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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 00:10

 

 

Ah, une chose est sûre : le carême, c’est pas gai ! Pour preuve, celui qui a une face de carême ne respire pas la joie de vivre. Et en plus, c’est long ; quarante jours, du mercredi des Cendres à Pâques, sans compter les dimanches, soit six semaines et demi.

Alors, ce carême, il sert à quoi ? À nous préparer à Pâques. Pâques ! La victoire définitive sur le mal et la mort ! Et pour se « préparer », on fait une tête d’enterrement pendant quarante jours ?

N’y aurait-il pas là un quiproquo ?

Reprenons les choses du début. D’abord, les quarante jours. En lisant la bible, nous découvrons qu’ils sont le temps du changement, de la conversion au sens du grand chambardement. L’arche flotte quarante jours avant de s’échouer sur une terre renouvelée. Les Hébreux errent quarante ans au désert, le temps du renouvellement des générations, afin qu’un peuple nouveau entre dans la terre que Dieu a promise. Quant à Jésus, il passe quarante jours au désert avant de commencer son enseignement et parler de Dieu comme personne ne l’avait jamais fait avant lui.

Bon, soit, quarante jours de grand chambardement, qui nous font passer de l’ancien au nouveau. Mais pourquoi en faisant triste figure ? Peut-être parce qu’on se prive de chocolat, de cinéma ou de rosbif le vendredi. Vous aimez le chocolat, le ciné et la viande rouge à ce point-là ? Moi pas.

À moins que ce ne soit parce que Jésus va mourir sur la croix et être mis au tombeau ?

Peut-être… Peut-être devons-nous nous sentir coupables et nous infliger chaque année quarante jours de deuil et de macération en pleurant sur nos péchés.

Permettez que je nous propose une autre vision.

Au bout du carême, il n’y a pas Jésus crucifié, mort sur la croix. Il y a Jésus vivant, triomphant de la mort, relevé du tombeau… et nous attirant à sa suite. Le plus grand des chambardements, celui qui change la face du monde, tout simplement !

Et, si le carême (et je n’invente rien, les textes de la liturgie nous y invitent très clairement) était l’occasion de vivre le renouvellement et la régénération de notre baptême ? Par le baptême, nous avons été plongés dans la mort et la résurrection du Christ. Avec le Christ nous sommes morts. Avec lui, nous sommes relevés.

Alors le carême, pourrait être cela ; quarante jours pour renfiler l’habit de lumière des baptisés, quarante jours pour retrouver la joie des ressuscités, quarante jours pour nous réinstaller dans notre dignité de fils et de filles bien aimés, quarante jours pour redevenir un peuple de frères et de sœurs unis en un seul corps. Gageons qu’avec de pareils objectifs, le temps nous semblera bien court. Parions qu’avec une telle perspective, nous aurons plus souvent la tête de notre emploi, celle de ceux qui savent que la mort n’est pas la fin de l’histoire et qui ont la charge de l’annoncer. Une si bonne nouvelle à partager devrait suffire à effacer nos têtes de carême !

 


Ce que dit le Magistère de l'Eglise catholique :

CEC 1095
(…) l'Eglise, spécialement lors des temps de l'Avent, du Carême et surtout dans la nuit de Pâques, relit et revit tous ces grands événements de l'histoire du salut dans l'"aujourd'hui" de sa Liturgie. Mais cela exige aussi que la catéchèse aide les fidèles à s'ouvrir à cette intelligence "spirituelle" de l'Economie du salut, telle que la Liturgie de l'Eglise la manifeste et nous la fait vivre.

100 mots pour la foi

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 00:10

 

« Il faut lire la Bible ! » Depuis une quarantaine d’années, c’est la grande incantation qui jaillit dans le catholicisme. Au point qu’on noircit parfois le tableau en prétendant qu’auparavant, la lecture de la Bible était interdite. Sur le passé, soyons exacts. La lecture n’a jamais été interdite, mais elle n’a pas été encouragée. Cette lecture était entourée de conseils prudentiels. On recommandait qu’elle se fasse plutôt dans la version latine officielle (la Vulgate) et qu’elle soit accompagnée de notes et de commentaires dûment approuvés. Bref, si la lecture n’en était pas interdite, elle était très encadrée. Il faut ajouter que la lecture de la Bible, surtout en langue vulgaire était l’affaire des Protestants et le Catholique qui lisait la Bible était aisément soupçonné de tendance à la désobéissance ou à l'hérésie.

