frapper, aujourd’hui comme chaque jour, à notre porte pour nous proposer de l’accueillir. Peut-être nous faut-il simplement ranger un peu l’entrée de notre maison ? Ranger, sans forcément jeter. Peut-être même nous suffit-il juste de déblayer un chemin jusqu’à la porte ? Je ne crois pas que le Christ souhaite entrer dans des villas témoins de magazines. Il veut rentrer dans nos vies, authentiques, des vies ni rêvées, ni faussement rangées pour l’occasion.

 

Réellement, je crois que ce mercredi, cette entrée en Carême, est une fête joyeuse ! Que le goût et le parfum des Cendres sont savoureux. Ils sont celui de l’abandon et de l’assurance. L’abandon à Dieu et l’assurance que la poussière que nous sommes et à laquelle nous retournerons n’est pas la finalité de nos vies. Les cendres témoignent de la joie des Rameaux plus que de la lâcheté des jours de la Passion, de la Résurrection de Pâques plus que de la Croix du Vendredi Saint. Les cendres témoignent d’un Dieu dont l’amour pour les hommes déborde, d’un Dieu qui croit en l’homme. Aujourd’hui, comme durant tout le Carême, nous devons apprendre à accueillir la Bonne Nouvelle, apprendre à convertir notre regard pour que la marche vers Pâques ne soit pas une marche de honte et de faute dans laquelle nous n’oserions regarder en face notre Dieu mais une marche de joie où, libérés par Dieu, nous pourrons témoigner du triomphe de la Vie.

 

Si les Cendres sur notre front ne sont que les restes inanimés de nos surplus passés, de quoi témoigneront-ils ? De nos fautes, de nos richesses ? Quel intérêt ?

Si les Cendres sur notre front sont le signe du feu vivant de Dieu, de son don incandescent qui nous libère de la mort, alors oui il vaut la peine de les porter comme un témoignage de notre foi en Jésus, le Christ, ressuscité.

Je nous souhaite à toutes et à tous un très joyeux Carême.

 

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