Aujourd’hui, la lecture et l’étude de la Bible sont encouragées, ce qui ne veut pas dire que le succès soit au rendez-vous. En France, en particulier, moins de la moitié des foyers possèdent une Bible et ils sont 10 % à l’avoir ouverte au moins une fois au cours de l’année.

La paresse et l’ignorance se substituent donc à la prudence.

Il faut avouer que la Bible est une sorte d’Everest. Pas facile de s’y « attaquer » seul, sans sherpa, sans guide, sans oxygène.

D’abord, des chiffres. Ne serait-ce que le premier livre, la Genèse, a la taille d’un petit roman, 180 pages dans une collection littéraire (76 pages dans ma bible qui en compte 2380, soit 5,5%). Le reste est à l’avenant. Dans une bible catholique, on dénombre 73 livres, 46 dans le Premier Testament, qu’on nomme plus couramment Ancien Testament et 27 dans le Nouveau Testament. La constitution du texte s’échelonne sur quasiment mille ans. On y trouve à peu près tous les genres littéraires ; de la poésie aussi bien que des romans pieux ou des codes de loi.

Il y a de quoi se perdre et se décourager. Et pourtant, si peu que l’on trouve le courage de commencer à lire, ou un bon guide, un amoureux qui a envie de faire partager sa passion, le miracle s’opère.

Il y a quelque chose de particulier dans le texte de la Bible quelque chose qu’aucune autre œuvre littéraire ne produit à ce point. En un mot, son sens ne s’épuise pas. Chaque lecture remet le texte à neuf, chaque lecture le fait résonner autrement. Vous me trouvez lyrique, vous avez raison. Pour moi, la Bible est une passion qui s’aggrave avec le temps. Ce texte a quelque chose que les théories littéraires et historiques d’analyse du texte ne saisissent pas. Sans cesse, il s’échappe, il m’échappe. Y aurait-il là quelque diablerie ? Bien au contraire. C’est Dieu qui est embusqué derrière les mots, Dieu qui se rit de moi, de mes efforts pour le saisir. Lisez, lisez la Bible, laissez-vous saisir par une Parole qui se donne en s’échappant. Moi, je n’hésite pas, sur une île déserte, je pars avec la Bible, je ne serai pas seul !

 

Ce que dit le Magistère de l'Eglise catholique :


Le mot « bible » n’apparaissant que deux fois et de manière purement incidente dans le Catéchisme de l’Église Catholique, je vous propose cette citation récente du pape Benoît XVI.

La Bible n’est pas un simple livre, mais un recueil de textes littéraires dont la rédaction s’étend sur plus d’un millénaire et dont les différents livres ne sont pas facilement repérables comme constituant un corpus unifié. […] La Parole de Dieu nous parvient seulement à travers la parole humaine, à travers des paroles humaines, c’est-à-dire que Dieu nous parle seulement dans l’humanité des hommes, et à travers leurs paroles et leur histoire.

Benoît XIV, discours au Collège des Bernardins, 12 septembre 2008.

100 mots pour la foi

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 00:02

Ah, le baptême, voilà une chose simple, est-on tenté de dire. Si simple d’ailleurs, qu’autrefois, la sage-femme, ou le médecin, s’il y en avait un, « ondoyaient » le nouveau-né dès le premier cri poussé. Au cas où… À l’époque, les temps étaient rudes pour la jeune humanité vagissante, et nombre d’enfants rendaient à Dieu leur âme dans les premiers jours, ou les premiers mois. Mais justement, parce que baptisés, fils et filles de Dieu, ils pouvaient la rendre à leur Père céleste et prendre place parmi les innocents qui joignaient leur voix au chœur des anges. Pour les malheureux parents, la consolation n’était pas mince.

L’ondoiement, comme son nom l’indique, consiste à verser un peu d’eau sur la tête du nourrisson en disant « Je te baptise au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit ». Aujourd’hui encore, en cas d’urgence ou de péril mortel, chacun, chacune, et même un non-chrétien peut ainsi procéder à un baptême.

Jusque-là, tout va bien, il suffit donc d’un peu d’eau et de quelques mots pour être baptisé. Et ceci, sans l’ombre d’un doute depuis les premiers temps chrétiens. C’est ainsi que Philippe baptise l’Éthiopien, c’est aussi comme ça que Paul est baptisé à Damas. Facile !

Les affaires se gâtent et s’embrouillent quand… on écoute le Christ ! « Jean vous a baptisé dans l’eau, moi, je vous baptiserai dans l’Esprit ».

Allons bon, mais c’est bien le baptême du Christ que nous recevons, pas celui de Jean. Alors pourquoi de l’eau ? Certes, le vol de colombe ou les langues de feu, qui évoqueraient davantage l’Esprit Saint peuvent se révéler d’un maniement difficile voire dangereux. Mais quand même, pourquoi avoir conservé le signe de l’eau ? C’est là qu’il est utile d’avoir assisté à un baptême chez nos frères orthodoxes. Par parenthèse, c’est un baptême qui baptise aussi sûrement que celui des catholiques (un seul baptême !). Or donc, sous les yeux terrifiés de la jeune maman, le prêtre jette par trois fois le jeune enfant la tête la première dans l’eau. Et l’objectif est explicite ; pour lui donner un sentiment de mort ! Car c’est bien de cela dont il est question, de vie et de mort. L’eau du baptême n’est pas celle d’une petite ablution purificatrice. Le baptême nous plonge (c’est l’étymologie du mot) dans la mort avec le Christ et nous fait ressurgir, hors de l’eau, dans la vie nouvelle du Ressuscité. Par le baptême, nous mourrons avec le Christ, à la mort et au péché. Nous laissons au fond des abîmes le vieil homme, et nous renaissons homme (femme) nouveaux, relevés, ressuscités, revêtus de Grâce et de lumière. Nous renaissons, fils et filles du Père, frères et sœurs du Fils, temples de l’Esprit.

Finalement, ce mot est un peu traître. On pourrait lui préférer un néologisme ; être « christifié », qui signifierait revêtir le Christ, devenir dans le Christ, prêtre, prophète et roi et participer à la mission du Christ.

Car, j’allais oublier, être baptisé, ce n’est pas recevoir une carte d’identité de chrétien, c’est recevoir un ordre de mission !

 

 

Ce que dit le Magistère de l'Eglise catholique :

CEC 628 Le Baptême, dont le signe originel et plénier est l’immersion, signifie efficacement la descente au tombeau du chrétien qui meurt au péché avec le Christ en vue d’une vie nouvelle : "Nous avons été ensevelis avec le Christ par le Baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle" (Rm 6,4 Col 2,12 Ep 5,26)

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 00:00

Voilà un véritable faux-ami. Tout d’abord, parce que cette période bien que précédant Noël ne l’indique pas par son nom. L’Avent n’est pas l’avant. Son « e » nous invite à regarder l’av-e-nir. Car l’Avent n’est pas ce qui précède mais ce qui va arriver. Dans la même famille, on trouve ainsi les mots événement et avènement. Là encore, surprise. Noël, l’une des choses les plus prévisibles de l’année, est prétendument un événement. Bon, soit pendant presque quatre semaines (eh oui, quatre dimanches, ça ne fait pas nécessairement quatre semaines, révisez les règles de l’intervalle !), nous allons nous préparer à un événement.

En théorie, cette période est un « petit carême ». J’en veux pour preuve la couleur liturgique, le violet. Mais finalement, la seule chose dont nous jeûnerons, ce sera du Gloria de la messe dominicale, afin d’être impatients de mêler nos voix à celles des anges, dans la nuit de Noël, pour acclamer Dieu qui vient. Car le voilà, l’événement : Dieu vient. Oh, il vient en toute simplicité, sans tambour ni trompettes, juste avec quelques hautbois et une poignée de musettes (des sortes de cornemuses).

Quelques prédicateurs, sans doute fatigués de prêcher chaque année sur la naissance d’un enfant, (l’innocence, la faiblesse, le « miracle de la vie » et autres…), rappellent que nous attendons aussi le retour du Christ, ce que les savants appellent la Parousie. Son retour dans la gloire, cette fois, pas dans l’humble intimité d’une famille humaine, mais avec les trompettes du Jugement, le tonnerre et les effets spéciaux. Ah, ça vous a tout de suite une autre gueule ! Le seul détail un peu dérangeant, c’est que c’est ce qu’on a célébré le dimanche qui précède le début de l’Avent en fêtant le Christ-Roi. Certes, on peut prétendre que tout est dans tout et célébrer le messie humilié à la fin de l’année liturgique et son retour dans la gloire à Noël, mais on doit bien admettre que ça ne facilite pas la compréhension.

Je sais aussi qu’il est toujours difficile de reconnaître Dieu dans cet « abaissement », comme dit le vieux cantique. Il y a deux mille ans, nos ancêtres qui espéraient un messie pour Israël ne s’attendaient pas à l’humble naissance du fils de Marie et Joseph. Pas plus qu’ils ne s’attendaient à ce que ce messie soit Dieu lui-même. Quand aux disciples, il est clair que d’un bout à l’autre de leur aventure, ils découvrent que Jésus est toujours « ce qu’ils n’attendaient pas ». Jusqu’à la « divine » surprise de Pâques : « ce Jésus crucifié, Dieu l’a ressuscité il est vivant ». Ça, bien sûr, personne ne s’y attendait !

Tout ça vous paraît un peu compliqué ? Vous avez raison, revenons à des choses simples. Vous souvenez-vous, ce sentiment merveilleux que vous avez éprouvé enfant, de trouver au pied de l’arbre le cadeau que vous n’espériez même pas ? Et bien le temps de l’Avent ça devrait être cela, tout simplement, l’attente de l’inattendu.

 

Ce que dit le Magistère de l'Eglise catholique.

CEC 524 - En célébrant chaque année la liturgie de l’Avent l’Église actualise cette attente du Messie : en communiant à la longue préparation de la première venue du Sauveur, les fidèles renouvellent l’ardent désir de son second Avènement.

 

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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 00:05

La chose pourrait être simple : entre Dieu et l’argent, il faut choisir. « Nul ne peut servir deux maîtres, Dieu et l’argent ».

Pourtant, il suffit de lire l’Évangile pour se convaincre qu’il n’est guère possible de balayer, comme cela, la question de l’argent. Jésus semble prendre un étonnant plaisir à se servir de l’image de l’argent. Il est question d’un fils qui dilapide l’héritage, d’une femme qui retourne toute sa maison pour retrouver une pièce d’argent, d’un gérant qui détourne les biens de son maître pour se faire des amis, d’ouvriers dont le salaire n’est pas proportionnel à la peine ; citer tous les passages où il est question d’argent dans l’Évangile est impossible tant ils sont nombreux. Il en est d’ailleurs question hors des paraboles, il y a l’argent réel, la bourse de Jésus et des disciples, qui sert à acheter du pain, à faire l’aumône, payer l’impôt.

Point d’intégrisme, ni d’extrémisme dans l’attitude de Jésus. L’argent a une valeur d’usage qui n’est pas contestée. En un mot, l’argent, on peut s’en servir à condition de ne pas s’y asservir et de n’asservir personne.

Il faut dire que l’argent partage avec Dieu ce fait paradoxal qu’il faut y croire. L’argent, c’est de la confiance que je partage avec mon boulanger-pâtissier et le reste de la société, et qui garantit, la valeur de la pièce, du chèque ou de l’écriture comptable, et me permet d’acheter pains et gâteaux.

Entre Dieu et l’argent, la question est donc de savoir où je place ma confiance (encore une question de placement). Est-ce que je compte sur mes amis ou sur mes économies ? Est-ce que j’espère une bonne retraite ou la vie éternelle ?

En général, les chrétiens sont assez mal à l’aise avec l’argent, ils ont un peu honte de s’y intéresser. L’Église déteste parler d’argent, n’ose pas dire franchement et clairement combien coûtent (frais de fonctionnement, salaires et autres) la célébration d’un mariage, d’un baptême, des obsèques ou le catéchisme des enfants. En France, les prêtres catholiques, quand ils ne sont pas aidés par leur famille, sont laissés dans une situation de pauvreté scandaleuse.

Les choses pourraient pourtant être simples. Il suffit de « profaner » l’argent, afin qu’il ne soit ni tabou ni sacré. Et afin que son usage soit moral, je recommande de se poser les questions suivantes : cet argent est-il été gagné honnêtement ? En respectant le droit du travail, en payant les charges et les taxes, en rémunérant de façon juste les travailleurs ou les prêteurs. Cet argent est-il dépensé honnêtement. Sert-il à faire des pressions, du chantage, à exercer du pouvoir ? Les dépenses ne font-elles pas scandale pour les plus pauvres ?

Une chose est certaine, plus l’argent est secret, plus il est puissant. La transparence, la franchise et la sincérité des comptes sont l’une des conditions pour désarmer la puissance de l’argent.

 

 

Ce que dit le Magistère de l'Eglise catholique.

CEC 2424. Une théorie qui fait du profit la règle exclusive et la fin ultime de l’activité économique est moralement inacceptable. L’appétit désordonné de l’argent ne manque pas de produire ses effets pervers. Il est une des causes des nombreux conflits qui perturbent l’ordre social (cf. GS 63, § 3 ; LE 7 ; CA 35). Un système qui " sacrifie les droits fondamentaux des personnes et des groupes à l’organisation collective de la production " est contraire à la dignité de l’homme (GS 65). Toute pratique qui réduit les personnes à n’être que de purs moyens en vue du profit, asservit l’homme, conduit à l’idolâtrie de l’argent et contribue à répandre l’athéisme. « Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et Mammon »

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 00:01

Il y a des apparitions qui ne posent de problème à personne, ce sont les apparitions du Christ ressuscité à ses apôtres et disciples, après sa crucifixion et sa mort. Elles ne posent pas de problème puisqu’elles sont le critère de la foi chrétienne. Soit on croit le témoignage des apôtres : oui, ils ont vu le Christ ressuscité… et on est chrétien. Soit on ne le croit pas et on n’est pas chrétien. Bien sûr, cela n’empêche pas les spécialistes de discuter de la nature de ces apparitions ; plus ou moins spirituelles, plus ou moins matérielles, mais pour le croyant, ce qui est important, c’est que quelque chose s’est produit, qui a totalement bouleversé ceux qui en furent témoins, et qu’ils furent prêts à mourir pour en témoigner.

D’autres apparitions posent davantage de problème, et tout particulièrement, les apparitions mariales, La Salette, Lourdes, Fatima… et quelques autres. Le schéma est toujours à peu près le même, des enfants, simples et pauvres, voient une dame. Elle leur parle, leur fait même des confidences plus ou moins secrètes. Finalement, la dame révèle aux jeunes voyants qu’elle est la Vierge Marie, demande qu’on prie son Fils, qu’on se convertisse et qu’on construise un sanctuaire. Cet événement fait accourir de grandes foules, on constate des guérisons miraculeuses. L’Église officielle qui a d’abord été réticente, voire hostile, finit par engager sa responsabilité en reconnaissant les apparitions et organisant les pèlerinages et les dévotions.

Que penser de tout cela ? Bizarrement, la Vierge apparaît plus fréquemment au cours du XIX° et XX° siècle qu’auparavant. Plus exactement, avant, elle apparaissait plutôt à des religieux et des religieuses et c’était des visites « personnelles », des sortes « d’ornements », de grâces particulières, reçues dans le cadre d’une intense vie spirituelle.

Au cours des deux derniers siècles, parallèlement au développement du rationalisme et de l’athéisme se déploient les grands sanctuaires mariaux qui affirment haut et fort leur caractère surnaturel.

Certains pensent que la Vierge s’étant émue des progrès de l’incroyance et du matérialisme, a jugé bon de soutenir l’expression de la piété populaire et du sentiment religieux de masse. Bref dans le combat de la Sainte Vierge contre Auguste Comte et Ernest Renan avantage à la Sainte Vierge par K.-O.

En la matière, l’Église est d’une prudence qui l’honore. Les apparitions mariales, même reconnues, même ayant reçu des visites papales ne sont pas article de foi. En d’autres termes, on a le droit de ne pas croire que la Vierge est apparue à Lourdes et être cependant un bon chrétien et même un bon catholique. De la même façon, nul n’est tenu de voir l’intervention divine dans les miracles qui s’y produisent.

Reste la puissante expression d’une piété populaire, une piété d’humbles et de pauvres qui mérite d’être respectée. Reste qu’il faut demeurer attentif aux dérives idolâtriques. L’Église a validé les apparitions mariales chaque fois que Marie tournait les croyants vers Jésus.

Prier aux pieds de Marie, ce n’est pas vénérer une sorte de déesse mère, c’est regarder avec elle Jésus-Christ.

 

Ce que dit le Magistère catholique :

 

« L’autorité des révélations privées est substantiellement différente de l’unique révélation publique : cette dernière exige notre foi ; en effet, en elle, par l’intermédiaire de paroles humaines et de la médiation de la communauté vivante de l’Église, Dieu lui-même nous parle… La révélation privée est une aide pour la foi, et elle se manifeste comme crédible précisément parce qu’elle renvoie à l’unique révélation publique ».

« Le Message de Fatima », commentaire théologique du cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. (2000)

 

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 00:10


En un mot, est apostolique ce qui vient des apôtres.

Au commencement, il y a Jésus, en Galilée, il y a presque 2 000 ans. En fait, les évangiles ne nous disent pas vraiment comment ça s’est passé. On sait que parmi les disciples qui le suivaient, Jésus en choisit douze. Douze hommes qui figurent les douze tribus d’Israël. Le début d’un nouveau peuple, d’une nouvelle alliance. Ce que les évangiles ne nous disent pas, ce sont les critères du choix. On repère bien les touts premiers, le « premier rang des douze », ceux que Jésus a appelés, au bord du lac, ou à la table de douane. Simon-Pierre et André, et aussi Jacques et Jean, les fils du pauvre Zébédée, qui se retrouve les bras ballants, ses barques sur le sable, sans fils pour mener la pêche. Il y a Matthieu, le douanier, qui lui aussi laisse tout en plan, et Nathanaël, qui étudiait sous le figuier, on dit que c’est lui qu’on appelle aussi Barthélémy. Voilà qui fait six. Quant aux six autres, Thomas, Jude, qu’on appelle aussi Thaddée, l’autre Jacques, Judas, Philippe, frère de Barthélémy, et un autre Simon, qui lui, ne devient pas Pierre, on ne sait pas pourquoi ils furent choisis. Y eut-il des remous ? Des jalousies ? Nous n’en savons rien.

Ces Douze sont les témoins privilégiés de la vie publique de Jésus, et de sa prédication. Jusqu’à la croix. Et là, ils ne font pas fort. L’un d’eux, Judas, trahit. Le « chef », Pierre, renie Jésus, et les autres se sauvent, sauf, peut-être, Jean. Triste bilan.

Pour autant, Jésus les convoque en Galilée après sa résurrection et les confirme dans leur mission. Dès avant la Pentecôte, les Onze procèdent au choix du remplaçant de Judas, un disciple qui comme eux a suivi Jésus depuis le commencement, et au tirage au sort, c’est Matthias qui est désigné. Il n’est pas dit qu’alors, ni Pierre, ni les dix autres lui imposèrent les mains, et j’en ai toujours été un peu frustré.

En effet, c’est à partir de Matthias que commence la succession apostolique, cette magnifique vision de l’Église, qui professe que du Christ à moi, de mains en mains, chacun succédant au précédent, les mains posées sur la tête les uns des autres, une longue chaîne humaine porte le témoignage de ce qu’ont vu les Douze. Et voilà une merveilleuse raison d’aimer le catholicisme. Nous ne sommes pas dans une religion du livre, du mot à mot, de la lettre, nous sommes là dans une histoire de témoin. D’humain à humain, de siècle en siècle, la Bonne Nouvelle court. À la suite des apôtres, nous pouvons dire : « nous croyons à cause de ce que nous avons vu, de ce que nous avons entendu ». Des Douze jusqu’à chacun des baptisés, par les mains des évêques, successeurs des apôtres, la foi se répand. À chaque génération, l’évangile de papier et de mot devient un témoignage de chair et de sang, une nouvelle confiée à chacun les yeux dans les yeux. Et c’est sur la foi de nos pères que nous posons notre acte de foi.


Ce que dit le Magistère catholique :

Catéchisme de l'Eglise Catholique -77.  " Pour que l’Évangile fût toujours gardé intact et vivant dans l’Église, les apôtres laissèrent comme successeurs les évêques, auxquels ils "transmirent leur propre charge d’enseignement" (Dei Verbum (DV), Constitution sur la Révélation, deuxième concile du Vatican, 7). En effet, "la prédication apostolique, qui se trouve spécialement exprimée dans les livres inspirés, devait être conservée par une succession ininterrompue jusqu’à la consommation des temps"  (DV 8)."

 
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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 00:10

 

Voilà un véritable mot martyr, un mot qui a été si malmené, si déformé que son sens ordinaire est devenu strictement l’inverse de son sens originel.

Pour la plupart d’entre nous, le mot désigne une catastrophe généralisée située entre le tsunami, l’épidémie mondiale de peste et la troisième guerre mondiale. C’est l’idée que « ça » va mal finir, « ça » désignant une époque, voire toutes les époques, bref, la fin du monde.

Pourtant, à l’origine, dans son sens littéral, le mot signifie un dévoilement, une révélation. Il désigne particulièrement une œuvre littéraire l’Apocalypse, le dernier livre du Nouveau Testament, généralement attribué à saint Jean. Cette Apocalypse de saint Jean s’insère dans un genre littéraire plus vaste, le genre apocalyptique dont le meilleur représentant, dans l’Ancien Testament, est le Livre de Daniel.

Sur quoi le voile se lève-t-il, que nous est-il donné à voir, qui était caché ? Que racontent les apocalypses, et en particulier l’Apocalypse de saint Jean ? Que le monde est en proie à la violence, à la guerre, à des pouvoirs injustes, des puissances arbitraires et destructrices. Jusque-là, pas de scoop. Il suffit d’avoir des yeux pour le voir, et nous qui disposons de systèmes d’information performants, sommes soumis quotidiennement à la terrible litanie des catastrophes, crimes, attentats, turpitudes, perversités et autres fléaux qui balayent notre pauvre monde. Comparée au journal télévisé, la littérature apocalyptique fait souvent pâle figure.

Ce n’est donc pas la violence, ni la souffrance, ni les malheurs qui sont dévoilés. Ce qui est révélé, c’est ce qui advient à la fin. Car ce que dit l’Apocalypse, c’est que la fin de l’histoire (de l’Histoire), c’est Dieu qui l’écrit. Et il écrit une happy end. À la fin, les méchants sont vaincus et Dieu triomphe. Voilà ce qu’on lit au dernier chapitre de l’Apocalypse :

« Il (Dieu) aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux : de mort, il n’y en aura plus ; de pleur, de cri et de peine, il n’y en aura plus, car l’ancien monde s’en est allé. » Ap 21, 3-4.

Il y a bien quelque chose d’ancien qui s’achève mais quelque chose de nouveau advient, et ce monde nouveau est un monde où Dieu victorieux règne sans partage.

Il est frappant de constater qu’il nous est si difficile de croire que les choses finiront bien que notre inconscient collectif a déformé le mot au point de lui faire dire l’inverse de son premier sens. La victoire finale est devenue une catastrophe. Cette dégradation du sens du mot montre bien à quel point nous refusons de croire Dieu. Comme il est difficile de croire que Dieu nous veut du bien, qu’il est de notre côté, que dans le combat contre le mal et l’injustice, il n’est pas un juge impartial mais un acteur engagé. Et pourtant, notre Dieu est « Dieu avec nous ». Voilà pourquoi l’histoire finit bien.

 

Lu dans le lexique du site de la Conférence des évêques de France
Mot d’origine grecque, signifie dévoilement ou révélation.

Dernier livre du Nouveau Testament et donc de la Bible, cet ouvrage écrit par saint Jean est riche en visions symboliques, prophétiques. Il a joué un rôle important dans la résistance spirituelle et l’espérance des premières communautés chrétiennes en temps de persécution.


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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 00:24

 

Il est communément admis que les anges furent « découverts » par les croyants d’Israël au contact des religions voisines d’Assyrie et de Mésopotamie. Si des divinités imparfaites (au point qu’on n’était même pas certain de leur existence) disposaient d’une abondante cour céleste de serviteurs ailés de tous rangs, le Dieu d’Israël, l’Unique, le Dieu de l’Univers se devait lui aussi de jouir des services d’une multitude, armée ou légion, qui dans les Cieux célébrait son culte et chantait ses louanges. On découvrit ainsi des anges, des archanges (on en connaît trois, Michel, Gabriel et Raphaël), des chérubins (qui étaient d’ailleurs plus musclés que joufflus puisqu’ils défendaient, lance de feu à la main, l’entrée du jardin d’Éden) et des séraphins. Tout ce petit monde servait surtout à manifester la grandeur de Dieu, sa puissance et sa beauté. Les anges sont en quelque sorte une jolie façon de parler de Dieu, avec esprit, puisque ce sont des êtres spirituels.

Les anges, donc, serviteurs de Dieu, outre la louange du Très Haut, ont aussi la charge de porter ses messages. Ils sont d’ailleurs des porteurs si dévoués, leur service est si parfait, qu’en eux, le messager et le message sont confondus. En conséquence, les anges ont ce talent particulier, qu’ils ne déforment pas du tout le message divin.

Oui, les anges nous parlent de Dieu, de sa beauté, de sa bonté.

Ainsi, la foi dans la bonté de Dieu, sa miséricorde, son attention pour chaque homme nous a fait découvrir les anges gardiens. On peut bien sûr, en esprits forts, en repousser l’existence, au prétexte que ce sont des contes pour les petits enfants, à mettre au musée avec le marchand de sable et le père Noël. Mais Dieu, qui prend soin de chacun, nous aime et nous choie comme un père ou une mère attentif et attentionné. Nous sommes dans la confiance en Dieu « comme un petit enfant » (Ps 131). Alors, ceux qui gardent « un cœur d’enfant », qui savent « redevenir comme des petits enfants », peuvent croire que cette attention, ce souci de Dieu pour chacun a figure d’ange gardien.

Dieu m’appelle ; « Tu es précieux à mes yeux et je t’aime ». Si j’aime les images, je peux nommer ce message, cette vocation, cette sollicitude, mon ange gardien.

 

Ce que dit le Magistère catholique :

CEC-350 Les anges sont des créatures spirituelles qui glorifient Dieu sans cesse et qui servent ses desseins salvifiques envers les autres créatures : " Les anges concourent à tout ce qui est bon pour nous " (S. Thomas d’Aquin, s. th. 1, 114, 3, ad 3).

100 mots pour la foi

 

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 01:00


Autour de ce mot, se noue l’un des plus graves malentendus du christianisme. En effet, tout le monde ou presque sait que Dieu est amour. Le plus ignorant des enfants du catéchisme sait que deux fois sur trois, il peut répondre à sa catéchiste « parce que Dieu nous aime ». Peu importe la question, ça marche presque à tous les coups. D’une autre façon, après la publication de d’encyclique « Deus caritas est », de Benoît XVI, l’un de mes amis, homme de science et de grande culture, et athée, me posa la question ; « pourquoi faire une encyclique pour dire une chose que même un vieux mécréant comme moi sait ? »

Donc, c’est une chose acquise, Dieu est amour et il faut aimer Dieu, il faut aussi nous aimer les uns les autres, voilà la vulgate.

Si on y regarde de près, cela signifie à très peu près quelque chose d’aussi mièvre que « Dieu est gentil », « il faut être gentil avec Dieu », « Soyez gentils les uns avec les autres ».

Tragique méprise, effroyable affadissement d’une réalité de feu. Souvenez-vous les mots de Jésus : « Je suis venu allumer un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ».

L’amour dont il est question n’a rien à voir avec la gentillesse ; c’est une substance beaucoup plus dangereuse, inflammable, explosive. D’ailleurs, de nombreux artificiers y ont laissé leur peau, à commencer par le premier d’entre eux, le Christ lui-même.

Les théologiens peuvent bien ergoter à distinguer eros, philia, agapé, caritas, ces querelles de mots ne servent guère qu’à dissimuler ou atténuer une redoutable réalité.

L’amour chrétien qui est le cœur même de la foi, est un extrémisme. Il s’agit d’aimer « à mort ». « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », tel est le « testament de Jésus. Mais l’histoire d’amour finit mal ; sur la croix. Mais l’histoire d’amour finit bien, re-suscitée, régénérée, exaltée, en Dieu par la résurrection.

À vue humaine, c’est une folie. Cela suppose d’aimer aussi les méchants, les ennemis, ceux qui commettent envers nous l’injustice, la trahison, le mensonge, la calomnie, le faux témoignage, ceux qui, en un mot, nous veulent du mal et nous en font. Cela suppose de pardonner l’impardonnable, d’abandonner son droit en faveur de la paix.

Cet amour-là est un feu qui nous dévorera si nous commettons l’imprudence de nous y exposer. Il est raisonnable de nous tenir devant l’amour (Dieu) avec crainte et tremblement. Il est raisonnable de prier « Éloigne de moi cette coupe ». Il est de la folie de la foi d’être capable de dire à genoux « Non pas ma volonté, mais la tienne ».


 


Ce que dit le Magistère catholique :

CEC 219. L’amour de Dieu pour Israël est comparé à l’amour d’un père pour son fils (Os 11, 1). Cet amour est plus fort que l’amour d’une mère pour ses enfants (cf. Is 49, 14-15). Dieu aime son Peuple plus qu’un époux sa bien-aimée (cf. Is 62, 4-5) ; cet amour sera vainqueur même des pires infidélités (cf. Ez 16 ; Os 11) ; il ira jusqu’au don le plus précieux : " Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique " (Jn 3, 16).

 

100 mots pour la foi


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